S. CvR., lib. X in Jodiui., Ctij). Mil
î}. Tertiurn moduin addore jjossuinus, rcsurroclioncm et immortalilateni
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Répondons enfin à une dernière objection. Le sacrement de rEucliaristie l'emporlo sur tous les autres en dignité et en excellence; d'où l'on conclut qu'il doit l'emporter aussi en nécessité. Mais cette conséquence n'est pas logique ; Texcellence et la nécessité ne sont pas corrélatives et l'une ne suppose pas toujours l'autre; au contraire. Plus le sacrement de la Sainte Eucharistie est excellent, plus il demande que celui qui le reçoit se montre digne d'une si grande faveur; un pécheur coupable de quelque faute mortelle en est profondément indigne; il faut être en état de grâce pour s'en approcher. Ce ne sera donc pas lui qui donnera cette première grâce, et il n'est pas nécessaire de recourir à lui pour l'obtenir, non plus que la gloire, pour laquelle l'état de grâce, indépendant de la sainte Communion, suffît.
Il nous reste à exposer la pensée de S. Thomas sur cette question. Vasquez avoue qu'il est difficile de la bien saisir. Voici cepen-
corporis esse specialem eflfectum hujus sacramenti, quia, licet ralione illius non referalur corpori aliquod donum, quod ratione graliae, vel gloricTe, anima; non debeatur, dal)itur tamen proprio et speciali titulo, scilicet propter specialem conjunclionem, cum Christo factam per hoc sacramentum. Et in primis, liunc modum esse possibilem facile declaratur tum ralione generali, quia non répugnât eamdem rem pluribus lilulis promitti et deberi, tum etiam exemplis, nam Christo debebatur corporis resurrectio et gloria, et ratione unionis, et propter gratiam et gloriam anima^, et niliilominus, speciali titulo fecit sibi debitam illam gloriam per sua mérita. Deinde hune modum fuissf^ congruentem, ita declaratur, quia ad augendam nostram spem et devotionem, ac reverentiam ad hoc sacramentum, decuit Christum specialiter promitlere immortalilalem corporijjus qua; corpori Christi, per illud, conjunguntur. Item ut significarelur efficacia vivifîcœ carnis Christi, quse futura est proxima causa nostrcT resurrectionis, et vitae immortalis. Propter quod dixit Cyrillus, dicto libro X in Joann., cap. xiii: Non polerat aliter comiplibUis hœc nalura corporis ad immorlalilatem et vitam perpetuam traduci, nisi iiaturalis vitœ corpus illi coiijitnfjeretiir; ubi verl)um illud no7i poterat, non significat necessitalem, seu impossibilitatem simpliciter, sed congruentiam et maximam decenliam, vel etiam necessitatem quamdam, supposita divina ordinatione; sic enim necessarium fuit carnem humanam A'erbo divino (juod est fons vita; conjungi, ut per illam mors vinceretur, et corpora nostra immorfalitalem acquirerent. Et ideo etiam decuit corpora nostra carni Christi conjungi per hoc sacramentum, tanquam principio et oriiiini sujc immorlalitalis, et consequenler eliam decuit, ut hoc .speciali titulo debeatur iinmortalilas luijusmodi corporibus. Denique haec specialis ])romis.sio vidctur salis indicari locis cilalis, in princijiio hujus seclionis. Et fortasse bac de causa dicilur hoc sacranienlum datum ul pignus felicilalis etgloria*, ut dicil TriiL, sess. XllI, cap. ii, et Chrysostonius, liom. LV /// Joann., ubi sic facit Chrislum l()(|uenlein : Efio auleni corne iiieti alo fjiios f/enui ; me eis exhiheo; omnibus fareo, omnibus opiimam île /'uturis spem prwbeo. Qui in bac vita ita se nobis exhibcl, mullo magis in fului-.i. Si \- REZ, in III. p., dispul. i.xiv, secl. ii.)
dant ce qui ressort des divers passages où il parle de la nécessité de l'Eucharistie. Il semble regarder ce sacrement comme nécessaire de nécessité de moyen, soit qu'on le reçoive de fait, soit qu'on ait seulement le désir de le recevoir. Mais il ne dit nulle part que la réception effective de la Sainte Eucharistie soit un moyen nécessaire de salut ; il enseigne même le contraire dans la question Lxv, art. 4, comme nous l'avons dit, en ne donnant comme nécessaires au salut que le Baptême et la Pénitence. Dans la question Lxxiii,art.3, où il traite directement de la nécessité de l'Eucharistie, il suppose cette nécessité, mais ne la met pas sur le môme rang que celle du Baptême.
Nous reconnaissons donc, avec S. Thomas, que la Sainte Eucharistie est nécessaire in volo. Il faut la désirer au moins implicitement, comme il faut désirer l'observation des préceptes. Ajoutons que le désir de la Sainte Eucharistie est, d'après la pensée de S. Thomas, renfermé dans la réception du Baptême. Elle est, en effet, la fin vers laquelle tendent tous les autres sacrements ; or, lorsqu'on fait choix d'un moyen, la fin qui est l'objet de ce moyen ne saurait logiquement être étrangère à ce choix; en droit, c'est elle qui le détermine. Par conséquent, la volonté de recevoir le Baptême présuppose celle de recevoir la Sainte Eucharistie. Ce sacrement est la cause finale implicitement visée et recherchée. Elle est donc, à ce point de vue, la cause nécessaire de la grâce du Baptême, qui est lui-même le moyen nécessaire pour arriver au salut. Cette nécessité n'est pas du même ordre que celle du Baptême, ou du sacrement de Pénitence pour ceux qui ont perdu la grâce après l'avoir reçue, mais elle existe.
Gontenson ' met bien en lumière cette considération. La Sainte Eucharistie, dit-il, est la fin de tous les sacrements, qui sont des moyens destinés à y conduire. Jésus-Christ notre Seigneur, l'auteur des sacrements et la source de toutes les grâces, est réellement contenu dans l'Eucharistie; il est clair, par conséquent, que ce sacrement est le centre de toute la religion, la consommation de la sainteté chrétienne, son sommet et son couronnement. Il résulte de là que tous les autres mystères et tous les sacrements sont ordonnés en vue de préparer ceux qui les reçoivent à s'approcher dignement de la Sainte Eucharistie, et à recueillir avec abon-
\. CoNTEN.xt.N, lib. XI, pars II, disserl. ii, cap. i.
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(lance les fruits qu'elle procure. Non seulement ce sacrement adorable contient Jésus-Clirist notre fin, selon ces paroles de l'Apôtre : Vous êtes pour Jésus-Christ ' ; mais de plus, l'effet de l'Eucharistie est la fin et le couronnement des autres sacrements, car les autres sacrements ont été institués pour que, unis et incorporés à Jésus-Christ, nous arrivions à la vie éternelle et à la résurrection glorieuse. C'est par l'Eucharistie que s'effectue cette union; c'est par elle que, selon l'expression des Pères, il s'opère un mélange intime entre Jésus-Christ et nous. Il a dit : Ceiui qui me mange invra à cause de moi ~, et il a dit encore : Celui qui mange ce pain vivra éternellement, et je le ressusciterai au dernier jour 3.
Vivre de Jésus-Christ et pour Jésus-Christ, vivre éternellement ('t jouir de la bienheureuse résurrection, telle est la destinée à laquelle le Seigneur appelle ses élus. Tous les sacrements ont pour but de nous y préparer; mais c'est à l'Eucharistie particulièrement qu'il appartient de nous mettre en possession d'un tel bien. Par le Baptême et la Pénitence nous sommes purifiés et rendus capables de recevoir utilement le pain sacré qui nous procurera la vie. Par la Confirmation nous sommes fortifiés et armés pour proclamer les grandeurs de ce don de Dieu et, au besoin, pour le défendre. L'Ordre donne à l'Église les ministres qui consacrent cet adorable sacrement et le distribuent au peuple fidèle. Le Mariage met un frein à la concupiscence, et permet à plusieurs de s'approcher plus dignement qu'ils ne le pourraient faire, de l'Agneau immaculé. L'Extrôme-Onction, que l'on ne reçoit ordinairement qu'après le saint Viatique, donne aux mourants la grâce de rester bien unis dans leurs derniers moments avec le Dieu qu'ils ont reçu et de pouvoir dire avec l'Apôtre : Pour moi, vivre cesl Jésus- Christ, et la mort est un gain ^.
Tous les sacrements destinés à nous conduire à notre fin dernière se rapportent donc à la Sainte Eucharistie. C'est elle qui met le sceau à notre union avec Dieu ; c'est elle qui nous donne le gage de la vie éternelle et de la résurrection glorieuse. Or il n'y a pas