‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 125 sur 458 · Légendes. — Darras · texte numérisé non relu

Légendes. — Darras

rhandourah une tunique de laine ou de soie bordée de larges bandes d’une couleur différente de celle du fond. Les plis de la tunique étaient retenus par une large ceinture; elle avait des manches courtes, très-larges à l’extrémité, serrées à l’épaule. Une calotte entourée d’une ou deux longues pièces d’étoffe enroulées servait de coiffure : c’est le turban des Arabes. La chaussure se composait de sandales attachées au-dessus du pied et à la cheville par des courroies. La ceinture était plus ou moins ample, plus ou moins riche, suivant les temps et les personnes. Les cheveux étaient retenus par un peigne.

Dans les circonstances où il était nécessaire d’avoir une mise plus élégante, les Juives portaient pour habit de dessus le chetoneth ou petite tunique descendant à la hauteur des hanches, entrouverte par le bas aux deux côtés et au haut de la poitrine. Le chetoneth était orné, brodé plus ou moins richement, suivant la fortune des familles. Elles jetaient par-dessus le manteau nommé simla lorsqu’il était simple, et diploïde lorsqu’il était double.

Elles avaient la tête couverte d’un voile; quelques-unes le laissaient pendre entièrement sur le visage, le plus grand nombre seulement jusqu’à la moitié du front.

A Nazareth, le chetoneth se porte blanc sur la tunique bleue; la ceinture est blanche également, avec ses bouts retombant jusqu’à terre L

Culte de saint Joseph. — Le souvenir du mariage de Marie nous oblige à rappeler en quelques mots le culte que les siècles ont rendu à saint Joseph et qui s’identifie avec l’honneur qu’ils ont sans cesse professé pour cette noce virginale.

Saint Bernardin s’étonne que l’Eglise n’ait pas plus tôt étendu ce culte; il l’explique par deux motifs : le premier, c’est que saint Joseph descendit aux limbes comme appartenant à l'Ancien Testament; la seconde, c'est que, pour ne pas scandaliser les hérétiques, l’Eglise ne l’appelle père qu’avec la qualification de putatif. On peut

i. L’ab. Lecanu, p. 91.

ajouter la coutume où étaient les premiers docteurs de ne célébrer que la fête des martyrs. J’aimerais mieux penser que la Providence, toujours en vue de glorifier en lui la personnification de l’humilité, ait voulu que les siècles entourassent sa mémoire de plus d’honneurs à mesure qu’ils s’éloignaient de sa vie mortelle. Nous remarquons, en effet, cette marche ascendante et miraculeuse de son culte, à mesure que dans l’ordre des choses humaines son humble existence aurait dû s’oublier davantage.

Au xiie siècle, on portait souvent le nom de Joseph. — Un chanoine de Chartres, très-dévot à saint Joseph, voulut par son testament qu’au jour de sa mort le chapitre fît solennellement la mémoire de ce grand saint. Jean Gerson (xive siècle), chancelier de l’université de Paris, proposa de remplir ce vœu en instituant une fête du mariage de saint Joseph et de la sainte Vierge. Le légat du pape donna son adhésion à cette proposition.

Les Avignonnais disent que c’est chez eux que la dévotion à saint Joseph a pris son premier développement. Le pape Grégoire XI, siégeant à Avignon, bâtit à Saint-Agricole une chapelle en son honneur.

Au xvie et au xvnc siècles, on l’invoquait de plus en plus, dans la croyance qu’il avait beaucoup de crédit sur son épouse dans le ciel et par elle sur le Sauveur; on l’invoquait surtout au moment de la mort, parce qu’il avait eu la mort la plus heureuse entre Jésus et Marie1. Un induit de Benoît XIII, du 2 août 17252, approuva ce culte pour toute la catholicité; enfin Pie IX vient de mettre le comble à ses glorieux privilèges en le déclarant patron de l’Église universelle.

La fête du mariage de la sainte Vierge ne paraîtguère avoir été célébrée avant le xive siècle, où Gerson se donna beaucoup de peine pour en obtenir l’établissement3. Elle ne fut définitivement instituée qu’en 1546 par Paul III. O11 la

Page 1