I. Jcn-m., XI
"■1. Qu.ire crpo rul)rum csl imlumeiiluiu luum, et vcsIiiiK-iihi lua sicuL cmIcanlium iii lorculari. (/.s., lmii, -1.) 3, Pour bien comprendre la pensée de TertuUien, il esl boa de lire sou
PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CilHlST DANS l'eUCIIARISTIE. 367
En parlant comme il le fuit, Tertullien enseigne que le corps de Jésus-Christ fut un corps véritable puisqu'il lui représenté à l'avance par des figures, et qu'une réalité seule peut être ainsi représentée. Il enseigne en même temps que, sous l'ancienne Loi, le pain était la figure du corps de Jésus-Christ et le vin la figure de son sang, ce qu'il prouve en invoquant les témoignages de Jérémie, d'Isaïe et de Jacob; d'où il résulte clairement que le pain et le vin, qui étaient les figures légales du corps et du sang du Messie, sont transformés par sa parole en son corps et son sang véritables. Puisque la figure signifie un véritable €orps, c'est réellement son corps et réellement son sang qu'il a
texte en entier, après s être rappelé qu'il combattait les marcionistes. Or, ces hérétiques professaient deux erreurs ; la première, que le corps de Jésus- Christ n'était pas un corps véritable, mais une apparence sans réalité substantielle ; la seconde, que l'ancienne Loi avait été donnée par un Dieu mauvais, créateur de ce monde, et que Jésus-Christ l'avait abolie. Tertullien consacra trois livres à combattre la première erreur. Dans un quatrième livre, il prouve que le Christ est venu non pour détruire la Loi, mais pour l'accomplir. Il démontre que, dans le nouveau Testament, le Sauveur a donné les réalités dont l'ancien n'avait que les figures. Voici maintenant le texte même de Tertullien :
Professus itaque se concupiscentia concupissc edere pascha, ut suum (indi- ;:num enim ut quid alienum concupisceret Deus) acceptum panem et distributum discipulis corpus suum illum fecit, Une est corpus ineinn dicendo, id est figura corjjoris mci. Figura autem non fuisset nisi veritatis esset corpus. I ;;eterum vacua res, quod est pliantasma, figuram capere non posset. Aut si pro])terea panem corpus sibi flnxit, quia corporis carebat veritate : ergo panem debuit tradere pro nobis. Faciebat ad veritatem Marcionis, ut panis crucitigeretur. Cur autem panem corpus suum appellat, et non magis peponem, <juem Marcion cordis loco halniit, non intelligens veterem fuisse istam figuram corporis Christi dicentis per Jeremiam: Adversum me cogitaverunl cogitatum diccntes : Venilc, ci»ijii'i(imns /ir/iiu))i in j)aurin l'jus, scilicet crucem in corpus ejus. Itaque illunnnator anliquitatum quod tune voluerit significasso })anem, salis declaravil, corpus suum vocans panem. Sic et in calicis menlione teslamenlum constituons sanguine suo o])signafum, subslantiam cor})oris continnavit. iNullius enim corporis sanguis esse potest nisi carnis. Nam €tsi qua corporis qualitas non carnea opponelur nobis, certo sanguinem nisi rarnoa non habebit. lia consistit probalio corporis de testimonio sanguinis. l t autem et sanguinis velerem figuram in vino recognoscas, aderit Esaias : Quis, inquit, f/iti tnlvcnit ilc Edom, ruhor vi'stiniculorum cjus ex liosor. sed ile- <'<>rus in slold violeultt, cidu l'ortilndine ? Quarr ruhru veslimenUi tua et iiuhinienlti sirni de fort) lorrn/aris jdeno ronenicdlu?.... Mullo manifcsiius in benedictione Judœ, ex cujus tribu carnis census Christi proccssurus, jam tune Chrislum in Jnda delineabat : iMvtiInt, inquit, in vino slidimi sutini et in sanj/uine uv.x (iniieliini sunin. Slolam et amictum carnem demonsirans, cl vinum .sanguinem. lia et nunc sanguinem suum in vino consecravil, (jui lune vinum in sanguine Hguravil. (^Tlrtlll., Contra Marc., lib. IV.)
mis dans l'Eucharistie, car si la chair existe réellement, le sang ([Lii l'accompagne est réel comme elle; de même si le sang est réel, la chair ne peut pas être simplement en figure. Les figures de l'ancien Testament n'auraient pas eu de raison d'être et ne seraient pas des figures, si la réalité ne leur eût succédé. Mais Jésus- Christ a pris cette figure, il a pris le pain et Ta changé en son corps, il a pris le vin et l'a changé en son sang, ce qui permet à Tertullien de mettre sur les lèvres du Seigneur ces paroles : Hoc est corpus i/wum, ici est figura corporis mei : Ceci, c est-à-dire cette figure de mon corps, est mon corps.
Tertullien parle encore en divers autres endroits de ses œuvres, du sacrement de l'Eucharistie, de manière à montrer que la présence réelle n'était pour lui l'objet d'aucune difficulté. C'est ainsi qu'il dit en parlant de la célébration des saints mystères : « Plu- « sieurs ne s'imaginent pas devoir assister à toutes les prières du a sacrifice, mais croient pouvoir sortir aussitôt qu'ils ont reçu le « corps du Seigneur. Est-ce que l'Eucharistie nous dispense de « rendre à Dieu l'hommage de notre dévotion ? Ne nous y oblige- « t-elle pas au contraire davantage ^ ? » Il dit encore que les chrétiens s'assemblaient avant le jour pour célébrer le Saint Sacrifice; chacun y recevait le corps de Jésus-Christ dans la main, et après s'en être communies dans l'église, ils le portaient dans leurs maisons pour s'en communier avant le repas. Pour détourner les vierges chrétiennes d'accepter des païens pour époux, il leur décrit les difficultés qu'un tel mariage apporterait pour elles à la pratique de la vie chrétienne et il leur dit entre autres choses : « Ne saura-t-il point ce que vous prenez en secret avant toute « UMurriture? Et s'il sait que c'est du pain, ne croira-t-il pas qu'il « est tel que l'on dit 2 ? » Tertullien parle de l'Eucharistie, et l'on voit ici que dès lors on communiait à jeun et souvent sous la seule espèce du pain. Les païens disaient que ce pain était trempé dans le sang d'un enfant, et le secret avec lequel on le gardait leur faisait soupçonner quelque maléfice.
Tels sont les principaux textes de Tertullien concernant la pré-
i. Pleriquo non i)Ul;iiit s.-icrificidi-uni oralioiiiliiis inlci'vonionduin, quod slalio solvcndu sil acccpto coi-poro l)oinini. Krgo devolum Deo oljscquiuiii Eucliarislia rosolvit an Deo iriaf^is oljligat? (Lib. de Orat., i\.)
'1. Non scie! iiiarittis fjuid sccrefn aiiLcomnem cibiim f^'ustcs ? KlsiscivcriL pancni, non illum crédit esse, qui diciliir? (Tertull., lilj. II ad xixorcm.)
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sence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Ils suffisent pour montrer non seulement sa foi en ce mystère, mais celle de toute l'Église et même des hérétiques contre lesquels il avait à combattre de son temps *.