‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 118 sur 458 · Fabricius, Hambourg, 1709, 166. Brunst · texte numérisé non relu

Fabricius, Hambourg, 1709, 166. Brunst

L’Evangile de la nativité contient aussi quelques détails intéressants et qui semblent confirmer ceux qu’on vient de lire :

« Le grand prêtre dit : « Que quiconque est sans épouse vienne et qu’il apporte une « baguette en sa main. » Il se fit que Joseph vint avec les jeunes gens et qu’il apporta sa baguette. Et lorsqu’ils eurent tous remis au grand prêtre les baguettes dont ils étaient munis, il offrit un sacrifice à Dieu... Le lendemain, ils vinrent tous et le grand prêtre apporta les baguettes. Et lorsqu’il les eut distribuées toutes au nombre de trois mille et qu’il ne sortit de colombe d’aucune d’elles, le grand prêtre Abiathar se revêtit de l’habit sacerdotal et des douze clochettes, et, entrant dans le Saint des saints, il offrit le sacrifice. Et tandis qu’il était en prière, l’ange lui apparut en disant : « Voici cette « baguette très-petite que tu as regardée comme néant; lorsque tu l’auras prise et don- « née, c’est en elle que se manifestera le signe que je t’ai indiqué. » Cette baguette était celle de Joseph... Et, tandis qu’il se tenait humblement le dernier de tous, le grand prêtre Abiathar lui cria d’une voix haute : « Viens et reçois ta baguette, car tu es « attendu. » Et Joseph s’approcha épouvanté, car le grand prêtre avait appelé en élevant la voix. Et lorsqu’il étendit la main pour recevoir sa baguette, il sortit aussitôt de l’extrémité de cette baguette une colombe plus blanche que la neige et d’une beauté extraordinaire ; et, après avoir longtemps volé sous les voûtes du temple, elle se dirigea vers les cieux. Alors tout le peuple félicita le vieillard en disant : « Tu es devenu heu- « reux dans ton grand âge, et Dieu t’a choisi et désigné pour que Marie te fût con- « fiée. » Et les prêtres lui dirent : « Reçois-la, car c’est sur toi que le doigt de Dieu « s’est manifesté. » Joseph, leur témoignant le plus grand respect, leur dit avec confusion : « Je suis vieux et j’ai des fils; pourquoi m’avez -vous remis cette « jeune fille? » Alors le grand prêtre Abiathar lui : u Souviens-toi, Joseph, comment « ont péri Dathan et Abiron, parce qu’ils avaient méprisé la volonté de Dieu; il t’en « arrivera de même si tu te révoltes contre ce que Dieu te prescrit. » Joseph répondit :

« Je ne résiste pas à la volonté de Dieu; je voudrais savoir lequel de mes fils doit « l’avoir pour épouse. Qu’on lui donne quelques-unes des vierges, ses compagnes, avec « lesquelles elle demeure en attendant. Le grand prêtre Abiathar dit alors : « On lui « accordera la compagnie de quelques vierges pour lui servir de consolation, jusqu’à ce « qu’arrive le jour marqué pour que tu la reçoives ; car elle ne pourra pas être unie en « mariage à un autre. » Alors Joseph prit Marie avec cinq autres vierges, afin qu’elles fussent dans sa maison avec Marie. Ces vierges se nommaient Rebecca, Saphora, Suzanne, Abigée et Zahel, et les prêtres leur donnèrent de la soie, et du lin, et de la pourpre. Elles tirèrent entre elles au sort quelle serait la besogne réservée à chacune d’elles. Et il arriva que le sort désigna Marie pour tisser la pourpre, afin de faire le voile du temple du Seigneur. » (Brunet, 191.)

CfL II. — MARIAGE DE LA SAINTE VIERGE.

NOTES ARCHÉOLOGIQUES

Ces récits, quoique mêlés sans doute de fables, doivent avoir un fond véritable pour que des hommes du génie de saint Jérôme ne les aient pas entièrement repoussés. Alors, dit ce saint docteur paraphrasant les apocryphes1, le pontife annonçait publiquement que les vierges du temple en âge de se marier devaient retourner dans leur maison et faire leurs noces suivant l’usage de leur nation. La sainte Vierge, à cet avis, répondit naïvement que c’était impossible, parce que ses parents l'avaient consacrée au service divin et surtout parce qu’elle avait ellemême voué sa virginité à Dieu. Les prêtres admirant une chose si nouvelle, comme dans toute affaire douteuse, voulurent consulter Dieu; aussitôt tous entendirent une voix qui sortait du lieu où était le propitiatoire et ordonnait de chercher celui à qui la Vierge serait confiée et mariée. La voix prescrivit que tous ceux de la maison et de la famille de David, susceptibles d’être mariés et qui ne l’étaient pas encore, apportassent leurs verges. Celui dont la verge aurait fleuri et sur le sommet de laquelle une colombe se poserait, devait être l’époux de la Vierge. Ce n’était pas une chose extraordinaire de consulter le sort pour connaître par un signe extérieur la volonté de Dieu. C’est ainsi que la verge d’Aaron avait fleuri et qu’Aaron fut désigné comme prêtre ( Nombres , vu, 17); Saiil fut désigné par le sort (I, Rois, ch. x), saint Mathias également; (oAct., I, É 6). Le sort indiqua la culpabilité d’Acham en désignant d’abord la tribu, puis la famille, puis le coupable (Nomb., vu, 17).

Parmi les prétendants se trouvait un homme de la maison et de la race de David, nommé Joseph. Seul, il n’apporta pas sa baguette. Aucun des signes prédits par l’oracle ne s’étant manifesté, le pontife l’interrogea de nouveau et reçut cette réponse, que le seul qui n'avait pas apporté

1. Saint Jérôme, Summa auren, III, 1J33. Tout ce que l’on possède de plus [authentique au sujet de saint Joseph a été recueilli avec soin par D. Calmet dans une dissertation spéciale.

de baguette devait épouser la Vierge. Joseph, étant ainsi découvert, apporta sa baguette et aussitôt une colombe, descendant sur son extrémité, montra à tous qu’il devait être l’époux de la Vierge.

Saint Joseph. — Il semble que l’Écriture sainte se soit plu à couvrir de voiles la mémoire de saint Joseph comme pour montrer aux hommes que les plus glorieux dans le ciel sont les plus humbles et les moins connus en ce monde: Nous sommes donc obligé, pour pénétrer jusqu’à cette douce et chaste figure, de recourir aux légendes ou à des traditions peu certaines.

D’après ces sources, Joseph serait né à Nazareth , et, par une disposition providentielle, il aurait été habiter Jérusalem à cause de quelques revers de fortune, au moment où l’on cherchait un époux à la bienheureuse Vierge. Il aurait eu alors trente-trois ans ; il était d’un extérieur agréable et d’une modestie incomparable. 11 était parent de Marie au troisième degré.

Joseph, quoique pauvre, était de race davidique ; le sang de vingt rois coulait dans ses veines, et, quoique sa famille se fût fondue dans le peuple, comme celles de Moïse et de Samuel, on savait son illustre origine. De nos jours, les derniers Abassides qui végètent au fond de l’Hedjaz n’en sont pas moins respectés comme les descendants d’Aaron-al-Raschild, et aucune famille d’Arabie ne dédaignerait de s’allier à eux b

Son âge a fait l’objet des suppositions les plus contradictoires; la légende que nous rapportions tout à l’heure nous le montre jeune. Olivier Conrad 2, au xvu siècle, professait la môme opinion : « Le benoit sainct Joseph n’estoit casse ne debelite de vieillesse quand lui vierge prit épouse la tressacrée et pure Vierge Marie. »

Isaïe a dit : « Habitavit cum virgine. » Il est vrai que saint Augustin place la jeunesse entre

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