PAPRÊS LESQUELLES OIS DOIT SK CONDUIRE E* ENTRANT
Article 1 er .
« On déposera, en entrant, ses titres et son rang, de « môme que son chapeau et son épée.
Art. 2.
« Les prétentions fondées sur les prérogatives de la « naissance, l'orgueil, ou autres sentiments de nature « semblable, devront aussi rester à la porte.
Art. 3.
« Soyez gai; toutefois ne cassez ni ne gâtez rien.
Art. A.
a Asseyez-vous, restez debout, marchez, faites ce que « bon vous semblera, sans faire attention à personne.
Art. o.
« Parlez modérément et pas trop, pour ne pas troubler « les autres.
Art. 6.
« Discutez sans colère et sans vivacité.
Art. 7.
« Bannissez les soupirs et les bâillements , pour ne « causer d'ennui et n'être à charge à personne.
Art. 8.
« Les jeux innocents proposés par une personne de la « société doivent être acceptés par les autres.
Art. 9.
« Mangez doucement et avec appétit, buvez avec moa dération, pour que chacun retrouve ses jambes en sor- « tant.
Art. 10.
« Laissez les querelles à la porte ; ce qui entre par une « oreille doit sortir par V mitre avant de passer le seuil « de l'Ermitage Si quelqu'un manquait au règlement « ci-dessus, pour chaque faute, et sur le témoignage de « deux personnes, il sera obligé de boire un verre d'eau
« fraîche (sans en excepter les dames) ; indépendamment « de cela, il lira à haute voix une page de la Télémaa chide ! ; quiconque manquerait, dans une soirée, à trois € articles du règlement sera tenu d'apprendre par cœur a six lignes de la Télémachide. Celui qui manquerait au « dixième article ne pourrait plus rentrer à l'Ermi- « lage. »
L'Ermitage renferme de grandes richesses artistiques, et son musée soutiendrait la comparaison avec les plus célèbres de l'Europe, sans les bizarres accouplements et les fâcheux anachronismes qui en déparent l'ordonnance.
A travers la confusion des alliages profanes, brillent de précieuses pages, d'authentiques et glorieux chefsd'œuvre. L'école hollandaise est magnifiquement représentée. Vous quittez un portrait de Miéris pour une étude microscopique de Gérard Dow, les grosses femmes blanches, en satin, de Metzu, pour les grands bois à feuillage d'automne d'Hobbéma, ou les claires- voies mouillées de Ruisdaël ; les magots sublimes de Téniers confinent aux vivantes kermesses d'Ostade ; à une chaude marine de Berghem succède une perspective infinie d'Albert Cuyp; les chevaux à croupe rebondie de Wouwermans regardent les vaches ruminantes de Paul Potter; le coloris splendide de Rubens tranche sur les magnificences ana-
1 Poëme de Frédiakofski.
tomiqueset la sombre poésie de Rembrandt. On traverse de la sorte l'art sous toutes ses faces. L'idéal suprême de Raphaël apparaît aussi à l'Ermitage, mais le peintre dTrbin y semble pleurer l'Italie : ses toiles grelottent, ainsi que toutes les médiocrités de la morne école, qu'une ignorance, pleine de candeur, attribue à cet immortel pinceau.
— Vous voyez ici, me dit le prince Wolkonsky, l'instinct du beau en lutte avec le mauvais goût, inhérent à une ignorance qui se transforme.