Ann. arch.; XXXVI
'Evangile de la Nativité s’exprime ainsi :
« Anne enfanta une fille et elle lui donna le nom de Marie. Lorsqu’elle l’eut sevrée la troisième année, ils allèrent ensemble, Joachim et sa femme Anne, au temple du Seigneur, et, présentant des offrandes, ils remirent leur fille Marie, afin qu’elle fût admise parmi les vierges qui demeuraient le jour et la nuit dans la louange du Seigneur. Et lorsqu’elle fut placée devant le temple, elle monta en courant les quinze degrés sans regarder en
arrière et sans demander ses parents, ainsi que les enfants le font
d’ordinaire. Et tous furent remplis d’admiration à cette vue, et les prêtres étaient saisis d’étonnement h
« ... Marie était un objet d’admiration pour tout le peuple, car lorsqu’elle avait trois ans, elle marchait avec gravité, et elle s’adonnait si parfaitement à la louange du Seigneur, que tous étaient saisis d’admiration et de surprise ; elle ne paraissait pas une enfant, mais elle paraissait déjà grande et pleine d’années, tant elle vaquait à la prière avec application et persévérance. Sa figure resplendissait comme la neige, de sorte que l’on pouvait à peine contempler son visage. Elle s’appliquait au travail des ouvrages de la vie, et tout ce que des femmes âgées ne pouvaient faire, elle l’expliquait, étant encore dans un âge aussi tendre. Elle s’était fixé pour règle de s’appliquer à l’oraison depuis le matin jusqu’à la troisième heure et de se livrer au travail manuel depuis la troisième heure jusqu’à la neuvième. Et depuis la neuvième, elle ne discontinuait pas de prier jusqu’à ce que l’ange du Seigneur lui eût apparu, et elle recevait sa nourriture de sa main, afin de profiter de mieux en mieux dans l’amour de Dieu. De toutes les vierges plus âgées qu’elle et avec lesquelles elle était instruite dans la louange de Dieu, il ne s’en trouvait point qui fût plus exacte aux veilles, plus instruite dans la sagesse de la loi de Dieu, plus remplie d’humilité, plus habile à chanter les cantiques de David, plus gi-acieuse de charité, plus pure de chasteté, plus parfaite en toute vertu, car elle était constante, immuable, persévérante, et, chaque jour, elle profitait en dons de toute espèce. Nul ne l’entendit jamais dire du mal, nul ne la vit jamais se mettre en colère. Tous ses discours étaient pleins de grâce et la vérité se manifestait dans sa bouche. Elle était toujours occupée à prier et à méditer la loi de Dieu 2. »