‹ La Sainte EucharistieChapitre 74 sur 169 · Cor., XI · texte numérisé non relu

Cor., XI

S-i LA SAINTE EUCHARISTIE. — LIVRE I. — CHAPITRE X.

terrible de la colère de Dieu sur les profanateurs des sacrements. Il leur dit que ce qui leur était arrivé n'était qu'une figure qui représentait les temps où ils vivaient eux-mêmes, alors que les figures avaient cessé pour faire place aux réalités. Il leur fait entendre ainsi que les châtiments endurés par les anciens Israélites n'étaient que l'ombre de ceux qui les menacent, eux qui possèdent la vérité, s'ils ne la respectent pas plus que leurs pères n'ont fait de la figure.

Los Corinthiens coupables des mêmes fautes que leurs pères * étaient bien plus criminels, puisque, en' cet état, ils s'approchaient d'un sacrement dont tous ceux de la Loi n'étaient que des figures. Car si celui qui viole la loi de Moïse est puni de mort sans rémission, sur le témoignage de deux personnes, combien doit être plus grand le supplice de celui qui profane le sang du nouveau Testament, dit ailleurs le même apôtre : Irritam guis faciens legem Moysi, sine ulla miscratione, duobtis vel tribus testibus moritur : quanfo magis piitatis détériora mereri supplicia qui Fi- Hum Dei conculcaverit et sanguinem testamenti pollutum duxerit in quo sanctificatus est. (Hebr., x, 28.)

Aussi les peines auxquelles les profanateurs du sacrement par excellence de la nouvelle Loi doivent s'attendre seront d'autant plus grandes, que la réalité qu'ils outragent est au-dessus de la figure. Si les anciens ont souffert une mort temporelle, pour avoir déshonoré la figure, les clirétiens ont à redouter une mort et des supplices éternels, pour avoir violé la réalité. Les Hébreux ont été privés, à cause de cette profanation des sacrements figuratifs, de l'entrée dans la terre promise; comment ceux qui profanent les sacrements qui contiennent la réalité n'appréhenderaient-ils pas justement d'être privés de l'entrée dans la terre des vivants, dans cette terre des bienlieureux que Dieu promet pour l'éternité à ceux qui participent dignement à son Sacrement? Celui, dit-il, qui mange ce pain vivra éternellement : Qui manducat hune panem vivet in .rtermnn. (Joann., vi, 59.)

Je parle, poursuit l'Apôtre, à des hommes sages et prudents, à

\. Quidam aulcm runi consciontia usquc iiiinc idoli, quasi idolothylum luanducant ; et consr-ii^ntia ipsorum cnm sit infirma polhiitur. (/ Cor., viii, 7.)

Omnino audilur inter vos fornicalio, et talis fornicatio qualis nec inter gentes, (/ Cor., v, 1.)

Vide cliaiii fa'i. \i. \cv>. 1 fl sotj. — Cap. x, 22. — Cap. xiii pcr totum. — Cap. m, i.

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des gens instruits des vérités de la religion : Utprudentibas loqiior(I Cor.,x, 15) ; c'est pourquoi je ne veux point d'autres juges ici que vous-mêmes dans cette affaire. Jugez vous-mêmes de ce que j(? dis : Vos ipsi judicate quod dico (Ibid.); déterminez la grandeur du péché que commettent ceux qui profanent ce sacrement. Considérez la différence qu'il y a entre celui-ci, qui contient la vérité, et ceux de l'ancienne Loi, qui ne sont que des ombres; faites attention à l'excellence de l'un sur les autres, et prononcez la sentence. Vous êtes savants dans les m3^stères de la foi : Le calice de bénédiction que nous bénissons n'est-Upas la communication du sang du Christ? et le 2}ain que nous rompons n'est-il j)as la participation ait corps du Seigneur ^ ?

Si le corps et le sang de Jésus-Christ n'étaient pas réellement et substantiellement présents dans l'Eucharistie, si nous ne recevions Jésus-Christ que par la foi, S. Paul raisonnerait bien mal. Il ne devait pas dire : Le calice n est-il pas la communication du sang, et le p)ain la pai^ticipation au corps du Seigneur? mais il aurait dû dire seulement « la communication de son esprit, » et non pas de son corps ni de son sang, puisque ce ne serait ni son corps ni son sang que nous recevrions réellement et substantiellement. L'Apôtre résout donc ici bien nettement, en s'exprimant comme il le fait^ les difficultés qui sont entre l'Église catholique et l'hérésie. Il déclare formellement que ce n'est pas seulement par la foi que nous sommes unis au corps de Jésus-Christ, mais par la réception des espèces sous lesquelles est contenu ce corps adorable : Le calice que nous bénissons n' est-il pas la communication du sang du Christ? et le pain que nous rompons n'est-il pas la ]?arficipation au corps du Seigneur? On ne communique point une chose que l'on n'a pas, on ne partage point une chose dont on n'a que la figure.

Si donc il n'y avait dans le calice que la figure du sang, et dans les espèces du pain que la figure du corps, on ne pourrait point, par leur moyen, communiquer lu sang ni participer au corps. Un exemple familier le fera mieux comprendre. Si j'avais une bourse pleine de cent pièces d'or, je ne la communiquerais point à une personne et je ne la partagerais point avec elle, en ne lui donnant

1. (l.ilix hcnedictionis, fui l)Oiio(licinms, iionnc coinniuniciilio sanfxuinis Clirisli est? VA paiiis quoiu IVanyinms, iioiuie participatio corporis Domini est? (/ Cor.. X. I!).)

que la figure de ces pièces d'or peintes sur du papier, mais en les lui donnant réellement; et si, ayant promis à cette personne de lui donner ces pièces d'or ou de les partager avec elle, je ne lui donnais qu'une image les représentant, elle m'accuserait avec raison de me rire d'elle. L'Apôtre se moquerait donc, en disant que nous participons au corps de Jésus-Christ en recevant les espèces du pain, s'il n'y avait que la simple figure de ce corps précieux renfermé sous ces espèces, et son raisonnement n'aurait aucune valeur ; au lieu qu'il ne se peut rien de plus fort, si on l'entend dans le sens catholique de la réalité. Car comment ce qui est arrivé aux Israélites serait-il une figure de ce qui se passe parmi les fidèles, si ce que nous possédons n'était aussi qu'une figure ? Il n'y aurait, de part et d'autre, que des ombres, et nulle part la vérité répondant aux images.

Mais il n'est rien de plus fort et de plus touchant que cette instruction de l'Apôtre entendue dans le sens de la réalité. C'est comme s'il disait aux fidèles de Corinthe : Vous le savez et la foi vous l'apprend, ce n'est plus ici une simple figure que vous recevez, lorsque vous participez aux mystères sacrés. Rappelez un peu, dans votre mémoire, les instructions que je vous ai données. N'est-il pas vrai que c'est le corps même et le sang de Jésus-Chrîst dont vos pères n'avaient que l'ombre? Si cependant la vengeance de Dieu a éclaté sur eux d'une manière si terrible, pour avoir participé à la figure dans de mauvaises dispositions, que ne doivent point attendre de cette môme justice divine ceux qui non, seulement n'ont pas profité de l'exemple de leurs pères, pour se corriger, mais qui, en participant à la vérité, tombent dans de semblables excès?

Vous participez à l'idolâtrie, et la bouche encore toute pleine de viandes consacrées aux idoles, contre les remords de votre conscience, vous venez recevoir le corps adorable de votre Sauveur et de votre Dieu. Vous voulez unir ensemble Dieu et le démon ; vous recevez le sang précieux qui a été répandu pour vous racheter, dans une bouche encore teinte du sang des victimes offertes au tyran, de l'esclavage duquel il voulait vous racheter au prix de ce même sang. Et dans le temps même que, par votre crime, vous vous engagez de nouveau sous la domination du démon, vous avez la témérité de recevoir ce sang adorable : quel sacrilège !

Ce corps précieux que vous venez recevoir est celui-là môme

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qui a élé conçu dans le sein d'une Vierge ; c'est celui d'un Dieu infiniment pur, qui, venant pour vous communiquer sa sainteté, voulait vous retirer des engagements malheureux où les esprits impurs vous avaient jetés; et voici que dans un corps et une àme prostitués à l'impudicité, vous venez recevoir ce Dieu de pureté. Vous devriez être transformés en lui et ne devenir qu'une môme chose avec lui ; après l'avoir reçu, vous devenez les membres d'un si saint chef. Ali ! quelle union que celle d'un membre impur à ce chef qui est la pureté et la sainteté mêmes. Vos pères ne faisaient injure qu'à l'ombre de cette pureté, mais vous, vous l'outragez en face.

Encore un coup, vous venez recevoir celui qui est descendu icibas pour vous réconcilier avec son Père et mettre fin à la guerre qui existait entre le ciel et la terre, pour rompre la muraille de discorde et de division qui séparait les deux peuples, et ne faire de tous les peuples qu'un seul co'ur et une seule àme en lui, celui qui veut nous unir tous dans son sang; et vous y venez avec un esprit de trouble et de rébellion contre vos supérieurs. Vous rompez tous les liens de la charité, dans le même temps que vous participez au sang qu'une charité inconcevable a répandu pour vous, au corps qui a été consumé par la charité : quel crime qu'une telle profanation !

Celui que vous venez recevoir est celui-là même qui a voilé la gloire qui l'environne des ombres de votre faiblesse, et qui a caché les rayons de sa majesté sous les apparences de l'état misérable de votre esclavage, pour vous en tirer. C'est celui qui, ayant toutes les richesses en son pouvoir, s'est réduit à une extrême pauvreté. C'est celui qui a souffert, pour vous procurer une gloire immortelle, tous les outrages et les ignominies de la croix, qui s'humilie presque jusqu'au néant, dans le sacrement même par lequel il se communi(iue à vous; et cependant vous venez l'y recevoir avec un Cd'ur plein des désirs des biens et des vanités dont il a voulu vous détacher par son exemple : quoi de plus opposé? Que si cette convoitise, qui était plus excusable dans vos pères que dans vous, leur a néanmoins coûté la vie, parce qu'ils ont profané l'ombre du sacrement que vous recevez, en s'y laissant aller, jugez à quoi vous vous exposez en vous approchant en cet état d'un sacrement si redoutable.

Voilà quelle est la force de l'instruction apostolique si l'on admet

avec la sainte Église le sens de la réalité ; mais les paroles de l'Apôtre ne signifient plus rien si l'on ne veut voir que de simples figures dans l'Eucharistie, et on le fait s'exprimer d'une manière tout à fait indigne du Saint-Esprit qui lui dictait ses enseignements.

Il faut encore remarquer que S. Paul oppose ici la participation que font les fidèles au corps de Jésus-Christ immolé sur nos autels, aux victimes immolées sur les autels des Israélites, et à celles que les idolâtres sacrifiaient à leurs faux dieux. Les unes et les autres étaient mangées au moins en partie par les prêtres et par ceux qui les oiïraient. Pour que la comparaison de S. Paul soit bonne et juste, il faut donc que nous participions aussi véritablement au corps de Jésus-Christ qu'ils participaient à leurs victimes. Or ils mangeaient réellement les victimes immolées, donc la participation des fidèles au corps de Jésus-Christ n'est pas en figure, mais réelle.

On sera encore bien plus persuadé de cette vérité, dit Bellarmin ', si l'on rélléchit à ces paroles : Le calice de bénédiction que nous bénissons : Callx bénédiction is oui benedicimus, qui excluent absolument le signe et la figure, car on ne consacre point, et on ne bénit point les signes et les figures, du moins il n'est pas nécessaire de le faire. Si donc l'Eucharistie n'était qu'un signe, la

1. (Jii.irtiini ;iri,^iiin('iiluni ex Sci'ij)luris suiui (lixiiims ox liis locis, qu.ip. déclarant iisum Eucharistue lomporo Aposldloruin. Suiil aiilcm duo loca praecipua, qiue ad propositum faciunt. Uiius hal)elur 1 (jir., x, in illi.s vorhis : Cah'x benefliclioniH, cui hniedicimus, nonne commiinicntio sanyninis Chrisli vsi? Et panis fjnpm frangimus, nonne commnnicatio corporis Chrisli est ?

Ex hoc loco plura sumuntur argumenta ad vcritalem catholicam comproliandam. Primum ex illis verl>is : Calix benediclionis, cui benedicimns. Significatur enim his A'erbis, consecrationem necessariam esse ad hoc Sacramentum coiificiendum; quœ tamcn ncccssaria non csset, si tanlum contineret hoc Sacramenlum figuram, sou reprassenlationcm sangiiinis Domini ; ad hoc enim sufficorct prima institutio et. volunlas Christi dechirata in Scripturis. Nam manna, et af|ua de pelra, et Agnus Paschalis erant etiam figurje, et signa corporis Cliristi, imo et sacramenta secundum adversarios ejusdem generis, contra nosira Eucliaristia, et tamen nulia crat necessaria consecratio ad hoc, ut manna et Agniis Paschalis essent figurœ, vel sacramenta. Atque hinc, refellifnr exposilio Calvini, et ^larlyris in commenlario hiijus loci, qui dicunt benedictionem calicis esse consecrationem, qua cfficilur ut vinum commune sit sacramenlum. Nam si ita essct, vel quia sacramenlum est signum ad placitum, vel quia habet analogiam quamdam ad rem signalain ex nalura roi. Non primum, quia ad illud sul'ficit prima institutio. Non secundum, quia illa anaiogia cum sit naturalis, est in re ante omnem consecrationem : quod enim panis et vinum alant corpora, sicul Christi corpus et sanguis animas, non ludjent ex consecratione, sed ex natura. Denique cur in aqua Baptismi nulla

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première institution de Jésus-Christ suffirait, sans autre bénédiction ni consécration. La manne, l'agneau pascal et là pierre du désert étaient des figures ; elles n'avaient pas besoin de consécration pour marquer qu'elles représentaient Jésus-Christ. Si l'on répond que la bénédiction est nécessaire afin que ces figures deviennent des sacrements, et que c'est pour cela que l'on bénit le pain et le vin, il est aisé de répondre que la seule volonté de Dieu, une lois marquée, suffit pour cela, que le pain qui nourrit, aussi bien que le vin, ont une analogie avec la nourriture de l'àme, tandis que la consécration n'en a aucune. Il n'est pas besoin de bénédiction sur l'eau du Baptême, pour que le Baptême soit un sacrement ; il n'en est pas non plus besoin sur le pain.

Si l'on dit que cette bénédiction se fait comme celle des viandes que nous mangeons, cette bénédiction des viandes n'est que pour, rendre grâces à Dieu, et le reconnaître comme notre bienfaiteur, et non pas pour faire un sacrement. Si donc il se trouve dans l'institution une consécration qui est de nécessité, il faut conclure qu'il y a quelque chose de plus qu'un signe et une figure, et qu'ainsi nous avons la réalité.

Qu'on nous permette d'ajouter ici la remarque que fait sur ce texte S. Jean Chrysostome, et que Bellarmin répète après lui '. 11

essel necessaria benedictio, ut Baptismus sit sacrainentum ? Cur etiam in manna, et aqiia, et petra, et Agno Paschali? Xeque dicere possunt hanc Ijenedictionem calicis esse similem illi, quam adhibemus in mcnsa communi ad benedicendos cibos. Xam illa adliil)cnda est, ne videamur ingrati Ocatori, et est utilis, non autem plane necessaria; nam etiam sine l)enedictione, cibi sapiunt et nutriunt. At hic fatentur etiam adversarii necessariam esse consecrationem, ut vinum sit sacramentum. (Bellarm., Conirovers. de Sacrament. Eucli., lil). I, cap. XII.)

1. Tertio proliatur ex intentione, et proposito Apostoli, quod erat avertere Corinlhios a sacriticiis Gentilium, et ab esu carnium immolatarum, ut palet ex tolo contextu : avertit autem illos ostcndcndo mensam et sacrificium longe prcBstantiiis, quo frui possunt. Illustrât autem rein lolam Clirysostomus insigni similitudine. Sicut enim amans quispiam, cum videt personam a se amatam desiderare vestes aut aliquid aliud alicujus, continue offert illi sua illis meliora et prsestantiora. Ita etiam Apostolus cum videret Corinthios desiderare sanguincm sacrificiorum, et esuin carnium immolatarum, ut eos revocaret, ostendil illis mensam Domini, in qua sanguinem et carnem habent sine comparatione prjuslantiorcm. Sed si vera essel senlcnlia adversariorum, niliil Apostolus obtinuisset. Si enim vera caro, et veru.'; sanguis non est in allari, sed laiilum figura et signum, non magis movcbit oratio Apostoli, (juam moverel qui pcrsoucR ainatcU oltorrel vestem sericam depiclam, ut eam avorleret a veste serica vera concupiscenda. (Bellarm., Conlruv. de ^V/(■/7/m. JJucli., lib. I, cap. XII.)

sus LA SAINTE EUCHARISTIE. — LIVRE I. — CHAPITRE X.

dit que FApôtre voulait détourner les Corinthiens des sacrifices des idoles en leur proposant un sacrifice plus auguste, celui de Jésus-Christ. Il fait ici ce que ferait un amant qui, voulant détourner celle qu'il aime de s'attacher à un autre qu'elle recherche, parce que les beaux vêtements dont il lui fait présent lui plaisent, lui on offrirait de bien plus beaux et bien plus précieux. Ainsi l'Apôtre, voulant éloigner les Corinthiens des sacrifices des idoles, leur olTre le sacrifice infiniment plus précieux du corps et du sang de Jésus-Christ. Mais que dirait-on de cet amant si, au lieu d'un vêtement d'un tissu de prix que donne son rival, il ne donnait qu'une simple gravure représentant le vêtement que l'on attend de lui? Pourrait-il bien espérer de ramener à lui celle qui s'est laissé séduire par les riches présents reçus d'un autre? Le discours de S. Paul aurait produit un effet à peu près semblable auprès des Corinthiens, selon la pensée de S. Chrysoslornc, si au lieu tl'un véritable sacrifice dont il voulait détourner ce peuple, il leur en avait offert un qui ne fût qu'en figure.

Ce que l'Apôtre dit ensuite est encore une preuve non moins forte de la présence réelle de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie, en môme temps que ses paroles sont propres à nous inspirer un profond respect pour ce divin sacrement K II continue en effet :

1. Ne qiiis eniin pularet, Apostoliun liaîc sua dicta (scilicet : Calix bcnedictionis oui /jciirdieimtis, nonne coinniunictfrio s^nfiuinia Chrisli eal? cl panis tjiicm fr(t)if/i)m(s, nonne parlicijKilio corjioris Domini esl ?) de ea duntaxat communicaliono quai fil secnndum spirilum por fidcm, non eliain de vera ac naturali vcri et suljstantialis corporis Cliristi, quod nos celsissinii sacranionti pcrcoi)tiono accipiinus, parlicipatione vcllc accipi, mox hiijus certam adfert ralionom his verbis : Quoniani unus ])anis et unuin corpus niulti sunius : nam oinnos de uno pane paiiici])amus. Taiu|uani dicerel : omnes quideui nos jam ante ])er verbi Dei auscullationeni, fideni et sacrum Baplisma, unum in Christo secuiiduni spirilum effecli sumus : sed prœler boc in illo eliam corpus unum efficimur, cujus idem ipse caput esl Cbristus Jésus : idque ea causa, quod omnes vero ejus corpore et sanguine reficiamur et abimur. Eam vero genuinam ac cerlam esse verborum Aposloli mentein cl sensum, teslalissimum fil altéra ejus supra jam memorala sententia ((uam bis sulyungimus.

Hal)eUir autem ea ad J:jj/tes. V, ubi Aposlobis lioc pacte loquilur : Quia )iiei)i/>rn sniinis rorjjon's ejus, de came cjns, et de ossi/jns ejus. Quod quid est abud, quain (ibrislum communicare et im])arliri noliis non soknn de suo spirilu, sed etiam de carne et ossibus suis, ul in illo nedum sjjirilus unus, verum f'iiam corjjus unum efficiannir? Quod quidem velle A])osl()iiim, ncc de synibolico tantum corpore agere, quo vera ac substanlialis corporis Cbrisli natura, quam noltis in sanclissimo sacramenlo rêvera et cerlo impartit, excluditur, salis indicat, dum ])ergil menlem et scnlentiam suam bac adbiliita simililudine expUcare evidcntius docens qucmadmodum Ileva ex Adami vera carne

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Quoique en grand nombre, nous sommes un seul pain, un seul corps, nous tous qui participons à un seul pain K Nous devenons tous un seul et môme pain, un seul et même corps, quelque nombreux que nous soyons, par la participation au pain eucharistique. S'il n'y a qu'un simple signe dans l'Eucharistie et une simple figure, si ce n'est pas Jésus-Christ réellement présent que l'on y reçoit, ce que dit ici l'Apôtre que tous ne reçoivent qu'un même pain n'est point vrai. Carde même qu'il n'était pas vrai de dire autrefois que tous ne mangeaient qu'un même agneau pascal, chaque famille ayant le sien, ainsi ne peut-on pas dire maintenant que tous mangent un même pain. Mais si l'on admet la présence réelle, alors il n'y a plus de difficulté ; c'est Jésus-Christ qui est ce pain, que tous reçoivent : or Jésus-Christ est un. Il paraît facilement alors qu'ils ne font qu'un même pain et qu'un même corps, car ils sont tous réunis en lui par cet aliment divin. Jésus-Christ, par la communion, les transforme tous en lui, et parce qu'ils ne sont tous qu'un avec lui, on peut dire qu'ils ne sont qu'un même pain et qu'un même corps, selon l'expression de l'Apôtre : Quoniam unus panis et unum corpus multisuinus. Mais on ne pourrait plus le dire, si l'on excluait la réalité.

Continuant ensuite son dessein de détourner les Corinthiens de l'idolâtrie, S. Paul leur déclare qu'ils ne peuvent participer à la

et ossilms condita est, ita et Christi Ecclesiam ex ejus vera carne et ossilnis procreatam. Adfert autem eo sententiam ex Gencs., ii : Pvoplev hoc rdinquet homo palrem et matrem suam et adhwrehit uxori sux, et erunt duo in carne iina. Sncramentum hoc magnum est: ego autem dico in Christo et in Ecclesia.

.... Quod itidcm Cliristus et ejus sancta Ecclesia una caro sint, idque simili 1er eam ob rem quod Christus vera carne et sanguine suo Ecclesiam suam vere pascat, nutriat et fovcat. Hoc inquam,ut verum esse intelligamus, eodem loco sic habet Apostolus : Xemo enim unrjuam caniem suam odio habuil. sed nulrlt et foret eam, sicut Christus Ecclesiam; quia membra sumus cor])oris ejus, de carne ejus et de ossihus ejus. [Ejihes., v, -2\), 30.) Nec ai)ud me ullo in dubio est, Apostnlum illic Ephcsiis suis duorum pnecipuorum nostr.-e roligionis sacramcntorum, nemi)o Baplismi, et corporis et sanguinis (Ihristi, vel Eucbarislice, vim et enoriiiam quatenus quidem summa illa mysloria aperiri possent, simul oxi)licare voluisse : Baptismi quidem dum ait : Christus dilc.nt Eccfpsiam et scij)su))i tradidit pro m, etc. Sacramenti autem Corporis et sanguinis Chrisli, dum porro subjungit : Xemo enim unquam carnem suam odio habuil : scd nulrit et /orel eam, sicul et Christus Ecclesiam, intelligc propria carne cl sanguine suo, (piibus ipsa Ecclesia prius quidem per spiritum in Haplismo nata, deinceps in vitam jelernam reficitur, pascitur alque nulritur. {Groi>i>eri, De veritate Corp. et Sang. Christi in Eucharistia, art. 1, cap. xxvii.)

\. Ouoniam unus panis, et unum corjuis multi sumus (|ui de uno jiane participamus. (/ Cor., x, 17.)

table du Seigneur et à celle des démons. Il nous donne encore, par ces paroles, une preuve tout à fait convaincante de la réalité ; en opposant autel à autel, sacrifice à sacrifice, calice à calice, il nous apprend que dans l'Église de Jésus-Ciirist il y a un sacrifice, et que TEucharistie est ce sacrifice ; car sans cela sa comparaison ne serait pas juste. Il dit : Ce qu' immolent les gentils, ils Vininioleiit aiLv démons et non à Dieu. Or je désire que vous nayez aucune société avec les démons; vous ne pouvez boire le calice du Seigneur et le calice du démon; vous ne pouvez avoir part à la table du Seigneur et à la table des démons ^

Il n'y a point d'autel sans sacrifice. Opposant donc la table ou l'autel de Jésus-Christ à la table ou l'autel des idoles, où étaient les viandes immolées, opposant celles qui sont immolées et offertes aux démons à celles qui le sont au Seigneur, il nous apprend que comme, d'une part, il y avait un vrai sacrifice fait aux idoles, il y en a aussi, de l'autre, un véritable fait au Seigneur.

S'il oppose victime à victime, quelle est cette victime, quel est ce sacrifice de l'Eucharistie, lorsqu'on ôte la réalité de la présence du corps et du sang de Jésus-Christ? Si Jésus-Christ est réellement présent dans l'Eucharistie, comme nous n'avons rien de plus précieux que lui à offrir à Dieu, nous devons nécessairement le lui offrir, et si l'Eucharistie est un sacrifice, la victime ne peut pas être autre que Jésus-Christ. Or l'Apôtre nous déclare assez qu'elle est un sacrifice, par l'opposition qu'il fait de ce sacrifice à celui qu'on offre aux démons; donc, selon l'enseignement de l'Apôtre, Jésus-Christ est réellement présent dans l'Eucharistie.

SECOND ENSEIGNEMENT DE S. PAUL : IL EXIGE POUR LA SAINTE EU- CIIAUISTIE LE PLUS PROFOND RESPECT, EN s'aPPUYANT SUR LES PAROLES DE l'iNSTITUTION DE CE SACREMENT 2.

Il se passait (pielque chose qui blessait la charité et les convenances, lorsque les fidèles de Gorinthe se rassemblaient pour célé-

1. Qiue iiMinolaiit gcnlcs, diemoiiiis iinmolant et non Deo. Nolo autem vos socios fieri Uaemoniorum : non potes lis calicem Domini bibere, et calicem daemoniorum : non polcslis mensœ Domini participes esse et inensge dœmoniorum. [I Cor., x, 20, 21.)

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