S. CvuiLl.., lib. 111 in Joann., cap. xxxiv
omettait, par indifférence ou négligence, de prendre cet aliment divin, il y aurait beiucoup à craindre que Dieu ne le privât des secours particuliers et extraordinaires, qui lui seraient nécessaires, en certaines occasions, pour faire le bien et éviter le mal; il sait quand de telles grâces sont nécessaires; il ne tient qu'à lui de les donner, mais les donnera-t-il à ceux (jui ne prétendent pas employer le moyen le plus simple et le plus assuré de les obtenir? C'est de cette nécessité morale et non pas d'une autre que les Pères ont voulu parler.
On objecte encore, dans le même but, que la résurrection glorieuse dos corps est attribuée par Jésus-Christ lui-même à la sainte communion, comme une de ses conséquences. Il dit : Celui (jiii i/iange ma chair et (jui bail mon samj a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour ^ S. Cyrille ' dit, en parlant de ladorable sacrement de l'Eucharistie : « La nature corruptible du « corps humain ne pouvait pas arriver à la vie incorruptible, « à moins que le corps de la véritable vie ne lui fût uni. » S. Ignace, S.Jean Chrysostome, S. Grégoire de Nysse, S. Cyprien, 'l'erlullien, S. Irénée s'accordent pour donner le même enseignement; le concile de Nicée appelle pour celte raison la Sainte Euchai'islie, le Symbole de la résurrection. Il faut donc reconnaître au moins que cet adorable sacrement est nécessaire de nécessité de moyen, pour la résurrection glorieuse des corps des bienheureux.
Cette objection est plus spécieuse que solide. La résurrection des corps est attribuée particulièi-ement à l'Eucharistie, non seulement pai'co qu'elle confère la grâce qui donne droit à la résurrection corpitivUe, mais aussi et plus particulièrement, parce ({u'elle conduit â la couronne en préservant du péché, et parce qu'en unissant la chair de Jésus-Christ à notre chair, elle donne à celle-ci un titre particulier à la résurrection, comme nous le verrons plus tard en parlant des effets de la sainte communion. Du reste, les enfants qui meurent sans avoir jamais reçu la Sainte Eucharistie n'en aulont pas moins part â la résurrection; ce qui prouve qu'elle n'est pas un moyen nécessaire de l'obtenir. Lorsque les Pères la donnent comme telle, ils n'entendent point parler d'une nécessité absolue, niais d'une nécessité toute relative et de convenance '^
\. Joann., vi, !J;i.