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CHAPITRE XI

QUATRIÈME PREUVE DE LA PRÉSENCE RÉELLE : LA CROYANCE DE L'ÉGLISE EN CE MYSTÈRE, DÉMONTRÉE PAR L'AUTORITÉ DES PÈRES ET DES ÉCRI- VAINS ECCLÉSIASTIQUES.

L S. Denys l'Aréopagite. — II. S. Ignace d'Anlioche. — III. S. .Justin. — IV. S. Ircnée. — V. 'rertullien. — VI. Origène. — VII. S. Cyprien. — VIII. Eusèlie de Césarce. — IX. S. .\tlianase. — X. S. Ililaire de Poitier-s. — XL S. Cyrille de Jérusalem. — XII. S. Éphrem. — XIIL S. Basile.

S. DENYS l'AUÉOPAGITE

Converti par S. Paul ; martyr vers l'an ft^.

Les épîtres de S. Paul suffisent pour nous montrer avec évidence comment les apôtres avaient compris les paroles de leur divin iMaître, lorsqu'il leur avait promis et donné sa chair à manger et son sang à boire. C'était bien lui-même qu'ils croyaient recevoir, de sa propre main à la dernière Cène, lorsqu'il leur dit : Penez et mangez; ceci est mon corj)S. Prenez et buvez-en tous ; ceci est le calice de mon sang. C'était bien là ce qu'il leur avait promis; c'était bien l'accomplissement littéral des paroles qui avaient tant scandalisé les Juifs et un grand nombre môme des disciples fidèles à le suivre jusque-là. Les apôtres, confiants dans la toute-puissance et la sagesse de leur divin iMaîlre, lui étaient restés attachés. Ils avaient cru qu'il saurait bien leur donner d'une manière digne de lui ce qu'il leur annonçait, et lorsqu'il fit enfin

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ce testament suprême, ils crurent simplement que le pain qu'il leur offrait était devenu véritablement, réellement et substantiellement son corps, et que le calice ne contenait plus du vin mais son propre sang.

Ce que les apôtres ont cru, ils l'ont enseigné aux fidèles, et si nous voulons connaître d'une manière infaillible quelle fut leur foi, nous n'avons qu'à considérer celle de leurs disciples, que nous trouvons dans les écrits des Pères de l'Église.

La loi du secret, concernant principalement le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie, ne permettait pas aux Pères de parler avec une pleine liberté de cet adorable Sacrement, dans leurs écrits destinés à devenir publics ; il ne fallait pas s'exposer à devenir l'objet des moqueries des infidèles. D'autre part, les paroles du Seigneur étaient si claires que nul hérétique ne songeait, dans les premiers siècles, à les détourner de leur sens pour nier la réalité, d'où il suivait que les Pères avaient rarement l'occasion d'en parler. Il suffisait des prières liturgiques et des pieuses instructions faites par les pasteurs, dans les réunions des fidèles. Cependant, si Ton voulait reproduire tous les passages de la Tradition en faveur de la présence réelle de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie, il y faudrait un gros volume. Nous aurons l'occasion d'}'- revenir, et nous ne citerons ici que quelques passages, empruntés aux auteurs les plus marquants '.

Le premier témoin que nous invoquerons pour montrer la croyance des Pères, et par conséquent de l'Église primitive, tout imbue de la doctrine des apôtres à la présence réelle de Jésus- Christ dansl'Echaristie, sera S. Denys l'Aréopagite -. Instruit par

1. Pour être aussi complet que possible, sans nous étendre plus que ne le comporte le cadre de cet ouvrage, nous nous contenterons de donner en français le texte de certaines citations, lorsqu'il nous semblera peu utile de rapporter le latin. D'autre part, nous citerons à l'occasion, en note, des passages intéressants qui n'auront pas trouvé place dans le texte courant.

i. Voici f/iiefijucK (iiilri's l(''inoif/n<ff/<'.'< jtliia v<hii''r<(hles encore, s'i/s sont rèeUciiii'Ht /nilhenlirjKcs, connue il y a lieu de le croire.

S. Martialis

Discipulus Christi.

Sacrificium ])eo (irealoi-i oltertur in ara, non liomini, no([ue Angelo. Nec solum in ara sanctificata, sed ubi({ue oflcrlur Dco oblalio muiida, sicut tostatus est, cujus corpus et sanguinom in vilam rpternam offerimus, dicenles : Spiritus est Deus; et eos qui adorant eum in sjiirilu et verilate oportot adorare. Ipse enim corpus habens et immaculaluin, et sine peccato, quia conccplus est ex Maria virgine, in ara crucis ipsum imuiolavit. Quod autem Judœi per invi-

le grand Apôtre lui-même, et disciple vraiment digne d'un tel maître, il avait compris ses leçons, et il croyait de tout son cœur à cette auguste présence. Quiconque est de bonne foi en conviendra, s'il pèse attenlivemenl ces paroles qu'on lit dans le livre de la Hiérarchie ecclésiastique : « 0 très divin et saint Sacrement, <r écarte les voiles et les symboles énigmatiques qui te recouvrent, « montre-toi clairement à nous, et remplis nos yeux spirituels

diam imniolavorunl, pulanics so nomcn ejus a terra a])olere, nos causa saliilis iiostne in ara sanctific-ata proponimus, scientes hoc solo remedio nobis vitain prêttstandani, cl inoilcni oi'fiiiiandam. (S. Mautialis, o])ist. ad BttydegaJenxcn, cap. 111.)

S. Ahdias

Discipulus Christi ; Babyloni;c opiscopus.

Cumquc respondissent onincs amen, et mystcria Doniini celebrata, et missam suscepisset onmis Ecclesia, relinuit se, lit juxta allare, iibi corpus ab eo fueral Christi confectum, iUic niartyi'iuin apostoHcum exullaret. [Ilislorix certamùiis (iposlolici, Hb. Vil.)

S. Marcellus, iiKnii/r. vixit anno 70.

Veniens ad eam (scilicet sanctam Potronillam) saiictus Nicomedes presbyler celebravil niysleria Christi. A'irgo autcin sanctissinia inox ut corporis Christi sacramentum accepit, reclinans se in lectulo, einisit spirituin. (S. Marcel., in vila sanctîK Pelronillse.)

On lit dans rUnivcrs (coi-respondance romaine datée du 0 octobre 1895) :

l'n prélat, originaire d'Autriche, établi à Home depuis plusieurs années, M.Lcr Wiljjcrt, devenu vraiment romain par la sûreté de la doctrine et par les traditions héritées de son maître, le grand archéologue De Rossi, vient de faire publier, en allemand, à Fribourg en Hri.sgau, et lait traduire en ce moment à Home, en français, une œuvre apologétique de D-lucharistie, toute basée sur les monuments des catacombes, contre les divagations mythologiques par lesquelles le professeur rationalisie llarnack, de Berlin, a prétendu atlaf[uer la célèbre inscription d'Abercius.

Celle inscri])lion, se référant à la discipline de ïarrane, a])pli(juc au mystère eucharistique le symbolisme primitif qui avait pour but de soustraire cet auguste mystère aux ])rofanations des païens. L'un des symboles les })lus fréquents ])our figurer l'Iùicharistie était celui du poisson qui, d'après l'étymologie grecque de son nom : irhthiiit, cx])riniail par ses lettres le nom même de notre Sauveur Jésus-Christ. Dans sa célèbre inscription, qui remonte au r*" siècle de l'ère chrétienne, Abercius nous dit que venu à Home, il y obtint, guiflô ptir P/iiil (apôtre) el par la Foi, d'être admis au bauqiicl, où il fui nourri (le rirliihua (poisson) jiêchf'' par la Vierge, comme pour bien marquer, même dans le langage symbolique, la ferme croyance des chrétiens sur la présence réelle dans l'Kucharistie du très saint Corps du Sauveur, né de la Vierge Marie.

Or, dans son nouvel ouvrage, Mgr Wilpert ne réunit pas seulement tous les arguments déjà connus à l'appui de celte croyance fondamentale, mais il expose le résultat d'une importante découverte qu'il a faite à la célèbre Capella f/rwrn de la calacombe de Sainte-Priscille, découverte d'autant plus remarquable qu'elle remonte presque à l'époque de l'inscription d'Abercius. ("est la représentation la plus ancienne (car elle date du commencement du

PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JESUS-CHRIST DANS l'eUCIIARISTIE. 3o3

« d'une lumière parfaite et sans voile i. » C'est la pieuse invocation que Denys adresse à Jésus-Christ dans le Saint-Sacrement. II reconnaît qu'il y est présent sous les voiles eucharistiques, et il le supplie d'écarter ces voiles pour qu'il puisse le contempler plus parfaitement au moins du regard de la foi. Une telle prière adressée à un morceau de pain n'eùt-elle pas été une impiété touchant à la folie? L'illustre disciple de S. Paul voyait donc autre chose que du pain et une simple figure dans l'Eucharistie ; il y adorait le Seigneur lui-même.

Et ne vous étonnez pas s'il donne ensuite à la divine Eucharistie le nom de vénérables symboles : venerabilia symbola. Il nous apprend lui-même le sens qu'il faut attribuer à ces mots : ce sont les espèces eucharistiques qui nous font connaître la présence de Jésus- Christ et nous permettent de le recevoir : Qiiibus Christiis monstratur et sumitur; l'Eucharistie est donc le symbole de Jésus- Christ présent, symbolum Christi piwsentis. Les espèces consa-^ crées le révèlent à nos sens, et elles font connaître à ceux qui ont la foi la présence réelle du Seigneur. Les protestants, disciples de Calvin, ne veulent pas comprendre qu'il peut exister des signes, des symboles, des indices révélant la présence de quelque chose qui est bien là, mais qui demeure caché, si quelque signe ne révèle pas son existence. L'ange qui annonçait aux bergers de Bethléem la naissance du Seigneur leur disait : Et ceci sera pour vous le signe : Vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche : Et hoc vobis signum : Invenietis infantem

II' siècle) du sacrifice eucharistique, au moment de la fraction du pain et de la communion distribuée aux fidèles. Ceux-ci sont représentés autour du céleste banquet; et le célébrant, qui est peut-être le pape d'alors, leur distribue le pain de vie, dont le symbolisiue, sous la figure du poisson, fiij,ure aussi sur cette antique représentation picturale, complétée par le calice que l'on voit aujjrès. Les commentaires que comporte un aussi précieux monument de notre foi sont tracés de main de maitre par Mgr Wilpert, qui n"a rien omis ])our donner à son ouvrap:e le meilleur attrait, en l'ornant de dix-sept grandes tables et de vingt cliciiés dans le texte, le tout concourant à illuslrer la Fraclinn du jxiin : Frnrlii) panis, qui est le litre môme de louvrage. L'illustre De Rossi, avant de mourir, avait pu être informé par Mgr Wilpert lui-même de la découverte de cette antique représentation de l'Eucharistie à la Cnpellft f/r.Tca, et il n'avait pas hésité à dire que c'était « le sceau et le couronnement de toutes les découvertes des catacombes sur l'Eucharistie comme sacrifice et comme sacrement. »

1. 0 divinissimum et sanctum sacramentum, obducta tibi symbolice operimenta ienigmalum revelans, dilucide nobis aperi, ac spirituaies noslros oculoïi •singulari aperloque lumine impie. (S. DiuNVs., Eccl. J/icrarch., m.)

LA SAINTli ECCUAlUSTIt;. — T. I. 23

pamiis involutiim , etposilum in pnvsepio. (Lur., u, 12.) De même que les langes qui enveloppaient le Christ dans l'étable de Bethléem étaient le signe auquel on devait le reconnaître, les espèces du pain et du vin sont le signe qui fait reconnaître sa présence dans l'Eucharistie. Ce ne serait pas un véritable signe démonstratif, si Jésus-Christ n'était point là réellement présent.

On pourrait trouver encore dans les écrits de S. Denys d'autres passages témoignant de sa foi en la présence de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Mais nous avons hâte d'arriver à d'autres témoignages, auxquels les circonstances permettaient de donner une clarté plus grande.

s. IGNACE

Évêqixc d'Antioehc; martyr l'an 107.

S. Ignace surnommé Théophore, c'est-à-dire Porte-Dieu, était Syrien d'origine. S. Chrysostome dit que cet illustre évoque n'avait pas vu Jésus-Christ, mais seulement les apôtres. Il fut en particulier le disciple de S. Pierre et de S. Jean. On voit de quel poids est son témoignage. Ajoutez l'autorité que donne à ses paroles son glorieux martyre. Il fut élevé sur le siège épiscopal d'Antioche l'an GÎJ de Jésus-Christ, et reçut la couronne du martyre à Home, en l'an 1U7.

On n'a point attribué à S. Ignace d'autres écrits que ses lettres, dont sept seulement sont universellement reconnues comme authentiques par les anciens Pères et les nouveaux critiques.

Dans son épître aux fidèles de Smyrne, S. Ignace les met en garde contre les hérétiques saturniniens et simoniaques et dit : « Ils renoncent à l'Eucharistie et à la prière, parce qu'ils ne con- « fessent pas que l'Eucharistie est la chair de Jésus-Christ notre tf Sauveur qui a souffert pour nos péchés et que le Père a rcssus- « cité par sa bonté. Ils se révoltent contre ce don de Dieu et c'est « leur mort '. » Il serait difficile de trouver place dans ce texte pour le sens liguré si cher aux ennemis de la présence réelle.

L'épitre adressée aux Romains n'est pas moins expresse. « Je ne

1. lUerelici ;il) Eucliaristi.'i el oralioiK" receduiil : projjler non confiteri Eilcharistiam carnem esse Salvaloris nostri Jesu Christi pro pcccatis nostris passam, quam l>enignilate Paler resuscit.ivit. Contradicentes crgo liuic dono Dci perscrulantes raoriuntur. (S. Ignat., mart., Epist. ad Smyrn.^ circa médium.)

l'REUVES DE LA PRESENCE DE JESUS-CHRIST DANS L EUCHARISTIE. 355

« prends pas de plaisir, dit-il, à me nourrir d'un aliment corrup- « tiblc, et les jouissances de cette vie sont sans charme pour moi. « Ce que je veux, c'est le pain de Dieu, le pain céleste, le pain de « vie, qui est la chair de Jésus-Christ, Fils de Dieu, qui, dans ces « derniers temps, est sorti de la race de David et d'Abraham. Ce « que je veux, c'est le breuvage de Dieu, son propre sang, qui est « la charité incorruptible et la vie éternelle; je ne veux pas vivre « plus longtemps de la vie des hommes '. » Il serait difhcile aussi de ne pas voir autre chose que des expressions symboliques dans cette affectation du saint martyr à parler du pain de Dieu, du pain céleste, du pain de vie qui est la chair de Jésus-Christ fils de Dieu et fds de David. Il ne lui suffit point de la chair à manger, il lui faut à boire son sang adorable. Que les hérétiques nous disent comment S. Ignace aurait pu faire pour parler avec plus de force et de clarté, supposé qu'il ait voulu, comme il l'a voulu en effet, parler de la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie?

Dans une autre lettre, S. Ignace s'adresse aux fidèles de Philadelphie. Appliquez-vous bien, leur dit-il, à n'user que d'une même foi, d'une même prédication, d'une même Eucharistie; car la chair de Notre-Seigneur Jésus-Christ est une, son sang est un qui a été répandu pour nous ; c'est un même pain qui est rompu pour tous, un même calice qui est distribué à tous -.

Dans ce texte, S. Ignace semble distinguer la chair de Jésus- Christ et son sang du pain et du calice eucharistiiiue. Mais pour peu qu'on lise le texte avec attention, il est évident que la distinction porte sur les deux états différents de Jésus-Christ, sur la croix et dans l'Eucharistie. Sur la croix, il était visible, il occupait un espace, il était accessible aux sens; dans l'Eucharistie, il est invisible, sans étendue et inaccessible aux sens; cependant il existe réellement..

1. Non (Iclector corruplionis alimenlo, nequc hujus vilas voluplalihiis. Pancm Dei volo, panem cœlestem, panem vitae, qiiae est caro Jesu Chrisli filii Dci, qui posloriori teinpore ox somino David et Aljraliam factus est, et poluin Dei volo saii/iuineiii i])sius, quce est charitas incorrupta, et perennis vita, .Nolo ainplius secuiiduin lioiniiiein vivcre. (S. Ionat., mari., K/iisl. ad Hom.)

'2. Moiieo ut uiia tide, uiia pnedicalione, iina Eucliarislia utaiiiiiii; uiia enim est caro Domini nosiri Jesu (ilirisli. unus saiifçuis ((ui pro uoliis elVusus est; unus idem panis omnihus coniVaclus, cl uiius calix jtro numibus disliihulus. (S. lGN.,mart., roisL nd J'hiladr/jt/i.]

Ailleurs il dit encore que cette Eucharistie est le remède qui donne l'immortalité, l'antidote qui nous préserve de la mort et qui nous fait vivre en Jésus-Clirist K

s. JUSTIN

Philosophe: martyr l'an 167.

Les païens, profondément corrompus, ressemblaient à tous les méchants et ne pouvaient pas croire à la vertu. Aussi, dans leur

1. Kr.-intiilo panem ([ui est niodicanientuni ininiortaiitalis, nnlidotum non niori(MHli, sod vivendi per Jesiiin Chrisliun. (S. Ignat., EpinL ad Ephes., n. ^21».,

\'crs le iiirnif Irin/ts noua troiirons nirofc les tihiH)ii/)itff/i'fi siiii'diil.'i :

Tribus firadilms conimissa sunl Sacranionla divinoruni socretonun, id est, ])i'osliYtero, diacono, et ministro, qui ciun liniore et treinore reliquias eorjwris Domini deheiit custndire fraii'uienlonun, ne fiua puiredo in sacrario invcnia- Inr, ne cuni ne.iiliiienler a.iiitur, portioiii rorjtoris Domivi firavis inferatur injuria, ('.ommunio enim corjtoris Domini noslri Jcsit (J/irisli, si nejili^enter erogetur, et preshyter minora non curel adinonere officia, gravi anatheinale, t't digna Immiliationis plaga fcrialur. (S. Ci.ementis, })apcie et inarfyris (anno 111), Canon, apoxt. n\>\\A Burchardum.)

Doniinus sacri nui corporis tractatores, a vilil)ns (^t re])ro])is, ac non idoneis personis infamari noluit, nec calumniari permisil, sed ipso ])roprio tlagello ])eceantes sacerdotes e templo ejecit. (S. Anacleti, papte et mari, lanno 118), apud (inrclinni.)

In sacrainenloriiiu iil»latii>nil)ns, (juai inlci- uiissaruni solenniia Domino ol'fel'untur, passio Domini misçenda esl, ni ejus cii/iis corjiKs cl .s7////////.s' conlieitui', ]);issio celcl)relur.... Talilius hostiis deleclabitur et plaeabitur Doniinus , et l)ercata dimitlet ingenlia. .\ihil enim in saeritieiis majus esse potest (juam corpus et xaiif/nis Christi. nec uUa ol)lalio })()lior est, sed haec omnes prcEcellil. (S. .\i,ex\nt)., papcie et martyr, lanno 1-21;, Ejrisl. II ad Episcop. Ilaliœ.)

Ipsi enim qui pro])rio ore corpus Douiini con/iciuni, ab onniibus sunt audieiidi, alque limendi, el non dilacerandi. Quia a quilnis se Domini populus bciieilici <•[ instrui cupil, nnilatcnus (hdiol eos arguere, nec vulgus in eorum accusalione suscipi. (S. Telesi'IKiiui, pa])a; cl marlyr. anno llVt), Episl. nd ovines Ejtisc.)

Si ])er negligentiam aliquid de sanf/uinc Cdirisli slillavci-il in Icrrain, iiiigua lal)alur, tabula radatur. Si non fuerit fabula, ni non c(inculcclur locus cori'odatur, et igné consumatur, el cinis inh-a allare iccoiidatur, et sacerdos ([uadraginla diebus ])a'nilentiam agat. (S. Pu, pa])a'cl marlyr. ^anno Ii7), i)i dccrftis.,

.\ quibusdam in cœna Domini ])erccptio Kucl)aristi;e negligilnr, qua; quoniam in eadem die ab omnibus tideiibus (excej)lis liis quil)us jtro gravi])us criminibus iidiibilum esti ])erci])icn(la sit ecclesiasticus usus demonstral, cum etiam po'nilentes eadem die ad })erci})ienda corj)oris et .sanguinis Dominici sacramenla rec<»ncilienlur. (S. SoTEii., ])ap£e et martyr, (anno 17'2), i]i dcrrctls.

PREUVES ])E LA PRÉSENCE DE JESUS-CHRIST DANS l'eUCHARISTIE. 3o7

haine contre les chrétiens, dont la sainte vie condamnait leurs honteux désordres, ne cessaient-ils d'inventer contre eux toutes sortes de calomnies. Il était nécessaire de justifier les chrétiens sur le sujet de leurs assemblées et de leurs cérémonies. Aussi S. Justin ne craignit point d'en publier le secret, dans sa première Apologie, (juoique régulièrement il ne fût point permis d'en parler devant ceux qui n'étaient pas chrétiens. Il explique donc ce qui concerne la Sainte Eucharistie en ces termes :

« Les prières finies, nous nous saluons parle baiser ; puis on pré- « sente à celui qui préside aux frères, du pain et une coupe de vin et a d'eau. Les ayant pris, il donne louange et gloire au Père, par le nom a du Fils et du Saint-Esprit, et lui fait une longue action de grâces « pour ces présents dont il nous a gratifiés. Après qu'il a achevé « les prières et l'action de grâces, tout le peuple assistant dit à « haute voix : Anieii, ainsi soit-il. Ensuite ceux que nous appe- « Ions diacres distribuent à chacun des assistants le pain, le vin « et l'eau consacrés par l'action de grâces, et en portent aux aboi sents. »

S. Justin continue :

« Nous appelons cette nourriture Eucharistie, et il n'est permis « à personne d'y participer, s'il ne croit la vérité de notre doc- « trine, s'il n'a été lavé pour la rémission des péchés et la nouvelle « vie, et s'il ne vit conformément aux préceptes de Jésus-Christ ; « car nous ne les prenons pas comme un pain commun et comme « un breuvage ordinaire; mais comme par la parole de Dieu, Jésus- « Christ s'est fait chair et a pris la chair et le sang pour notre a salut, ainsi la nourriture sanctifiée par la prière de son Verbe a devient la chair et le sang du même Jésus-Christ incarné ; elle « qui deviendrait notre chair et notre sang, par le changement « que subit la nourriture. Car les apôtres nous ont appris dans « les écrits appelés Évangiles, qu'ils nous ont laissés, que Jésus- « Christ leur avait ordonné d'en user ainsi, lorsque, ayant pris le « pain et rendu grâces, il dit : Faites ceci en mémoire de moi : « Ceci est mon corps. Et qu'ayant aussi pris le calice entre ses a mains et n-ndu grâces, il dit : Ceci est mon sang; et il le leur « donna, mais à eux seuls, à boire '. »

I. (;il)U.s hic îipnd uns Mncli.-irislin iKniiiii-ilur, <ni;i iioiuiiii ;ilii p;irliciparc licct, nisi ci (|ui cl vcrn esse crcdil (\mv nos diciiims, cl (>xj)i;Uus csl lavacro, (]UtHl in remissioncrn peccaloruiii rc^eiicrnli(>iiçiii(|ue dalur, cl ila vivil ut

Ce magnifique passage du philosophe chrétien parlait trop évidemment en faveur de la présence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ dans l'Eucharistie pour que les hérétiques ne cherchassent pas à l'obscurcir. Ils ont dit que Justin ne pouvait pas parler de la manducation réelle du corps et du sang de Jésus- Christ, puisqu'il venait, quelques lignes plus haut, de protester contre l'accusation portée contre les chrétiens, de manger la chair d'un enfiint dans leurs assemblées. jMais la simple exposition de la vérité n'était-elle pas, au contraire, la meilleure manière de faire tomber cette accusation étrange, à laquelle une connaissance très imparfaite de nos mystères sacrés avait donné prétexte?

Ils ont dit encore que Justin avait parlé de l'Incarnation et de l'Ascension du Seigneur, et n'avait distingué que deux présences, l'une dans l'humilité sur la terre, l'autre dans la gloire du royaume du ciel, sans qu'il fut aucunement question d'une troisième, la présence eucharistique. Mais l'Ascension, l'Incarnation et l'Eucharistie sont trois mystères parfaitement distincts. Était-il donc nécessaire, en parlant des deux premiers, de faire mention aussi du troisième, dont il allait être question en son lieu?

Une troisième difficulté, soulevée par eux , n'est pas plus sérieuse. L'Apologiste, disent-ils, compare l'union hypostatique de l'humanité et de la divinité dans l'Incarnation du Verbe, avec la manière dont le pain est changé au corps de Jésus-Christ dans ri^ucharistie. Or, dans l'Incarnation, il n'y eut pas de transsubstantiation; la divinité ne fut pas changée en l'humanité, donc il n'y a pas non plus de véritable changement dans l'Eucharistie. En raisonnant ainsi, les hérétiques prêtent à S. Justin une pensée qu'il n'avait nullement, et son argumentation (Hait tout autre. De ce que Jésus-Christ avait pris dans l'Incarnation une chair très réelle et très véritable, il concluait, au contraire, que c'est aussi sa

OirisUis Inididil. Ncqiie hsec cominuiuMu nsilatumque paiiern, usitatamquo potionem capimus, sed queinadinoduni per Dci \erlniin liouio i'actus csL Jésus Chrislus conservalor mislor, ol carnem et san,quiiieiii pro salulo nostra haliuit : ad l'iundcni inoduni cliani eam, in qua por pi'ecos X'erhi ejus al) ipso profecti ^'ratijr; sunl acta% alinioniam, undc s;inguis, ot caro nostra ])or iniUationern alunliir, incarnali illius Josu carnem et san.uuinoin esse docli siimus. Narn Aposloli \n eoinmentariis a se scriplis ila tradideruni, prseeepisse sibi Jesuin ; puin eiiiin pane acee])lo, cuin gratias e^issel, dixisse : Jfar facile in tnri recordni ioninn, hoc crI corpvx mntm. Et poculo siuiiliter acceplo et ^ratiis aciis dixisse : Ilic csl sangiiis 7ncus, sil)i(jue solis dédisse. (S. Justinl's, Apof. /, circa finem.^

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