ArTUES TÉMOIC.NAGES RE.MONI' \NI' A LA .MÈ.ME Él'OOUE
Une autem sj)iritualiler noins prau-eplum esse dehemus advertere, utpanom quolidiaiium pelainus, id est panein illum cœleslein et spirituaiem quem quotidie ad medelam anima;, et spem œternîe salutis accipimus. De quo ait Dominus in Evangelio : Panis cœleslis caro mea est, quam ego dabo pro mundi vita. Et liunc ergo panem quotidie postulare jubemur ; id est ut pra;stante Domini misericordia, quotidie panem corporis Domini accipere mereamur. Ait enim sanctus Apostolus : Probet se homo et sic de pane Domini mandncet et de calice hibal. Et iteruin : Qui manducat panem Domini indignus, et calicem bibil, reus eril corporis et sanguinis Domini. Unde non immérité semper orare debemus, ut hune panem cœlestem quotidie mereamur accipere, ne aliquando inlcrveniente peccato, a corpore Domini separemur. (S. Chromât., in cap. \'I M att h. ){\i\il anno W-l.)
Dicit enim nempe Origencs Spiritum sanctum non operai-i in ea quae inanima sunt, nec ad irrationabilia pervenire. Quod ass(!rens non recogilat aquas in baptismale mysticas adventu sancti Spiritus consecrari, panemque Domini-
PREUVES DE LA l'RÉSENCE DE JÉSUS-CIiniST DANS l'eUCHARISTIE. -il 3
C'est ainsi qu'il écrit à Héliodore : « Loin de moi le malheur de « parler avec méchanceté de ceux qui, succédant à la dignité des « apôtres, consacrent de leur bouche sainte le corps de Jésusor Christ '. » Les pains de proposition ~, Toblation de Melchisédech 3 et le veau gras ^ que le père de famille fit tuer au retour de l'enfant prodigue sont, selon S. Jérôme, des figures de l'Eucharistie. Mais il y a autant de différence entre les pains de proposition et le corps de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, qu'entre l'ombre et le corps, entre l'image et la vérité, entre la figure et les choses qu'elle représente.
Il dit encore : « Puisque la chair du Seigneur est une véritable a nourriture, et son sang un véritable breuvage, notre seul bien, « dans le siècle présent, est de manger sa chair et de boire son « sang ^. Celui qui dit : Donnez-nous notre pain quotidien, a faim a lorsqu'il prie ainsi. Quelqu'un veut-il entendre cette demande du « pain de nos mystères sacrés? Nous y consentons volontiers, parce
cum, quo Salvatori.s corpus ostendilur, et quem frangimus in sanctificationem nostri, et sacrum calicem, qufB in niensa EcclesicC collocantur, et utique inanima sunt, per invocationom et adventum sancti Spiritus sanctiticari. (TnEOpiHL. Alex., llib. Paschali.)
Consequens enim est ut qui priora susceperit, suscipiat et quœ sequuntur, et qui pro daemonibus Christum di.xerit crucifigi, ad ipsos quoque dicendum esse suscipiat : Hoc est corpus meum, et : Accipile et fji/ji'te, /lie est saiif/uis meus. Si enim et pro dfemonibus crucifigitur (ut novorum dogmatum assertor affirmât) quod erit privilegium, aut quse ratio ut soli homines corpori ejus, saitf/uint'r/ue communicent, et non dœmones quoque, pro quibus in passione sanguinem fuderit? Homines duntaxat ]ydrlici\)nnlcorpus et sauguiuetnC/in'sti, et non dîemones. Cbristus enim hominibus dixit : Accipile et iiu/inhicffte, et biltile : hoc est rorj/us meum, etc. (Id., II lib. Pascli.)
1. Absit ut de iis quidquam sinislrum loquar qui Apostolico gradu succe- Icntes, Chrisli corpus sacro ore conficiunt. (S. Hier., arl IleHorlor., epist. I.)
2. Tantum interest inter proposifionis panes et corpus Chrisli, quantum inter uudjram et corpora, inter imaginem et verilatem ; inter exemplaria futurorum,etea ipsa quœ per exemplaria prîBfiguraljaiitur.... Sic... non solum ab opère se immundo abstineaf, sedetiamajactu oculi, etcogitationiserrore, mens •Jiristi corpus confoctura sit liJjera. (In., Comment. /// Kpist. ad TU., cap. i.)
3. Postquam typioum Pascha fuerat impletum, et agni carnes cum .\postolis comederat, assumit panem, qui confortât cor hominis, et ad verum Paschœ transgreditur sacramentum ; ut quomodo in prœfiguratione ejus Melchisedecli, sumini Dei sacerdos, panem et vinum olîerens fecerat, ipse quoque veritatem sui corporis et sanguinis repraesentarct. (In., Comm. in Multli., cap. xxvi.)
i. Vitulus saginatus qui ad pœnilenticE immolatur saluteni, ipse Salvatorest, cujus quotidie carne pascimur, cruorc polamur. (In., Kpist. ad Dumas.)
Ij. Porro quia caro Domini verus est cibus ; et sanguis ejus verus est potus.... hoc soliun habomus in praisenti seculo bonum, si vescamur carne ejus et cruore polemur. (Id., Comment, in Ecdes., cap. \\\.)
« que là se trouve la véritable chair du Christ ^ Si nous ne pouvons « pas offrir nos présents sans la paix avec le prochain, combien « moins pouvons-nous recevoir le corps du Christ? Comment m'apa procherai-je avec une conscience tranquille et répondrai-je <i amen, si je mets en doute la charité de celui qui me le pré- « sente '-? »
Citons, pour terminer, ce passage d'une lettre à Ilédibius : « Nous croyons que le pain que Jésus-Christ rompit et qu'il donna a à ses disciples est le corps de notre Seigneur et de notre Sauveur, <( comme il les en assure lui-même en leur disant : Prenez, manct gez, ceci est mon corps; et que le calice est celui dont il leur <i dit encore : Buvez-en tous; ceci est mon sang du nouveau Tes- « tainent,qni sera versé j)Our plusieurs. Le pain qui est descendu « du ciel est donc le corps du Seigneur, et le vin qu'il a donné à « ses disciples est le sang du nouveau Testament, qui a été répandu « pour plusieurs, pour la rémission des pécliés.... Moïse ne nous a « pas donné le véritable pain; mais c'est le Seigneur Jésus qui l'a « donné. Il est lui-même le convive et les mets du festin; il mange « et il est mangé. Nous buvons son sang et nous ne pouvons boire « sans lui ; nous buvons chaque jour dans son sacrifice le fruit de <f la véritable vigne, de la vigne de 5orec qui signifie c^o^s^V:;; nous a foulons dos raisins mûrs et abondants, et nous buvons ainsi du « vin nouveau qui vient du royaume du Père 'K »
\. Qui dicit : Panom nosirum qnolidianum, et ulique osuricns loquitur.... PiUal aliquis quod panera cœlestein de mysteriis dicat. El hoc quidem accipimus, quia vcra caro Christi est. (h)., in Ps. cxLV.)
2. Si munera nostra abscpic pace olferre non possumus : quanto rhagis et Christi corpus accipcre? Qua conscientia ad Eucharistiam Christi accedam, et rcspondebo amen, cum decharitate dubitemporrigentis. (Id., epist. XXXIX, alias LXII, ad T/ieop/nl.)
'i. Nos autem audiainus panem, qucm fregit Dominus, deditquc disripulis suis, esse corpus Domini Salvaloris, ipso dicentc ad eos [Mallh., xxvi, 2()) : Accijjile et cumcifiie, hue est corpus meum : et calicem illum esse, de quo iterum loculus est (/ Cor., xi, 24 ; Malth., xxvi, 27, 28) : BiOite ex hoc omnes, hic est santjiiis meus iiovi Testdmenli, fjai pro muHis e/f'unili-lur, etc. Panis qui de cœlo descendit, corpus est Domini ; et vinum quod discipuh's dédit, sanguis iliius est novi Tostameiiti, qui pro multis efîusus est in remissionem peccatorum.... Nec Moyses dédit nobis panem veruin; sed Dominus Jésus : ipso conviva et convivium, i])se comédons et qui comeditur. llliusbibimus sanguincm, et sine ipso polare non ])ossumus, et quotidie in sacriticiis ejus de genimine vitis vera^, et vinea>. Sorrr, quaî interprelatur etecta, rubentia multa calcamus ; et novum ex his vinum bibimus de regno Patris. (S. Hier., Epist. ad lledib., quaest. 2.)
PIÎEUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CURIST DANS l'eL'CHARISTIE. 41o
Enfin un dernier trait. S. Jérôme, écrivant au moine Rustique, lui dit que S. Exupère, évéque de Toulouse, ayant distribué tout ce qu'il avait aux pauvres, portait le corps du Seigneur dans une corbeille d'osier, et le sang dans une coupe de verre. Il ne dit pas que cet évèque portait du pain et du vin, mais le corps et le sang du Seigneur.
Les hérétiques ont cherché vainement des prétextes de mettre en suspicion la foi de S. Jérôme touchant la présence réelle. Ils n'ont trouvé que ces paroles adressées à Jovinien : « Le Christ a « choisi le vin et non pas l'eau pour être la figure de son sang. » Christus in typum sanguinis sui non obtulii aquam scd vinuni (lib. II contra Jovian.). Nous avons déjà dit qu'il s'agit du vin avant la consécration, ou des apparences extérieures après qu'il a été consacré. Ils ont soulevé la même difficulté pour des expressions analogues concernant le sacrifice de Melchisédech , et la même réponse suffit à la résoudre.
s. AUGUSTIN Docteur de l'Église; né en 354; évêque d'Hippone en 395; mort en 430.
S. Augustin, le plus grand des docteurs de l'Église, peut-être le plus grand des génies qui ont illustré l'humanité, a, dans ses écrits, un grand nombre de passages où il parle de la Sainte Eucharistie. Les donner tous serait une œuvre considérable. Nous nous contenterons de quelques-uns, qui suffiront pleinement pour faire briller à tous les yeux sa foi en la présence réelle de Notre- Seigneur dans cet adorable sacrement.
Calvin, escomptant l'ignorance de plusieurs et la confiance intéressée de ses disciples en son autorité, n'avait pas craint d'avancer que son opinion sur l'Eucharistie se retrouvait dans les œuvres de S. Augustin, partout où ce grand docteur avait parlé de ce mystère. Plusieurs siècles avant Calvin, Bérenger avait émis une prétention semblable. Il ne sera pas difficile de montrer combien peu l'illustre et saint docteur mérite l'injure que lui font les hérétiques. Ses œuvres sont à la portée de tous, et nous n'avons qu'à les ouvrir pour y puiser à pleines mains des témoignages de sa foi. Nous y verrons avec quelle précision, avec quelle clarté il écarte les erreurs que les ennemis de l'Eucharistie vou-
ciraient lui attribuer, et professe la foi chère à la sainte Église catholique.
Dans le livre des Confessions, S. Augustin fait le récit de la bienheureuse mort de sainte iMonique, sa mère; il dit, en s'adressant à Dieu : « Elle désira qu'il fût fait mémoire d'elle à votre « autel ; elle savait que là est offerte la victime sainte par laquelle « la cédule'du décret qui existait contre nous a été effacée et l'en- « nemi vaincu. Votre servante avait attaché son âme par le lien de « la foi à ce sacrement de notre rançon ^ » Ce premier texte suffit pour mettre à néant plusieurs erreurs des Calvinistes. En effet, on y voit d'abord la pratique des prières pour les morts et le sacrifice de l'autel offert à leur intention. On y voit aussi que le Christ, mis à mort une fois pour nos péchés, continue d'être immolé sur nos autels. S. Augustin appelle l'Eucharistie le sacrement de notre rançon, parce qu'il renferme le prix de notre rédemption, et parce qu'il est le mémorial de la mort de Jésus-Christ, qui a soldé, en mourant, le prix de la rédemption de l'humanité.
Le grammairien Maxime, encore plongé dans les ténèbres de l'idolâtrie, demandait par lettre à S. Augustin : « Quel est donc « ce Dieu que vous, chrétiens, regardez comme n'étant qu'à vous, « et que vous prétendez voir dans des réunions secrètes 2? » Le saint docteur répond à la lettre de Maxime, et se garde bien de nier l'adoration rendue dans les lieux fermés au public au Dieu que les chrétiens seuls possèdent; ce qu'il n'aurait pas manqué de faire évidemment, si lui-même et les chrétiens de l'Église d'Afrique n'avaient pas rendu un véritable culte d'adoration à Jésus-Christ réellement présent dans l'Eucharistie, culte et présence que l'on cachait soigneusement aux infidèles par crainte des moqueries et des profanations. Dans une autre lettre, relevant les erreurs d'un nommé Urbicus, de Rome, il s'exprime ainsi : « Cet homme dit que « les animaux ont été remplacés par le pain, comme s'il ne savait a pas qu'autrefois des pains de proposition étaient placés sur la <r table du Seigneur, et comme si lui-même ne prenait pas sa part
1. Memoriam siii ad altare tuum fieri desideravit, iinde sciret dispensari victimam sanctiun, qiia doletum est chirographum, quod erat contrarium nobis, qua triumpliafus est hoslis : ad cujus pretii nostri sacramrntum ligavit ancilla tua animam suain vinculo fidoi. (S. Augijst., lib IX Coiifcss., cap. m.)
2. Qnis sit iste Dons, quem vos Christiani, quasi proprium vindicatis, et in locis al)ditis praesenlcm vos vidcro componitis. (Maximi Madaurensis, epist. ad AuQusl., apud S. AuQust., epist. XLIII.)
PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CHRIST DANS l'eOCHARISTIE. il7
« aujourcriiui du corps de l'Agneau immaculé. Il dit que le sangor est remplacé par un breuvage, et il ne réfléchit pas qu'en rece- <f vantce breuvage, c'est encore du sang qu'il reçoit '. » Ces paroles enseignent clairement que nous mangeons la chair immaculée de l'Agneau, et que son sang nous est donné comme breuvage. Le mot partem, que S. Augustin emploie, ne présente pas ici de difficulté; il ne veut pas dire que nous recevons une partie de la chair de Jésus-Christ, mais une partie des espèces consacrées qui contiennent ce corps adorable. Dans une autre lettre, il explique pourquoi l'Église a généralement adopté la coutume d'obliger les fidèles à ne recevoir qu'à jeun la sainte communion ; il dit : a II a plu à l'Esprit saint que, par respect pour un si grand Sacre- « ment, le corps du Seigneur entrât dans la bouche du chrétien « avant toute autre nourriture -. »
On lit dans le traité de la Trinité, livre III : « Comment les « anges ont produit ces nuages et ce feu, ou s'en sont revêtus pour a signifier ce qu'ils annonçaient, même lorsque le Seigneur ou le « Saint-Esprit étaient représentés sous ces formes sensibles, quel a homme pourrait le dire? De même les eniants ne savent pas ce « que l'on dépose sur l'autel, ni ce que l'on consomme quand la « célébration du grand acte de piété est accomplie ; ils ne savent « pas d'où vient cette consécration, ni comment, ni pourquoi elle « est un acte de religion. Et s'ils ne sont jamais instruits par leur « propre expérience ou par celle des autres, s'ils ne voient jamais « les saintes espèces ailleurs que pendant la célébration des saints « mystères, lorsqu'on les offre ou qu'on les distribue, et que quelce qu'un dont l'autorité est très grande à leurs yeux leur dise do « qui ce sacrement est le corps et le sang : que croiront -ils, sinon « que Dieu s'est montré aux yeux des mortels sous ces apparences, « et que la liqueur contenue dans le calice est sortie du côté de « l'hostie percée 3. » Ce passage exprime parfaitement cette vérité
\. Dicit cessissp pnni pecus, tanquam nescieiis et tune in Domini mensa panem proposilionis poni solere, et nunc se de innnaculali Agni corjiore partem suinere. Dicit cessisse poculo sanguinem, non cngitans etiam nunc accipere in })oculo sanguinem. S. Aicust., epist. LXXX-VI, alias XXX^'1, adCcxnlannm.)
:2. Placnit Spiritui sancto, ut in honorem lanti sacramenli, in os rluMsliani prius Dnminicum corpus intraret, quam cœteri cibi. ^S. Auc, epist. GX^■1I1, alias LIV, ad Jamiaviitm.)
3. nias etiam nubes et ignom, quomodo fccerint vel assumpserint Angeli ad signiticandum quod annuntiahani, etiamsi Dominus vol Sjiiritus sanctus illis
LA SAINTK EUCHARISTIE. — T. I. 27
que Jt'sus-Christ s'olïre à nous sous une apparence autre que celle qui lui est propre, de la même manière que les anges apparaissaient réellement sous forme de nuages, quoiqu'on ne les vît point.
Dans le livre des Questions siir le Lévitique, nous trouvons ce passage : « Puisque le Seigneur dit : Si vous ne mangez ma <r. chair et si roî/s ne bnvez mon sang, vous n'aurez point la vie « en vous, comment se fait-il qu'il soit si sévèrement interdit au c< peuple de boire le sang des sacrifices offerts pour les péchés, « s'il est vrai que ces sacrifices étaient la figure du sacrifice uni- « que en vertu duquel la rémission des péchés s'accomplit? Car « loin qu'il soit défendu à personne de prendre comme aliment le (' sang de ce sacrifice, tous sont invités, exhortés à le prendre s'ils « veulent avoir la vie K » L'antithèse que S. Augustin établit entre le sang des animaux et celui de Jésus-Christ prouve assez qu'il parle du sang réel du Seigneur, et non pas de quelque figure qui le représenterait.
Voici un passage emprunté au livre XVII de la Cité de Dieu : « Prendre place à la table du Seigneur lui-même, c'est eommen- « cer d'avoir la vie. On lit dans un autre de nos livres sacrés, l'Ec- « clésiaste : Il n'y a de bon pour V homme que manger et boire. « Quelle explication admissible peut-on donner de ce texte, sinon ■r qu'il s'agit de la participation à cette table où le prêtre lui-même, « médiateur du nouveau Testament, offre, selon l'ordre de ]\Iel- « chisédech, son corps et son sang comme aliments. Car c'est là « le sacrifice qui a succédé à tous les sacrifices de l'ancien Tesla-
rnrpor;ilil)Us formis oslpndcljnlur, qnis nnvit liominnm ? Sicut infantes non novcrunl f(uo(l in allari pnnitur, et peracta pielafis celcl)ratione consiimitui', imde vel (piDiiiodo conficiatur, undo in usum religionis assumatur, et si nunqnain disfant exporimento siio vel aliorum, et nunquam speciein illam reruin videant nisi inler celebraliones sacramentorum, cinn olïertur et datur, dica- Inrque illis auctorilate ^Tavissima, cujus corpus et sanguis ,sit;nihil alitid crcdent nisi omnino in illa specie Doniinum oculis apparuisse mortalium, et de latere tali ])ercus.sn liqunrein illum omnino fluxisse. (S. Auo., île TnniUilc. lil). III, caj). X.)
1. Sed ciini Dominas dic-al : Xisi manducaveritis carnem meam cl hi/M'riti!< a/nif/Hineni iiiniui, non iKibchilim in vobis vilain [Joann., vi, 34) ; quid sil)i vnlt ffuod a sanguine sacrificiorum, quœ pro peccatis offerebantur, tantopere i)opulus proliibelur, si illis sacrificiis unum hoc sacrificium significabatur, in quo vera fil remissio peccatorum : a cujus tamen sacrificii sanguine in alimentuia snmendo, non solum nemo jirohibetur, sed ad bibendum jjotius omnes exhnrlantur, qui volant babere vilain. (S. August., Qnxsl. inLeviL, lib. III, q. lvii.)
PRT-UVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CHRIST DANS l'eUCIIARISTIE. 419
« ment, qui représentaient le sacrifice futur; et cest à lui qu'il « convient d'appliquer aussi ces paroles prophétiques que le Psala miste prête au même médiateur, dans le psaume xxxix : Vous « Il avez pas voulu de sacrifice ni d'oblation, mais vous m'avez « fait un corps. Au lieu de tous ces sacrifices, de toutes ces obla- « tiens, son corps est offert et donné à ceux qui participent au sa- « crifice. Car l'Ecclésiaste, en revenant tant de fois et avec tant « d'insistance sur la nécessité de manger et de boire, n'avait aucu- « nement en vue la satisfaction des appétits charnels ; il le prouve « assez lorsqu'il dit : Il vaut mieux aller dans une maison de « deuil que dans une maison oit Von boit ^ »
Ce texte prouve de la manière la plus explicite que le corps qui est offert en sacrifice dans l'Eucharistie et auquel les fidèles participent, est bien le même dont il est écrit : Corpus autem perfecisti milii : « Vous m'avez fait un corps; » ce qu'il faut entendre évidemment du corps naturel de Jésus-Christ.
Prenons maintenant le livre intitulé : Contre les adversaires de la loi. Nous y trouvons ces quelques lignes : « Nous recevons « avec un cœur et une bouche fidèles Jésus-Christ homme véri- « table, médiateur entre Dieu et les hommes, qui nous donne sa « chair à manger et son sang à boire; quoiqu'il paraisse plus « aflreux de manger la chair humaine que de porter un coup « mortel, et de boire le sang humain que de le verser ~. » Le saint
1. Particijjciii autem fieri monsœ illius, ipsiuu csl incipere liahero vitnin. Nam et in alio lil)i*o, cpii vocatur Ecclesiastes, ubi ait : Non est bommi homini, nisi quod manducalnt et bibet {Ecrit., viii, lii), quid credil)ilius dicere intelligilur, quam qiiod ad participationeiu menScU liujiis pertinet, quaiu sacerdos ipso inediator Teslamenti novi exliiJjet, secundum ordinem Melchisedcch, de corpore et sanguine suo ? Id cnim sacrificium successit omnibus illis sacrificiis veteris Testamenti, qucie immolabantur in um])ra futnri : propter quod eliam vocemillam in Psaimo tricesimo et nono ejusdem Modialorisiier prophetiam loquenlis airnoscimus : S(tcri/iciii»i el oblt/lionf^ni- iio/idsli, corjiita dutcin per/'i'cisli mi/ri. [Ps. xxxix, 7.) Quia pro illis onmibus sacriliciis et oblationibus cor])Us ejus ollertur et particijwnlibus ministratur. Nam islum Ecclesiastem in liac sententia manducandi et bibendi, quam sœpe repetit, pluriniumque commendat, non sapere carnalis epulas volujjtalis, satis oslendit, ubi ait : Melius est ire in domum hictiis, fjuam ire in domum jxUus. {Eccli., vu, 3.) (S. Aui;., de Civittite Dei, lib. XVII, cap. xx.)
H. Mediatorem Dei et boniinum, liominem Cbristum Jesum, carnem suani nobis manducandam, bidiMidumque sani^uinem dantem, fideli corde alque oro suscipinuis ; (juamvis bonibilius vidoatur bumanani carnem manducarequana l)eriuiere, et bunumum sanguinem putare quam funderc. ^S. Aru., Contra adversariiim h'fjiA, cap. ix.)
docteur témoigne ici qu'il ne faut pas manger la chair de Jésus- Christ seulement de cœur mais de bouche. La comparaison qu'il lait entre la mamlucation et Taction de donner la mort prouve évidemment qu'il parle d'une manducation réelle et nullement figurée, car la manducation réelle de la chair humaine est seule susceptible d'inspirer l'horreur dont il parle.
La croyance de S. Augustin en la présence réelle n'est pas exprimée avec moins de clarté dans ses livres contre Fauste. Nous citerons seulement deux passages. Dans le livre XII, il écrit : « Dieu a dit à Caïn : Qu as-tu fait? La. voix du sang de ton frère crie a vers moi de la terre. La voix divine adresse aux Juifs les mêmes « paroles dans les Saintes Écritures. Car le sang du Christ élève o de la terre une voix puissante, lorsque, après l'avoir reçu, du « milieu de toutes les nations, on répond : Amen. Il est clair, le « langage de ce sang, et il le fait entendre de la bouche même « des fidèles qui ont été rachetés par lui '. » Il suit de ces paroles que les fidèles ont reçu dans la bouche le même sang qui les a rachetés. — Au livre X, nous lisons : « Les Hébreux, dans les sa- « crifices d'animaux qu'ils offraient à Dieu, prophétisaient de mille « manières, comme le méritait la grandeur du sujet, la victime « future, que le Christ offrit sur la croix. Et maintenant que ce « sacrifice est accompli, les chrétiens en célèbrent la mémoire par « la très sainte oblation du corps et du sang du Seigneur auxquels « ils participent '-. »
Dans l'explication des psaumes, S. Augustin révèle souvent sa pensée avec la même clarté. C'est ainsi que, dans sa première leçon sur le j)sau7ne xxxiii, il demande ce que signifie le passage du P' livre des Rois (xxi, 1), où il est dit, d'après la traduction des Septante, que David se portait lui-même dans ses mains. Comment, dit-ij, cela se pouvait-il faire? et il répond : « Qu'il soit im-
1. Dicit Deus ad Cnïn : Quid fecisti? Vox sa)u/mnis fralris (ni clamai ad me de terra. Sic arguit in Scripluris sanclis vox divina Judœos. llabet enim magnam vocom Chrisli sanguis in terra, cum oo accepLo, ab omnibus gentil)us respondolur : Amen. Ihec est clara vox sanguinis quam sanguis ipse exjjrimit ex ore fidelium, oodoin sanguine rèdcmptorum. (S. August., Contra Faiislitm, lib. XII, cap. X.)
2. Hebraii in viclimis pecorum quas Deo offerobant, mullis cl variis modis, sicut tanta re dignum erat, propbetiam cclcl)ra]janl fulura; vicLimie quam in cruce Cbristus obtulit. l'nde jam Cbrisliani jjeracli liujus sncrifîcii menioriam célébrant sacrosancta oljlalione et parlicipalionc corporis et sanguinis Domini. (In., ifnd., lib. XX, ca}). wiii.)
PREUVES DE LA l'RESENCE DE JÉSUS-CHRIST DANS u'EDCHARlSTrE. 421
« possible à un homme de le faire, tout le monde le comprend; car « quel homme se porte dans ses propres mains? Un homme peut « être porté dans les mains d'autres hommes, mais non pas dans « les siennes. Nous ne voyons donc pas comment on pourrait en- « tendre littéralement ce texte de David lui-même. Mais nous trou- « vons que la dilTicuité disparait si on l'applique à Jésus-Christ. « Le Christ était porté dans ses propres mains lorsque, présentant « son corps, il disait : Ceci est mon corps. Ce corps (qu'il offrait « aux apôtresj, il le portait bien dans ses mains i. » La présence réelle du corps de Jésus-Christ ne pouvait pas être exprimée plus clairement qu'elle ne l'est ici, ni avec plus de force. S. Augustin dit, en effet, que Jésus-Christ a porté son corps dans ses propres mains, et qu'il l'a porté comme il est impossible à tout homme de le porter. Chacun peut porter dans ses mains le symbole, la figure de son corps. Jésus-Christ ne s'est donc pas contenté de porter une simple image, puisqu'il a fait quelque chose d'impossible à tout autre qu'à lui, c'est-à-dire qu'il a porté son propre corps réellement et substantiellement présent dans l'Eucharistie, lorsqu'il a institué cet adorable sacrement. On voudrait objecter peut-être que dans le discours suivant le saint docteur dit : « Il était porté en « quelque sorte dans ses propres mains; parce que, comme il re- « commandait son corps et son sang, il prit dans ses mains ce que « connaissent les fiilèlos, et il se portait en une certaine manière, « lorsqu'il disait : Ceci est mon corps. » Je dis qu'une telle objection ne signifierait rien, parce que cette e\'^ve%%\oii,(ji(od((ni modo, « en quelque manière, » n'attaque aucunement la vérité de la présence réelle du corps du Christ dans l'Eucharistie, mais indique qu'il y est présent d'une manière particulière, que les sens ne peuvent révéler et que les fidèles seuls connaissent.
La même pensée se retrouve dans l'explication du psaume xxxix : « Ces sacrifices n'étaient que des promesses : ils ont été supprimés. « Et que nous a-t-il été donné pour les accomplir? Le corps que « vous connaissez, mais non pas tous; et plaise à Dieu que vous
\. Hoc vero (luoinodo fieri ])oliierit in lioniiiie quis iiilelli.iïal? Quis eiiini porUilur in numiitus suis? Mnnibus alioruui potest portari hoino, in;niil)as suis ncnin porlaliir. Quouiodo intcUiji-atur in ipso David sccundnni lilhM'ain, non inv(Miinius : in C.liristo auloni inveniinus. Feroliatur rnini C.liristus in nianilms suis, tpiando comniendans iiisuni cori)Us suuni ail : //oc ml mr/iiis mt'iun ; fereljatur enini illud corpus in nianibus suis. iS. Aui;., Ennrr. in /'t. X.WIII.)
422 L\ SAINTE EUCHARISTIE. — LIVRE I. — CHAPITRE Ml.
« tous qui le connaissez vous ne le connaissiez pas pour votre con- « damnation '. »
On la retrouve encore dans les traités sur l'Evangile selon S. Jean. Au xlvii" traité, il cite, d'après les Septante, ce texte du livre des Proverbes : Quand tu seras assis })ovr manger avec celui qui est puissant, considère attentivement ce (/ni est servi devant toi et j)or/es-i/ ta )nain, sacliant qu'il te faut préparer de telles choses. Et il dit : « La table du Puissant vous la connaissez; là « est le corps, là est le sang de Jésus-Christ -. » Au lxxxiv" traité, nous lisons ces paroles presque identiques : « Quelle est la table du « Puissant, sinon celle où l'on prend le corps et le sang de celui « qui a donné sa vie pour nous s? »
Ailleurs on lit encore : « Nous avons entendu le Maître dont la « parole ne trompe pas, le divin Rédempteur, le Dieu fuit homme « notre Sauveur, nous remettant entre les mains son sang prix de « notre rançon ; car c'est bien de son corps qu'il nous a parlé, lors- « qu'il a dit que son corps est un aliment et son sang un breuvage. « Les fidèles connaissent ce sacrement des fidèles ^. » Enfin, on trouve cité par Paschase, Lanfranc et Yves ce passage d'un sermon de S. Augustin aux Néophytes : « Recevez dans ce pain ce qui a « été suspendu à la croix; recevez dans ce calice ce qui a coulé du a côté » de Jésus-Christ ^
Nous n'ajouterons pas ici d'autres textes à ceux que nous venons de rapporter, quoiqu'il soit aisé de le faire. Leur clarté rend inutile aussi tout commentaire ayant pour but de faire ressortir l'enseignement qu'ils contiennent; mais il n'est pas superflu de répondre
1. Sncriticia ili;i t;iiK(n;iin vni)<'i ])romissiva sniil alilata ; (jnid csl, quod datuiii est coinplelivuiu? Corpus (luod iioslis, quod non omnes noslis, quod uLinam f|ui noslis onnios non ad judicium noverilis. (S. ALG.,m Ps. .\.\xi.\.)
2. Si seflm's rœnarc ad mcnsani pote)ilis, aajnetitn' intcllifje fjiix ripjtiniini- Inr lihi : et mitic mnmtm tiinm,sric7t.'i quia ItiJia le oporlet prxparare. (Prov., xxiii, 1.) Mcnsa ])otonlis quœ sil noslis : ihi ost corpus et sanguis Clu-isli. (S. Ai(;., trncl. niJoann., maii.)
^. Qu.nest rnnnsa polenlis nisi unde sumiliir corpus et sanguis ojus (jui unimam suam posuil pro nobis? (S. Aïo., Iracl. in Jonnn., lxxmv.)
4. Audiviinus veracem Magislrum, divinum Hodemptorein, humanuni Salvalorcm, coininondanlcm nohis protiurn nostrurn sanguinom suuui : loculus ost onim nobis de cor])ore siio, quando corpus dicit escam, sanguinem jjolum. Sacramentum fidelium cognoscunt fidèles. (S. August., sorm. II de Vcrbis Apost.)
l'y. Hoc accipite in pane quod pependit in cruce; hoc accijjite in calice quod Duxit e latere. (S. August., serm. ad Neupliyl. apud Puscliaa.)
PRECVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSDS-CHRIST DANS l'eUCHARISTIE. 423
à plusieurs difficultés soulevées par les hérétiques, à propos de certains passages des œuvres de S. Augustin, dont ils cherchent à se prévaloir contre l'enseignement de TÉglise, touchant le dogme de la présence réelle.
Dans un traité contre un manichéen du nom d'Adimante, S. Augustin écrit : « Le Seigneur, en donnant le signe de son corps, « n'a pas hésité à dire : Ceci est mon corps ^. » On lit aussi dans le comnientaire sur le psaume m : « Il admit Judas au repas dans « lequel il recommanda et donna la figure de son corps et de « son sang à ses disciples ~. »
Le premier de ces deux textes est simplement un argument ad hominem, dont S. Augustin se sert pour combattre les manichéens, en se faisant une arme contre eux de leur propre doctrine. « Le Seigneur, leur dit-il, n'a pas craint d'affirmer en don- « nant le signe de son corps : Ceci est mon corps; » c'est-à-dire, d'après tout le contexte que nous ne pouvons citer ici : Le Seigneur n'a pas hésité de dire : Ceci est mon corps, en donnant ce qui, selon vous, est uniquement le signe, la ligure de son corps.
Au second texte, tiré du commentaire sur le psaume m, on répond que les paroles de S. Augustin signifient littéralement que la Sainte Eucharistie est la figure du corps mystique de Jésus- Christ qui est l'Église. Il veut montrer dans ce passage que Jésus était plus doux que David lui-même, et il apporte, comme preuve, qu'il a voulu garder la paix même avec le traître Judas; qu'il a reçu de lui avec une ineffable bonté le baiser de paix, et qu'il lui a donné l'Eucliaristie, figure de son corps, c'est-à-dire figure et symbole de l'unité du corps de l'Église. Ces manières de s'exprimer, qui voilaient le mystère adorable de la présence du corps et du sang de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie, étaient assez habituelles à S. Augustin lorsqu'il parlait en présence des catéchumènes ou qu'il publiait des écrits susceptibles de tomber entre les mains de ceux qui n'étaient pas initiés à nos sacrés mystères. Il savait que les fidèles comprendraient à demi-mot ce qu'il y avait de sous-entendu dans ses paroles, et il n'avait pas à craindre de susciter
1. Non cniin dubitavit Doniinus diicro : liai' est corjnis nn'inii, ciiiu signuin dard rorjjoris sui. (S. \i:{,.,Cmtlra Adiiiifinlitm, cap. x,)
'■2. .Iiidain adliilmit ad conviviuin, iii quo c^rporis et saiiituinis sui ti;j:urani discipulis CDiiunciidavil et Iradidil. (In., L'iiarr. in /'s. m.)
424 LA SAINTE ErCIIARISTIE. — LIVRE I. — CHAPITRE XII.
les blasphèmes et les moqueries de ceux qui n'avaient pas la foi K Nous devons nous arrêter ici, car un volume entier ne suffirait pas pour citer tous les passages des écrits de S. Augustin, par lesquels la foi de cet illustre docteur en la présence réelle de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie se manifeste. Nous ne pouvons non plus entrer à fond dans les discussions soulevées par la mauvaise foi des hérétiques concernant plusieurs de ces textes lumineux pour quiconque cherche ou possède la vérité. Qu'on lise le texte même de S. Augustin, et l'on sortira de cette lecture l'esprit éclairé et le cœur enflammé.
s. CYRILLE d'Alexandrie
Docteur de l'Eglise; né en 395; initriarchc d'Alexandrie en 412; mort en 444.
On ne saurait rien citer de plus clair et de plus probant pour la défense de la foi catholique touchant la présence du corps et du sang de Notre-Seigneur dans le Saint-Sacrement, que les deux passages que nous allons donner des écrits de S. Cyrille, l'un tiré du A^*' anathème, l'autre du livre IV sur saint Jean. Il y a dans les œuvres de S. Cyrille d'autres pages éloquentes sur la Très Sainte Eucharistie, dans lesquelles sa loi et sa piété éclatent à chaque mot; mais ces quelques lignes suffiront au but que nous poursuivons.
Théodoret accusait Cyrille de dire que la chair de Jésus-Christ, unie au Verbe, était une chair sans âme, parce qu'il avait dit que la chair vivifiante du Seigneur était la propre chair du Verbe. S. Cyrille lui répond que par cette chair il entend celle dont S. Jean a écrit : Le Verbe s^esé fait chair : Et Verbum caro factum est; et colle dont Jésus-Christ lui-môme a dit : Celui (jui mange ma eliair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.... Et le pain nue je donnerai est ma chair p(n(r la vie du monde : Qui
1. l-'.'iini!i.'iro nninquo orat Auguslino pra^.serlim (hiin ;ul cateclmmonos et iiiiideles cnnveiiieiites lofiuerotur, de Eucliarislia, proul dicit haljiludiiiem ad corjms inyslii-uiii, (juod osl Kcclesia, serinonom liabere, no iis lanlum mysteritiiii j)rn])alareliir, qui parum erant ad iUud intelligeiidum idonei. Quod palet cliam ex tract, xxvi in Joann. : « Hune ita(|ue cibiim et potiim, inqiiit, socie- " fatem viilt intelli;;i corporis et membrorum suorum, quod est sancta Eccle- « sia, in prœdestinatis, et vocatis et jîlorificalis sanctis, et fldeHljus ejus.... « I[ujus rei sacranientum, id est unitatis corporis et sanj^uinis Christi, alicul)i « quotidie, alicubi certis intervallis dierum, in dominica mensa prœpara- ' liir, » etc., etc. [Qui jjlura dcuideral adeat Contenson, lib.XI, p. H, dissert. 1, cap. I.)
PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CIIRIST DANS l'eUCIIARISTIE. 425
manducat meam carnem, et bibU meum sanguinem, in me mcuiet et ego in eo.... Et panis quem ego clabo, caro mea est, fjiiam dabo pro mundi vita. Puis il ajoute : « Trouvez, si vous a voulez, à reprendre à ces paroles. Car Jésus-Christ ne nomme « que sa chair; il ne fait ici nulle mention de son âme intellio'cnte. <r Donc si Théodoret avait été avisé et intelligent, il aurait compris « que parfois l'être composé d'une âme et d'un corps, c'est-à-dire <r l'homme, est simplement désigné par son corps ^ » S. Cyrille regarde donc comme une vérité indubitable que Jésus-Christ nous donne sa véritable chair, son corps uni à son âme, puisqu'il affirme que la chair qu'il témoigne le désir de nous donner, dans ce passage de l'Évangile de S. Jean, est la même chair qui fut unie au Verbe. Si l'Eucharistie n'était que la figure de la chair du Seigneur, l'argumentation du saint docteur n'eût pas été seulement dénuée de force, elle eût choqué le bon sens.
Mais le second texte que nous empruntons au IV livre sur S. Jean expose la vérité d'une manière beaucoup plus tangible. Le commentaire que donne S. Cyrille de ces paroles de Notre- Seigneur : Je suis le pain vivant, moi qui suis descendu du ciel, met à néant tout ce que pourraient dire les Calvinistes en faveur du sens figuré. Voici comme il s'exprime : « Le Sauveur répète « souvent aux Juifs la même vérité sous diverses formes, pour la « leur inculquer. Tantôt il parle en parabole et dissimule sa pen- « sée sous les voiles d'une obscurité voulue : tantôt il rejette tous « les voiles et montre la vérité toute nue ; de telle sorte que si « ceux qui l'écoutent ne croient pas, ils n'éviteront pas la condam- « nation; leur propre malice les perdra, ils auront brandi eux- « mêmes le glaive dont ils seront frappes. Jésus-Christ parle donc « enfin ouvertement et sans rien cacher ; il dit : Je suis le jtain « vivant, moi qui suis descendu du ciel. La manne n'était « qu'un type, une ombre, une image. Écoutez maintenant la vé- 0 rite tout entière et sans voile : Je suis le pain vivaid ; si quel- « qu'un mange de ce pain, il vivfa élernellemenl. Ceux qui « ont mangé de l'autre pain, la manne, sont morts, parce que ce
•1. RejireheiKle si vidolur lia'c vrili.i. Cmiih m iiinu iiduiin.il mm. un, cl iiilll;iin i)onilus in 1ns ;miiTi;e intolliirnitis inontinncm f.icit. Alriui si s.ijiions et in.L'ciiio ac-ulo fuisspl, non i^Mionissct qnnd intcnlum sola rarnc animal ex anima et mrjxiro conslans, id est lioino, signiticalur. (S. Cyhu.i.. Ai.i:.\., lil). Xll ■ \niilli.. analli. ix.)
« n'était pas un pain vivifiant ; mais celui qui mange ce pain, « c'est-à-dire moi, ma propre cliair, vivra éternellement K » Ainsi donc, pour S. Cyrille, après les paroles de Jésus-Clirist qui affirme que le pain eucharistique est le pain vivant, sa propre chair, il n'y a aucune place pour les ombres, les signes, les figures; vouloir en trouver, c'est abuser pour sa propre perte des paroles du Sauveur ; c'est, comme il ajoute aussitôt, « se rendre sourd aux paroles de la « piété : sermon ibiis pielalis obsurdescere. » Certainement ni S. Thomas d'Aquin, ni Duperron, ni Bellarmin n'ont exprimé avec plus de clarté la doctrine de la présence réelle.
s. LÉON LE GRAND
Docteui' de l'Église; pape on 440; jnort en 461.
Nous possédons de S. Léon de nombreux sermons, des lettres et plusieurs traités. Quelques lignes empruntées à l'un de ses sermons suffiront pour montrer quelle était sa croyance touchant la réalité de la présence du corps et du sang de Jésus-Christ dans l'Eucharistie. Voici en quels termes il s'exprimait : « Puisque le « Sauveur du monde a dit : Si vous ne mangez La chair du Fils « de riiomme, et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez point « la vie en vous, vous devez approcher de la Table sainte avec a une telle disposition que vous n'ayez aucun doute sur la réalité « du corps et du sang de Jésus-Christ. On prend avec la bouche « ce que l'on croit par la foi. C'est en vain que ceux-là répondent a amen, qui disputent contre la vérité de ce qu'ils reçoivent 2. »
Nous pourrions nous arrêter ici, car ceux qui rejettent le dogme
•1. Siiîjje Salvator cuiiKlc'msonnonem Judœis inculcans, varie projjonit, modo quidem cenif^mate ot olj.scuritalemulla involutum, modo rejccta tunica iiudiim et apertum ; ut nisi crediderint condemnalionem non efï'u^iant, sed mali maie perçant, in suam ipsi perniciem gladium slringentes. Niliil igilur occullans, demum Chrislus ail : Erjo sinn panis vitms qui de cœlo descrndi. Illud manna typiis erat, inquit, ot umbra et imago : Audits palam nunc et fiperte : Ego sîim panis 7^iviis. Si (juin manducaveril ex hoc pane vivel in xternum. Qui ex illo manducaverunl, morlui sunt, non erat enim vivifions. Qui autem manducat huric panem, id est me, sive carnem meam, vivel in ailernuni. (S. Cmull. Alex., \'\h. iV in Joann.)
2. Dicenle Domino : Nisi mandncavevilis, sic sacrœ mensœ coinmunicare debetis, ul nihil prorsus de veritate corporis Chrisli et sangninis aml)igatis. Hoc enim ore sumilur, quod lidc crcdilur, el frustra ab illis (onen re.s])onde-
PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CIIRIST DANS l'eUCîIARISTIE. 427
de la présence réelle conviennent généralement qu'il remonte au moins au V siècle; cependant continuons d'interroger les Pères et d'en appeler à leur témoignage irréfragable en faveur de cet adorable sacrement.
tur, a quibus contra id quod accipitur disputatiir. (S. Leu Magx., serm. \l Je jejunio 7 niensis.)
A litres paroles du même Père :
Ut ergo iimbrse (veteris Testamenti) cédèrent corpori, et cessarent imagines su)} prœsentiaveritatis,antiquaobservantianovo tollitursacramento;hostia in hosliam transit, sanguineni sanguis exchidit, et legalis feslivitas dum mutatur impletur. (Id., serm. ^'II de Pass.)
At Jésus consilii sui certus, et in opère paternge disposilionis intrepidus, vêtus Testamentum consummalxit, et novum Pascba condebat. Discuml^entibus enim secum discipuHs ad edendam mysticam cœnam, cum in Caiphœ atrio tractaretur, quoniodo Cbrislus posset occidi, ille corjtoris et snngumis sui ordinans sacramentum, docel)at qualis Deo liostia deberet offerri, nec ab hoc quideni mysterio tradilore semoto. i^Id., ibid.)
Autres témoignages de la même époque :
0 quid ista mulier (quœ tetigit fimbriam vestimenti ejus) vidit habitare in interioribus Chrisli, quae in Cliristi fimbria divinitatis totam vidit inhaliitare virtulem ? 0 quam docuit mulier, quantum sit corpus Christi, quse in Christi fimliria tantara esse monstravit! Audiant Christiani qui quotidie corpus Christi attiurjunt, quantam de ipso corpore sumere possunt medicinam, quando mulier totam rapuit de sola Christi fimbria sanitatem. Sed quod nobis flendum est, mulier de vulnere medicinam tulit ; nobis medicina ipsa retorquetur in vulnus. Ilinc et Apostolus tangentes indigne corpus Christi taliter admonet et déplorât : Qui enim tauffit indigne corpus Christi, judicinm sihi sumit. (S. Pe- TRUS Chrvsolug., serm. XXX1\' (vixit anno ililj.)
Cœlcstis Pater, cœlestem panem, cœlestes filii ut postulemus hortatur. Ipse dixit : Efjo sum punis, qui de cœlo descendi. Ipse est panis, qui satus in Virgine, fermentatus in carne, in passione cnnfectus, in fornace coctus sepulchri, in Pk-clesiis conditus, illatus altaribus cœlestem ciOum quotidie fidelibus subministrat. (ID., serm. LX\'II.)
Corpus Christi, quod sumilur de altnri, figura est, dum panis et vinum videtur extra. Veritas autem dum corpus et sanguis Christi in veritate interius creditur. (S. HiL\mvs pap/a, in Decretis (vixit anno 4154.)
Judcci per mare transierunt ad eremum : nos per baptisma introimus in regnum. Judaii manna manducaverunt : nos Christum. Jud£ei carnes avium : nos corpus Dei. Qui cum (ut Apostolus ait) in forma Dei esset, humiliavit semetipsuin usque ad mortem, mortem autem crucis. (S. Timotiieus episc, lib. II ad Calholiram Ecelesiam (vixit anno 470.)
Dicis a nonnullis te inlerrogatum de strcri/îcio corporis et sanguinis Christi, quod plerique soli Pntri existimant immolari.iS. Fulgentius episc. Pusp. (vixit anno 4i)'.».)
Iia,'c, in(|uani, a^dilicalio spirilualis, nunquaui oppurtunius pelitur, quam cum ab ipso Christi corpore ((juod est Kcclesia) in sacramento pnnis et calicis, Ipsum Christi corpus et sanguis o/f'ertur. Calix enim, quem bibimus, communicatio s/'/;/(/»('/iî',s' Christi est ; et panis quem frangimus, participjitio rurporis iJomini est. Ouoniam uiuis panis, ununi corpus muili sumus, oainesque de uno j)ane })articipanius. (In., eod. libr.)