‹ La Sainte EucharistieChapitre 24 sur 169 · Cor., X, 4G · texte numérisé non relu

Cor., X, 4G

3. Pour que rEucliaristie nous marquât que Jésus-Christ était notre pain et notre breuvage, c'était assez que les caractères de ces aliments et leurs etïets ordinaires fussent conservés : en un mot, c'était assez qu'il n'y eût rien de changé à l'égard des sens. Dans les signes d'institution, ce qui en marque la force, c'est l'intention déclarée par la parole de l'instituteur : or, en disant sur le pain : Ceci est mon corps, et sur le vin : Ceci est mon sang, et paraissant, en vertu de ces divines paroles, actuellement revêtu de toutes les apparences du pain et du vin, il fait voir assez clairement qu'il est vraiment nourriture, lui qui en a pris la ressemblance et nous apparaît sous cette forme. Que s'il faut du vrai pain et du vrai vin, afin que le sacrement soit réel, c'est aussi du vrai pain et du vrai vin que l'on consacre, et dont on fait en les consacrant le vrai corps et le vrai sang du Sauveur. Le changement, qui s'y fait dans l'intérieur, sans que l'extérieur soit changé, fait encore une partie du sacrement, c'est-à-dire du signe sacré ; parce que ce changement, devenu sensible par la parole, nous fait voir que la })arole de Jésus-Christ opérant dans le chrétien, il doit être très réellement, quoique d'une autre manière, changé au dedans, en ne retenant que l'extérieur d'un homme vulgaire.

Par là demeurent expliqués les passages ou l'Eucharistie est appelée pain, même après la consécration ; et cette difficulté est clairement résolue par la règle des changements et par la règle des apparences. Par la règle des changements, le pain devenu corps est appelé pain, comme dans l'Iilxode, la verge devenue couleuvre est appelée verge, et l'eau devenue sang est appelée eau. On se sert de ces expressions pour faire voir tout ensemble et la chose qui a été faite, et la matière que l'on a employée pour la faire. Par la règle des apparences, de même que dans l'Ancien et le Nouveau Testament, les anges qui apparaissaient en figure humaine sont appelés tout ensemble et anges, parce qu'ils le .sont, et hommes, parce qu'ils le paraissent : ainsi l'Eucharistie sera appelée, et corps, parce qu'elle l'est, et pain, parce qu'elle le parait. (Bossuet, Jlistoire des variations, liv. II.)

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pain est rompu et divisé, c'est afin de pouvoir le partager entre plusieurs. Il est vrai que, dans la Sainte Eucharistie, la substance du pain n'existe plus, mais lorsque les apparences du pain qui tombent sous nos sens sont divisées, on est en droit de dire que le pain est divisé, comme on donne encore à ces apparences le nom de pain, quoique Jésus-Christ seul soit substantiellement présent dans le sacrement. C'est ainsi que, dans la Genèse, les anges qui apparaissent sous une forme humaine sont appelés des hommes (XVIII, xix).

Enfin le pain sacré qui est l'Eucharistie reçoit aussi les noms de pain vivant, pain qui est descendu du ciel, pain qui fera vivre éternellement celui qui le mangera. Tous ces noms donnés par Jésus-Christ à l'aliment divin qu'il promettait à ses disciples, Panis vivus.... hic est panis qui de cœlo descendit.... qui manducat hune panem vivet in leternum, etc. ^ tous ces noms, dis-je, ne peuvent évidemment s'appliquer à un pain purement matériel ; et c'est pourquoi la Sainte Eucharistie reçoit souvent les noms de Pain de vie, Pain supersubstantiel. Pain des anges.

5° Corps et sang de Jésus-Christ. — Il n'est pas nécessaire dinsister sur le nom de Cotys et sang de Jésus-Christ donné à la Très Sainte p]ucliaristie, puisqu'elle n'est autre chose que son corps et son sang adorables, voilés sous les apparences du pain et du vin. Tertullien disait : « La chair est nourrie du corps et du sang du 0 Christ pour que l'àme s'engraisse de Dieu -. »

Et S. Augustin : a Nous donnons uniquement le nom de corps et de sang du Christ à cet aliment tiré des fruits de la terre et « consacré par une prière mystique, que nous prenons pour notre <i salut spirituel, en mémoire de la passion que le Seigneur a en- « durée pour nous 3. »

6° Sacrement du corps et du sang de Jésus-Christ, sacrement de l" Autel, sacrement des fidèles. — S. Augustin appelle la Sainte Eucharistie : Sacrement du corps et du sang du Christ : « Les chrétiens de Carthage ont raison, dit-il, de ne « pas donner d'autre nom au baptême que celui de Salut, ni au

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