BILAN POLITIQUE
Pendant trente ans, l'empereur Nicolas, cet homme qui, suivant l'expression d'un grand poëte, portait dans ses mains une croix terminée en glaive et un sceptre terminé en knout, a été le souverain le plus absolu qui fût sur la terre. Qu'a-t-il fait cependant, durant ces trente années de pouvoir illimité, pour le bonheur de la nation russe et le bien général? La liberté de conscience existait en Russie; tous les cultes étaient égaux devant la loi. C'était un des honneurs du pays. Les Russes n'avaient que cette liberté, mais ils l'avaient complète. L'empereur Nicolas Ta détruite; il a établi non-seulement l'inégalité, mais la persécution; il a imposé la suprématie de l'Église orthodoxe par la violence et l'exil. Julien l'Apostat ne poursuivit pas les chrétiens avec plus de fureur qu'il n'a persécuté les catholiques.
De tout temps la noblesse russe avait eu le privilège de vivre où elle voulait, dans l'empire ou à l'étranger. L'empereur Nicolas a restreint ce droit, d'abord à cinq années, puis à deux, et a frappé la délivrance des passe-
|>orts d'un impôt exorbitant qui, pour le plus grand nombre, équivalait à une véritable prohibition.
Sa conduite, dans les essais de la libération qu'il a tentés, a été entachée de témérité et d'imprévoyance; — avec quelques éléments de conviction de plus, — nous serions fondé à dire de mauvaise foi.
On ne peut émanciper sans désorganiser, — nous lavons expliqué précédemment, — qu'au moyen d'une mesure générale. Or cette unité entre les propriétaires n'a pu être obtenue jusqu'ici. L'égoïsme traditionnel, le goût du despotisme, la soif du bien-être, la puissance de l'habitude, la crainte de l'inconnu, mille causes locales et secondaires s'y sont opposées. Le gouvernement, s'il eût agi sérieusement, aurait prévu ces obstacles, et se fût mis en mesure de les surmonter avant d'aborder une question brûlante, question qui, une fois soulevée, une fois saisie par l'esprit public, ne pouvait être abandonnée sans solution. L'empereur s'est présenté aux propriétaires sans vues arrêtées; il n'a offert ni indiqué aucun dédommagement effectif à la perturbation imminente que la libération devait provoquer, non-seulement dans les intérêts des propriétaires de serfs, mais dans ceux des serfs eux-mêmes; car libérer le serf sans lui assurer un morceau de la terre à laquelle il est attaché, c'est faire de l'homme affranchi l'esclave de la misère et du hasard, c'est décréter le prolétariat, — le prolétariat sans lois protectrices, — en même temps que la liberté. 11 a voulu improviser la mesure, comme il a improvisé la
guerre, et il a échoué dans l'une comme dans l'autre, ^'unique résultat obtenu a été d'établir, au détriment de la couronne, un point contesté jusqu'alors, que la terre, en principe, — car en fait tout est propriété du tzar, — n'appartient pas à l'État.
Ce qu'il a fait de la Pologne, on le sait. Ce mot, cette accusation, reviennent sous la plume, en dépit de la volonté. 11 a transformé ce pays en un désert d'ilotes, soumis à la cryptie 1 et de Rachels pleurant éternellement ceux qui ne reviendront plus. Cette terre désolée, après vingt-cinq ans, comme au dernier jour de sa longue passion, reste encore frappée de stupeur, a Qui me donnera assez de larmes, a dit le prédicateur Skarga, pour pleurer, our et nuit, les malheurs des enfants de ma patrie? »
L'industrie, le commerce, les communications, les canaux, attendent encore l'impulsion qui devait les féconder. Qu on juge de ce que serait la Russie, si les deux cents millions dépensés sans fruit pour l'armée avaient servi à stimuler le mouvement industriel, arrêté dans son essor par les liens obstinés de la routine; si tous les grands centres de cet immense empire se trouvaient aujourd'hui reliés par la navigation à vapeur et des chemins de fer!
L'instruction publique a été systématiquement abandonnée ou paralysée par des programmes d'études qui
1 Les magistrats de Laeédémone envoyaient, à un jour donne, les jeunes Spartiates, armés de poignards, courir la campagne et égorger les ilotes. Cette exécrable institution s'appelait la cryptie.
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permettent de tout apprendre, sauf ce qu'il est indispensable de savoir ; la vénalité entretenue au point de vue financier, comme dégrèvement du trésor par lar modicité des appointements publics ; l'ivrognerie encouragée de facto parce qu'elle profite aux fermes d'eau-de-vie * qui concourent fiscalement à alimenter l'État; la civilisation arrêtée dans sa marche; la peur mise à l'ordre du jour; les impôts de chair humaine décuplés par la guerre. Nicolas n'a connu que le sabre, n'a cru qu'à cette force barbare et n'a rien fait que par elle. Il fallait à la Russie un législateur, un réformateur. Il lui a donné un conquérant, et un conquérant par oukase, qui, à une seule exception près, n'a mis Tépée à la main que dans es parades.
Les natures de cette trempe éblouissent et ne durent point. Elles ne résistent pas au temps, parce que la vraie grandeur leur manque. L'adoration qu'elles ont d'ellesmêmes leur fait perdre la juste mesure des hommes et des choses.
Nous lisons, dans l'ouvrage d'un écrivain slave*, que Nicolas fit publier un catéchisme intitulé : Dm culte qu'on doit rendre à V empereur. Ce catéchisme, approuvé par les évêques, fut introduit en Russie sous la protection du knout. *
' La ferme «les eaux-de-vie T qui a rapporté, en 1806, *>0 millions de francs, et, en 1825, 04 millions ; en a produit 128 millions en
- VÊgtm et le Même. Paris, 1&i5.
Ce môme orgueil dans la querelle orientale dénatura le jugement du tzar au point de le porter à provoquer une guerre formidable sans être assuré du concours de la puissance dont l'influence sur les événements semblait devoir être décisive : l'Autriche.
Lorsque, dans des communications demeurées célèbres, fut agitée entre l'empereur Nicolas et l'ambassadeur d'Angleterre, sir G. H. Seymour, la question de l'héritage de Y homme malade (la Turquie), ce dernier représenta au tzar qu'il n'avait fait aucune mention de l'Auiriche.
— Vous devez comprendre, répliqua l'empereur, que lorsque je parle de la Russie je parle aussi de l'Autriche. Ce qui convient à l'une convient à l'autre.
Nicolas aurait parlé de la Pologne qu'il ne se fût pas exprimé différemment À la vérité, la Pologne a été réunie à la Russie par oukase, mais rien de semblable n'avait eu lieu encore à l'égard de l'Autriche. La complicité du cabinet de Vienne à la politique russe n'étant point acquise, le tzar rencontra, dans la réalisation de ses vues, des obstacles qu'il eût vraisemblablement surmontés avec elle. L'habileté d'Omer-Pacha et l'héroïsme inespéré dont les Osmanlis témoignèrent à cette époque rejetèrent l'agresseur sur son territoire. Des désastres plus sérieux eussent été le fruit de cette politique imprévoyante, si l'Autriche, fidèle à ses plus chers intérêts et à la logique de ses engagements, fût sortie de son rôle passif. Mais le gouvernement autrichien crut tout gagner
en gagnant du temps. Il rédigea des notes, organisa des conférences, mit sur pied des armées, entra comme allié dans les principautés ets'y conduisit en maître. Son glaive se tourna tantôt vers le Nord, tantôt v ers l'Occident, et n^ sortit jamais du fourreau. En un mot, l'attitude de cette puissance sembla justitier cette réponse présomptueuse du vieux maréchal Radetzky à une personne qui l'interrogeait sur les vraies intentions de son pays : « Nous saurons Vannée prochaine avec qui nous serons et qui mus battrons. »
L'Autriche n'est sans doute pas très-sympathique aux nations occidentales, et surtout à l'Angleterre. A part môme l'acre souvenir d'injures récentes, un abîme existe entre les conditions propres de la politique de ces deux États. Mais, si elle n'est point anglaise, si elle repousse nos idées avancées, nos initiatives radicales, l'Autriche est moins russe encore. La nature même lui a fait cette situation : ou rivale ou vassale de la Hussie.
11 y a par delà ses frontières, au nord de l'Allemagne, une caste qui préférerait devenir moscovite, plutôt que de perdre les privilèges qui la séparent de la canaille. Cette caste est celle des hobereaux prussiens, dont l'exisstence est l'un des étonnements de ce siècle.
La dernière révolution a passé sur la Prusse sans détruire entièrement son esprit arriéré et ses institutions oppressives. Elle a emporté la juridiction féodale, mais elle a laissé au seigneur la police patrimoniale, qui lui donne le droit de dire : « La commune, c'est moi. »
Un homme d'ktat, Stein, se montra, par hasard, parti-
san du progrès; mais d'invincibles résistances paralysèrent ses bonnes intentions; les mesures législatives qu'il provoqua furent considérées comme purement passagères ; elles n'engagèrent pas l'avenir. MM. de Marwitz et de Kamptz, réactionnaires fossiles, sont restés les vrais représentants des idées prussiennes. Ils datent la révolution allemande des anciennes lois d'affranchissement concédées par la monarchie. Le congrès de Vienne, d'où sortirent des réformes prudemment provoquées par les souverains eux-mêmes, et le soulèvement de Berlin en 1848, ont vu leurs conséquences ruinées avec les périls d'opinion qui les avaient fait naître.
Parmi les huit cent mille nobles prussiens qui couvrent la surface de ce sol aristocratisé, le monarque représente Dieu; la noblesse, le souverain. Si la mission de l'un est de se laisser adorer, la mission de l'autre est de museler la populace, — c'est-à-dire le peuple et la bourgeoisie, l'ouvrier, le marchand, l'artiste, l'écrivain, le professeur, — l'intelligence!
« Je ne vois pas de différence entre un cordonnier et un savant, disait dernièrement une des sommités du parti, le baron de ***, car tous deux ont également appris leur métier, et tous deux sont payés, l'un pour ses souliers, l'autre pour ses livres 4 . »
4 Voir les curieuses éludes du conseiller Neigebaûr, publiciste prussien, auteur d'une Statistique estimée des provinces rhénanes et d'un ouvrage sur l'amélioration du système hypothécaire en France
Cette caste privilégiée regarde la misère comme le partage naturel du travailleur et voit une atteinte à ses droits chaque fois que la fortune , se montrant juste , fait du marchand un riche particulier. Seule, elle est apte à procréer des officiers. La gestation populaire et bourgeoise ne peut fournir que des soldats, ou tout au plus des caporaux.
En Angleterre, on compte un noble sur trente mille âmes; en Prusse, un noble sur vingt-huit habitants. Aussi la noblesse est-elle estimée et puissante en Angleterre, oppressive et sans considération en Prusse. Les Anglais savent la généalogie de leurs lords ; on connaît celle des princes allemands par l almanach de Gotha.
L'esprit de l'armée prussienne est resté ce qu'il était en 1814, hostile à toute liberté, à toute grandeur étrangère, infatué d'un prétendu génie guerrier et croyant de bonne foi chacun de ses chefs de corps coulé dans le moule du grand Frédéric. L'Occident, assurent ces docteurs en uniforme, se courbera, l'heure venue, devant leur cinq cent mille baïonnettes.
Voilà la Prusse en raccourci. Permis donc à ses hobereaux de la river quand même aux calculs et aux Intérêts russes ; mais une pareille perspective ne saurait convenir à l'Autriche. Celte puissance, si elle a conscience de ses intérêts, doit s'opposer, par tous les moyens, à
et en Prusse. Les satires politiques île M. Neige baur sonl popuaires en Allemagne.
1lM
des envahissements qui menaceraient sa propre existence. Le tzar établi à Constantinople, maître des principautés, à deux pas de Vienne, l'Autriche devient une seconde Turquie. Sous quelque prétexte de protection à accorder aux Slaves, qui forment la grande majorité de la population de cet empire, il envahit, un jour où l'autre, ses frontières, et, de progrès en progrès, d'étape en étape, en prenant son temps et ses gages, il arrive jusqu'à la capitale. Cet avenir semble inévitable pour l'Autriche, si l'aigle à deux tètes planait jamais sur les tours de Sainte-Sophie.
Les Russes sont aujourd'hui aussi près de Constanti- * uople que les Turcs l'étaient jadis de Kief , et leurs avantpostes campent aux portes de Berlin et de Vienne. Il faut qu'ils perdent ces positions ou que les nations européennes se résignent à n'être, tôt ou tard, que les sim pies satellites du pale soleil de Saint-Pétersbourg.
La neutralité, dans ces conditions, est non-seulement un mauvais calcul, mais un commencement de suicide. Les diplomates allemands, que cette vérité n'aurait pas saisis n'ont qu'à méditer ce passage de Machiavel :
« Ceux qui gouvernent, dit l'ancien secrétaire de la république florentine *, doivent s'efforcer de paraître grands dans toutes leurs actions et éviter dans leurs sentiments tout ce qui porterait le caractère de l'indécision et de la faiblesse. Un prince qui ne sait pas être ou
1 te Prince, ch. xxi.
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tout à fait ami, ou tout à fait ennemi, se conciliera difficilement l'estime de ses sujets. Deux puissants voisins se font-ils la guerre, il doit se déclarer pour l'un d'eux, sans quoi il dev iendra la proie du vainqueur, et, le vaincu applaudissant à sa ruine, il ne lui restera aucune ressource; car le vainqueur ne peut vouloir d'un ami douteux qui l'abandonnerait au premier revers de fortune, et le vaincu ne peut lui pardonner d'avoir été le spectateur tranquille de sa défaite.
« Lorsque Antiochus passa en Grèce, où les Etoliens l'avaient appelé pour en chasser les Romains, il envoya • des ambassadeurs aux Achéens, amis de ces derniers, pour les engager a rester neutres. Les Romains, au contraire, demandaient qu'on se déclarât pour eux. La chose étant mise en délibération dans le conseil des Achéens, l'envoyé des Romains prit la parole après celui d'Antiochus, et dit ; « On vous conseille de prendre « le parti de la neutralité comme le plus sûr, et moi je « vous assure qu'il n'y en a pas de pire ; car vous resterez « inévitablement à la discrétion du vainqueur, quel qu'il « soit, et vous avez ainsi deux choses pour une. »
Quelles que puissent être, du reste, les tendances et la marche des cours allemandes, qu'elles justifient ou donnent tort à ce mot expressif et cru de Desgenettes : « L'Allemagne tient le vase au vainqueur et le verse sur la tête du vaincu, » toujours est-il que l'empereur Nicolas, en préjugeant la soumission obligatoire et le concours armé de l'Autriche, au moment même où il rouvrait le
temple de Janus, a commis une de ces suprêmes inconséquences qui donnent la mesure d'un homme politique.
Le talent du prince n'a pas seul souffert de cette épreuve : l'honneur de l'homme en fut atteint. L'Europe a vu avec stupeur un souverain qu'elle s'était complu à regarder comme le chevalier du passé et le bouclier de l'avenir, sans but apparent, sans cause légitime, armer tous les bras, soulever toutes les passions, alarmer tous lesintérêts. Elle la vu plus tard, alors que des revers stupéfiants avaient été subis, qu'une armée avait été usée ou détruite, que l'attaque énergique des deux grandes nations suivait son cours, et qu'il fallait maintenir à tout prix, ou faire tourner en sa faveur l'action hésitante des États allemands, replacer son masque et déclarer que la mission de la Russie est de mettre fin au matérialisme anglais. Dans un manifeste, publié par le journal officiel de la cour de Saint-Pétersbourg, le 20 octobre 1854, on lisait ce qui suit :
« La France n'est qu'un torrent écumant; mais l'Angleterre est une inondation révolutionnaire permanente : c'est elle qui est le foyer et l'appui de tous les principes révolutionnaires ; c'est elle qui, entraînée par le mercantilisme, foule aux pieds les droits de l'humanité et des nations. La Russie a pour destinée de garantir l'Europe de tous les débordements de l'Occident ; de ce coté viennent désormais les invasions. Quelle que soit sa cause, la guerre actuelle a, sans contredit, un caractère reli-
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gieux : elle se fait entre l'ordre conservateur et la révolution communiste.
« C'est le devoir de la Russie, ajoute-t-on en concluant, de restaurer, dans le Bosphore, le règne du christianisme et de l'y consolider. Enfin, l'empereur a, comme refuge protecteur de l'Europe, la haute mission d'assurer l'existence de l'Europe conservatrice. La Russie ne peut réaliser actuellement cette mission que par une guerre obstinée qui brise l'ambition des Anglais et mette fin à la domination des Turcs. »
Est-il besoin de le rappeler?
Le même homme qui faisait cette déclaration dans ses journaux officiels disait, en 1855, à l'ambassadeur d'Angleterre, dans une conférence devenue classique :
« Tout ce dont j'ai besoin, c'est d'une bonne entente avec l'Angleterre. Lorsque nous sommes d'accord, je suis tout à fait sans inquiétude quant à l'occident de l'Europe. Ce que d'autres pensent est, au fond, de peu d'importance. B
Pressé par le mouvement de l'esprit public, le tzar voulait et devait faire quelque chose, S'il eût été ce qu'il avait la prétention d'être, ce que l'Europe a cru longtemps qu'il était, s'il avait eu autant de génie que d'orgueil, autant d'amour que de puissance, il eût aisément reconnu sa voie. Au lieu de provoquer témérairement une guerre injuste, sous des prétextes hypocrites, il aurait abordé celte grande mesure de l'émancipation des hommes de la terre, que Casimir III commença pour la
Pologne dès le quatorzième siècle, que kosciusko reprit au dix-huitième, et qu'arrêtèrent depuis les efforts du despotisme et le malheur des temps, — émancipation dont le pouvoir entendra sonner l'heure contre lui, s'il ne se hâte de la prévenir, et qui eût illustré le règne de Nicolas, tout en donnant pour longtemps satisfaction au besoin de réforme qui s'éveille au sein de la grande forêt dormante (dremoutchij lesse).
Un seul pas dans cette voie rendit immortel le nom de Casimir : qu'aurait fait pour la gloire de Nicolas la réalisation complète de cette même pensée, appliquée à toute la race slave, à quarante millions d'hommes, réduits de nos jours, sous la double lumière de l'Évangile et de la philosophie, à l'état de végétations et de brutes! Cet immense pouvoir, s'cmployant h résoudre cet immense problème, eût été le fondement d une célébrité qu'aucun triomphe, aucun étouffement de peuple ni d'armée, ne donnera jamais ; car, s'il est beau de tuer les hommes, il est encore plus beau de les émanciper, quel que soit, d'ailleurs, le nombre de ceux qu'on tue.