‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 117 sur 458 · Gori, III · texte numérisé non relu

Gori, III

ous commencerons ce chapitre, comme les précédents, par des extraits des Évangiles apocryphes, et d’abord par celui de la vie de saint Joseph, Quelque opinion qu’on se forme de la vérité des faits qui la composent, elle fournit au moins la preuve irrécusable de la haute vénération et du culte pieux dont l’époux de la Vierge mère fut environné au sein des populations naïves que cette histoire charmait.

L’histoire de Joseph est censée racontée par Jésus :

« Lorsque Joseph le juste devint veuf, Marie, ma mère bénie, sainte et pure, avait

CH. II

accompli sa douzième année ; ses parents l’avaient offerte dans le temple, lorsqu’elle n’avait que trois ans, et elle passa neuf ans dans le temple du Seigneur. Alors, quand les prêtres virent que cette vierge sainte et craignant Dieu entrait dans l’adolescence, ils parlèrent entre eux, disant : « Cherchons un homme juste et pieux auquel nous « confierons Marie jusqu’au temps des noces, de crainte que, si elle reste dans le « temple du Seigneur, il n’arrive que nous péchions en son nom et que Dieu ne s’ir- « rite contre nous 1. »

Le protoévangile de saint Jacques est aussi d’une antiquité vénérable 5 il est antérieur au milieu du 11e siècle, puisqu’il a été cité par saint Justin; il est d’origine palestinienne et contient vraisemblablement quelques traits recueillis de la bouche même de saint Jacques, parent de Notre-Seigneur et premier évêque de Jérusalem, sous le nom duquel l’auteur a dissimulé le sien. Le culte de Marie est donc garanti en Orient par un témoignage voisin des apôtres, comme il est attesté en Occident par les peintures des catacombes, les écrits de saint Irénée, etc.

L’auteur, après avoir raconté la conception de Marie, sa nativité, son séjour au temple, arrive au mariage. Zacharie, sur l’ordre de l’ange, convoque tous les hommes non mariés en leur disant d’apporter chacun leur baguette, Dieu devant montrer son choix par un signe. « Joseph, déposant ses outils, se réunit à ceux qui allaient au grand prêtre chacun avec sa baguette. Le grand prêtre, ayant pris toutes les baguettes, entra dans le temple et en sortit après avoir prié. Il les rendit ensuite au maître de chacune, et aucun signe ne se manifesta. Joseph prit la dernière et aussitôt une colombe en sortit et vola sur sa tête. Le grand prêtre lui dit alors : « La voix de Dieu t’a choisi « pour que tu prennes la vierge de Dieu confiée à ta garde. » Joseph refusa en disant : « J’ai des fils et je suis vieux, tandis qu’elle est toute jeune. Je crains par là de devenir « ridicule aux yeux des enfants d’Israël. » Mais le grand prêtre l’effraya par l’exemple des punitions que Dieu inflige à ceux qui lui désobéissent. Joseph la prit et lui dit : « Marie, je te conduirai dans ma maison, j’irai à mon travail et je reviendrai ensuite « vers toi. »

« Les prêtres cependant se réunirent en disant : « Faisons un voile pour le temple du Seigneur. » Le prince des prêtres ajouta : « Appelez auprès de moi les vierges « pures de la tribu de David. » On lui en amena sept et lui-même se souvint que Marie était pure et de la tribu de David. Il fit tirer au sort pour connaître celles qui devaient filer l’or, le byssus, l’hyacinthe, l’écarlate et la vraie pourpre. La pourpre échut à Marie, qui l’emporta et la fila 2. »

1 Brunet, p. 22.

Page 1