Voici comment Contenson expose cette même preuve
In primis divinus Apostolus liane fidem a Christo se acccpisse testatur
PREUVES DE LA l'RÉSENCE DE JÉSUS-CHRIST DANS l'eUCIIARISTIE. 331
brer les divins mystères. Plusieurs se laissaient aller à des excès dans le boire et dans le manger, qui les rendaient tout à fait indignes des choses saintes, et dans le même temps qu'ils satisfaisaient ainsi sans retenue leurs appétits grossiers, ils traitaient les pauvres avec dédain et mépris. On ne voyait donc rien dans ces assemblées de la charité et de l'humilité avec lesquelles Jésus-Christ avait célébré la dernière cène. Alors, en effet, le Maître s'était humilié jusqu'à laver les pieds de ses disciples; il les avait fait asseoir à table avec lui, et ils avaient pris part ensemble à un repas frugal qui ne les empêcha nullement de faire ensuite de longues prières avec le Sauveur, et de recueillir précieusement les magnifiques discours qu'il leur adressa en cette circonstance.
S. Paul, ayant appris les désordres qui se passaient dans l'église de Corinthe, crut qu'il suffisait, pour rétablir les choses et leur
/ Cor.. XI : Qiiod accepi a Domino, inquil, hoc pt tradidi rohis. qnoniam Dominus Jésus in qua nocte tradebatur, accepit jjanem, etc. Post relata vero Cliristi institutionis Yerl)a, ad dignam tanli mysterii susceptionem hortaturiis, .idmonet panem liunc cœlcstem, vel calicem indigne usurpantes judicium sibi luandufare e( biliere, reosque esse corporis et sanguinis Domini, utpote non dijudicantes corpus Domini. Ex quil)us sic formatur argumentuni : Si in pane Eucliarislico niliil nisi figura Doininici corporis liaberetur, profecto non idcirco peccarct qui comederet, quod non discerneret dijudicaretque corpus Domini ; nam potius judicare debebat, ibi non esse corpus Domini ; ergo juxta doctuiu a Domino aposlolum, ingenti gravantur sacrilegio qui indigne accedunt, quia non judicant i])i esse corpus Ghristi, quia cibuiu illum divinum Cbristi corpus realiter exliibentem, eadem mentis compositione atque alios cibos accipiunt, quia Cliristo praescnti injurii sunt, quia corpus Domini temerario accessu floccifaciunt, quia corpori Domini vim inferentes immundis illud accipiunt animis, et in pollulum os immittunt. Certe si sola corporis Cbristi figura indigne baberetur, rei etiam fuissent corporis Domini, qui cum conscientia peccati ad agnum pascbalem comcdendum accessissent, nibilque .specialis sacrilegii iiuligna Eucbarisliœ conimunio contineret. Et mirum est, Calvinistas sacrarum iinaginum juratos bosles, infinito sacrilegio gravarc eos qui Eucbaristiam, quam solam esse Cbristi iinaginein contostantur, imparali usurpant. Injuriam irrogari Cbristi nudœ nec conspicuœ imagini novi iconoclastc'B verentur, qui aspocta])iles Servatoris imagines diirringunl, comminuunl, demoliuntur. Hae nimirum illorum pietas et religio retentas ab Ecclesia imagines abominari, et novas comminisci, quas vcnerentur. Verum enim vero non irrevcrentcr babitae Cbrisli imaginis damnât, scd reos corporis Cbristi indigne communicantes appellat Aposlctlus. Ergo solas ibi lingcre imagines bairelicorum imaginatio est.
Accedit quod si vera foret Calvlnislarum oinnia ad Iropos vel spiriUialem duntaxat nianducationem rcvocantium assertio, nunquam contingerc posset quod tantopere formidal Apostoins, indignam nimirum communionem mortem sumcntibus parère et anticipatam condemnationem accersere. Quicumque
inspirer du respect pour cette grande action, de leur remettre en mémoire ce qu'il leur avait enseigné touchant la manière dont Jésus-Christ institua l'auguste sacrement de l'Eucharistie, comme l'ayant appris non des hommes, mais de Jésus-Christ, qui le lui avait révélé. Voici comment il procède.
Il leur fait remarquer d'abord que ce fut la nuit même où Jésus- Christ fut livré qu'il institua cet adorable sacrement : Dominus Jcsifs in t/i/tf }}(>(■/(> Iradebatiir. {/ Cor., xi, 23.) Cette circonstance est destinée à faire ressortir à leurs yeux la grande charité du divin Sauveur, souverain maître des hommes, qui ne songeait qu'à leur donner les plus grandes marques de sa bonté, dans le temps même où il savait qu'ils étaient sur le point de le traiter avec la plus révoltante indignité et de le faire mourir.
Ce sont donc les derniers gages de son amour le plus tendre envers ses disciples; ce sont ses dernières paroles, ses dernières volontés, son testament. Les enfants écoutent avec respect et con-
oniin pancm cœlesleiii niiiiiducat vol ridoiii lialu'l, vcl fido caret. Si iideni lial)ol, digne suscipil, quainlihet infandis scolci'ilms sil iiKiuiiialus : tuni quia juxia v»d,u:atissinnim Calvinislarum do^rma, sola fidos osl qu.t' justificat; tuni quia juxta Calviinun, lih. 1\' Iiislit., cap. xvii, n. 41 et W, difiiiaui inanducalio)K'in, (juaui Calholici a poccaloril)U.s factoruni rcposita ralione, conlrilione, confcssiono, satisfactione aliisque ])a'iiitenlic'B opcril)Us indigiiitateni oxpiaturis exigunt, consciontiannn tnriuram cl (h'voxationem hominuui, vir (si superis ])lacol) rofornialissiuius apjx'ilal, coiicludiUiue : « Ea est dignilas, quam unam cl (i])(iniaui ofïerre Dco possumus, si uoslnuu illi vililalcm, et, ut ita iociuar, indiuiiilalcni nftbranius. » Quam iniiiune dodrinaî inicjuitatem a con'UptissiuKi nioruin depravaloro Marlino Lullioro liauseral, qui, scrnione De /invjiartiliinH' (id luir/innsfiam : « Optinia, inquil, disposilio est non nisi oa, qua pcssime es dispositus. El ideo pœnitonlia jjotius post quam anle sacramentuni digne peragitur. » Si vero ad Eucliaristiam accodens fide caret, Chrislum nullatenus suscipit, quia secundum Calvinistas sola (Ihristus fide manducatur. P>go sacrilège non manducat qui nec manducat quidem : nec reus est corporis Doniini, qui nec realiter, nec perfideni connnunicat. Ergo juxta catholicam dunlaxat ortliodoxorum fidem, dictum Aj)osloli verum esse ])robatur. Ci])us enim ille divinus (lliristum roapse cnntinens, im])uro corde suscejjtus, morteni infert comedenli, qui lioc ipso fit reus corporis Domini ; quod corpus Doniini non dijudicans, pnesentem non revei-etur niajestatem nec mundum oflert tanto liospili liosi)iliuni. Quid ergo mirum si Christum in niorleni et condeinnalionem suniat, qui Christum quantum in ipso est, in senietipsQ cruciHgit?Nani, sicul i)er arcam fœderis innumeral)ilia Israelitislieneficia Dominus contulit, a Pliilisiceis vero ahlata summam islis pestem et calamitalem aeterno cum dedocore junclam importavit : sic Christus in Eucharislia pressens, oplirne alï'ectos et comparatos arnplissimis gratis; muneril)us ornât, iniparatis veroct sacrilegis cor])Us Christi in Eucharistia latens al)alio cihorum génère non dislinguentil)us, detrimeiita gravissima et morlem offert scmpiternam. (Conte.nson, lih. XI, j). II, di.sscrt. i, caj). i.j
PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CIIRIST DANS l'eL'CHARISTIE. 333
servent toujours dans leur mémoire les dernières paroles et les dernières volontés de leur père. Écoutez donc, disciples de Jésus- Ciirist, les dernières paroles de votre Seigneur et de votre Sauveur ; apprenez ses dernières volontés toutes pleines de charité pour vous; pesez toutes ses actions, recueillez tous ses mots et n'en laissez tomber aucun à terre. Voici, dit l'Apôtre, ce qu'il fit et ce qu'il dit ' : Le Seigneur, Jésus, la nuit où il était livré, prit du pain et, rendant grâces, le rompit et dit : Prejiez et mangez- ; ceci est mon corps, qui sera livré pour vous : faites ceci en mémoire de moi. De même, il prit le calice après qu'il eut soupe, disant : Ce calice est le nouveau Testament en mon sang; faites ceci, toutes les fois que vous boirez, en mémoire de moi. Car toutes les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu à ce qu'il vienne ~.
1. D"après plusieurs auteurs, il est probable que les désordres reprocbés aux Corinthiens par l'Apôtre avaient leur source dans le manque de foi à la présence réelle de Xotre-Seigneur ; Thérésie avait fait des ravages parmi eux. Les hérétiques des premiers Ages, Simon le Magicien et les Gnostiques, ne croyaient pas que la chair de Jésus-Christ eût été une véritable chair et qu'il fut réellement homme comme nous, en même temps que Dieu. La négation de la présence réelle découlait logiquement de cette erreur, et c'est elle que combat l'Apôtre, en rappelant aux Corinthiens l'institution de la Sainte Eucharistie et les cij-constances dans lesquelles elle s'est faite. Voici comment s'exprime à ce sujet le savant conlroversiste De Sainctes, évèque d'Kvreux :
.\post()lo sane aderant justœ causœ, quœ ipsum etiam nolentem impulisscnt alio scrmone institutionem EucharisticC tradere si verborum sensum quibus illa conlinetur, alium esse didicisset a Domino. Nam ipsum angebant ea de re haereses inter Corinthios natae, etob id populum Dei ultio vcxabat. Satis indicat ad componendas contentiones diu multumque de Eucharistie veritate se anime agitasse, et tandem Dominum consuluisse, sed nihil novi ab eo retulisse. Nonnulli aiunt non reprehendi ab Apostolo Corinthiorum de cœna Domini haereses, sed indecentem actionem sive celebrationem ejus : quoniam tantum arguât uniimquemque cœnam suam prœsumere ad manducandum. ^'erum non tantum hoc agit, sed addit : Powm quem frangimus, nonne coiitniitnirtilio corjtoiis Daniini est? et: Xon flijudicrnis covjjus Domini. Apparet profecto Corinthios lum lapsos in lueresim, ac non pluris iestimasse panem Eucharisliaî, quam alium conuuuncm, aul saltcm quam alium cibum Dco aut idolis sacralum. Ideo ipsos .\postolus redarguit lan([uam jam cœnam Dominicani non ederent, nec se ad eam qua deceret veneralionepnepararenl, nec jutlicarent, id quod in ea sumerenl esse corpus Christi. Totus autem incumbit, ut ostendal tantum intéresse inter panem cœnaî, et alium (lueudibet cibum, sed ])rofanum seu idolis aul Deo sacrum, (juam inter corpus Christi tradilum pro nobis cl aliam quamcumque rem. [Uk Sainctes, cpisc. Ebr., JJe vebua Hitcliun'sliœ conlrovpi'sis repeliliunes, repel. I, cap. ix.)
'1. I Cor., XI, -riîi-^iO.
334 I.A SAINTE ErCllARlSTlE. — LIVRE I. — CHAPITRE X.
Il prit donc du pain, et rendant grâces à Dieu, il le rompit: c'oî^t pour cela que nous appelons ce pain sacré Eucharistie, c'està-dire action de grâces. C'est ce que faisait toujours le Sauveur quand il voulait opérer quelque grand miracle comme la multiplication des pains, la résurrection de Lazare. II levait les yeux au ciel et rendait grâces à son Père, pour nous apprendre par quelle vertu il opérait toutes ces grandes merveilles ; il nous montrait ainsi que c'était la toute-puissance de Dieu qui rendait en ces rencontres témoignage â son Fils, avec lequel il opérait ces œuvres extérieures; en même temps il nous enseignait à n'être point ingrats pour le don infiniment précieux que le Père nous fait dans ce sacrement, car ce don n'est autre que le corps et le sang desonFils.Ill'en remercie en qualité de chef de l'Église, au nom de tous les fidèles.
Notre divin Sauveur donne ensuite à ses disciples ce pain céleste, en leur disant : Prenez et mangez, ceci est mon corps qui sera livré poiir vous. Le texte grec porte : Qui est rompu iwur vous, et l'Évangile de S. Luc : Qui est livré pour vous. Ces paroles marquent une immolation, le sacrifice d'une victime; car on immole les victimes en les divisant et en les partageant. Voici donc l'Apôtre qui nous assure, de la part de Jésus-Christ, qu'il a donné son corps, ce même corps qu'il a livré et immolé pour eux, et qui le dit aussi bien que les Évangélistes, et en termes encore plus forts : comment donc des hérétiques oseront-ils, après cela, soutenir que ce n'en est que la figure, et infliger ce démenti à Jésus- Christ et â son Apôtre?
Il ajoute immédiatement après ces paroles : Faites ceci en mémoire de moi : Hoc facile in meam commemoralionem. Car bien qu'il doive être réellement présent dans la Sainte Eucharistie, il n'y est pas néanmoins d'une manière sensible et visible, comme lorsqu'il conversait avec ses apôtres qui le voyaient de leurs yeux, lui parlaient et recevaient ses réponses. Il y est, mais d'une manière cachée et invisible, sous les espèces sacramentelles qui le couvrent et qui nous sont un signe et un mémorial de sa présence. Ce souvenir se doit aussi entendre en la manière que l'explique ensuite l'Apôtre, du souvenir de sa passion. Une remarque â faire, et qui a son importance, est que Jésus-Christ parle ici en termes absolus. F«//<?s ceci en mémoire de moi, dit-il; et il exprime ainsi la nécessité de prendre le pain devenu son corps ; il ne parle pas de la même manière du calice.
ITiElVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CIIRIST DANS L'EirCHARISTIE. 33o
Il prit de même le calice, après son souper, en disant : Ce calice est le nouveau Testament en mon sang : Hic calix novum testamentum est in meo sanguine. Il est donc clair que ce qu'il fait alors est proprement et en toute vérité un testament ; il l'oppose à l'ancien en disant qu'il en fait un nouveau ; il dit que c'est ce calice môme qui est le nouveau Testament, et qu'il l'est en son sang. Et, puisque ce n'est point la figure du sang des victimes qui a scellé l'ancien Testament, mais leur sang véritable, ce doit être aussi le propre sang de Jésus-Christ immolé, contenu dans ce calice, qui doit sceller son nouveau testament. Peut-on s'exprimer en termes plus formels? Lorsque le Fils de Dieu nous déclare que c'est là son testament, peut-on aller chercher dans ses paroles des figures et des métaphores?
Mais il est bon de remarquer encore la recommandation qui suit : Faites ceci toutes les fois que vous boirez, en mémoire de moi : Hoc facile quotiescumque bibetis, in meam commemorationem. Jésus-Christ ne dit pas absolument, comme après la consécration du pain : Faites ceci en mémoire de moi, mais seulement sous la condition : Toutes les fois que vous boirez. Supposé que vous buviez ce calice, buvez-le en mémoire de moi. Il nous fait voir par cette différence d'expression, qui n'est pas sans dessein, qu'il n'impose point la nécessité de prendre les deux espèces. Et puis, comme s'il voulait répondre par avance à toutes les subtilités qu'il prévoyait que l'on devait inventer dans le cours des siècles, il explique ce qu'il entend par cette mémoire de lui que l'on doit faire dans l'Eucharistie, en ajoutant : Car toutes les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu il vienne. Ainsi la mort et la passion du Seigneur, telles sont les choses passées dont on doit faire mémoire dans l'Eucharistie.
L'Apôtre a posé ses principes et rappelé les vérités qu'il a apprises lui-même de Jésus-Christ et enseignées aux fidèles; il a rappelé l'histoire de l'institution de l'Eucharistie, il ne lui reste plus qn"à conclure, et sa conclusion est terrible pour ceux qui s'en approchent indignement. Mais ces paroles n'ont de force et de valeur que moyennant la présence réelle de Jésus-Chrisf dans ce saint sacrement ; ce qui est encore une preuve manifeste que la doctrine de l'Apôtre est conforme avec celle de l'Église catholique '.
1. Imo Paulus recitatis vcrbis Domini, non cxplical quidcm quiil illis si- .qnificclur; scd quia hoc supponit ut clarum et nolum, infcrt gravilalein pcc-
Voici, en effet, la conséquence qu'il lire des principes posés : Cesé pourquoi quiconque mangera ce pain et boira le calice du Seigneur inilignenient, sera coupable du corps et du sang du Seigneur : Ilaque quicunique nuoiducavcrit panem hune, vel biberit calicem Doniini indigne, reus e)-it corporis et sanguinis Domini. (I Cor., xi, 27.) Remarquez qu'il ne dit pas : « Quicon- « que mangera ce pain et boira le calice du Seigneur, » mais bien : Quiconque mangera ce pain ou boira le ccdice. Cette disjonction marque assez qu'il n'est pas nécessaire de recevoir en même temps les deux espèces sacramentelles.
Nous avons encore, dans ces paroles de l'Apôtre, une preuve convaincante de la présence réelle du corps et du sang de Notre- Seigneur dans l'Eucharistie ^. On ne peut point être coupable, ni par conséquent condamné comme coupable du corps et du sang de Jésus-Christ, s'il n'y a que la figure du corps et du sang. Ce serait une injustice criante dans un juge qui condamnerait un homme pour avoir pris une image représentant mille pièces d'or, ou une bourse capable de les contenir, s'il l'obligeait à restituer cette grosse somme ou à subir la mort; ce jugement paraîtrait et serait en effet injuste et cruel.
iMais ne serait-ce pas une injustice encore plus grande de condamner comme coupable du corps et du sang de Jésus-Christ ceux
ciili in indigna corporis et sanguinis Domini susceplione. Gravitas desumitur objective ex re ipsa quae indigne suscipitur, et ita injuriose tractatur; hase res ait Aposlolus, ciun exrecitalis Gliristi verljis sit corpus et sangiiis Domini, est ergo indigne suscipiens reus hesi et injuria ai'fecti covjwris et sanfjuinis Domini. — Ilaque (quia Doniinus accipiens panem dixit : lloc est corpus meum ; et accipiens calicem : Ilic ca/ix noviim lestamenlum est in meo sauf/uine) quicum(|ue manducaverit panem hune vel Ijiberit calicem Domini indigne, reus eril corporis et smif/uiiiis Domini. — Suhjeclive gravitas peccati est in co quod liomo non dijudicat practice et actione ipsa non tBstimat, esse id quod csl, ac'ïWcei corpus Domini ; Judicium sibi manducat et bibit, nondijudicans corpus Domini. (/ Cor., xi, "Àl, -1\).) Atqui li;ec illalio, quod liomo speciala re susceptd reus est corporis et sanguinis Domini, et spcclato ejus modo agendi non {estimât rem qualis est, quia non xslimat ut corpus Domini, evidenter ostendit Paulum supponere ut clarum et notum, quod verbis eucharisticis constiluitur corjjus et sanguis Domini tnnquam res, quae manducatur etbibitur. (Franzelin. card., Tract, de SS. Euchar. sacram., thés. IV.)
1. Ac ne liti/xandi ansam dédisse videretur, quia nominarit panem et calicem, cminem dubitalionom tollil, quando exprimit peccari in eo, si aliud esse puletur aut credatur, quam ijisum corpus Domini, ne quis intra signum hujus corporis consistât: et se inlelligere de verissimo Christi cor])ore postea confirmât ah eHectu, cum subjungil judicium comediex indigna ejus manducatione, sicuti vila ex ejusdem pio et puro esu : quoniam cadem res Christus ipsc, et
l'RELVES DE LA l'RÉSEN'CE DE JÉSUS-CHRIST DANS l'eUCHARISTIE. 337
qui auraient pris, sans en ôtre dignes, une simple image, un symbole rappelant ce corps et ce sang adorables? Les prétendus réformés, qui sont si opposés au culte des images, iront-ils ici contre leurs principes, en voulant qu'on traite avec tant de rigueur celui qui aurait déshonoré l'image de Jésus-Christ? De quels crimes ne s'avoueraient-ils pas coupables, eux qui ont brisé les images du Seigneur avec insulte et les ont renversées avec fureur et dérision? Un chrétien qui n'a pas dessein de faire injure à Jésus- Christ, en foulant aux pieds son image sans y faire réflexion, ne lui manquerait pas de respect ; ceux qui marchent sur des pavés où sont imprimées la croix et la figure de Jésus-Christ, n'y faisant aucune réflexion et sans aucune intention de lui faire injure, ne l'insultent point. Ainsi ceux qui prendraient l'Eucharistie en état de péché mortel, mais sans aucun dessein de l'outrager, ne pécheraient pas, si l'Eucharistie n'était qu'une image et un signe ; ce qu'on ne peut pas dire de ceux qui, de propos délibéré, outragent et brisent les images.
Si c'était faire injure à Jésus-Christ que de recevoir son image et de se ressouvenir de sa passion en état de péché, si l'on se rendait ainsi coupable du corps et du sang de Jésus-Christ, voyez quelles conséquences absurdes il laudrait admettre. Tous ceux qui prononceraient le nom de Jésus-Christ crucifié, qui regarderaient
corpus ejus, aliis cedunl in vitani, aliis in morleiu, aliis in ruinam, aliis in resurrectionem, propter imporcm manducanlium disposilionem. Siculi er^'O non sij:j:num carnis et saniiuinis, sod raro ipsa et sanguis co'nferiint vitani, ita non signuni ipsiun indit^ne suniptum parit mortem, scd caro ipsa et sanguis. Hoc veleres cliristiani niultis simili ludinilnis illustrarunt, et eani esse menlem Apostoli fuse lateque disputarunt : scd li£ec omnia suo loco narral)untur. Si Apostoluni itaquc interroges, quid sit in causa, cur indigni edendo panem et potando vinuni Eucliaristice, in realum corporis cl sanguinis Domini incidant, ac judicium sihi asciscant, unum respondet, et in uno conquiescit : Quia, inquit, quod editur et potatur, non œstimatur tanti, quanti faciendum est corj)us Domini, neque ipsum, ut corpus Domini, al) aliis communil)Us discernilur. Nam dia/irinôii qno utitur Apostolus, est ex coUatione duornm rerum unamal» alla secernerc, et unam alleri pniîferre ex perfecta ejus ([ualitate aul substantia. Sic Paulus liominem supra alios insolescentem deprimit al([ue in ordinem cogit : Tis r/ar xc iliuhrinci ? id est, quis te disccrnit? quis te exiniit ex l)romiscua mullitudine, et quasi consjjicuum illuslriori loco ponil ? Sic Lucas in Actis Apostolicis scripsit : A'Hiil (liscrcvil inicr nos cl i/los. Panis igitur in Kucharistia ita discerni, distingui,el anleferri omni pani débet, ut credaUir et judicetur verum Clii-isli cor])Us esse. Antequam cerle discernalur panis hic esse corpus Domini, oportel ut vore sit lia. Alioqui falso discernerclur. Quamobrem antecpiam comedalur, cr(>di debel ])anis esse corpus Domini. (De Sainctes, e])isc. l'^broinc, J)f rcôiia J'Jitrhari.-iliic coiilruvcrsis. repel. I, cap. ix.)
LA S.VINTIO KUCHAKISTn:. — T. I. 22
un crucifix ou une image de Jésus en croix, étant coupables de quelque faute grave, seraient donc, eux aussi, coupables du corps et du sang du Seigneur, selon la parole de rApôtre ; d'autant plus que ces images rappellent bien plus vivement la mort et la passion de Jésus-Christ que ne peuvent le faire un morceau de pain et un peu de vin.
Car il faut remarquer que, comme les prétendus réformés veulent que l'on reçoive Jésus-Christ uniquement par la foi, ceux qui n'ont point la foi reçoivent bien le signe et la figure extérieure, l'image et la mémoire de Jésus-Christ, mais ils ne reçoivent point, selon eux, la grâce de Jésus-Christ. Ils ne reçoivent donc qu'une simple figure, une simple image, de sorte que, pour s'être ressouvenus de Jésus-Christ en mauvais état, ils sont, suivant leur doctrine, coupables de son corps et de son sang. Voilà la première rélïexion que nous fournissent ces paroles de l'Apôtre.
Mais en voici une seconde encore plus importante, et dont il est impossible d'éluder la force sans faire mentir l'Apôtre, si l'on refuse d'admettre la présence réelle de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie, pour ne voir dans ce sacrement qu'une simple figure, à la(juelle la foi seule de ceux qui la reçoivent donnerait la vertu de communiquer la grâce de Jésus-Christ. S. Paul dit en effet : Quiconque mangera ce pain ou boira le calice du Seigneur indignement. Il suppose donc qu'on le peut manger indignement, ce ciui serait faux néanmoins d'après les principes de la prétendue réforme; car ils disent qu'on ne le prend que par la foi, et ils posent cette autre affirmation comme incontestable, que tous ceux qui ont la foi sont justes. Mais s'il est impossible de le recevoir lorsqu'on n'a pas la foi, il n'y a donc, selon eux, que les justes qui puissent le recevoir; or on ne peut le recevoir indignement étant juste; il est donc impossible de le recevoir indignement d'après leurs principes. Ainsi tout le raisonnement de l'Apôtre porterait à faux.
Que si les méchants, qui sont ceux i\m n'ont pas la foi, le reçoivent, on le reçoit donc autrement que par la foi, on le reçoit réellement, et telle est la foi catholique sans laquelle il est impossible rl'expliqucr l'Apôtre. C'est dans ce sens que S. Augustin disait que <f lorsque quoiqu'un prend indignement le corps du Sauveur, il 0 no fait point, parce qu'il est méchant, que ce qu'il prend soit « mauvais, ou que, parce qu'il ne le reçoit point pour son salut.
l'REUVES ]IE LA PRÉSENCE DE JÉSL'S-CHRIST DANS L'eUCHARISTIE. 330
« il ne reçoive rien. Car le corps et le sang" du Seigneur ne lais- « saient pas d'être dans ceux dont l'Apôtre dit : Celui qui mange a in<fi<jnement, mange et boit sa propre condamnation ^ » S. Clirysostome dit, en expliquant ce passage de l'Apôtre et en plusieurs endroits, que les méchants reçoivent véritablement le corps du Seigneur. Tous les Pères qui ont commenté ce texte parlent dans le même sens. S. Thomas a résumé leur doctrine dans ce verset de la prose Lauda Sion :
Sumunt boni, suinuiit inali, Sorte tamen incecjuali, Vilœ vel interitus.
« Les bons et les méchants le reçoivent, mais Je résultat n'est « pas égal : pour les uns c'est la vie, pour les autres la mort. »
Aussi l'Apôtre recommande-t-il avec force aux fidèles de Corinthe de bien s'éprouver avant de manger ce pain et de boire ce calice : Protêt autem seipsum liomo, et sic de pane illo edat et de calice bibat. (/ Cor., xi, 28.) Il déclare hautement que celui qui en mange et en boit sans en être digne, mange et boit son propre jugement; au lieu du breuvage de l'éternelle vie, il prend un poison mortel ; il est dès ce moment condamné à une mort éternelle, et la sentence est portée contre lui dès le même instant. La raison qu'il en donne est encore une preuve authentique de la présence réelle : C'est, dit-il, qu'il ne fait pas le discernement qu'il doit entre le corps du Seigneur reçu dans cet aliment tout divin et les viandes profanes : Non dijudicans corpus Domini.
Si c'est pour n'avoir pas distingué, dans cette nourriture, le corps du Seigneur des aliments profanes, qu'on s'attire un si terrible jugement, il faut donc croire que le corps du Seigneur y est réellement présent et contenu, sinon l'on ne voit pas comment on aurait mérité une telle peine, pour n'avoir pas reconnu dans un pain ce qui n'y serait tout au plus qu'en figure.
Enlin, pour les intimider davantage par les châtiments présents, il leur déclare que les infirmités et que les morts subites qui sont arrivées parmi eux ont été une punition de leurs communions
1. Indi^'nc {[uisquc suincns Doiiiiiiicum sacraniouluni, non cflicil, u( quia ipsc malus est, inalum sil, aul quia ad salulom non accipil, nihil accoix'ril : cnrjms oiiini Doniini ot san.iîuis Domini niliilominus oral eliam illis ([uilnis <lic('l)al Ajjoslolus: Oui ludiufiirat indi(jne,judiciwn sibi manducal. iS. Auc.L".st., iib. \', Coiilra JJunulislas, cap. viii.)
indignes : Cest pour cela ijuil y a parmi vous beaucoup d'infirmes, et (le languissants, et que beaucoup s'endorment du sommeil de la mort : Ideo inter vos multi in/irmi et imbecilles, et dorntiunt multi. Il les exhorte à se juger eux-mêmes pour prévenir les jugements de Dieu dont ils ont déjà ressenti les effets. Dieu vous traite ainsi, dit-il, comme un bon père qui corrige ses enfants, afin de n'être pas ensuite obligé de les condamner avec le monde. Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions certainement pas jugés. Et lorsque nous sommes jugés, c'est par le Seigneur que nous sommes repris afin que nous ne sogons pas condamnés avec le monde ^
Il nous fait entendre, en s'exprimant ainsi, que le crime de ceux qui reçoivent indignement l'Eucharistie les expose à être condamnés avec le monde infidèle et ennemi de Dieu. C'est assez pour montrer l'énormité des communions indignes, et pour faire comprendre en même temps que ce n'est pas une simple figure, mais la réalité du corps et du sang de Jésus-Christ que l'on reçoit dans la sainte communion.
TIIOISIICMK ENSEIGNEMENT DE SAINT PAUL : LE SACUIFICE DE JÉSUS- CHHIST, PUÈTRE ÉTERNEL, EST OFFERT RÉELLEMENT ET NON PAS SEULEMENT EN FIGURE DANS LA TRES SAINTE EUCHARISTIE,
Dans les chapitres VI et VII de l'Épître aux Hébreux, S. Paul s'occupe du sacerdoce de Jésus-Christ. Il commence par considérer Notre-Seigneur comme prêtre éternel d'un nouvel ordre, dont Melchisédech fut la figure, lorsque se présentant devant Abraham, avec le pain et le vin, il offrit un sacrifice à Dieu. Au chapitre VII il explique les rapports de la sacrificature de Melchisédech avec celle de Jésus-Christ; il montre qu'elle représentait un sacerdoce au-dessus du sacerdoce lévitique, et commençait à révéler qu'un jour ce sacerdoce cesserait, aussi bien que la loi, pour faire place au sacerdoce éternel de Jésus-Christ, représenté par celui de Melchisédech 2.
\. Quod si nosmetipsos dijudicaremus non lUique judicaremur. Dum judicamur autem, a Domino corripimur ul non rum hoc innndo damnomur. (I Cor., XI, 31,3-2.)
2. Supra Aposloliis (\' cap.) jirobavil ClirisUun esse sacerdoleui. In VI antcin capite, inlcrposuil quaedam ad prieparandos animes auditoruin : hic redil
PREUVES DE LA TRÉSENCE DE JÉSUS-CHRIST DANS l'eUCIIARISTIE. 341
Que ce sacerdoce de la Loi nouvelle est différent de l'ancien, et que son excellence est grande! Ce n'est pas par un simple commandement de Dieu tel que celui qu'il fit à Moïse pour les pnMres de la Loi, qu'il a été établi, c'est par un serment autlientique de Dieu qui assure l'éternité de ce sacerdoce K Aussi les prêtres qui exerçaient
ad suuin proposilum. Intcndil oniin ])ro])ni'c oxcellentiam sacerdotii Clsristi ad sacerdotium Leviticum. Et circa hoc facit duo : primo enim ostendit excellentiani sacerdotii Christi ad sacerdotium veteris Testamenti ; secundo, ostendit quod fidèles debent sacerdoti Christo reverenter subdi,et hoc in medio decimi capilis, ibi : Habentcs iloqut' frnlrcs! fidunain. Circa primum duo facit : primo onim ostendit prœrogativam sacerdotii Christi super Leviticum, ex persona ipsius sacerdolis ; secundo ex parte minislerii, VIII cap. ibi : Capiliihim au- /('»«. Circa primum duo facit :({uia primo ostendit existentiam sacerdotii Cîirisli ex promissione divina ; secundo ostendit necessitatem sacerdotii ejus, ibi : Tdlia rnim decehnl. Promissionem vero ostendit per illud : Juravit Domimis, ft non jjn'iuh'fjil eum, etc. Unde tria ostendit ad proposilum suum pro))andum: primo iUud quod dicitur •.seciindiint onlinci» Mc/chiseiicrh : secundo illud quod dicitur : Juravit. 'un : et quantum est, non sine jurejurando ; tertio, illud quod dicitur : Tu es sacerdox. ibi : I-Jt <ilii quidcm p/iors. (lirca primum duo facit, (juia primo ostendit similitudinem Christi ad Melchisedech ; secundo ex hac similitudine prfefcrt sacerdotium Christi Levilico, ibi : Inliiendni anlem. Circa primum duo facit : quia primo describit conditiones I\Ielchisedech, secundo ostendit quomodo conveniant Christo, il)i : Primum quidem. (S. TiiOM., Comment, in Ejjist. ad Ilebrœos, cap. vu, lect. i.)
1. Supra Apostolus ex una parte auctoritatis Psalmisla?., pro])avit quod sacerdotium Christi prsefertur levitico, et ipsum évacuât; hic idem probat ex aliis duobus partibus. Et primo, ex hoc quod dicit : Juravit Dominas; secundo, ex hoc quod dicit : Tu es sacerdos in wlernum, ibi : El alii quidem jdures, etc.
Kacit autem primo, tnlom rationem : Illud quod instiluilur sine juramenlo, minus validum est, (piam quod inslituitur cum jin\amento ; sacerdotium autem Christi institutum est cum juramento, sicut palel, quia dicit : Juravit Dominas. Sacerdotium vero Aaron, non : sicut patet (/i.ror/., xxvui, 1) : A/ijjliea (id te Aaron, etc. Ergo, etc. Quantum ad majorem dicit: Et quantum est, supple, quod, non sine jurejurando [alii quidem sine jurejurando sarerdnles facti sant), hic autem cunt jurejurando. Onniia ista ponuntur ad probandum ({uod sacerdotium Christi sit lirmius, quia supra dictum est omnis promissio facta in veteri testamento per juramentum, signum est consilii divini immobilis. Et ideo quia ad David et ad Abraham fada fuit ista promissio de Christo cum juramento, specialiter dicitur Chrislus lilius ipsorum. [Matt/i., I, 1.) Istud autem juramentum désignât aetcrnitatem potestatis Christi {Dan., viK, M) : Poteslas ejus. jiotestas .vterna [Lue., i, ',Y,\) : Et regni ejus non erit finis. — In tantum melioris. etc., f|uia sacerdotium est tirmius, quod patet, (juia per juramentum ordinalum est: idoo oporlel ali(iuid melius et tirmius per ipsum haberi. Inde potest legi pra^cedens littera suspensive us([ue liuc (|Uod. in quantum non. etc. Sciendum est autem (juod sacerdos est médius intcr Deuin et popuhim [Deuter., v, li) : Ef/o médias et sequester fui; et ideo (juia s(>quester et mediator est sacerdos, débet Deum et ])o))ulum ad coiu:ordiam reducere. El hoc fit, quasi per paclum de bonis lemporalibus, in quibus
les Ibnctions du sacerdoce de la Loi étaient des hommes mortels ; ils ne pouvaient le faire que pendant le cours de leur vie mortelle, et en certains temps, puisqu'ils ne sacrifiaient pas à toute heure; au lieu que Jésus-Christ, demeurant toujours, peut aussi toujours exercer les fonctions de son sacerdoce, dont la principale est de nous procurer le salut par le moyen de son intercession continuelle auprès do son Père.
Le sacerdoce lévitique était incapable d'opérer le salut de l'Église; tous ses prêtres étaient pécheurs, et Jésus-Christ seul, saint et innocent, pur et sans tache, plus élevé que tout ce qui est «lans les cieux, pouvait satisfaire pleinement à son I*ère pour les péchés des hommes. Car les prêtres de la Loi, tous sujets au péché, devaient offrir des sacrifices pour eux-mêmes aussi bien que pour le peuple; leurs imperfections, leurs chutes toujours renouvelées les obligeaient à réitérer leurs sacrifices. Mais Dieu, en abolissant cette Loi, a établi son propre Fils prêtre de la nouvelle alliance.
Exempt de tout péché, parfaitement saint, innocent et incapable de jamais tomber dans quelque faute, le Fils de Dieu n'a pas besoin d'en faire l'expiation, ni d'offrir à son Père d'autre sacrifice que celui qu'il a offert une fois pour la rémission entière des péchés des hommes.
Mais il faut lire le texte même de l'Apôtre ' : « Si le sacerdoce lévi- « tique (sous lequel le peuple reçut la loi) devait donner la perfec- « tion, qu'était-il besoin qu'il s'élevât encore un autre prêtre selon « l'ordre de Melchisédech, etnon selon l'ordre d'Aaron? Car le sa- « cerdoce changé, il est nécessaire que la loi soit aussi changée. Or, « celui dont ces choses sont dites est d'une autre tribu, de laquelle « nul n'a servi à l'autel ; puisqu'il est manifeste que Notre-Seigneur « est sorti de Juda, tribu dont Moïse n'a rien dit touchant le sacer- « doce. Et cela est plus manifeste encore, s'il s'élève un autre
non conquiesceb;it afFeclus nisi cnrnalimn, socuikUiiu illud (As. lxxii, :2!j) : Qiiirl mil» milii est in cœlo, etc. Et idco oporliiil ut suhvonirot alius sacerdos, qui essct sponsor, id est jiromissor moliiis teslaincnti, et niclioris pacti, quia de l)onis spiritualilius et stabililtus. Et hic est Jésus [Jcrpm., xxxi, 31) : Feriam dinniii Jiuhi fd-t/iiH nnvKui, non scrundum pactiim fjiiofl ix'jnfji, etc. [Mallh., IV, 17j : Prrni/t'nlï/nn "(jilc, /ipprojiinrjiif//jit cnim reffninu rn'Iorwn. (S. TilùM., Comment, in E/iist. ail llehrxoa, cap. vu, lect. iv.j
t. Nous empruntons cotte traduction, comme la plupart do nos traductions de textes sacrés, à l'abbé Glmre.