‹ La Sainte EucharistieChapitre 76 sur 169 · PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CHRIST DANS LEUCIIARISTIE · texte numérisé non relu

PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CHRIST DANS LEUCIIARISTIE

« prêtre qui est semblable à Melchisédech, et qui n'est point établi a suivant la disposition d'une loi charnelle, mais selon la vertu « de sa vie impérissable. Car l'Écriture rend ce témoignage : Vous a êtes prêtre pour l'éternité, selon l'ordre de Melchisédech. Ainsi « l'ancienne disposition est abolie, à cause de son impuissance et « de son inutilité (caria loi n'a rien amené à la perfection); mais « elle a été une introduction à une meilleure espérance, par la- « quelle nous app rodions de Dieu. Et de plus ce n'a pas été sans « serment (car les autres prêtres ont été établis sans serment; « mais celui-ci l'a été avec serment, par celui qui lui a dit: Le Sei- « gneur a juré, et il ne s'en repentira point : Vous êtes prêtre pour « l'éternité) : tant est plus parfaite l'alliance dont Jésus a été fait « médiateur.

« II y a eu aussi successivement beaucoup de prêtres, parce que « la mort les empêchait de l'être toujours : mais comme celui-ci <c demeure éternellement, il possède le sacerdoce éternel....

« Car il convenait que nous eussions un tel pontife saint, inno- « cent, sans tache, séparé des pécheurs, et devenu plus élevé que « les cieux, qui n'a pas besoin, comme les prêtres, d'offrir des vica times, d'abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du « peuple : ce qu'il a fait une fois en s'offrant lui-même. Car la Loi « établit pour prêtres des hommes faibles; mais la parole jurée « qui est postérieure à la Loi constitue le Fils éternellement par- « tait, i) {Hebr., vu, 11-28.)

L'Apôtre continue le parallèle entre le sacerdoce ancien et le nouveau. Il ne faut plus, dit-il au chapitre VIII, rechercher dans cette nouvelle sacrificature un culte purement extérieur et sensible, comme dans celui de l'ancienne Loi : il faut porter son esprit jusque dans les cieux, pour y voir ce nouveau pontife; non plus en posture de suppliant et debout devant l'arche, dans le sanctuaire matériel, mais dans le ciel, auprès de Dieu son Père, égal à lui en honneur aussi bien qu'en puissance. Nous avons un pontife tH qu'il est assis à la droite du trône de la Majesté dans les cieux, minisire du sanctuaire et du vrai tabernacle, que le Seigneur a dressé, et non pas un homme *. Ce tabernacle du ciel où il est entré est le véritable tabernacle que Dieu lui-même a dressé ; ce-

1. Talem h;ihcuuis poiitiliceui «itii consedil in dcxlera sodis ma^nitiidinis in cijflis, .saïu-toruni niiiiislor, et tabcniaculi veri, (juod fiiixit Doinimis, et non liomo. [/leur., VIII, 1, '2.)

on LA SAINTE EUCHARISTIE. — LIVRE I. — CHAPITRE X.

lui de la Loi n'en était que l'ombre et n'avait été fait que de la main des hommes.

Or, comme il faut que tout prêtre ait des dons et des victimes à offrir, n'étant établi prêtre que pour cela, il est nécessaire que ce nouveau pontife ait aussi une victime qui lui soit particulière, qu'il offre à Dieu et qui soit proportionnée à l'excellence de son sacerdoce, de même que les prêtres lévitiques offraient des dons et des victimes proportionnées à la qualité de leur sacedoce qui était sensible et matériel. Tout pontife, dit encore Y Apôtre, est établi pour ojl'rir des clous et des victimes ; d'où il est néceesaire que celui-ci ait aussi quelque chose à ojjrir. Si donc il était sur la terre, il ne serait pas même prêtre, car il y en a déjà p)0ur offrir des dons selon la Loi K

C'est ce qui montre la nécessité qu'il y avait que ce nouveau pontife montât dans le ciel pour y offrir son oblation : il fallait faire cesser les figures, et y substituer la vérité. Le sanctuaire terrestre et les victimes terrestres et sensibles des lévites étaient des figures qui représentaient le sanctuaire céleste, et l'unique victime qui devait être offerte dans ce sanctuaire. Moïse, par l'ordre de Dieu, avait édifié son tabernacle, d'après le divin modèle qu'on lui en avait montré sur le Sinaï, ou plutôt dans le ciel. Il fallait donc que le Fils de Dieu entrât dans le ciel avec son oblation, comme le souverain Sacrificateur entrait dans le sanctuaire matériel avec la sienne, et s'il fût resté sur la terre, il n'aurait pu être ce prêtre éternel, la figure subsistant toujours dans le sacerdoce lévitique et la vérité ne prenant point sa place.

Voici donc de quelle manière la vérité a succédé à la figure. Il y avait deux parties dans le tabernacle des Juifs. Les prêtres entraient tous les jours dans la première, appelée le Saint, pour y ofl'rir leurs sacrifices, au lieu qu'il n'y avait que le grand prêtre qui entrât une fois l'année dans le Sainl des sairds, en portant le sang de la victime offerte pour ses péchés aussi bien que pour ceux du peuple. Cette entrée des prêtres dans le sanctuaire, qui se faisait tous les jours, nous apprend, selon l'Apôtre, que pendant tout le temps qu'a subsisté le premier tabernacle de la Loi, la

1. Ornnis oiiiin i)ontifox ad offeronduin inunera et hoslias conslituitiir : undc nocesse est cl liunc liabere aliquid, f|uod oiîerat. Si crgo cssot super terrain, nec esset sacerdos ; cuni cssenl qui olTerrenl secutiduiu leKeiii niunera. [/Mr., VIII, 3, i.)

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voie du ciel n'a point été ouverte, que le ciel est demeuré fermé pendant tout le temps de la Loi, désigné par tous les jours de l'année, parce que tous ces sacrifices et toutes ces purifications légales ne pouvaient point purifier la conscience, mais seulement la chair et l'extérieur, comme toutes ces cérémonies étaient aussi simplement extérieures.

Au contraire, Jésus-Christ, que représentait le grand prêtre, a ouvert la porte du ciel fermée jusqu'alors; il y est entré pour nous procurer non pas les biens périssables de cette vie mortelle, les seuls que les Juifs espéraient en récompense de leur fidélité aux prescriptions de la Loi, mais les biens véritables et éternels de l'autre vie. Il a passé, pour entrer dans ce sanctuaire céleste, par le tabernacle de son corps, bien plus élevé en dignité, bien plus excellent en vertu, que n'était le tabernacle lévitique. Celui-ci était fait de la main des hommes, au lieu que le corps de Jésus-Christ a été formé par l'opération même du Saint-Esprit. Ce n'est point comme le grand prêtre de la Loi, le sang des boucs et des taureaux, mais c'est son propre sang qu'il a porté en entrant dans ce divin sanctuaire pour obtenir, par le prix infini de celte oblation, une entière rémission de tous les péchés, de ceux qui ont été commis et de ceux qui se commettront jusqu'à la fin des siècles, et non pas seulement le pardon de quelques péchés d'une année sans plus, comme le grand prêtre de la Loi.

Car si le sang des boucs et des taureaux avait autrefois la vertu de purifier extérieurement et dans la chair, ceux sur qui on le répandait, et de les mettre ainsi en état d'entrer dans le temple pour yolfrir leurs prières, il est hors de doute que le sang de Jésus- Christ, qui s'est olïert à Dieu comme une hostie sans tache, doit posséder bien plus de force pour purifier nos consciences de toutes les œuvres mortes du péché, pour nous mettre en état de servir le Dieu vivant par des actions vivantes et animées par la charité, lorsqu'il nous l'applique comme le sang des victimes l'était à ceux sur qui on le répandait. ( )r, il nous est appliqué dans le sacrifice de la messe, lorsque l'adorable victime s'immole de nouveau sur nos autels, afin de se communiquer à nous.

Médiateur de la nouvelle Alliance, Jésus-Christ a dû mourir. Sa mort expiait tous nos péchés, et nous mettait en état de recueillir l'héritage éternel qu'il nous a mérité au prix de son sang et légué par son testament. Or, les testaments ne sont exécutoires qu'après

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la mort du testateur. Il iallait donc que le sang du Médiateur scellât la nouvelle alliance, comme l'ancienne avait été confirmée par le sang' des victimes; de même que Moïse, dans la publication de cette ancienne alliance, avait aspergé du sang des victimes tout le peuple et tous les vases destinés au culte, pour les consacrer et les purifier, ainsi le nouveau peuple de Dieu doit être purifié par le sang de ce divin Médiateur.

Ce n'est donc plus dans le Saint des saints, fait de la main des hommes, qu'entre ce nouveau Pontife, comme le grand prêtre de la Loi. Ce premier sanctuaire n'était que la figure de celui où est entré Jésus-Christ. C'est le ciel même qui est son sanctuaire; c'est dans le ciel qu'il entre.

Ce n'est plus devant une arche de bois que parait ce grand prêtre; c'est en présence de Dieu même qu'il s'offre pour nous en sacrifice. Il ne le fait pas à la manière du pontife de la Loi ancienne, qui recommençait tous les ans son oblation, offrant un sang nouveau qui n'était pas le sien. Jésus-Christ ne verse son sang qu'une seule fois, mais celte unique immolation se perpétue dans tous les siècles, et ce sang précieux, une fois versé, suffit pour la destructinn de tous les péchés du monde K

I. On j)()iiiT;iil s'c'ioiinrr (pip S. l'iiiil, qui procliuno avec laiil de forco pI, do clarté le sacerdoce de .lésus-Clirisl et la nécessité de son immolation sur la croix, ne parle pas d'une manière explicite du sacritlce non sanglant de nos autels, où il continue de s'olîrir en victime à son Père, pour nous appliquer le mérite de ses souffrances et de son san^j- versé. A'oici comment le très pieux et très savant cardinal Cienfue.yos, S. J., répond à cette difficulté :

Ideo Paulus nuUam facerc voluit menlionem sacrificii incrucnli, (juia ad scopum, in quem ea Epislola dirigebalur, nec utilis nec opporluna eral, illius sacrificii notitia expressa aut explicalio ; quan(piam tacite illud sufficienter insinuct ; aut tacere dicat ol) eorum quibuscum loquebatur ind)ecillitatem, ila ut in ipso tacendi rhetorico mysterio, animadverterent, si velint quod silebat. (^ua])ropter jjrimitivcR Kcclesiœ graecœ Patres arcanum aliquod profundissimum consulto jiréetermissuin fuisse in ea epistola ab Apostolo existimasse refcrt Doclor iMaximus (id est S. Aufiustinus), epist. 1;20, ad Evagrium,quod vulgare tune nonexpedirel, 7U'. inquil ibi S. Hieronymus, darelur Sanclnmcanibin. Siquideui scoijus (|uem ,\j)oslolus sibi priestilitin ea epistola, fuit ostendere He- ])Yiv\s excelientiam, pncstantianuiue sacerdotii Christi Domini supra Leviticum, et sacrificii (irucis supra vêlera cuncta. Nec solum Aaronicis sacerdotibus nobiliorem longe dcmonsirat (Ihrislinn Doniinum,sed Angelissublimiorem cap. i: T'inht nii'/inr fiiif/r/is i-//'frliis, et gloriosiorem Moyse, cap. m : Ai)i])Ii<)ris cnim f/Ioriœ istr, //nv Moi/.si- dif/iiiis est ha/rilua. Pariler sacrificium Crucis prîL'fert ouinil)Us anlifiua' Jegis, lanfjuam sacrificium omnipotenlissinnim superans omnes infirmas fractasf|ue vires liabentia. Ad hune autom finem obtinendum, inquiunt, nullatenus conducebat mentio, aut declaratio sacrificii incrucnli,

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En elTet, il n'en est pas de l'action et de la parole de Dieu comme des actions et des paroles des hommes. Les actions des hommes aussi bien que leurs paroles passent, au lieu que les actions et les paroles de Dieu subsistent éternellement. Jésus-Ghrist ne s'est offert qu'une seule fois pour payer la rançon de tous les péchés; il €st cependant un prêtre éternel par cette seule hostie et cette seule action ; parce que cette unique oblation et cette seule action de son sacerdoce subsistera éternellement. Ainsi, sans qu'il y ait répétition d'action, ce sera toujours une hostie qui s'immole et qui expie sans cesse tous les péchés du monde.

Nous venons d'analyser le neuviènie chapitre de l'Épître de S. Paul aux Hébreux, que nous engageons à lire dans le texte même, trop étendu pour le citer ici. Dans le chapitre suivant, S. Paul continue de traiter la même matière. Suivons-le encore pas à pas, comme nous venons de le faire.

La Loi ne renfermait qu'une ombre légère des biens à venir, et les hosties, que l'on recommençait à offrir tous les ans, étaient incapables de perfectionner ceux qui les offraient. S'ils avaient été, par ce moyen, purifiés de leurs péchés, ils auraient cessé de les offrir, n'en ayant plus besoin; mais parce qu'il était impossible que le sang des boucs et des taureaux etfaçàt le péché, le Fils de Dieu, entrant dans le monde, dit à son Père par la bouche du Prophète : Vous avez rejeté les hosties et les oblations de la Loi, vous les avez trouvées incapables de vous satisfaire pour les pécliés des hommes, mais vous m'avez donné un corps, c'est pourquoi je viens pour

<]uippe quod a Melchisedech prsefiguratum, et in materia panis et viniconficien- (Jnni, quïB ex se viilgaris est, et parum a^stimal)ilis, nec vivens, deserviri ex génère suo minime posset ad eam siiperioritatem, et excellentiam commendandam, cum inter antiqua sacrificia qiiam pliira exigèrent liostiam vivam ex natiira sua longe excellentiorem non vivente.

Uhi accurale, licetobiter, nota, quam utilis sit vita Eucharistica Christi Domini ad sacrificium altarisnol)ilitandum ; cum Paulus eo quod minime eapaces erant tune eam vitam percipiendi .sub speciebus panis et vini immolalam, meminisse noiuil expresse sacriticii altaris; suspicarique licet mihi profundissima illa mystoria quie apud S. Ilieron. reticuisse il)i Aposloluin, credidit Flcclesia grœca, fuisse eam vitam prodii^nosam actualem Cliristi Domini sub spe(:iel)us ; sacerdotis munus sub eisdem exercitum ; immolationem ejusdem vilae nh \\)sn ibidem pci-aclam ; unilaleni(iue simplieiter numericam, vere mirandam sacrilicii (Irueis, et allai-is ; omniumque qua^. in altari jugiter ])eragunturexunitate ejusdem jugiter reproducfae saci'itieationis dcsumi)tam ; quae sunt areana allissinue pi-oFundilalis, qu;eque non segnius ex silenlio ipso, quam ex cloquio Aposloîi int'eruntur. (tiiENi tegos, Viln nhsroniL. disj)ut. vi, sect. 1.)

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faire votre volonté : Sacrificium et oblatiouem uoluisti.... holocaustum et pro peccato non postulasti: tiinc dixî : Ecce venio.... ut f'arerenï votuntatcm tuan). {Ps. xxxix, 7, 8.) C'est en suivant la volonté de son Père qu'il a ol'lcrt une fois son corps en sacrifice pour notre sanctification. Les prêtres de la Loi offraient tous les jours leurs nombreux sacrifices, sans pouvoir jamais par ce moyen purifier personne d'aucun péché; au lieu que ce Grand Prêtre, qui n'a jamais olVert qu'une seule victime, demeure éternellement assis à la droite de son Père, attendant que tous ses ennemis soient mis sous ses pieds, et par cette seule et unique oblation, il a accompli pour toujours ce qui devait servir à la sanctification des fidèles.

Tirons maintenant de l'enseignement de S. Paul les conclusions en rapport avec notre sujet, qu'il comporte. Il ne convient donc plus de nous considérer comme étant sur la terre, lorsque nous assistons au sacrifice de la Sainte Eucharistie; pensons que nous sommes dans le ciel, que nous ne faisons qu'une seule Église de Jésus-Christ, avec tous les anges et tous les saints qui habitent ce bienheureux séjour. Car lorsque le prêtre prononce les paroles de la consécration, le ciel s'ouvre, et celte même victime, immolée une fois sur la croix, et toujours présente aux yeux de Dieu, pour nous obtenir le pardon de nos péchés, se trouve sur l'autel, afin que l'aspersion de son sang consacre et purifie tous ceux qui appartiennent à la nouvelle alliance. C'est ce que S. Jean veut nous représenter dans l'Apocalypse, lorsqu'il nous y fait voir l'Agneau divin au milieu du trône de Dieu, se montrant, au sein de sa gloire infinie, toujours semblable à une victime égorgée.

Non, nous n'avons plus une multitude de sacrifices comme sous l'ancienne Loi, mais un seul et unique sacrifice; il n'y a plus qu'une seule et unique oblation, celle de Jésus-Christ. Elle a commencé lorsqu'il est venu dans le monde, quand son Père lui a donné un corps pour le lui offrir en la place de toutes les victimes imparfaites de la Loi; elle s'est continuée par le sacrifice de la croix, oi^i l'Hostie a été immolée, où le sang de la Victime divine a été répandu. La gloire, comme !un feu céleste, a consumé tout ce qui y restait de la ligure de l'esclave et de l'apparence de l'homme du péché. Enfin Jésus-Christ, prêtre et victime, est entré dans le saint des saints qui est le ciel, pour s'y olTrir éternellement et offrir avec lui le corps mystique dont il est le chef.

Il ne se peut de liaison plus étroite que celle établie par ce sou-

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verain Prêtre entre lui et ses membres ; en montant au ciel, il ne s'est pas séparé d'eux, il les tient attachés à son adorable personne par la communication continuelle qu'il leur fait de lui-même dans le sacrement de TEucliaristie. Là, en effet, le ciel et la terre sont réunis dans une même action, et l'on reçoit, sous les voiles eucharistiques, celui auquel on sera uni dans le ciel sans aucun voile, pour ne faire plus avec lui dans toute réternité qu'une même victime et qu'un même prêtre, et y participer à son sacerdoce et à sa gloire, en s'immolant éternellement en lui et avec lui à la gloire du Père.

Ne regardons point ce qui se passe ici-bas sur nos autels, comme une action et une oblation réitérée et distincte de celle de la croix, ni de celle qui se fait dans le ciel, et qui s'y perpétue dans toute l'éternité, afin que Jésus-Christ soit véritablement le Prêtre éternel. C'est le même prêtre, cest la même hostie, c'est le même sacrifice. L'on n'a pas communié à ce sacrifice lorsqu'il s'offrait sur la croix; il faut donc présenter cette hostie aux fidèles pour y participer. C'est une hostie divine, éternelle; les siècles s'écoulent, mais elle est toujours présente devant Dieu; le sacrifice est consommé et pourtant il ne cesse pas; après dix-neuf siècles, l'adorable victime nous est offerte sous les espèces eucharistiques, et, sous d'autres apparences, c'est bien la même qui fut immolée sur la croix, c'est bien le même Agneau divin qui rompit les sept sceaux du livre mystérieux dont parle l'Apocalypse. C'est la victime sainte qui nous ouvre la porte du ciel fermée au temps de la Loi, et qui ne pouvait être ouverte par toutes les victimes des sacrifices anciens, car elles étaient la figure de celle-ci, mais elles n'en avaient pas l'efficacité. Elle est l'hostie pure offerte à Dieu dans tous les lieux du monde, elle fait de nous un sacerdoce royal, un peuple saint. Sanctifiés par cette union au Saint des saints, nous joignons nos cœurs, nos vœux et notre action à celle de tous les anges et de tous les saints. Avec eux et comme eux, offrons Jésus-Christ à son Père comme il s'offre lui-même et, à cette offrande, ajoutons celle de tout ce que nous avons, de tout ce que nous sommes. Rendons ainsi au souverain Seigneur de toutes choses un hommage digne des biens que nous tenons de sa bonté, et commençons à faire dès à présent, sur la terre, ce que nous espérons faire éternellement dans le royaume céleste.

Que deviendrait le sacerdoce éternel de Jésus-Christ, si le sacri-

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fice qu'il a donné à son Église sur la terre n'en était pas un, si Toblation qu'il a chargé ses apôtres d'offrir, en les instituant prêtres de la Loi nouvelle, n'était pas un sacrifice véritable, mais une cérémonie vide, destinée, il est vrai à rappeler sa passion, mais n'ayant rien ou du moins fort peu de chose qui la rappelle réellement ? Que seraient des prêtres sans autels, ou des autels sans victimes? Comment les fidèles participeraient-ils à la victime dont on ne leur offrirait qu'une vaine figure? Mais, grâce à Dieu, nous possédons un sacerdoce et une victime, et ce n'est pas en vain que Jésus-Christ a dit : Prenez et mangez, ceci est mon corps immolé pour vous. Faites ceci en mémoire de moi.

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