‹ La Sainte EucharistieChapitre 81 sur 169 · Bihliolhèqup. parla livp. da^ Pères de V Eglise, t. I · texte numérisé non relu

Bihliolhèqup. parla livp. da^ Pères de V Eglise, t. I

2. Corjjus est ergo cui dicil : Sede a de.xtris meis, ctijus etiam fuit inimicus diabolus oum malis potestatibus, elJudaei, et Grœci, per quod corpus Pontifex et Aposlolus, et fuit et dictus est, per id quod nobis tradiditmystcriuin, dicens : Hoc est corpus meum quod pro vobis franfjilur, et sonyuis novi lestamenli non veteris, qui pro vohis effmidilnr. Divinitas enim neque corpus habet, noqufï sanguinem, sed homo queni ex Maria portavit. (S. Atjian., Orat. major de /îde.)

3. Spirifus est qui vivificat, caro non prodest quidquam, verba, quéE ego locutus surn vobis spiritus sunt et vita. Et hic siquidem utrumque de se prsedicavif, carnem etspiritum, ac carnem a spiritu distinxil, ut non tanlum quod vidf'batur, sed hoc etiam quod in illo erat invisibilc crcdentes discerent quod

PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JESUS-CHRIST DANS l'eUCHARISTIE. 379

sacré destiné particulièrement à la célébration des mystères : le sang de Jésus-Christ en faisait le seul ornement. (T. I, p. 127 et 334.) Tels sont les principaux passages se rapportant à notre sujet que Ton peut extraire des écrits de S. Athanase ; ils suffisent pour montrer que la croyance de l'illustre Docteur et celle de son Église n'était point différente de la foi que l'Église catholique a professée dans tous les siècles et dans toutes les contrées du monde où elle s'est étendue, selon la promesse du divin iMaître.

s. HILAIRE

Docteur de l'Église; né au commencement du iv= siècle ; converti et évêque de Poitiers

vers 350 ; mort en 367.

S. Hilaire combattit l'arianisme et les autres erreurs de son temps, par sa parole et par ses écrits; il fut TAthanase de l'Occident. Ses luttes contre les hérétiques l'ont rarement amené à parler de la Sainte Eucharistie.

Dans le livre VIII de Trinitate, le saint Docteur prouve que

ea qnoque quse loquebantur non essent carnalia, sed spirilualia. Quoi enim Iioniinibus suffecisset corpus ad esum, ut hoc totius mundi fieret alinientum ? Sed hac de causa ineminit ascensus filii hominis, ut corporalem cogitationem al) eis avelleret, et post haec discerent, carnem de qua fuerat locutus, cibum supernis cœlestem, spirilualem alimoniain ab ipso dari. Quae enim dixi vobis, inquit, spiritus sunt et vita. Quod idem valet ac si diceret : Quod quidem ostenditur ac datur pro mundo, dabitur alimonio, ut spiritualiter hœc in unoquoque digeratur, fîatque omnibus conservalorium ad resurrectionem vitae œternae. (S. Athan., Tract, de verbis Evangel. Quicumque dixerit verlnnn, etc.) De la même époque :

Cum magister veritatis verum salutis nostr.T sacrificium commendaret discipulis, non illis lac, sed panem tantum et calicem sub sacramento cognovimus dédisse.... Cesset ergo lac in sacrificio offcrri.... lUud veroquod pro complemento communionis intinctam tradunt Eucharistiam populis , nec hoc prolatum ex Evangelio testimonium repererunt, ubi Apostolis corpus suum commendavit et saiiffuinfUi. Seorsum enim panis et seorsum calicis commendatio memoratur. (Julils, papa (vixit an no 3;}H\ in Décret is.)

Haec ubi dicta dédit, palmissibi frangere panem, Divisumque deliinc tradit, sanctum(|uc precatus, Discipulos docuil j)roprium se tradcre corpus. Hinc calicem sumil Dominus, vinoque repletum Gratis sanctilical verbis, potumque ministrat, Edocuitque suum se divisissc cruorem.

Atque ait : Hic sanguis poi)ulis delicta rcmillet. Hune potate meum.

(JuvENCUs, prcsbyt. (vixit anno 320), lib. IV, Eveiuj. hisluf.)

380 LA SAINTE EUCn.VRISTIE. — LIVRE 1. — CHAPITRE XI.

l'unité qui existe entre le Père et le Fils n'est pas simplement une unité lie volonté. Prenant pour point de départ cette prière de Jésus-Christ à son Père : Que tous ensemble ils ne soient qu'un, comme vous, mon Père, êtes en moi, et moi en vous : que de même ils ne soient quun en nous ^ il montre que l'unité que .Tésus-Clirist demandait pour ses disciples n'est pas seulement l'unité d'iionneur et de gloire qu'il nous a procurée par son Incarnation, ainsi qu'il est dit au même endroit: Et je leur ai donné la gloire que vous m'avez donnée, afin qu'ils soient un -. Jésus-Christ demande ^our nous à son Père une unité de même nature que celle qu'il a lui-même avec nous par les mystères de l'Incai-nation et de l'Eucharistie. Or, dit-il, celte unité ne consiste pas dans une conformité de volonté; c'est une union de nature; car de même que nous sommes naturellement dans Jésus-Christ en tant qu'il s'est revêtu de notre chair, il est de même naturellement en nous, loi'squc nous recevons son vrai corps et son vrai sang dans l'Eucharistie, selon ce qu'il a dit lui-même : Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en onoi et moi en lui 3. « Si le Verbe s'est véritablement (ait chair, nous rece- « vous dans ralimcnt du Seigneur le Verbe fait chair. Gomment « pourrions-nous penser qu'il ne demeure pas naturellement en « nous? Il est homme et a pris, en se l'unissant inséparablement « pour l'avenir, la nature de notre chair, et il a uni sa nature éter- « nelle à sa nature humaine dans le sacrement, pour nous la a communiquer. C'est ainsi que tous nous sommes un, parce que « le Pèi-e est dans le Christ et que le Christ est en nous.... Si donc « le Christ a pris véritablement la chair de notre corps, si cet <r homme qui est né de Marie est le Christ, si nous prenons véri- « tablemcnt la chair de son corps dans le mystère (et c'est par là « que nous serons un, parce que le Père est en lui et qu'il sera « lui-même en nous), comment n'existerait-il enli'e lui et son Père « qu'une unité de volonté ^? »

i. Ut oniiics iiniiin sini, sicut tu Pater in me,ctego in te, ut et ipsi in nobis unum sint. Jornm., xvii, ï>l.)

2. Et c\io claritiilem quam dcdisti milii dcdi eis, ut sint \\n\\m.{Joann., xvii, 22.)

;j. Quimanducal carnem meam et l;ibit sanguinem meum in me manet et ego in eo. [Joann., vi, Jj7.)

4. Eos nunc qui inlcr Patrem et Filium voluntatis ingerunt unitatem interrogo, utruinne per nalura; veritatem liodie Christus in nobis sit, an per con-

PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CIIRIST DANS l'ELCIIARISTIE. 381

II faudrait citer intégralement les quelques pages dans lesquelles S. Hilaire développe l'argument qu'il tire de la présence réelle du corps et du sang du Sauveur dans l'Eucharistie, en faveur de l'unité des trois Personnes divines.

Ainsi donc S. Hilaire enseigne qu'il y a entre Dieu et nous union ou plutôt unité de nature en ce que Dieu s'est fait chair, et que nous mangeons véritablement sa chair dans l'Eucharistie. Il ne veut pas que l'on ait sur ce point le moindre doute, puisque l'Écriture même nous en assure. « Attachons-nous, dit-il encore, à tt ce qui est écrit, si nous voulons accomplir les devoirs d'une foi « si parfaite. Car il y a delà folie et de l'impiété à dire ce que nous « disons de la vérité naturelle de Jésus-Christ en nous, à moins « que lui-même ne nous l'ait appris. C'est lui qui nous a dit : « Ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vrai- « ment un breuvage. Celui qui mange ma chair et qui boit mon « sang demeure en moi et moi en lui. II ne reste aucun lieu de « douter de la vérité de sa chair et de son sang, puisque la décla- « ration du Seigneur et notre foi enseignent clairement que c'est a vraiment la chair de Jésus-Christ et vraiment son sang. Et cetle « chair que nous mangeons, ce sang que nous buvons font que « nous sommes en Jésus-Christ, et que Jésus-Christ est en nous. » Et le saint Docteur, après avoir démontré avec tant de force la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, s'écrie : « Est- « ce que ce n'est pas là la vérité? Ceux-là seuls pourraient le nier « qui ne reconnaissent pas Jésus-Christ pour le Dieu véritable. Il

cordiam voluntalis? Si vere Vcrbum caro factum est {Joann., i, li), et nos vere Verbum carnem in cibo Dominico sumimus : quomodo non naturalitcr manere in nobis existimandus est, qui etnaluram carnis nostrae jam inseparabilem sibi homo natus assumpsit, et naturam carnis suas ad naturam aeternitatis subsacramento nobis conimunicandae carnis admiscuit? Ita enim onines unum sumus : quia et in Christo Pater est, et Cbrislus in nobis est.... Si vere i^'itur carnem corporis nostri Christus assumpsit, et vere bomo ille, quia ex Maria natus fuil, Cbristus est, nosquc vere sub mysterio carnem corporis sui sumimus, et per boc unum erimus, quia Pater in eo est et ilic in nobis.... Quod aulem in eo per sacramentum communicatœ carnis et sang^uinis simus, ipse festatur dicens [Joann., xvi, 10, 20) : et bic miindus me jam non videt, vus ntttem me videhilis, quonitnn er/o vivo, et vos vivetis ; quoniainego in Pâtre meo, et vos in me, et ego in vohis. Si voluntalis tanlum unilafem intelli^d vcUct, cur gradum quemdam atquo ordinem consummandui unilatis exjiosuit : nisi ut cum ille in Paire, per naturam divinitalis csset, nos contra in eo per corjioralem ojus nativilatem, et ille rursum in nobis per .sacramcntorum iiie>siiiiystelium crederetur? (S. Hilar., de Trinit., Ub. VIII.)

« est donc lui-inùme en nous par la chair comme nous sommes « en lui '. »

Que pourrions-nous ajouter à ces témoignages si clairs et si remplis de force ? Les hérétiques des derniers siècles ont bien cherché à leur enlever de leur autorité, en y opposant d'autres passagesdu même auteur qu'ils ont expliqués dans un sens opposé; mais leurs tentatives ne pouvaient aboutir. Ils disent, par exemple, que dans le commentaire sur S. Matthieu (can. xxx), Jésus-Christ, d'après le texte de S. Hilaire, ayant pi'is le calice et rompu le pain, fit la pàque : Sine quo (Jiida scilicei proditore) Pasclia, acceplo calice, et fracto pane conficitur; et que les apôtres ont bu le fruit de la vigne, vitis fructiun, et ils tirent cette conclusion que le Seigneur n'a pas donné son corps et son sang, mais seulement du pain et du vin à manger et à boire à ses apôtres. L'explication du psaume cxxiv leur fournit le prétexte d'une autre difficulté. On y lit en effet que Dieu est présent en plusieurs endroits à la fois parce qu'il est incorporel : quia incorporeus est : donc, disent-ils, .Jésus-Christ qui a un corps, corporeus est, ne peut pas se trouver au môme moment sur des autels différents. Enfin, à propos du psaume cxxxvii, le saint docteur rappelle que Jésus-Christ a démontré la vérité de sa chair après sa résurrection en disant aux apôtres : Touchez et voyez : Palpate et videte. Or on ne touche pas, on ne voit pas le Christ dans l'Eucharistie; donc il n'y est pas réellement.

La futilité de ces objections est évidente, et les ennemis de la loi n'arrivent à les formuler (ju'en faisant violence au texte de S. Hilaire.

Les premières paroles citées ne sont aucunement contraires à la

■1. Non est humano aut saeculi sensu in Doi rf;l)us loquondiun : nequc pcr violentain atque imprudentcm pnedicalioncm, cœleslium donorum sanitali aliène aUpic impie intelligenli cxlorquenda perversitas est. Qiise scripla sunt legamus, et qufe legerimiis intelligamus : et tum perfecUe fidci officio fungemur. De nalurali enim in nn])is Cln-isti veritaU; ([uœ diciniiis, nisi ah co didicimus, stiilte atque impie dicimus. Ipse enim ait: Caro mea vere est esca, et xanguia mous vere est potiin. Qui edil eaniem mc/im et bihii sanfjuinem meum, in me manel et etjo in eo. [Joann., vt, iJ6, lil.) De vcritate carnis et sanguinis non relictus esl ambigendi iocus. Nunc enim et ipsius Domini profcssione, et fide nostra vere caro esl, et vore sanguis est. Et haec accepta atque hausta id efflciunt, ut et nos in Christo, et Chrislus in no])is sit. Anne hoc veritas non est? Contingat plane his verum non esse qui Christum Jesum verum esse denegant. Est ergo in noljis i])se pcr carnem, et sumus in eo. (S. IIilar., Hb. VIII, De Trinitate, n° xiv.)

PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSDS-CIIRIST DANS l'euCIIARISTIE. 383

présence réelle. Nous savons en effet que la Sainte Eucharistie reçoit souvent des catholiques eux-mêmes le nom de pain et de vin, à cause des apparences, des espèces visibles sous lesquelles réside Notre-Seigneur, et parce que le pain et le vin lui servent de matière.

La seconde objection a moins de consistance encore. Nous reconnaissons bien que le corps de Jésus-Christ ne pourrait pas, uniquement en vertu de sa nature corporelle, se trouver en plusieurs lieux à la fois; mais S. Hilaire n'a dit nulle part qu'un corps glorieux et en quelque manière spiritualisé ne puisse pas s'y trouver.

Enfin, la troisième se réduit à peu près à rien. Jésus-Christ montre que son corps était réellement un corps en le faisant toucher et voir ; mais on ne peut pas en conclure que tout corps soit en toute circonstance nécessairement tangible et visible. C'est ainsi que la chaleur démontre la réalité du feu, cependant on ne peut pas dire que le feu de la fournaise de Babylone, où furent jetés les trois enfants, n'était pas réellement du feu, parce que Dieu le priva momentanément de sa chaleur par un miracle.

Il faut que la doctrine de la présence réelle soit établie bien solidement dans les écrits de S. Hilaire, pour que Calvin et ses sectateurs n'y aient rien trouvé de plus sérieux à objecter contre cette vérité.

s. CYRILLE DE JÉRUSALEM Docteur de l'Eglise ; né l'an 315 ; évèque de Jérusalem vers 350 ; mort l'an 386.

Nous avons de S. Cyrille des Catéchèses adressées aux catéchumènes et aux nouveaux baptisés, dans lesquelles il étajjlit simplement et solidement la doctrine de l'Église.

Dans la quatrième Catéchèse adressée aux nouveaux baptisés, il les instruit sur le sacrement adorable de l'Eucharistie ; c'est donc là qu'il faut chercher sa doctrine et celle de l'Église de Jérusalem sur ce sacrement. En voici le résumé.

Après que l'on avait imprimé sur le front des nouveaux baptisés, avec le chrême, le sceau du Seigneur, ils étaient admis à la participation des divins mystères, c'est-à-dire du corps et du sang de Jésus-Ciirist; de son corps sous l'espèce du pain, de son sang sous l'espèce du vin. S. Cyrille ne décrit point de quelle manière ils

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s'en approchaient, et il emploie presque toute cette Catéchèse à leur prouver que quoique les sens ne persuadent pas que le pain et le vin soient changes au corps et au sang de Jésus-Christ, ils doivent le tenir pour constant par la foi. Il établit la présence réelle, premièrement, par le témoignage de S. Paul, dont on avait lu ce jour-là la première Épître aux Corinthiens, où il est parlé de l'institution de l'Eucharistie. Secondement, par l'autorité de Jésus- Christ qui, en parlant du pain, a déclaré que c'était son corps, et en parlant du vin, a assuré positivement que c'était son sang. Troisièmement, par les miracles de l'eau changée en vin aux noces de Cana, par la seule volonté de Jésus-Christ; car si nous devons croire qu'il a autrefois changé l'eau en vin qui a du rapport avec le sang, quoiqu'il ne nous ait pas dit lui-même qu'il ait fait ce miracle, comment ne croirions-nous pas sur sa parole qu'il ait changé du vin en son sang ? Quatrièmement, parce que dans le Baptême il se fait un mariage spirituel de l'âme chrétienne avec Jésus-Christ, dont le mystère de l'Eucharistie est comme la consommation. Si Jésus-Christ, invité aux noces de Cana, y changea l'eau en vin, ne devons-nous pas reconnaître aussi bien qu'il a donné aux enfants de l'Époux céleste son corps et son sang. « Il faut a donc, ajoute S. Cyrille, les recevoir avec une entière persuasion « qu'ils sont le corps et le sang de Jésus-Christ. »

Il distingue les espèces ou apparences de ce sacrement d'avec ce qu'il y a de réel, en disant que : «Sous la figure du pain, le corps « nous est donné, et le sang sous la figure du vin, afin que, nous « nourrissant du corps-et du sang de Jésus-Christ, nous devenions « un même corps et un môme sang avec lui ; que nous le portions a dans nos corps par la distribution qui se fait de son corps et do « son sang dans nos membres. » Il rapporte l'opinion des Capharnaitcs qui se scandalisèrent du précepte de Jésus-Christ ordonnant à ses disciples de manger sa chair et de boire son sang, parce qu'ils le prenaient dans un sens grossier et s'imaginaient qu'il voulait leur faire manger de la ciiair humaine. Il oppose le /mm céleste et le breuvage du salut de la Loi nouvelle, aux pains de proposition de la Loi ancienne, qui ont cessé avec elle. Et comme s'il eût appréhendé que ses auditeurs ne doutassent encore de la vérité qu'il leur venait d'inculquer si fortement, il leur répète de ne point considérer rEucliaristie comme un pain ordinaire et un vin usuel, mais comme étant, selon la parole du Seigneur, le corps

PREin'ES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CHRIST DANS l'eUCHARISTIE, 385

et le sang de Jésus-Christ. Dans la Catéchèse suivante, le saint Docteur explique les cérémonies de la célébration des sacrés mystères.

On le voit, S. Cyrille donnait en abrégé un véritable traité sur l'Eucharistie.

Voici un des passages de la IV^* homélie que nous venons d'analyser, où la doctrine de la présence réelle est exprimée avec le plus de force : « Puisque Jésus-Christ lui-même affirme et dit expressé- « ment du pain : Ceci est mon corps : qui donc osera désormais « en douter? Et lorsqu'il dit en l'affirmant de même : Ceci estmoyi flf sang, qui, dis-je, oserait mettre sa parole en doute et prétendre « que ce n'est pas son sang? Autrefois, à Cana de Galilée, il changea « l'eau en vin qui a quelque rapport avec le sang ; il le fit par sa « seule volonté; et nous ne croirions pas pouvoir admettre qu'il ait « changé le vin en son sang?.... Recevons donc avec la foi la plus « entière le corps et le sang du Christ; car sous l'espèce du pain, « c'est son corps que l'on vous donne, et sous l'espèce du vin, son a sang. Ainsi, vous étant nourris du corps et du sang de Jésus- « Christ, vous ne serez, pour ainsi dire, avec lui qu'un même « corps et un même sang. Ainsi nous serons des Christophores, « nous porterons le Christ, dont nous aurons reçu le corps et le « sang dans nos membres ^ »

Où pourrait-on trouver des paroles plus nettes, plus expressives et plus fortes que celles que nous venons de citer? à moins que ce ne soient celles-ci, du môme auteur, qui suivent immédiatement les autres et les complètent : « Je ne veux donc pas que vous regar- <r diez ce qui vous est présenté simplement comme du pain et du « vin ordinaires, et rien de plus; car c'est le corps et c'est le a sang de Jésus-Christ. Les sens, il est vrai, vous disent que c'est

1. Cum Christus affirmât de pane, Hoc est corpus meum, quis deinceps audeat dubitare? Ac eodem qiioque dicente, Hic est sanguis meus, quis dubitet et dicat non esse illiiis sanguinem? Aquam mutavit in vinum quod est sanguini propinqimm in Cana Galilaeae, sola voluntate ; et non erit dignus cui credamus quod vinum in sanguinem transmutant ? Si enim ad nuptias corporeas invitatus, stupendum miraculum operatus est; an non multo magis corpus et sanguinem suum, filiis sponsi dédisse illum confitebimur ? Quare cum omni certifudine corpus et sanguinem Chrisfi sumamus. Nam sub specie panis datur tibi corpus, et sub specie vini datur sanguis ; ut sumpto corpore et sanguine Christi efficiaris ci comparliceps corporis et sanguinis : sic Christophori erimus, boc est Clirislum fercntes, cum ejus corpus et sanguinem in membra nostra receperimus. (S. Cyrill, Hieros., Cath. IV ad Neoph.)

a du pain et du vin; mais que la foi vous confirme dans la vérité. « Ne jugez pas d'après le goût, mais éloignez toute hésitation et « tenez pourcertain, comme la foi vous l'enseigne, que vous êtes a devenus dignes de participer au corps et au sang du Christ *. »

C'est en vain que les hérétiques, en présence d'un texte si clair, recourraient à leurs faux-fuyants ordinaires et chercheraient à se réfugier derrière les tropes et les figures. Ils perdraient leur temps et leur peine, et seraient obligés d'avouer que ni S. Thomas d'Aquin, ni Bellarmin, ni aucun écrivain catholique n'a trouvé d'expressions plus nettes et plus précises pour exprimer la foi en la présence réelle du corps et du sang de Jésus-Christ dans l'Eucharistie.

Nous avons dit que dans la cinquième Catéchèse, S. Cyrille traite de l'oblation du Sacrifice. On y trouve plusieurs passages qui expriment parfaitement la vérité de la présence réelle. Ainsi, lorsqu'il parle de la manière de recevoir la communion, il dit aux néophytes qu'il leur faut mettre la main gauche sous la droite, comme pour servir de trône au grand Roi qu'ils vont recevoir: Subjicienda manus quœ iantum Regem susceptura est. Il ajoute qu'après la communion du corps, post communionem corporis, le chrétien doit s'approcher du sang de Jésus-Christ, non pas en étendant les mains, mais profondément incliné pour adorer et vénérer, et en disant Amen, afin d'être sanctifié par le sang qu'il reçoit -.

Les calvinistes, gênés par de tels témoignages, ont essayé de contester l'authenticité des Catéchèses, d'où ils sont tirés, et de dire qu'il faut les attribuer à un autre Cyrille que personne ne connaît. Mais Théodoret et S. Jean Damascène disent expressément qu'elles sont de S. Cyrille de Jérusalem, aussi bien que les autres dont personne ne conteste l'authenticité. S. Cyrille s'engage d'ailleurs à les donner, dans sa dernière Catéchèse aux catéchumènes; la méthode des unes et des autres est la môme, et si l'on croit reconnaître quelques différences de style, c'est que les unes

1. Qujiinoljrciri non sic hœc allcndas velim, lanquam sinl niulus cl simplex panis, nuduin cl simplex vinum ; corpus enim sunt et sanguis Christi. Nam etsi sensus illud libi rcnuntiat, fides tamen te confirmet. Ne judices rem ex guslu : sed le citra uilam dubitationem fides cerlum reddal, quod sis dignus factus, qui corporis et san^ruinis Christi particeps fieres. (Ii)., ihid.)

-2. Posl communionem corporis (accédât cViristianus) et ad calicem sanguinis illius, non extendcns manus, sed pronus adorationis in modum et venerationis, dicens: Amen, ut sanctificetureo sanguine, quemassuinit. (Id., Catech. V.)

PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JESUS-CHRIST DANS l'eUCUARISTIE. 387

étaient destinées à ceux qui se préparaient au baptême, les autres à ceux qui l'avaient reçu. Les matières étant différentes, aussi bien que les auditoires et les circonstances, il était nécessaire que quelques différences se rencontrassent çà et là dans le style.

s. ÉPIIREM LE SYRIEN

Diacre J'Édesse, mort vers Tan 379.

Nous trouvons de nombreux passages dans les oeuvres de S. Éphrem qui témoignent de sa foi et de sa dévotion pour la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Dans un chant sur la Virginité, il dit : « Le corps de Jésus-Christ est mêlé avec les « nôtres, et son sang est répandu dans nos veines d'une manière « toute nouvelle. Par un amour particulier pour l'Église, il ne « lui a point donné la manne comme à la S3'nagogue, mais il est « devenu lui-même le pain de vie, afin qu'elle s'en nourrît K » Ailleurs il dit : « Le ciel, la terre, la mer et tout ce qu'ils contien- « nent tremblent devant le Seigneur et se couvrent le visage; ils <i n'osent pas même lever les yeux vers lui ; et vous, tout impurs « et impénitents que vous êtes, vous ne tremblez point et vous « vous approchez avec impudence des saints mystères. Vous pou- « vez en imposer aux hommes, et leur faire croire que vous rece- « vez dignement l'Eucharistie; mais que direz-vous à Dieu qui -« connaît le fond des cœurs? Quittez donc le péché, pleurez-le; « nettoyez avec soin le vase de votre conscience souillée par vos « iniquités. Prenez une ferme résolution de ne plus pécher, et con- « fiez-vous en Dieu qui vous guérira : Dieu est le Dieu des péni- « tenls ^. » ■

1. Corpus ejus nova ratione nostris corporibus immixtum est. Ipsiusquoquc .sanguis purissimus, in venas noslras diiî'usus, — toliis ipse nos totos pervasit. Et quia Kcclesiam suain dilexit niniis, non illi dédit semulae ejus, hoc est synagogae, manna, sed ipse panis vitae factus est illi ut ipsum comederet. (S. Epiire.m, in hymno xxxvii, De virf/initate.)

2. Gœlum,et terra, et mare, et omnia quae in eis sunt, treniunt ac se inclinant : tu autem imprudenter accedis? .\ngeli mundi cum tremore niinislrant, faciemque obte.ii-enles non audent respicorc : at tu iinmundus cum sis et impœnilens ac imprudcns, non conlreniiscis honiinibus.'quiilcm le rite Eucharisliam suniero fidcm facis ; scd cordiuni scrutatori quid dices? Déclina igitur a nialo, frater, dofle et aljluc vas tuuui quod poccatis conlaniinasli, firmunique liabe non ain])lius jxM-candi ])rnj)osiluin, cl .sanaberis. Ueus enini pœnilonlium Deus est. (S. Epure.m, De dignilale myslcriorum.)

Nous ne résisterons pas au désir de citer tout entier, d'après Tricalet, une magnifique page de S. Éplirem dans son traité de Natura Dei. Voici donc comment il s'explique sur la présence réelle :

a Considérez toutes ces choses, dit-il, avec prudence, parfaite- « ment, avec loi, et croyez fermement qu'elles sont toutes vérita- « blés en la manière qu'elles sont rapportées. Car si vous ne les « contemplez pas des yeux de la foi, il ne sera pas possible que a vous soyez élevés de la terre au ciel, pour y voir en esprit les « souflVances de Jésus-Christ. C'est la foi qui, brillant dans nos «r cœurs comme une vive lumière, leur donne des yeux pour con- « tcmpler avec pureté et sincérité l'Agneau de Dieu qui est mort, <i qui a été immolé pour nous, et qui nous a donné son très saint « et très pur corps, afin que nous le mangions continuellement, « et que nous obtenions, en y participant, la rémission de nos pé- « elles. Celui qui possède cet œil de la foi voit clairement le Sei- « gneur ; et avec une foi très pleine et très ferme, il mange le « corps et boit le sang de l'Agneau sans tache, Fils unique du a Père céleste, sans sonder avec curiosité la doctrine toute divine « et toute sainte que cette foi nous enseigne : car c'est la foi de « Dieu qui opère en nous, c'est elle qui voit de loin les choses fu- « tures, et qui s'appelle toujours foi, et non curiosité. Vous croyez « en Jésus-Christ Fils unique de Dieu, vous croyez qu'il est né a pour vous sur la terre et dans la chair. Pourquoi voudriez-vous « sonder un abîme qui n'a pas de fond, et pénétrer des mystères « impénétrables? Si vous en recherchez la connaissance avec cu- « riosité, vous ne serez plus fidèles, mais curieux. Demeurez donc « dans votre foi pure et simple; participez au corps sans tacite « et au sang du Seigneur Jésus-Christ avec une foi entière et « inébranlable ; croyez fermement que vous mangez l'Agneau lui- « même tout entier. Les mystères de Jésus-Christ sont un feu im- « mortel ; gardez- vous de les sonder témérairement, de peur qu'en ff y participant vous n'en soyez consumés. Abraham servit des <r viandes terrestres à des anges du ciel, et ils en mangèrent. Ce « fut un miracle, que des esprits qui n'ont point de corps man- « geassent des viandes corporelles. Mais ce que Jésus-Christ fait « pour nous est au-dessus de l'admiration, de l'intelligence et des « paroles de tous les hommes; car, s'étant revêtu de notre chair, « il nous a donné à manger un feu et un esprit, c'est-à-dire son

PREUVES DE LA l'RÉSENCE DE JÉSUS-CHRIST DANS l'eDCFIARISTIE. 380

< corps et son sang. C'est pourquoi je n'oserais entrer plus avant « dans ces saints, vénérables et terribles mystères, qui surpassent a toutes les forces de mon esprit. J'aime mieux m'adresser au Père « éternel, et lui rendre grâces de ce que, par son Fils, il a eu pitié « de moi, parce que je crois en lui avec un cœur simple, et que « j'ai toujours eu de l'éloignement et de l'horreur pour ces curio- « sites présomptueuses qui lui déplaisent '. »

On voit, par ces paroles, combien S. Éphrem avait de retenue à l'égard des mystères, et que, sans vouloir les approfondir, il s'en tenait à ce que la foi nous enseigne, que « dans l'Eucharistie nous participons au corps et au sang du Seigneur, et nous mangeons l'agneau tout entier, qui n'est autre que Jésus-Christ revêtu de notre propre chair. Comment est-il Agneau, sinon par son sacrifice? Comment le peut-on manger lui-même et dans sa propre chair, si cette chair n'est pas celle dont il s'est revêtu et qu'il a immolée? Et comment chaque fidèle peut-il être certain, par une foi pleine et entière, qu'il mange l'Agneau même tout entier, si la chair de l'Agneau lui est refusée, et si celle qu'il reçoit dans le sacrement n'est pas celle que reçoivent ses frères? Oii est l'intégrité sans l'unité? Où est l'Agneau, si la chair qu'il a prise pour devenir l'Agneau n'est pas présente? Comment le mange-t-on tout entier si chaque fidèle le divise, et si la chair que reçoit l'un est différente de celle que reçoit un autre ~ ? »

La foi que S. Éphrem exige pour bannir tous les doutes qui pourraient s'élever sur ce mystère, la certitude qu'il veut que nous ayons que c'est le corps entier de Jésus-Christ que nous recevons dans l'Eucharistie, excluent clairement tout sens figuré, et ce que les protestants appellent corps typique. Certes, le miracle ne serait

1. Nous ne donnerons en latin que le passage qui se rapporte le plus directement à notre sujet.

Ksto fidelis alque innocens ; participa immaculatum corpus et sanguinom Doniini lui fîde plenissima, certus quod Agnuni ipsuni intègre comedas. Ignis iminortalis sunt mysteria Christi : cave ea temere scruteris, ne in ipsorum ])articipatione coniburaris. Abraham patriarcha cœleslibus angelis terrcnos cibos apposuit, illique cos coniederunt. Ingens sane miraculum est cernere spirilus incorporées in terra carnium cibos manducantes : sed hoc profecto omnem excedit admirationem, omnem montem omnemque sermonem, quod no])is fecit unigonitus FiliusChristus Salvator noster. Ignem quip])e et spiritum iiiaiiducandum atf|ue bibeiidum j)ra'slitil nol)is carne veslitis, corims videlicct Miiim et sanguinom. (S. Epiihem, ilr Xnliirn I)oi, etc.)

!2. DuGUET, Tniilr d()f/»uili(/i(c (le ri-Juc/itirislic, \). ()!].

pas grand, il ne mériterait pas tant d'admiration, et ne serait pastant au-dessus de celui qu'accomplirent les anges en mangeant des aliments humains, si, dans l'Eucharistie, nous ne mangions qu'une simple figUrc, un symbole représentant par convention le corps de Jésus-Christ.

s. BASILE LE GRAND

Docteur de l'Église; ne l'an 329; évêque de Césarée en Cappadoce l'an 370;

mort en 378.

Ce grand docteur ne pouvait manquer de parler dignement du Sacrement par excellence, de la Sainte Eucharistie. Il met le mystère de l'Eucharistie au nombre des choses que nous devons croire quoiqu'elles paraissent impossibles. Il dit que Celui que nous recevons dans l'Eucharistie est celui qui a dit : Moi et mon Père, nous viendrons et nous ferons notre demeure en lui; que de s'enivrer avant de le recevoir, c'est lui fermer la porte; que dans l'Eucharistie nous participons à son corps et à son sang; que nous ne pouvons douter qu'il ne faille le recevoir avec crainte de le manger indignement, si nous ne sommes pleinement convaincus de ce qu'a dit Jésus-Christ : Ceci est mon corps qui est livré pour vous, faites ceci en mémoire de moi; que pour manger le corps de Jésus-Christ et boire son sang il faut n'avoir ni tache ni ride, mais être saint et irréprochable. Car si celui-là était puni qui, étant impur, approchait des choses saintes, sous la Loi ancienne, quel châtiment ne doit point appréhender celui qui mange indignement le corps de Jésus-Christ ^?

■1. An ignoras qiiem es in hospitio suscepturus ? Nimirum illum qui nobis ila pollicitus est : Ego et Pater ad eum veniemus et mansionem apud eum faciemiis. Cur igiliir recipis temulentinm, ac Domino ingrcssum prgecludis? Cur hostem inducis, et tua prior munirnenta occupet? Ebrietas non recipit Dominum ; eljrietas Spiriluin sanctum propcllit. (S. BAsn>., hom. I de Jejunio, circa Hnern.)

Quam aulem melucndum siljudicium profcrenduni jn eum qui in immunditia degens ad sancta accederet, discimus etiam ex veleri testamenlo. Quod si amplius temple hic est {Malth., xii, 0), nos utique modo magis formidando docebit Apostolus, qui dixerit : Qui manducat et bibit indigne, judicium sibi manducat et bibit. (/ Cor., xi, 29.) (Id., ex lîegul. brev. tract., interr. cccix.)

Quid proprium christiani ? Purum esse ab omni inquinamento carnis et spiritus in sanguine Christi, ac perficere sanclimoniam in timoré Dei et dilectione Christi : nequaquam habere maculam aut rugam, aut quidpiam hujusmodi, sed esse sanctum et incontaminatum, et sic edere corpus Christi, et

PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CHRIST DANS l'eUCHARISTIE. 391

S. Basile appelle le pain et le vin antitijpes du corps et du sang de Jésus-Christ; mais S. Jean Damascène remarque que ce Père et quelques autres avec lui n'ont ainsi appelé le pain et le vin qu'avant la consécration et non après '. S. Grégoire de Nazianze emploie les mêmes expressions dans l'histoire de sainte Gorgonie, et le contexte prouve avec la dernière évidence qu'il faut les entendre dans le sens catholique. Élie de Crète, commentant ce passage du saint docteur, dit que les offrandes déposées sur la table sacrée sont changées véritablement au corps et au sang du Christ par la vertu et le pouvoir incompréhensible du Dieu toutpuissant : In sacra mensa proposita, per ineffabilem quamdam omnipotentis Dei vim et facullatem, in Christi corpus et sanguinem vere commutantur >.

bibere sanguinem. Qui enim mnnducnt et bibit indigne, judirium sihi mandiicat et bibit. Quid est proprium illorum qui edunt panem et bibunt poculum Domini ? Perpetuam servare meinoriam illius qui pro nobis mortuus est, et resurrexit. (Id., Moral, reg., lxxx, cap. xxii.)

Quod si is qui fratri propter cibum molestiam créât, a charitate excidit, sine qua et donorum etiam magnorum et justificationum opéra nihil prosunt, quid quis dixerit de eo qui otiose inutiliterque corpus edere, et sanguinem Domini nostri Jesu Christi bibere non veretur? (lo., lib. I, de Baptismo.)

\. Lib. IV, de Fide orthodoxo, cap. xiii.

2. La liturgie de S. Basile renferme de nombreux indices de la foi de cet admirable docteur en la présence réelle. En voici quelques-uns.

Attende, Domine Jesu Cliriste Deus noster, de sancto habitaculo tuo, et de trono gloriae regni tui, et veni ad sanctificandum nos, qui supra cum Pafre sedes, et bic invisibiliter versaris, et dignare potenti manu tua impertiri nobis impoUulnm corpus luuni, et pretiosum sanguinem, et per nos toti populo....

Te ergo rogo qui solus bonus es et ad oxaudiendumpropensus, respice in me peccatorem, et inutilem servum tuum, et purga animam mcam et cor mcum a mala conscientia ; et fac me virtutc sancti lui Spiritus idoneum, ut sacerdotii gratia indutus, huic sanctœ mensge adsistam, et sanctum et impoUutum corpus tuum et sanguinem pretiosum consecrem. Tu enim es, qui olïers et ofïerris, et qui suscipis etimpertis Christe Deus noster....

Fac panem hune ipsum honorificum corpus Domini Dei et Salvatoris nostri Jesu Christi : quod autem est in calice isto, ipsum sanguinem Domini Dei et Salvatoris nostri Jesu Christi, qui cffusus est pro mundi vita. (S. Basil., ex Lilurgia.)

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