Labarte, I
3. Les femmes syriennes portent une robe bleue, une tunique rouge et un voile blanc qui descend jusqu’à la ceinture ; mais les anciens artistes se préoccupaient beaucoup plus des modes romaines que de la fidélité pittoresque.
Ivoire de Werden. — La pyxide et le coffret d’ivoire de l’abbaye de Werden, en Westphalie, semblent appartenir au genre d’ouvrages que nous venons d’étudier et à peu près à la même époque. Sur la pyxide, saint Joseph est assis auprès de Marie et à côté de la crèche ; vêtu de la tunique et du pallium, il tient un bâton droit; sa figure est d’une pieuse et mûre gravité. Sur le coffret, c’est un jeune artisan en tunique échancrée qui se repose sur sa scie.
Bible syriaque. — Nous avons vu constamment jusqu’ici le bœuf et l’âne dans la scène de la Nativité. La Bible de Florence au vie siècle est le premier exemple que nous ayons rencontré où ils ne figurent pas et où la Nativité soit représentée ainsi dans toute sa simplicité; peutêtre la place a-t-elle manqué à l'artiste 1. La présence de ces animaux a été regardée comme un fait certain par divers écrivains de l’antiquité, entre autres par saint Jérôme. Baronius se rallie à cette opinion et la confirme par ce passage d’Isaïe : « Le bœuf connaît son acquéreur, et l’âne la crèche de son maître. » (Brunet, Histoire de la Nativité de Marie, p. 211.)
Fiole de Mon\a. (PI. XXXVI.) — Une des fioles de Monza nous présente la Nativité d’une manière très-noble et très-idéale ; lasainte Vierge n’est pas encore couchée comme on l’a figurée pendant tant de siècles, mais, au contraire, elle est assise sur un trône avec l’enfant sur ses genoux. Le Sauveur bénit d’une main et tient de l’autre le globe. Le trône est enrichi d’un dossier, de coussins et de montants avec moulures. Au-dessus du trône, deux anges montrent l’étoile qui brille au-dessus du groupe divin et le désignent à gauche aux mages, à droite aux bergers. Les bergers sont au nombre de trois; on aperçoit dans la partie inférieure leurs troupeaux