‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 106 sur 458 · Bridgett · texte numérisé non relu

Bridgett

ICONOGRAPHIE

Au xir- siècle, saint Hugh avait affecté dans l’église de Lincoln des revenus considérables pour entretenir aux offices de la sainte Vierge une multitude de cierges qui rendaient le sanctuaire aussi brillant la nuit que le jour; on raconte qu'il avait une si grande dévotion à la Nativité, que, se trouvant à Saint-Omer le 5 septembre de l’année 1200, il craignit de n’ètre pas de retour pour le 8 et qu’il séjourna plusieurs jours au monastère de Clermaret pour vaquer librement à la célébration d’une fête qui lui était si chère.

Ne devons-nous pas, en France, avoir une piété spéciale pour cette fête pendant laquelle, il y a quelques années, la sainte Vierge a ouvert à nos soldats les portes de Sébastopol?

ICONOGRAPHIE

La Bibliothèque du Vatican est un riche trésor où, grâce à la haute protection et à la constante bienveillance de S. Em. le cardinal Pitra, et aux soins infatigablesetquotidiens de MgrMartinucci, nous avons puisé à pleines mains. Qu’ils veuillent bien agréer ici l’expression de notre reconnaissance. Placés, même pendant les vacances, à des tables particulières et dans le meilleur jour, nous avons pu dessiner ces admirables peintures manuscrites et tous les objets du musée chrétien qui se rattachent à nos études; de sorte que nous pourrons présenter des images tracées d’après des originaux.

Ménologe du Vatican. (PL III.) — Nous n’avons pas trouvé de représentation de la Nativité de la sainte Vierge avant le monologe grec qui est du Xe siècle. Sainte Anne est couchée sur un lit, dans une cour; trois femmes lui apportent différents objets b Une servante assise va laver la sainte Vierge enfant, elle met la main dans une cuvette pour s'assurer de la température de l'eau; une aiguière est à côté.

Ce tableau, signé Menas, a les dispositions et

1. M"r Barbier de Montault pense que ce sont des œufs, emblèmes de la fécondité , de l’espérance et de la joie.

la beauté d'une peinture antique, voici la description de ses couleurs :

La sainte Vierge blonde.

Sainte Anne : robe grise, manteau brun-rouge, filets bruns et or, voile idem , le serre-tête bleu.

Matelas bleu clair, traits blancs, lit lilas filets d’or, socle bleu.

Femme derrière le lit : robe bleue, bordure brune en bas, manteau rougeâtre.

La seconde femme : tunique lilas, manteau au robe de dessous verte, bordure brune.

La troisième ; tunique rouge, manteau bleu.

Partout les fonds des plis sont bruns, les saillies en or.

^Manuscrit du Vatican fonds d'Urbain n° 2. (Pl. IV.) — Un joli manuscrit du xne siècle de o™, 19 sur om,35, écrit par Jean Comnène, contient les quatre Evangiles en grec et est illustré de plusieurs belles miniatures représentant en tête l’empereur et, au commencement de chaque Évangile, la ligure de l'auteur sacré avec une scène caractérisant plus particulièrement chacun d’eux. Ainsi au folio 21, la Nativité de Notre-Seigneur et saint Mathieu; au folio no, le baptême de Jésus-Christ et saint Marc; au folio 167, la Nativité de la sainte Vierge et saint Luc, et au folio 161 Jésus-Christ aux Limbes et saint Jean.

Nous avons parmi ces images choisi la Nativité de la sainte Vierge pour la reproduire, parce que nous avons peu de ces sujets, tandis que la Nativité de Notre-Seigneur se trouve partout, avec les mages, les bergers, saint Joseph, la tête appuyée sur la main, les femmes lavant l’enfant, etc.

M. Labarte parle avec éloge de ce manuscrit et signale la Nativité de la sainte Vierge qui est précisément l’image qui convient le mieux à notre sujet : devant un fond de riche architecture, sainte Anne est couchée sur un lit d’or drapé en violet noir, et couvert d’un drap blanc jaune bordé de trois raies bleues et rouges. Son manteau est noir et sa robe brune. Un vieillard, assis au pied du lit, écrit sur des tablettes qu’il tient de la main gauche en même temps que les plis de son manteau rouge; sa robe est bleue; dix

îemmes sont occupées au service ou regardent la scène ; en général leurs vêtements sont bleus et rouges. On remarquera les détails d'ameublement :1e berceau en bois, la baignoire en or, ainsi que le trépied sur lequel on a placé la baignoire pour la faire chauffer. C’est une des œuvres les plus agréables de ces belles collections.

Ivoire Bar berini. (Pl.IVetCI.) — On conserve Ç ou , T f) «us ouuæ ^ ja bibliothèque Barberini un diptyque d’ivoire > i . il i , p-2* i ■ dont les deux volets, chacun de om, 15 de large sur toJL- XXXV';;- om, 20 de hauteur, ont été fixés côte à côte sur une

même planche. Sur l’un d’eux on voit, au centre, la sainte Vierge tenant l’enfant Jésus dans ses bras, puis tout autour, à une échelle de moitié, différentes scènes de son histoire. Dans la ligne supérieure, en commençant par la gauche, saint Joachim et sainte Anne ou l’Immaculée-Conception, la Nativité de la sainte Vierge, sa présentation au temple; puis, redescendant à gauche, l’Annonciation, la Visitation, à droite encore une présentation de Marie, au-dessous son mariage, et, dans les lignes inférieures , la Purification, la glorification de la sainte Vierge et son Assomption.

Ces sujets, dit Benoît XIV \ font voir la dévotion à la sainte Vierge ; et leur nombre de dix comme au saint Rosaire institué au commencement du xme siècle par saint Dominique, rappelle divers mystères du Christ et de la sainte Vierge.

La Nativité delà sainte Vierge nous montre sainte Anne couchée et recevant un breuvage d’une servante qui entre dans sa chambre. La sainte Vierge est couchée dans un petit berceau

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