‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 141 sur 458 · Conception de la bienheureuse Vierge Marie · texte numérisé non relu

Conception de la bienheureuse Vierge Marie

Et zyma scoriæ Tollat de medio

Velamen litteræ Yirtute nuntii.

Mittit ad virginem Non quemvis angelum, Sed Fortitudinem Suum Archangelum Araator hominis.

Superbiensium Terat fastigia, Colla sublimium Calcans vi propria Potens in prælio.

Accédé, nuntia, Die, ave, cominus; Die, Plena gratia; Die, tecum dominus Et die, ne timeas.

Fortem expédiât Pro nobis nuntium, Naturæ faciat Ut judicium In partu virginis.

Foras ejiciat Mundanum principem, Matremque faciat Secum principem Patris imperii.

Virgo, suscipias Dei depositum,

In quo perficias Casta propositum, Et votum teneas.

Natuiam superet Natus rex gloriæ Regnet et imperet

Exi qui mitteris Hæc doua dicere Révéla veteris

Audit et suscipit Puella nuntium, Crédit et concipit.

CH. III. — ANNONCIATION

pour nous annoncer de tels biens; soulevez par votre message le voile de la lettre antique. Approchez, annoncez et dites : je vous salue; dites— lui : pleine de grâce ; dites-lui : le Seigneur est avec vous, dites encore : n’ayez aucune crainte. Vierge, recevez le dépôt de Dieu; par lui vous accomplirez sa volonté, tout en restant pure et en gardant votre vœu de chasteté. La Vierge entend et reçoit ce message ; elle croit, conçoit et enfante un fils, mais un fils admirable. Le conseiller du genre humain, le Dieu des forts, et le père qui doit donner une paix durable à ses enfants. Que son immutabilité nous fasse demeurer dans la voie du salut, de peur que la fragilité humaine ne nous entraîne avec elle dans le précipice. Que le dispensateur du pardon nous l’accorde, et qu’ayant obtenu notre grâce,

par la mère des grâces, il vienne habiter en nous. Le roi des rois est né, et le roi du Ciel daigne cacher dans le sein de la Vierge la puissance de sa divinité. Qu’il nous accorde le pardon de nos péchés, qu’il nous relève de nos fautes et qu’il nous donne une patrie dans le royaume des deux.

Ad. de Saint-Victor. — Nous traduisons quelques strophes d’Adam de Saint-Victor sur le même sujet, qui sont d’une versification trèsfacile 1 : « Gabriel envoyé des Cieux, ce fidèle messager du Verbe, par des discours crés, entretient la bienheureuse Vierge, il jette dans la salle une parole heureuse et suave, et d ’Eva il fait Q/îve, en renversant le nom d’Ève; il chasse la crainte, il donne la consolation ; car, dit-il,

Et parit filium Sed admirabilem.

Consiliarium Humani generis,

Et Deum fortium Patremque posteris In pace stabilem.

Cujus stabilitas Nos reddat stabiles, Ne nos labilitas Humana labiles Secum præcipitet.

Sed dator veniæ, Concessa venia,

Per matrem gratiæ, Obtenta gratia In nobis habitet.

Natura premitur In partu virginis, Rex regum nascitur.

Vim celans numinis, Et rector superum.

Qui nobis tribuat Peccati veniam, Reatus diluât,

Et donet patriam In arce siderutn.

F. Clément, 426. Liturgie catholique, par l’ab. Pascal. Migne, VIII, col. 72.

1. Missus Gabriel de Cœlis Verbi bajulus fidelis Sacris disserit loquelis Cum beata virgine.

Verbum bonum et suave Pandit intus in conclave Et ex Eva format Ave Eva verso nomine.

Metum pellit, dat solamen; Nam per sacrum, inquit, flamen Et virtutis obumbramen Deo gravidaberis.

Mater fiant, inquit ilia,

Cujus vera sum ancilla:

Salva tamen sint sigilla Pudoris, ut loqueris.

Conscquenter, juxta pactum, Adest Verbum caro factum :

Super tamen est intactum Puellare gremium.

Patrem parens ignorât Et, quam homo non déflorât,

Non torquetur nec laborat Quando parit Filium.

Signum audis novitatis Crede solum et est satis :

Non est tuæ facultatis Solvere corrigiam.

Grande signum et insigne Est in rubo et in igné Ne appropiet indigne Calceatus quispiam.

Virga sicca sine rore,

Novo ritu, nove more Fructum protulit cum flore :

Sic et virgo peperit.

Benedictus talis fructus, Fructus gaudii, non luctus, Non erit Adam seductus Si de hoc gustaverit.

Jésus noster, Jésus bonus, Piæ matris pium onus,

Cujus est in cœlo thronus, Ponitur in stabulo.

Quis sic est pro nobis natus.

Nostros deleat reatus,

Quia noster incolatus Hic est in periculo.

F. Clément, p 2 6,

ICONOGRAPHIE

par un souffle sacré et par la vertu de l’ombre de Dieu, vous concevrez. — « Que je devienne, dit-elle, la mère de celui dont je suis véritablement la servante pourvu, comme tu le dis, que le sceau de la pureté reste intact. » Alors, selon le traité, le Verbe descend et se fait chair dans le sein qui reste virginal. — Mère concevant sans père, en laissant la fleur toute pure, elle n éprouve ni torture ni douleur quand elle enfante son fils. Vous voyez un signe, d’une merveilleuse nouveauté, croyez seulement et inclinez-vous, car il vous est impossible de trouver le nœud d’un tel mystère. Un signe grand et extraordinaire apparaît dans le buisson ou dans le feu de peur qu'indignement quelqu’un s’approche avec ses chaussures. La verge desséchée, sans rosée par une nouvelle manière, par une nouvelle loi produit un fruit avec une fleur ; c’est ainsi que la Vierge a conçu. Il est béni un tel fruit; fruit de joie, et non de deuil. Adam n’eut pas été séduit s’il y avait goûté. Notre Jésus, le bon Jésus, pieux fardeau de sa pieuse mère dont il est le trône dans le Ciel est déposé dans une étable. Puisse celui qui pour nous est ainsi né effacer nos fautes, car notre séjour sur la terre nous met en péril !

Voici enfin une strophe tirée d’un ancien missel :

« Réjouissez-vous, Vierge, mère du Christ, vous qui l’avez conçu dans votre virginale intégrité.

# Partez, envoyé de l’Éternel, racontez ces merveilles, découvrez le voile de l'antique loi, en vertu de votre céleste message h »

1 Gaude Virgo, mater Christi,

Quæ per aurem concepisti.

Gabriele nuntio.

Exi, qui mitteris,

Hæc dona dissere,

Révéla veteris Velamen litteræ Virtute nuntii.

Dairas, Légendes de la sainte Vierge , p. 87 (ex missali romano et parisiensi veteri de Ballinghem).

ICONOGRAPHIE

De tous les mystères de Notre-Dame ou de la sainte Vierge qui ont été représentés dans l’antiquité, celui de l’Annonciation^ est un des plus anciens. Nous le trouvons de les catacombes c’est également un de ceux qui ont été le plus souvent offerts à la dévotion des fidèles.

Nous achèverons la description complète des monuments qui contiennent avec l’annonciation d’autres scènes relatives à la sainte Vierge, lorsque nous ne jugerons pas utile d’y revenir dans le cours de l’ouvrage.

IIe ET IIIe SIÈCLES.

Cimetière Priscille. — La plus ancienne peinture de l’Annonciation semble avoir été faite au 11e ou 111e siècle, au cimetière Priscille. L’ange, sous la forme d’un jeune homme drapé du pallium au-dessus de sa tunique, sans attributs et sans ailes, étend la main droite vers une jeune fille dont la main droite est appuyée sur le bras de son fauteuil et qui soulève la main gauche 1. Bottari fait remarquer que le marchepied attaché au siège est une caractéristique des vierges qui doivent demeurer dans leurs maisons : « Sellœ ut foras pedes virgo non moveat. »

v° SIÈCLE.

Nous franchissons le ive siècle où nous n’avons pas trouvé ce sujet et nous arrivons au grand arc de Sainte-Marie Majeure, dont les belles mosaïques présentent les scènes de l’enfance du Sauveur. Dans l’Annonciation2, la sainte Vierge est environnée d’un groupe d’anges, coiffée en che-

1. Les anges reçus par Abraham dans une mosaïque de Sainte-Marie-Majeure sont dépourvus d’ailes. Êv. I, p. 2, VII, fig. 1, notes sur les ailes des anges.

Bosio II, 297.

Évang ., p. VII, p. 11.

Garrucci : Storia dell’arte cristiana.

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