‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 149 sur 458 · Traduction de M. Paul Durand · texte numérisé non relu

Traduction de M. Paul Durand

inscription, si souvent répétée dans le musée chrétien : Donum Pii IX; c’est une fine peinture qui retrace en douze compartiments les principaux traits de la vie de Notre-Seigneur et de la sainte Vierge : la ligne d’en haut représente, en commençant par la gauche, la Présentation de la sainte Vierge, l’Annonciation, l'Adoration des mages et des bergers; à la ligne suivante, le Baptême, la Résurrection de Lazare, l’Entrée à Jérusalem; sur la troisième ligne, le Crucifiement, les Limbes, la Pentecôte; et sur la dernière enfin, l’Ascension, la Transfiguration et l’Assomption.

Les quatre clous du Crucifiement et l’absence de couronnes pour les mages semblent assigner cette peinture au xie ou xne siècle. Cette peinture, appelée en Orient le tableau des Dou\e Fêtes, n’est peut-être pas fort ancienne ; en tout cas, elle rappelle certainement les types des plus vieilles époques.

Pendant que nous l’avons devant les yeux, décrivons-le complètement, afin de n’y plus revenir dans nos autres articles iconographiques :

i° Présentation. Nous avons copié les sujets où se trouve la sainte Vierge, en commençant par celui où la sainte Vierge, jeune tille, est offerte dans le temple au Seigneur, par ses parents ; cette scène assez rare, est gracieusement représentée. Le prêtre bénit Marie ; saint Joachim et sainte Anne sont derrière et suivis de jeunes tilles portant des cierges.

20 L oAnnonciation est au milieu de la ligne supérieure du tableau : la sainte Vierge, assise en dehors de sa maison, se détourne et regarde en l’air l'ange qui arrive en la bénissant : au fond, architecture assez simple, et sur le devant un prie-Dieu où l’on voit le vase avec lequel elle venait de puiser de l’eau, et un autre vase duquel sortent des lis.

y L’oAdoration des bergers et des mages, et la Nativité, sont réunis dans la même composition, une grotte et des rochers aigus occupent

CH. III

ANNONCIATION

presque tout l’espace. A droite, la sainte Vierge, à demi couchée sur son lit, tient son enfant emmaillotté dans ses bras. Saint Joseph est debout dans la grotte, l’enfant couché dans la crèche devant les deux animaux; trois bergers apparaissent sur le premier plan, appuyés sur leur bâton ; derrière un pli de terrain, les mages se hâtent d’arriver avec leurs présents, ils n’ont pas de couronnes, mais des flammes au-dessus de la tête, symbole peut-être du feu divin qui les guide et les éclaire. Cette flamme se retrouve dans un manuscrit du xie siècle de date certaine.

4° Le Crucifiement commence la troisième bande : le Crucifié est attaché avec quatre clous, la sainte Vierge le regarde en élevant la main droite. Saint Jean pleure, en portant la main droite à sa figure; une tête de mort, trophée du Calvaire, est au pied de la croix.

50 G Ascension . — Notre-Seigneur s'élève dans une auréole portée par des anges , la sainte Vierge au-dessous avec le monogramme MP — 0T, et les apôtres, debout dans des positions variées, regardent le ciel. Des rochers dans le fond indiquent que la scène se passe sur le mont des Oliviers.

Au milieu, la sainte Vierge prie, et ses pieds posent sur un escabeau qui l’élève au-dessus des apôtres, qui foulent le sol vert d’une prairie. Elle est donc là tout à fait distincte et supérieure aux disciples qui l’environnent. Si l’on se rappelle le célèbre tableau de Saint Clément qui a donné lieu à une intéressante controverse, on verra peutêtre ici un motif pour admettre qu'il représente une Ascension et non une Assomption.

6° La dernière image de ce charmant tableau est Y oAssompiion. La sainte Vierge est couchée; par derrière, Notre-Seigneur prend dans ses bras une petite figure qui la représente. Deux anges, confondus avec les autres spectateurs, l'accompagnent. Les apôtres environnent le lit, et ne semblent pas voir l’action de Jésus-Christ. C’est la troisième des images qui semblent

réunir le ciel et la terre, l’Ascension, la Transfiguration et l’Assomption. L’auteur n’a pas voulu faire là une simple dormition en plaçant cette scène sur la même ligne que l’Ascension dont elle est le pendant. On est donc encore une fois en droit de dire que l’Assomption, peinte sous cette forme, n’a rien de commun avec le ravissement des saints et l’enlèvement de leur âme au ciel, que l’on représente souvent après leur mort.

Parmi les exemples de cette manière de représenter l’Assomption, nous pourrions citer un tableau grec peint sur bois, de très-petite dimension, calqué par d’Agincourt et qu’à tort il considère comme l’ensevelissement de la sainte Vierge. (Voir oAssomption.)

XIe SIÈCLE.

Ivoire de Tongres. (PL CXXXV.) — Parmi les objets religieux exposés au Congrès de Malines en 1864, nous avons dessiné un joli ivoire venant d’un village aux environs de Tongres, et exposé sous le n° 28. C’était une couverture de livre représentant une Annonciation et au-dessous une Visitation. L’Annonciation a om,o8 à om,op de hauteur. Pour donner une idée de la valeur de ce petit objet, on dit qu’acheté dans le village pour 30 francs, puis revendu 100 francs, on en voulait 8,000 francs.

La sainte Vierge tient une fleur de la main gauche et ouvre la droite, elle est assise devant une maison à arcades. L’ange lève la main droite.

Bibliothèque nationale , manuscrit grec , 74. (Pl. XV.) — Le joli manuscrit grec du xie siècle conservé à la Bibliothèque nationale, sous le numéro 74 % donne l’Annonciation comme à Venise.

La sainte Vierge puise de l'eau à une fontaine dans un vase d'or auquel pend une corde; elle porte un large manteau, un nimbe d’or;

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