Martigny, p
Sarcophages. — Un sarcophage découvert près de l’église Saint-Sébastien et qu’on voit, aujourd’hui au Latran, montre la sainte Vierge, l’enfant entouré de bandelettes, le bœuf et l’âne, les mages et un personnage que Boltari croit être saint Joseph , et qui figure bien plutôt un berger1. Bottari fait remarquer que l’enfant est entouré de bandelettes, fasciis. Selon la Vulgate, la sainte Vierge, après avoir donné le jour à son fils, l’enveloppe de linges, pannis } et non de bandelettes, fasciis. Le mot grec èrcapyavov peut bien s’appliquer à des bandelettes et justifie les anciens artistes de l’avoir employé.
Le tombeau de Cerconius à Ancône , de l’an 366, nous donne un nouvel exemple de l’antique représentation des animaux près de la crèche.
Un autre sarcophage, à Saint-Celse de Milan, représente l’enfant Jésus couché dans une crèche, mal protégé par le toit d’une pauvre cabane. Saint Joseph se tient debout, la hache de l’ouvrier à la main ; c’est un tout jeune homme, à la figure gracieuse, allongée et sans barbe, aux cheveux épais et un peu bouclés ; il est vêtu de la tunique à une seule manche, costume de travail que les anciens appelaient exomis 2.
On peut voir encore au Latran, à Arles et ailleurs, diverses sculptures antiques que nous avons publiées dans l’Évangile. Un éboulement survenu à Rome, en 1863, mit à jour le flanc d’une colline qui renferme le cimetière de Saint- Cyriaque; l’une des galeries superposées que la chute des terres a rendues ainsi à la lumière est ornée d’une fresque où figure la Nativité du Sauveur. Dans cette peinture, un mage levant le doigt au ciel y montre, au lieu de l’étoile, le monogramme constantinien 3.