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CHAPITRE X

TROISIÈME PREUVE DE LA PRÉSENCE RÉELLE : LA FOI DES APOTRES ET LES ENSEIGNEMENTS DE S. PAUL CONCERNANT CE MYSTÈRE

L Foi des Apôtres et premier enseignement de S. Paul : II met FEucharistie infiniment au-dessus des figures de lancienne Loi et des sacrifices des Gentils. — IL Second enseignement : Il exige pour la Sainte Eucliaristie le respect le plus profond, en s'en rapportant aux paroles de Finstitution de ce mystère. — III. Troisième enseignement : Il déclare que le sacrifice de Jésus-Clirist prêtre éternel, est offert, réellement et non pas seulement en figure dans FEucluiristie.

FOI DES APOTRES ET PREMIER ENSEIGNEMENT DE S. PAUL : IL MET l'eucharistie infiniment AU-DESSUS DES FIGURES DE LANCIENNE LOI ET DES SACRIFICES DES GENTILS.

Que les Apôtres aient cru à la présence véritable et réelle du corps et du sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la Sainte Eucharistie, il est impossible d'en douter, si l'on considère leur conduite au temps où leur divin Maître fit la promesse, qui scandalisa plusieurs de ses disciples, de leur donner sa chair comme nourriture et son sang comme breuvage. Ils restèrent attachés à lui, et comme Jésus leur demandait : Et vous aussi voulez-vous me quitter? Pierre répondit au nom de tous : Seigneur, à qui irions-nous? Vous avez les paroles de la vie éternelle. Pour nous, nous avons cru, et nous avons connu que vous êtes le Christ, le Fils de Dieu ^. Au moment de l'institution de la Sainte Eucharistie, aucun d'eux ne témoigne la moindre surprise, ne lait la moindre observation; cependant Thomas était là, lui qui ne se décidait à croire que sur les preuves les plus palpables. Ils croient

1. Domine, ad quem il)imus? Verl)a vilae aelernœ hal)c.s. Kl no.s creilidimus, cl rognovinuis quia lu es Clirislus l'ilius Doi. {Joanii., vi, (iU, 70.)

tout simplement que leur .Maître, en vertu de sa toute-puissance, leur donne sa propre chair et son propre sang sous les apparences du pain et du vin, comme 11 l'avait promis. — Mais leur conduite subséquente fut-elle en rapport et confirma -t-clle cette foi des premiers moments? Il n'est pas permis d'émettre un doute à cet égard.

Nous ne mentionnerons ici que pour mémoire, nous réservant d'y revenir en temps opportun, qu'ils ont célébré l'Eucharistie selon qu'ils en avaient reçu le pouvoir et l'ordre de la part du divin .Maître; nous n'examinerons pas les liturgies données par eux aux églises qu'ils fondaient, et dont chaque parole et chaque cérémonie proclame hautement leur foi en la présence réelle, mais nous en appellerons uniquement à l'enseignement de S. Paul, le plus en vue de tous après S. Pierre, le vase d'élection choisi par Jésus-Christ pour porter son nom aux Gentils ^ :

C'est dans la première Épître aux Corinthiens que S. Paul parle aux fidèles de la Sainte Eucharistie. Il veut leur faire comprendre avec quelle pureté de cœur il faut s'en approcher, et il est amené ainsi naturellement à dire ce que contient ce grand mystère.

S. Paul commence le dixième chapitre de cette Épître en nous faisant remarquer que nous ne devons pas nous laisser emporter à suivre la multitude et la coutume, lorsqu'il s'agit de régler nos mujurs. Quand bien même tous les hommes traiteraient indignement les choses saintes, nous ne sommes pas excusables pour les avoir imités dans le mal qu'ils ont fait.

1. Ik'lliinniii parle en ces termes du lénioignage que Fou trouve on faveur de la présence réelle dans la J'dSKwn de S. André.

l'i'iino igitur exeutienda sunt leslimonia eoruni, ([ui Aposlolos viderunl. et audieruni, qiue fuit prima œtas Kcclesiae. Ac primum oeeurrit liber passionis S. Aiidi'oa; Apostoli scriptus ah cjus discipulis, ({ui jjassioni interfuerunl. Ilunc liliiMim le^i'ilimum esse salis constat ; lum quia nulli (quod sciam) adliuc in qua'slioncm ejus aaetoritatem vocarunt; tum quia rêvera niliil conlinet, quod novilalem rcdoleal; tum rpiia genus passionis S. An(lre<e, et illa ejus verba : Sa/re sftiirlft rni.v, in tola Ecclesia eclcberrima, ex lioc libre sine dubitationc sumjjfa sunt; lum quia Petrus Damianus, in serin. 11 de S. Andréa bac historia sic loquilur : « Non immerito in singularem aucloritatis arcem suscepla est, quam f}ui viderunt, scripserunt or])i et ministri fuerc sermonis, » etc.

iW'llarmin donne ensuite queUpies lignes extraites de cette Passion. Nous complélons la citation qu'il fait et qui est reproduite en italiques.

\n eo igitur libro lial)entur lu-Ec verl)a AjKJStoli Andrese : « E(]o omnipnlenii " Df'o qui vivus et verus est, oinni die sacrifico non thurisfumum, nec hirco- « mm sanguinem, nec taurorum mugientium carnes, sed fignum immacula- " lum quolïilie in altari cruris sarripro cujus carnes posteaquam omnis i)Oi)U-

PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JESUS-CHRIST DANS l'eUCHARISTIE. 321

Il nous donne en exemple, pour nous prouver cette maxime, ce qui est arrivé aux Isf-aélites dans le désert. Ils y ont reçu en figure deux grands sacrements, le Baptême et l'Eucharistie, mais avec peu de respect, et par suite peu de fruit, ce qui doit nous faire craindre un sort pareil au leur si nous les imitons. Leur nombre était immense; cependant ce nombre n'a innocenté aucun coupable. Il en serait de même pour nous ; le grand nombre de ceux qui tomberaient dans les mômes irrévérences que nous ne nous innocenterait pas. Tous les Israélites, dit-il, ont été sous la nuée; tous ont été baptisés sous Moïse dans la nuée et dans la mer; ils ont tous mangé la même nourriture spirituelle; ils ont tous bu le même breuvage spirituel; cependant la plupart d'entre eux ne furent pas agréables à Dieu, car ils succombèrent dans le désert ^. Leur grand nombre n'a pas empêché Dieu d'exterminer tous les coupables, parce qu'ils s'étaient laissés aller à leurs malheureuses convoitises, à l'idolâtrie, à l'impureté et aux murmures. Or, ajoute l'Apôtre, toutes ces choses ont été des figures de ce qui nous regarde, et doivent nous apprendre à ne pas convoiter les choses mauvaises, comme ils les convoitèrent. Nous devons donc nous garder de les imiter et ne pas recevoir comme eux les sacrements d'une manière indigne.

S. Paul ne pouvait rien dire de plus fort pour exhorter les Juifs de Gorinthe, devenus chrétiens, à s'approcher avec une grande pureté du sacrement de nos autels. Il leur propose un exemple domestique dans ce qui est arrivé à leurs pères, mais un exemple

« lus credentium manducaverit, et ejus sanguineni biberil, agnus qui sacrili- « catus est, integer persévérât, et vivus, et cum vere sacrificatus sit et vere « carnes ejus manducatw sint a populo et vere sanguis ejus sit bibitus, tamen, (( ut dixi integer permanet et immaculatus et vivus. »

In quibus verbis, illud, vere tnanducafx , excludit manducationem in solo signo aut spiritu. Ac prœterea paulo infra, cum .Egeas miraretur ac peteret sibi explicari, quomodo possct fieri, ut agnus vere manducatus, integer et vivus mancret, et S. Andréas recusaret liomini elbnico mystcrium explicare : et ille instaret, ac per tormenla cogère vellet AposloUun ; tandcrn Apostolus subjunxit, fieri non posse ullo modo, ut sine fide in Cbristum, ad liujus mysterii notitiam perveniret. At certc si nibil est in Eucharislia nisi panis signiticans Clirislum, non erat difficile, eliam sine fide intelligere quomodo Cbristus in signo manducatus, integer pcrseveret. Nam si in pane imprimatur imago Principis alicujus, certe sine ulla sua kesione, comedi poterit Princeps ille in sua imagine; nec ulla difficultas est in bac re inlelligcnda. Ad liunc locum non vidi ullam responsionem bœrelicorum. (Bellarm. , De conlrovers. de sacraritenlo Euchar., lib. II, cap. i.)

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