‹ La Sainte EucharistieChapitre 8 sur 169 · I. (înnul Ciili'-chimiti-. li';i(Uiclion I'li.letier · texte numérisé non relu

I. (înnul Ciili'-chimiti-. li';i(Uiclion I'li.letier

elle n'est guérie à propos, autant qu'elle peut l'être ici-bas, entraine une éternelle damnation. C'est pourquoi ces sacrements l'emportent de beaucoup sur ceux de la Loi ancienne. En même temps qu'ils sont moins nombreux, ils ont plus de vertu, plus d'utilité; ils sont plus sublimes, plus augustes, d'une observation plus facile, d'une signification plus relevée, n'étant pas de simples signes, mais produisant en outre la grâce et le salut, comme S. Augustin le prouve très bien par les Écritures.

« Deuxièmement, ils sont institués pour être des signes certains et efficaces des vues de miséricorde et de bonté que Dieu a sur nous, puisque, en frappant nos sens, ils excitent en nous la foi en .Tésus-Clirist et dans la puissance de sa grâce; de plus, ils sont des instruments de vie au moyen desquels il a plu à Dieu d'opérer efficacement notre salut. Ce qui a fait dire avec beaucoup de raison à S. Augustin que les sacrements peuvent beaucoup par eux-mêmes.

<i Troisièmement, ils sont institués pour être les symboles et les marques extérieures du christianisme. Par eux, les enfants de Dieu et de son Église peuvent se reconnaître les uns les autres, ils se maintiennent dans l'union, l'humilité et l'obéissance, et demeurent unis entre eux par les liens étroits d'une même religion. Sans les sacrements, il n'y aurait ni fixité dans la religion, ni moyen suffisant de la discerner. »

Pourquoi Dieu a-t-il voulu nous sanctifier par le moyen des sacrements? Il est aisé de le comprendre. Composés de corps et d'âme, nous avons besoin de secours spirituels, mais nous avons besoin aussi que ces secours nous soient donnés par des moyens accessibles à nos sens. Par les sacrements nous avons une certitude de recevoir la grâce qui nous manquerait si ce bien nous était donné par des moyens purement spirituels. De plus, nous comprenons mieux que la grâce nous vient uniquement de la bonté de Dieu et non pas de notre fonds ou de notre mérite. Enfin Dieu a voulu distinguer par les sacrements les fidèles des infidèles, et marquer son peuple d'un signe particulier.

Les sacrements sont-ils nécessaires? On peut dire qu'ils ne sont pas d'une absolue nécessité; toute leur nécessité dépend de la volonté et de l'institution divine. Il ne tenait qu'à Dieu de justifier les hommes par d'autres moyens, mais les sacrements ayant été choisis de lui, ils sont devenus nécessaires â notre justification.

Tous les sacrements sont nécessaires de nécessité de précepte, mais ils ne le sont pas tous à chacun des hommes en particulier. Le Baptême est nécessaire à tous et à chacun. La Pénitence est nécessaire à tous ceux qui ont commis quelque faute grave après le Baptême ; les autres sacrements le sont ou ne le sont pas, selon lage, l'état, la vocation particulière de chacun, ou les circonstances dans lesquelles il se trouve. L'Ordre et le Mariage ne le sont pour personne en particulier, mais il est nécessaire que plusieurs les reçoivent pour perpétuer l'Église de Dieu sur la terre.

L'auteur des sacrements est Jésus-Christ. C'est lui qui nous a mérité la grâce par sa mort sur la croix ; il lui appartient donc de nous la conférer et d'instituer les moyens par lesquels elle nous est appliquée. Aussi le saint concile de Trente a-t-il prononcé l'anathème contre quiconque dirait que tous les sacrements de la Loi nouvelle n'ont pas été institués par Notre-Seigneur Jésus- Christ : Si guis dixerit sacramenta novœ legis non esse omnia a Jesu Christo Domino nostro instituta.... anathema sit (sess. VII, can. 1) ; ce qui signifie que les sacrements ont été tous institués directement par Jésus-Christ lui-même. Personne, même parmi les hérétiques, ne doute qu'ils ne l'aient été au moins médiatement. Mais le canon du concile n'a de raison d'être que s'il proclame l'institution immédiate. Telle est la doctrine des Pères.

S. Cyprien, parlant de la Très Sainte Eucharistie, écrit ces mots : « Le Souverain Prêtre est lui-même l'instituteur et l'au- « teur de son sacrement ; pour le reste (c'est-à-dire pour les céré- « monies et les rites qui l'accompagnent), les hommes ont été « instruits par le Saint-Esprit '. » S. Ambroise demande : « Qui « est l'auteur des sacrements, sinon le Seigneur Jésus 2 ? » s. Augustin dit que l'Église a reçu les sacrements de Notre-Seigneur d'abord, et ensuite des apôtres •'.

Luther a prétendu que non seulement tous les hommes mais les démons même pouvaient être les ministres des sacrements, quoiqu'il ne soit pas à propos pour le bien général que tous usent ordinairement de ce pouvoir, mais seulement ceux qui y sont

\. Ipse summus sacerdos sui est sacramenli iiistiliUor el auctor ; in Cc-eteris, homines Spiriluin Saiictum liabenl dociorem. iS. Cvi'H., serni. de Ablid ione pednm.)

2. Auctor sacraiiioiitoruiii quis esl, nisi Dominus Jésus? ,S. AMiiiios., lih. I\' (le Sarram., caj). iv.) •

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