L’abbé Pascal, édition Migne, p
CH. VI. — LA PURIFICATION
l’église de Saint- Adrien à la basilique de Sainte- Marie-Majeure. Saint Cyrille de Jérusalem et saint Jean Chrysostome en parlent. Quelques personnes ont contesté l’opinion de Baronius, qui faisait substituer la fête de la Purification aux Lupercales, parce que, dans cette dernière, on ne portait pas de flambeaux. Cette objection tombe si les flambeaux n'étaient pas employés dans l’origine, mais ajoutés par Sergius. De plus, une autre version sur l’origine de la fête donnerait satisfaction à cette critique. Dans un discours qu’il prononça le jour de la Purification, Innocent III (1 198 -j- 12 1 6) dit que les honneurs rendus à la Vierge pendant cette fête ont remplacé ceux que les païens rendaient à Cérès quand, se promenant la nuit, des torches à la main , ils prétendaient avoir parcouru l’Etna pour retrouver Proserpine enlevée par Pluton.
Selon Benoit XIV la fête de la Purification, avec ses flambeaux, bien antérieurs à Sergius, futsubstituée auxAmburbales, pendant lesquelles les païens parcouraient la ville de Rome au mois de février. Ils sacrifiaient ainsi aux dieux infernaux pour célébrer la conquête de l’univers faite par les Romains et le tribut qu’ils avaient imposé à toutes les nations1.
En Angleterre 2 la célébration de la Purification remonte incontestablement à l’établissement de la foi. Le vénérable Bède, au sujet des processions qui avaient lieu dans la Rome païenne au mois de février, parle ainsi des fêtes chrétiennes, qui leur donnaient une autre forme et un nouvel objet : « La religion chrétienne avait changé ces usages, car dans le même mois, le jour de sainte Marie, le peuple avec les prêtres allaient par les églises, à certaines places de la ville, enchantant des hymnes; ils portaient dans leurs mains les cierges que l’évêque leur avait donnés. Cette coutume se répandit et le peuple ne tarda pas à faire de même, aux autres fêtes de la bienheureuse et toujours Vierge Mère.
1 Summa aurea, Benoît XIV, III, 1415.
a. Our lady’s Dowry } page 222.
Ces processions rappelaient les lampes des vierges prudentes qui accompagnent l’Epoux et entrent avec lui pour les noces dans la céleste cité1. »
Ces luminaires firent appeler la fête Chandeleur.
On lit dans une vieille homélie anglaise du xiie siècle, à propos de cette fête : « Ainsi que sainte Marie porte son royal enfant spirituellement dans son cœur, comme elle le porte matériellement dans ses bras, ainsi nous devons obéir à Notre-Seigneur Jésus-Christ dans nos cœurs, Fide et dilectione, par une foi droite, un amour ardent, et nous devons porter en nos mains des cierges allumés2. En notre Sauveur, le corps était extérieurement visible, son âme était invisible, mais la sagesse éclatait dans l’un et l’autre. Tout fidèle doit tenir en ce jour un cierge allumé comme Notre-Dame et sa sainte compagnie l’avaient. »
L’Anglo-Saxon Ælfric dit à propos de cette fête : « Les usages ecclésiastiques veulent qu’aujourd’hui nous portions des cierges à l’église pour les faire bénir et que nous allions ensuite avec ces lumières par les maisons de Dieu et en chantant des hymnes prescrites. Les hommes qui ne peuvent pas chanter doivent au moins porter des cierges, car, en ce jour, le Christ, la vraie lumière, fut porté au temple, lui qui nous racheta des ténèbres et fit briller à nos yeux l’éternelle clarté. »
En Angleterre, les protestants épiscopaux l’ont conservée comme celles de Noël et de l’Epiphanie, avec interdiction des œuvres serviles. Les chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit devaient se rendre chaque année à la chapelle du Roi avec leurs manteaux et colliers de l'ordre et raccompagner à la procession qui se faisait ce jour-là dans la ville de Versailles : elle eut encore lieu pour la derniere fois en 1791. «
La plus ancienne prose en l’honneur de la