‹ La Sainte EucharistieChapitre 87 sur 169 · Autres témoignages de la même ÉpoyuE · texte numérisé non relu

Autres témoignages de la même ÉpoyuE

Sacerdos (scilicet Oza) qui arcam inconsiderata temeritate tetigit, ausus sui rcatum immatura morte purgaAit : iibi intueri necesse est, quantum delinquat qui ad corpus Domini reus accesserit, si dévolus ille sacerdos morte mulctatur, qui arcam illain, Dominici A'idelicet corporisfi.ffurara, minori quam debuit veneratione, corripuil? (S. Eucher. Luf/dnn., in Comment, in II Heg. caj). VII.)

Recrnum Dei Ecclesia est ; in quo quotidie Inljit sanguinem suum Christus per sanclos suos, tanquam caput in membris suis. Id., inquaest. super Matth., quaesl. in bis verbis : \on Inbam amodo de hoc genimine vitis, usqite in diem il/ttm. cum iUiid bibam vobiscum noviim in regno Palris mei.

Fonte renascentes, membris et sanguine Christi Vescimur, atque ideo templum Deitatis hal)emur : Quod servare Deus nos annuat immaculatum, Et faciat tenues tanto mansore capaces.

(Sedulius, in Opère Pascludi.)

Xec Dominum latuere doli scelerisque futuri Prodidit authorem, panem ciii tradidit ipse, Qui panis tradendus erat, nam corporis atque Sanguinis ipse sui postquam duo munera sanxit, Atque cibum potumque dédit quo perpete nunquam Esurianf sitiantque anima? sine Ial)e fidèles : Prolinus in Judam, sedes ul)i livor habebat, Spiritus intravit teterrimus, etc.

[\d., ibid.)

Cnlix benedictinnia, cui benedirimus, nonne communicnlio sanguinis C/irisli est? Ideo priinum calicem nominavil, quia })Osloa de pane phis erat disputaturus. Calix autem l)enedictionis dicilur qui benedicitur a sacerdotibus in altari. Appellatur et ipse calix commimicatio, quasi participatio, quia omnes communicant ex illo, partemque sumunt ex sanguine Domini quem continet in se. — Et ponis quem frangimus in altari, nonne participatio corjioris Domini est. Itique primum consecratur et l)enedicitur a sacerdotilms et Spiritu sanclo, et deinde frangitur, cum jam, licet panis videatur, in verilate corpus C/irisli est ; ex quo pane, quicumque communicant, corpus Cbrisli cdunt. — Quoniam

430 LA SAINTE ECCUARISTIE. — LIVRE l. — CHAPITRE XIII.

Dans une autre homélie, S. Césaire disait encore : « Que répon- « drez-vous au Seigneur qui vous adresse ces paroles : Mangez- « moi et buvez-moi : Quid es )X'spo)isurus Domino dicenti : Me a manduoate, me bibile? »

s. GRÉGOIRE LE GRAND

Docteur do rÉyliso ; no on 540 ; papo en 590 ; mort on 604.

Les nombreux écrits de S. Grégoire P' contiennent divers passages concernant la Sainte Eucharistie. C'est ainsi que nous lisons dans la xiv° Homélie sur l'Évangile : « Le bon Pasteur a donné « sa vie, afin qu'en changeant son corps et son sang en un sacre- «c ment, il pût rassasier de sa chair, comme d'un aliment, tous et ceux qu'il a rachetés *. » Dans une autre homélie, il dit encore : « Maintenant vous avez appris ce qu'est le sang de l'Agneau, non

iimis punis, subniidi, C/nis(i, ci umim corpus Chrisli, nmlti siimus, qui comedimus illum paneni. — Caroquam Verbum DeiPatris assumpsit, in utero virginal!, in unilale sufe persona; et panis qui consecratur in JLcclcsin, uiium corpus Clirisii su7it. Sicutenimilla caro corpus Christi est, ita isle pnnis transit in corpus Christi, nec sunt duo corpora, sed unum corpus. Divinitatis enim pleiiiludo, qu<c fuit in illo, replet et istum paneni, et ipsa divinitas Verbi quae iiuiilcl cœluin et terram, et omnia qme in cis sunt, ipsa replet corpus Gbristi, quitd a mullis sacerdotil)Us per univorsum orliem sanctificalur, et facit unum corpus Cbristi esse. (S. Remic.ius ej)isc. lihcmcnsis, in Epist. I ad Cor. (vixit anno ijl 1.)

Nobile quin etiam ex praii'ecto Arborius elïbrt Signum, quod vidil se leste tîdelis in urbe, Immaculata Deo dum dona imponeret arœ, Et pater attonitus ceremonia diva sacraret, Chinera vcl Christi benediceret ore sacerdos, Imposita al tari rata corporis atfpie cruoris, Emicuit subito nianus aima décore supremo Nobilium vario lapidum splendore coruscans, Undique visa rota; radiatile spargere lumen : Bracbia purpureis vibrabant fulgura gemmis, Lumen of ad solis radians lux fulva metallis Credula quo potins fièrent miracuia rerum. Vir simul ipse potens, se tune, Arborius inquit, Gcmmarum gravium crepitantem audisse Iragorcm.

(S. FoRTUNATUS, episc. Pictav., lib. IV Vitx S. Martini (vixit anno îj:20.)

i. Bonus Pastor animam suam posuit, ut in Sacramenlo noslro corpus suuni et .sanguinein vertoret, et omncs quos redemerat, carnis suœ alimcnto saliaret. (S. Greour. Magn., hom. XIV in Evang.)

PREUVES DE LA PRÉSENCE DE JÉSUS-CIIRIST DANS l'elXIIARISTIE. 431

a seulement par l'entendre dire, mais en le buvant. Ce sang est « placé sur l'un et l'autre montant de la porte, lorsqu'on le boit «f non seulement de la bouche du corps, mais de celle du cœur ^ » Un trait de la vie de S. Grégoire, rapporté par Paul Diacre, son historien, montrera mieux que de longues citations quelle était sa croyance, et quels étaient ses sentiments touchant la Sainte Eucharistie. « Une dame romaine s'approchant de la sainte Table, S. Grégoire lui dit, selon la coutume, en lui présentant TEucharistie : Que le corps de Notre-Seigneiir Jésus-Christ vous profite 2)0ur la rémission de vos péchés et pour la vie éternelle. Ces paroles firent sourire cette dame ; ce que le saint pape a3^ant remarqué, il reprit la sainte hostie, et la donna au diacre pour la mettre à part sur l'autel. Tout le peuple ayant communié, il fit venir cette dame et lui demanda quel sujet elle avait eu de sourire, sur le point de communier. Elle répondit qu'elle n'avait pu s'empêcher de le faire, en entendant donner le nom de corps de Jésus-Christ à un morceau de pain qu'elle avait pétri elle-même; car la coutume ancienne était que les fidèles offrissent le pain dont ils devaient communier. S. Grégoire, voyant son incrédulité, se mit en prière avec le peuple; puis ayant découvert l'hostie qui était sous le corporal, il la trouva changée en chair, avec des taches de sang. Après que tous les assistants eurent vu ce prodige, le saint, se tournant vers la dame, lui dit : « Apprenez du moins mainte- « nant à croire ce que la vérité vous affirme : Le pain que je vous « donne est vraiment ma chair, et mon sang est vraiment un « breuvage. Mais le Créateur prévoyant notre infirmité, par la « même puissance qu'il a fait toutes choses de rien, s'est formé un « corps de la propre chair de la Vierge, par l'opération du Saintce Esprit. Et ensuite, pour réparer nos forces, il change le pain et « le vin mêlé d'eau, en sa chair et en son sang, lorsque l'on pro- « nonce les paroles de la prière catholique, par la sanctification du « Saint-Esprit, quoique les espèces ou apparences du pain et du « vin demeurent. » Ce discours fini, Grégoire pria de nouveau pour demander que l'hostie reprît sa forme ordinaire, afin que cette femme, qui paraissait frappée du miracle, pût communier. Voilà bien la solennité de la messe ; voilà bien les paroles que le

i. Quid iiamqno sit sanguis Ai^'iii, non jnm audiondo, sed l)ibendo didicislis. Qui san^iiis su])('r uiruinqnc postem poiiitur, quaiulo non soluiu orc corporis. sed etium ore cordis haurilur. (Id., twm. Pa&chal. XXII.)

prêtre prononce encore aujourd'hui en donnant la sainte communion aux fidèles : Corpus Domim nostvi Jesu Christi custodiat an imam tuam in vitam aHernam; et par ces paroles mêmes, la profession publique et liturgique de la croyance de l'Église, au temps de S. Grégoire, en la présence réelle, véritable et substantielle du corps de Jésus-Christ dans le Très Saint Sacrement. Que si l'on attaquait l'authenticité de ce récit, et si on le regardait comme inventé à plaisir, il ne faudrait pas moins reconnaître qu'au temps de Paul Diacre, c'est-à-dire vers la fin du viu" siècle, le dogme de la présence réelle était admis de tous et considéré comme admis dans les siècles précédents. Que les incrédules, au lieu de chercher à infirmer la vérité de ce fait, imitent plutôt la pénitence de cette femme, comme ils ont imité son impiété ou son ignorance ^

s. ISIDORE DE SKVILLE Docteur de l'Eglise ; évêquc de Séville Tan 597 ; mort en 636.

Les auteurs ecclésiastiques du viT siècle dont les écrits sont parvenus jusqu'à nous sont rares. Parmi les témoins de la foi de l'Église, à cette époque, en la présence réelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ au Très Saint Sacrement de l'Eucharistie, nous citerons S. Isidore, l'illustre évêque de Séville. Nous lisons dans son traité des Olfices de l'Église : « Le sacrifice que les chrétiens « offrent à Dieu, Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Maître, « Ta institué lorsqu'il confia à ses apôtres son co)-ps et son sang, a avant d'être livré entre les mains des Juifs. On lit en effet dans « l'Évangile : Jésus prii le pain et le calice, les bénit et les leur «f iUmna. Melchisédech, roi de Salem, avait le premier offert ce sa- « crcment en figure ; son oblation représentait le corps et le sang cr de Jésus-Christ; le premier il avait exprimé parfaitement l'image

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