‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 177 sur 458 · Orsini, p · texte numérisé non relu

Orsini, p

J. Trombelli.

Sulpice Sévère indique Sabinus et Ruffinus en 750 comme les consuls sous lesquels est né le Christ; Cassiodore : Cornélius Lentulus et Valé-' rius Messala ou Messalinus, en 751 ; de Castro: Auguste et Silanus, en 752. Dans cette hypothèse le Christ avait trente ans la quinzième année du règne de Tibère qui correspond à l’an de Rome 782.

Eusèbe de Césarée, saint Epiphane, Bède, Nicéphore, marquent la naissance du Christ à la quarante-deuxième année du règne d’Auguste. De Castro, reconnaissant que la chronologie de la naissance et de la mort de Jésus-Christ se rattache à l’histoire romaine, fait les calculs suivants :

Octave est né sous les consulats de Cicéron et d’Antoine en 691.

Jl commença à s’emparer de l’empire à la mort de César en 710.

Il obtint son premier consulat l'année qui suit cette mort, 7x1.

Il avait vingt-un ans lorsqu'il établit son triumvirat avec Antoine et Lépide; ce triumvirat dura douze ans, ou mieux onze ans neuf mois et six jours, du premier au troisième consulat jusqu’à la bataille d’Actium, 723.

Le treizième consulat d’Auguste tombe en l’année 752.

Il meurt sous les consulats deSex. Pompeius et de Sex. Apuleius, 767.

Il vécut donc soixante-treize ans dix mois et vingt-six jours, soit cinquante-sept ans depuis son premier consulat. Les autres chronologies ne s'accordent pas entre elles. La monarchie d’Auguste commença lorsqu’il se fut emparé exclusivement du pouvoir; ceux qui comptent vingt-sept ou vingt-huit ans, ajoute de Castro, n’ont pas étudié la question avec assez de soin. D’après ce compte, le Christ serait né en l’an 765 de Rome.

Eusèbe, dans sa chronique, dit que Jésus- Christ, fils de Dieu, est né à Bethléem la trentedeuxième année du règne d’Hérode. Il n’est pas difficile de dire combien d’années dura ce règne; excepté Bède qui compte trente-six ans, tous les

CH. Y. — NATIVITE DE NOTRE-SEIGNEUR

autres en marquent trente-sept, d’autres trenteneuf1. Après de longs calculs, il prouve que cette question sera éternellement discutée, et luimême semble indiquer qu’Hérode a survécu cinq ans au massacre des Innocents, tandis que nous verrons plus loin qu’il serait mort immédiatement après.

Les opinions ne sont pas moins divergentes sur la détermination du mois ; les commentateurs, avec des raisons plus ou moins plausibles, donnent successivement la préférence à chacun des mois de l’année. Le plus grand nombre adopte le jour indiqué par l’Église; il semble donc oiseux de nous arrêter sur ces controverses.

Le jour de la semaine n’a pas inspiré des opinions moins divergentes ; cependant les auteurs les plus graves, parmi lesquels saint Augustin, Baronius, Suarès, etc., se prononcent pour le dimanche comme étant d'ailleurs adopté par les anciens 2. Le jour du Seigneur, qui vit naître le Sauveur, fut celui où Dieu créa la lumière, ht pleuvoir dans le désert, alluma l’étoile devant les mages, le jour où il multiplia les cinq pains dans le désert, où il fut baptisé par Jean dans le Jourdain, où il ressuscita pour nous racheter, où le Saint-Esprit descendit sur les disciples. Tels sont les grands anniversaires sur lesquels est fondée l’observation du dimanche3.

L’heure est plus importante que les précédentes questions, au point de vue de l’iconographie. Hesychius dit que le Christ est né à tierce. Widmestadius, d'après un ancien manuscrit, indique Sexte; Clément Romain dit que c’est à la septième heure ; Anastase que c’est le soir ; mais presque tous les autres que ce fut la nuit, suivant l’opinion générale de l’Église4.

On ne peut guère douter qu’il ne fit nuit, lorsqu’on lit dans saint Luc que les bergers veillaient en gardant leurs troupeaux. Il reste donc à déterminer cette heure, qu’on a prétendu

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