I. / Cor., v
•2. No pourra il-oi) jjjis jijouterque le pain feriiuMité contient certains éléiiienls étniMfrers à 1;, farine de fronienl et à l'eau que ne présente pas, au moins dans des proportions seinl)lables, le pain non fermenté? On sait mainl''iianl que la formenlalion résulte de la présence d'un nombre presque infini d êtres, que iJieu connaissait, niais dont on n'avait pas soupçonné l'existence jiisqua ces derniers temps. Ces microbes disparaissent du vin fermenté, avec a lie, mais ils ne disparaissent pas du i)ain fermenté soumis à la cuisson; U'urs restes devienneni partie intéf,M-ante de ce pain, et malgré leur petitesse inconcevable, ils lui eidèvent quelque chose de sa pureté, grâce à leur incalculable multitude.
DE LA MATIÈRE DU SACREMENT DE l'eUCHARISTIE. loD
l'on veut tirer de l'usage des pains oz3'mes sous l'ancienne Loi avait quelque valeur, il faudrait condamner de même l'emploi des pains fermentes, parce qu'on en offrait à Dieu, comme il est dit aux chapitres vu et xiu du Lévitique. La seconde partie de l'objection n'a pas plus de consistance ; il suffit de s'entendre sur le sens qu'il faut attribuer aux mots pain usuel. Or le pain usuel, le véritable pain est celui dans la composition duquel il n'entre que de la farine de froment et de l'eau, et que l'on fait cuire au feu. En ce sens, le pain azyme est véritablement du pain usuel, du véritable pain, rien de plus, rien de moins. La circonstance qu'on n'y a pas ajouté de levain et qu'il n'a pas fermenté, est purement accidentelle ; elle ne change rien à sa nature. C'est ainsi que l'eau naturelle est la matière du sacrement de Baptême. Si cette eau a été bénite, si l'on y a mélangé quelques gouttes d'huile consacrée ou un peu de sel, elle n'a pas changé pour cela de nature, et elle n'en est pas moins de l'eau véritable, seule matière du sacrement de Baptême. Le pain azyme est du pain usuel, parce qu'il est composé et cuit comme le pain que l'on mange tous les jours.
Un des griefs que les Grecs schismatiques ont toujours mis en avant, pour justifier leur séparation d'avec l'Église romaine, fut l'usage des pains azymes; mais ce ne fut jamais autre chose qu'un prétexte dont les empereurs et les patriarches de Gonstantinople usaient pour cacher, aux yeux du peuple, l'esprit d'orgueil et de révolte contre l'Église de Dieu qui les faisait agir. Une question de rite n'atteignant pas la substance même du sacrement de l'Eucharistie, n'était pas une raison suffisante pour se jeter dans le schisme et y entraîner la moitié du monde chrétien. Aussi, dans les diverses tentatives de retour à l'unité, la question des azymes ne vint jamais qu'au second plan, et ne fut pas une difficulté sérieuse. Mais il était aisé de s'en servir pour éloigner le peuple ignorant de rÉglise catholique, et les loups qui tenaient la place des pasteurs ne manquèrent pas d'en profiler.
Calvin reprit celte querelle pour son compte, et prétendit que l'usage des pains azymes n'était pas ancien dans l'Église; mais toute son argumentation repose sur la confusion qu'il établit entre la Sainte Eucharistie et les Eulogies, dont le pain bénit d'aujourd'hui tient la place; elles étaient ordinairement du pain fermenté, tandis que le pain, matière de l'Eucharistie, était sans levain.
Iu6 LA SAINTE EUCHARISTIE. — LlVllE 1. — CUAl'lTKE V.