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LA DIPLOMATIE RUSSE

L'habileté proverbiale de la diplomatie russe est, — sous la réserve de quelques éminentes exceptions, — l'une des mille illusions formées sur le compte de la Russie, et que l'ascendant de cette nation, dans les questions européennes, a naturellement entretenues. Le programme de la politique extérieure des tzars avait, d'ailleurs, un mérite singulièrement propre à faciliter l'action de ses agents; — c'était d'être uniformément le même sous tous les règnes et dans tous les pays. Il se résumait en trois mots : espionner, — déifier, — tromper; espionner les gouvernements, déifier le système, tromper sur les intentions. Nul n'en a poussé plus loin l'application que le ministre des affaires étrangères, Tarchichancelier comte de Nesselrode, homme cosmopolite de naissance, né sur un navire anglais, dans le port de Lisbonne, d'une famille noble de Westphalie, son père étant au service de la Russie, ce qui a permis de dire qu'il était le produit d'une quadruple alliance, — rompu par une

pratique d'un demi-siècle à toutes les ruses de la politique, à toutes les faiblesses du cœur humain , — habile dans l'art d'employer les unes et de profiter des autres, — ayant eu, toute sa vie, le respect et la peur de l'Angleterre, — opposé à la guerre tout en la faisant, — le dernier qui ait survécu à la grande tempête des distraces.

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