‹ La Sainte EucharistieChapitre 83 sur 169 · S. Gregor. Nyss., boni. \I11 in Ecc/i · texte numérisé non relu

S. Gregor. Nyss., boni. \I11 in Ecc/i

à manger et son sang à boire, son corps était déjà immolé d'une manière secrète et invisible, l'ayant disposé ainsi par sa puissance, en qualité de dispensateur de ce mystère '.

Après ces citations et cet exposé de la doctrine de S. Grégoire de Nysse, nous pouvons conclure avec Gontenson : Voilà donc les calvinistes obligés de s'avouer vaincus. Qu'ils s'efforcent, autant qu'ils le peuvent, d'affaiblir l'autorité si haute et si vénérable pour tous les catholiques, de S. Grégoire de Nysse ; qu'ils cherchent et ieignent de trouver des taches dans l'œuvre de ce grand et saint docteur; qu'ils ajoutent que ses paroles n'étaient que des conjectures pour exciter davantage la dévotion de ses auditeurs ; qu'ils aient recours, selon leur habitude, aux tropes et aux figures, leur dernière ressource, et à la simple présence de la vertu, et non de la personne de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, ils ne parviendront pas à obscurcir la clarté des paroles de Grégoire ; ils n'éviteront pas le coup mortel dont il frappe leur erreur.

s. AMBROISE Docteur de rÉylise ; né vers Tan 340 ; évêque de Milan en 374; mort en 397.

Les passages des écrits de S. Ambroise où il est parlé du Très Saint Sacrement sont nombreux ; nous n'en citerons que quelques-uns. Chez lui, la douceur est unie à la force, ce qui donne aux arguments qu'il apporte en faveur de la présence réelle une vertu de persuasion toute singulière.

On lit dans le livre de Mysteriis, chapitre IX : « Vous me direz « peut-être: Je vois autre chose; comment m'assurez-vous que « c'est le corps de Jésus-Christ que je reçois ? Il me reste à vous « le prouver. Faisons-le en recourant à quelques exemples de « grande autorité. Reconnaissez d'abord qu'il ne s'agit pas d'un « corps tel que la nature peut le former, mais d'un corps que la « bénédiction a consacré. Or, la bénédiction est plus puissante que « la nature, puisqu'elle possède la vertu de la changer. JVIoïse « tenait une verge; il la jette à terre, et elle devient un serpent; « il saisit alors la queue du serpent, qui aussitôt redevient verge. « Vous voyez ici un double changement de nature, opéré par la

\. s. Greuor. Nvss, oral. I in Chrisli resiirrecl.

PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CnRIST DANS L'eUCIIARISTIE. 399

« puissance du prophète dans la verge et le serpent. Tous les cours « d'eau d'Egypte roulaient des eaux pures. Soudain elles sont « changées ; c'est du sang que contient le lit du fleuve ; mais bien- « tôt les eaux reprennent leur première nature à la prière du pro- <i phète, et le sang disparaît. Si la bénédiction de l'homme a été « assez puissante pour changer la nature, que dirons-nous de cette a divine consécration, où les paroles mêmes du Sauveur opèrent, a car c'est sa parole qui consacre ce que vous recevez. Si la parole « d'Élie a pu faire descendre le feu du ciel, celle de Jésus-Christ « ne pourra-t-elle pas changer les choses qui sont déjà en ce qu'elles « n'étaient pas auparavant ?

« .... Mais qu'est-il besoin de recourir à de pareilles preuves, et « de s'appuyer sur des exemples miraculeux qui n'ont qu'un rapa port éloigné avec le mystère de l'Eucharistie? La vérité n'en est- « elle pas suffisamment confirmée par celui de l'Incarnation ? Une « vierge a engendré, ce qui est contraire à l'ordre naturel, et c'est « ce corps enfanté par une vierge que nous consacrons. Pour- « quoi s'inquiéter des lois de la nature, lorsqu'il s'agit du corps « de Jésus-Christ, puisque Jésus-Christ est né d'une vierge « contre l'ordre de la nature? Jésus-Christ avait une vraie chair « qui fut attachée à la croix et mise dans le tombeau. L'Eucharis- « tie est véritablement le sacrement de cette chair; car Jésus-Christ « n'a-t-il pas dit : Ceci est mon corps? Avant la bénédiction de « ces paroles célestes, c'est une autre nature ; après la consécra- « tion, c'est le corps. Il en est de même du sang. Avant la consé- « cration on lui donne un autre nom; après la consécration on « l'appelle le sang de Jésus-Christ, et vous répondez Amen, c'est- « à-dire, il en est ainsi. Que l'esprit confesse intérieurement ce <^ que la bouche profère; que le cœur éprouve tous les sentiments « que la parole exprime K »

i. Forte dicus : Aliud video ; quomodo tu mihi asseris quod Christi corpus accipiam ? Et hoc nol)is adhuc supercst ut probemus. Quantis igitur ulemur exemplis. Probemus non hoc esse quod natura formavit, sed quod benedictio consecravit : majoremque vim esse l)ene(li('tionis quain naturie; quia bcnedictione etiani natura mutaUir. Virgam tencbat Moyses ; projecit eani et facta est scrpens. Rursus preliendit caudam serpenlis, et in virgae naluram revcrlit. Vides igitur prophetica gratia ))is inufalam osse naturani et serpenlis et virgiB. Currcbaiit /Fgyjjti flumina puro aquarum meatn, suinte de fonlibus vonis sanglas cœpit erinnpere, et non erat polus in Quviis. Rursus a proplu't;e prece cruor cessavit fluminum, aquarum natura remcavit.... Quod si tanlum valait humana benedictio ut naturam converlerel; quid diccmus de ipsa consccra-

S. Ambroise ne se contenta pas d'exposer ainsi, avec une clarté parfaite, la doctrine catholique touchant la Sainte Eucharistie, mais il la défendit avec non moins de lumière et de force, contre les sophismes des hérétiques. Écoutons-le encore : « Avant la consécra- « tion il y a du pain, mais dès que les paroles de Jésus-Christ ont été « prononcées sur ce pain, c'est le corpsde Jésus-Christ. Avant que « les paroles du Christ lui soient appliquées, il y a un calice rempli <r de vin et d'eau, mais dès que ces paroles sont dites, ce que con- « tient le calice devient le sang môme qui a racheté le peuple. « Voyez donc combien la parole du Christ est puissante pour trans- « former toutes choses. Mais de plus, le Seigneur Jésus nous afcr firme lui-même que nous recevons son corps et son sang. Pou- <f vons-nous douter de sa parole et de l'assurance qu'il nous donne? a Dieu accomplit quelque chose de grand sans doute, en faveur des et Juifs, lorsqu'il fit tomber pour eux la manne du ciel. Mais dites- « moi ce qui est le plus précieux, ou de la manne, ou du corps du « Christ? Assurément c'est le corps du Christ, auteur du ciel lui- « môme. Ceux qui ont mangé la manne sont morts ; ceux qui man- «r geront ce corps y trouveront la rémission de leurs péchés et la a vie éternelle K »

tione (livina, ubi verba ipsa Domini Salvatoris operantur? Nam sacramentum istud quod accipis Christi sermone conficitur. Quod si tanlum valuit sermo Eliœ ut ignem de cœlo deponeret; non valebit Christi sermo ut species mutet elementorum?

Sed quid argumentis utimur? Suis ulamur exemplis, incarnationisque exemple instruamus mysterii veritatem. Numquid nalurœ usus prîecessit, cum Jésus Dominus ex Maria nasceretur ? — Liquet quod pra3ter naturœ ordinem virgo generavil. El hoc quod conficimus corpus, ex virgine est : quid hic qu;eris nalurae ordinem in Christi corpore, cum prêter naturam sit ipse Dominus Jésus partus ex Virgine? Vera utique caro Christi, quœ crucifixa est, quaî scpulta est, verc ergo carnis illius sacramentum est. Ipse clamât Dominus Jésus, hdc est rofjius mc.um. Ante bcnedictionem vcrborum cœlestium alia species nominatur; post consecrationem corpus significatur. Ipse dicit, sanguinem suum. Ante consecrationem aliud dicitur, post consecrationem sanguis nuncupatiir. Et tu dicis : Amen, hoc est, verum est. Quod os loquitur, mens interna fatealur : quod sermo .sonal, aifectus sentiat. (S. Ambros., De mysleriis.)

\. Antoquam ergo consecretur, panis est : ul)i aulem verba Christi accesserint, corpus est Christi. Et ante verba Christi calix est vini et aquai plenus : ubi verba Clirisli operata fuerint, ibi sanguis eftîcitur, qui plebem redemit. Ergo videte quantis generibus potens est sermo Christi universa convertere. Deinde Dominus Jésus testificalur nobis, quod corpus suum accipiamus ac sanguinem; numquid dcbemus de ejus fide et lestificatione dubitare? Magnum quiddam et venerabile, quod manna Judseis pluit e cœlo ; sed intellige,

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