‹ La Sainte EucharistieChapitre 71 sur 169 · PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CHRIST DANS LEUCIIARISTIE · texte numérisé non relu

PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CHRIST DANS LEUCIIARISTIE

Prenez et partagez entre vous, car je vous le dis, je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu'à ce que le royaume de Dieu vienne ^ ; et de l'outre il est ccrit après deux versets : Il donna de la même manière le calice, après (juil eut soupe, disant : Cest le calice, le nouveau Testament en nton sang qui sera répandu pour vous ~. Il n'appelle plus « fruit de la vigne » le contenu de cette seconde coupe, mais il la distingue expressément de la première. Si vous préférez suivre une opinion qui paraît être celle de S. Cyprien et dire que l'ôvangéliste a parlé comme il l'a fait par anticipation, et qu'il faut rapporter ses paroles à la coupe eucharistique, libre à vous de le faire; la première réponse que nous avons donnée à l'objection suffit pour la résoudre.

Venons aux paroles de S. Paul dont les hérétiques cherchent à se faire une arme contre la présence réelle de Notre-Seigneur au Très Saint Sacrement. L'Apôtre a dit : Nos pères ont tous mangé la même nourriture spirituelle : Et omnes (patres nostri) eamdem escam spiritalem manducaverunt (/ Cor., x, 3); mais il n'a pas dit qu'ils ont mangé la même nourriture spirituelle que nous, ni qu'ils ont bu le même breuvage. Ils ont mangé une nourriture, qui fut la même pour eux tous ; mais cela ne regarde en rien la question qui nous occupe. Aussi S. Augustin disait-il : « Autre « chose est la pàque qu'ils ont célébrée en mangeant un agneau; « autre chose est celle que nous célébrons en recevant le corps et « le sang du Seigneur 3. » D'ailleurs Jésus-Christ lui-même ne ditil pas : En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a point donné le pain du ciel, mais c'est mon Père qui vous donne le vrai pain du ciel. \^os pères ont mangé la manne dans le désert et ils sont morts. Voici le pain qui descend du ciel, afin que si quelqu'un en mange, il ne meure point ''. Les paroles de l'Apôtre ne sauraient être en contradiction avec celles de Notre-Seigneur,

1. Afcipite et dividitc iiiler vos; dico cniiri v()l)is quotl non Jjibani de generntione vilis, doncc regnuin Dei veniat. [Luc, xxii, 18, 19.)

'1. Siniililer et caliceni, p()st(|uain cœnavit, dicens : llic est calix, novniii tcstanienliun in sanguine ineo, qui pro voliis fundetur. [Liir.. xxii, -20.)

M. Aliud est pasclia ([und illi in ove c-eleltrarnni, aliiid auleni quod nos in corpore et sanguine Domini accipinius. S. Arc.r>r., lih. il, runlni liUi-rus l'cliliaiti, cap. xxxvii.)

4. Non Moyses dcdil vobis panem de cœlo, .sed Pater meus dat vol)is panem de ca-lo veruni. Patres vestri manducaverunt manna in de.serto, et niortui sunt. llic est panis de cœlo descendens ni si tjuis ex ipso manducaverii, non morialur. [Joann.. vi, '\-l, V.), ;iO.)

dont elles ne sont que réclio fidèle. Donc au témoignage de la ^'é^ité elle-même, la condition des chrétiens l'emporte de beaucoup en excellence sur celle des anciens Pères, et pour que cette difTérence existe, il est indispensable que la nourriture spirituelle que nous recevons de Dieu soit de beaucoup supérieure à celle qu'ils ont reçue. Cependant il est écrit qu'ils ont mangé un aliment et pris un breuvage spirituels, parce que la manne dont ils se nourrissaient et l'eau qui jaillissait pour eux de la pierre n'étaient point Tœuvre de l'industrie humaine, mais l'effet d'un miracle de la puissance divine. En même temps, la manne et l'eau de la pierre étaient la figure des biens spirituels dont nous jouissons dans la sainte Eglise.

Le contexte indique avec une clarté suffisante que l'Apôtre parlait exclusivement des Hébreux dans les paroles que nous avons citées. Il dit, en effet, que ceux dont il s'occupe ont traversé la mer et qu'ils ont été sous la nuée, la mer Rouge et la nuée qui servit de protection et de guide à ce peuple dans le désert. Ce qui fait dire à Salvien : « Autrefois les Juifs ont eu l'ombre : nous ff possédons la vérité; les Juifs ont mangé la manne : le Christ est a notre nourriture; les Juifs ont eu à manger des chairs d'oiseaux : « nous avons le corps de Dieu; ils ont reçu la rosée du ciel; nous, « le Dieu du ciel K » Et S. Ambroise, instruisant ceux que l'on initiait à nos mystères sacrés, leur disait : « Considérez lequel « l'emporte en excellence, le pain des anges ou la chair du Christ, « qui est le corps de la yie elle-même? La manne vient du ciel, elle « est du ciel : le corps du Christ est au-dessus du ciel ; il est le « corps du Seigneur du ciel. La manne se corrompt si on la con- « serve pour le lendemain : le corps du Christ est absolument in- « corruptible, et quiconque y participera dignement échappera lui- « même à la corruption. L'eau a coulé du rocher pour les anciens : « pour vous, c'est le sang du Christ qui a coulé. Ils ont bu de l'eau « qui a étanché leur soif pour une heure : le sang du Christ vous « rafraîchira pour l'éternité. Le Juif a bu et il a soif : lorsque vous * aurez bu, vous ne pourrez plus avoir soif. Ce rafraîchissement « n'était chez les Juifs qu'une figure : vous possédez la réalité ~. »

1. Judaei halifltnnl quond.'im umbram, nos vcrilatem; Jiulaei manna mnnducaverunt, nos Chrislinn ; Judaei farnes avium, nos corpus Dei ; Judeei pruinam cœli, nos Deiim cœli. (Salvian., lib. Il ad Eccfes.)

2. Considéra iitcr jinrslanfior sil pnnis angolorum an caro Chrisli, quae

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