‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 211 sur 458 · Bède, De temporum ra.tïone} cap. XII, édition Giles · texte numérisé non relu

Bède, De temporum ra.tïone} cap. XII, édition Giles

2. In Christo enim corpus et anima et divinitas et in candela cera exterius, luminulum interius ignis in arabobus.

FÊTE ET TÉMOIGNAGES

Purification commence par ces mots (on la trouve dans quelques missels du xne siècle) : « Ce peuple, ô Marie, vous vénère par ses accords et vous honore par un cœur pieux : vous tille vénérable et royale du noble Abraham, vous sortie de la race de David, très-sainte de corps, trèschaste de mœurs; vous êtes la Vierge la plus belle de toutes les vierges. Réjouissez-vous, ô mère et noble vierge qui avez cru à l'oracle de l’archange Gabriel et qui avez enfanté un fils 1. »

Saint Methodius. — On a conservé de saint Methodius un sermon sur la Purification de la sainte Vierge dont nous faisons les extraits suivants : « Salut encore, vous qui êtes notre joie éternelle ; car je reviens à vous, ô Marie. Vous êtes pour nous le commencement, le milieu et la fin de cette glorieuse lumière, vous êtes le plus précieux joyau delà couronne royale, la partie la plus belle de la victime offerte à Dieu, l’autel animé du pain de vie. Salut, ô trésor d’amour de Dieu le père; salut, source de l’humanité du fils; salut, montagne ombragée du Saint-Esprit. Vous avez été comblée de dons infinis; vous brillez des feux brûlants d’une charité plus ardente que l’éclat du soleil; vous avez mis au monde, dans le temps, Celui qui a été conçu avant le commencement; vous avez manifesté à nos regards le mystère ineffable et caché, le Fils invisible du Père, l’arbitre de la paix, Celui qui, par un miracle admirable, s’est fait plus petit même que les plus petits. Nous vous prions donc, ô la plus belle des créatures, au milieu des honneurs de votre glorieuse maternité, de vous souvenir sans cesse de nous, 6 très-sainte Mère de Dieu, de nous qui nous glorifions en vous et qui par d’augustes cantiques

i. Concentu parili hic te Maria veneratur populus te que piis colit cordibus.

Geaerosi Abrae tu filia veneranda regia.

De Davidis stirpe geuita.

Saactissima corpore castissima moribusque omnium pulcherrima Virgo virginum.

Lætare mater et virgo nobilis Gabrielis archangelico quæ oraculo credula genuisti clausafilium...(F. Clément.)

célébrons votre mémoire qui doit vivre éternellement et traverser tous les siècles. »

Voici encore quelques passages de saint Methodius auquel sa dévotion à la très-sainte Vierge valut peut-être la grâce du martyre :

« La mère de Dieu, supérieure à la loi, s’y soumet cependant ; celle qui était sainte et pure accepte une purification de quarante jours ; et celui qui délie de la loi s’en rend le sujet. Elle offre pour Celui qui nous sanctifie un couple d'oiseaux purs, en témoignage de ceux qui se présentent purs et sans péché.

« O très-sainte Vierge mère, avant votre enfantement, vous avez échappé à la destinée de la femme, afin que le Saint-Esprit, qui seul vous épousa et vous sanctifia, vous fît enfanter le premier-né, le fils unique du Père.

« O Vierge mère, siège glorifié du Saint-Esprit, digne de Dieu, vous avez montré aux hommes et aux esprits célestes ce miracle prodigieux. Les anges chantent dans un triple cantique votre triple sainteté; vous êtes heureuse dans toutes les générations de femmes, heureuse par Dieu, car par vous la terre a été remplie de la gloire de Dieu, comme on l’entend chanter dans les psaumes.

« Par vous, très-sainte Vierge, comme par un jour éclatant, amenant le soleil de la justice, l’effroyable horreur des ténèbres fut mise en fuite ; la puissance du tyran a été rendue vaine; la mort, détruite; l’enfer, englouti; toute inimitié renversée en présence de la paix. Les maladies nuisibles, repoussées par la grâce de la sainteté, et l’univers inondé par la lumière de la vérité la plus éclatante et la plus pure.

« Le prophète Isaïe avait autrefois annoncé par figure ce que la sainte mère de Dieu a accompli ; car, prenant sur son autel pur et immaculé ce charbon ardent, vivifiant et ineffable, revêtu de chair, et le serrant dans ses mains, elle l’offrit à l’homme juste, dont elle entendit ainsi les discours et les exhortations.

» Prenez, dit-elle, vieillard respectable et le meilleur des prêtres, prenez le Seigneur, et votre

CH. VI. — LA PURIFICATION

espoir sera accompli; prenez ce trésor inépuisable, ces richesses qu’on ne peut enlever, homme généreux; que ce buisson, qui a été une figure représentant le feu de la vérité, vous enseigne, vous si versé cependant dans la loi.

« Siméon lui répond : Que vous dirai-je, ô mère Vierge et Vierge mère? Je vous saluerai, fille de David, avec les cantiques de David, votre ancêtre. Ce serait triste et funeste de vous donner d'autres ornements que ceux qui font votre gloire. Recevez-les donc, madame, avec bienveillance, ces dons précieux qui ne conviennent qu'à vous, à vous plus élevée que toutes les générations; vous qui avez brillé avec plus d'honneur que toutes les créatures visibles et invisibles. Heureuse tige de Jessé, ô trois fois heureuse la maison où vous avez fleuri !

« Bien ! bien ! mère et servante de Dieu ; c’est merveille que Celui qui est le créancier de tous soit votre débiteur.

« Un prophète illustre a dit : « Qu'elle est « grande la maison de Dieu ! qu’il est grand son « domaine! Il n’a pas de limites, il est élevé et « immense. Certainement cet oracle prophétique,

» ces véritables paroles ne peuvent avoir que « votre grandeur et votre majesté pour objet, car a seule vous avez mérité d’avoir part avec Dieu « aux choses de Dieu, car seule vous avez engen- « dré un Dieu de Dieu le Père, en lui donnant « une chair éternelle. »

Poëtes grecs.— Saint Joseph, associé de Théodore et son émule, composa un chant pour célébrer la Nativité de Notre-Seigneur, un autre pour la Présentation dont nous rapportons ici quelques strophes :

« Les troupes angéliques, comme des satellites, s’empressent autour de l’Enfant incarné qui se manifeste dans le temple, et s’associent aux transports des hommes dans la joie de ce jour. Au Fils de la Vierge, au Dieu revêtu de chair, ils adressent leurs hymnes et s’écrient avec foi:

« Béni toi qui es venu, notre Dieu, gloire à toi ! »

« Maintenant le salut d’Israël est apparu, la lumière a brillé sur ceux qui étaient assis dans

les ténèbres; voici en effet le Seigneur porté sur le léger nuage de la Vierge, soleil qui brille et qui sauve ceux qui rient : « Nous te bénis- « sons !... »

« Viens avec nous, prophète Isaïe, voici le Fils de la Vierge que tu as prédit; elle a conçu sans époux et enfanté Emmanuel, le Fils du Très- Haut; en le recevant dans ses bras, que Siméon chante aujourd’hui : « Nous te bénissons! »

« Et nous, arrachons-nous aux sens, allons maintenant dans le temple sacré, afin de voir le Créateur dans les bras de Siméon, afin de voir la Vierge lui offrant son lait, afin, ô fidèles, de lui chanter : » Béni notre Dieu qui est venu, gloire « à toi ! »

— Job, dont on ignore le siècle, mais qui pourrait bien avoir appartenu au vT, alors que la fête de la Présentation devint plus en honneur, composa un poëme pour cette solennité, dont voici quelques extraits :

« La Vierge te porte dans ses bras, toi la lumière et le soleil de gloire, toi qui illumines les ombres de la loi.

« Voici, comme l’a dit Isaïe, l’enfant né d'une vierge; cet enfant t’est donné, ô vieillard! éclatez en transports de joie.

« Celui qui est vraiment Celui qui est, le Créateur Dieu est descendu sous les traits de chair d'un enfant, il sauve Israël. Siméon s’écrie :

« Tu es mortel et Dieu, quoique j’embrasse dans mes bras un enfant.

« Je te vois, Vierge plus vénérable que les chérubins; tu soutiens, comme un trône, le Dieu vivant avant tous les siècles, mystère qui me stupéfait !

«Portes du ciel, ouvrez-vous; voici dans le temple qu il est comme un enfant ordinaire présenté à Dieu le Père par la Vierge mère.

« Tu portes le feu comme les tenailles du prophète, tu portes sans te brûler, ô jeune fille, le divin charbon. Aussi nous te saluons, en adorant son enfantement.

FÊTE ET TÉMOIGNAGES

Ton âme, ô immaculée, sera percée d'un glaive de douleur lorsque tu verras souffrir ton Fils.

XIe SIÈCLE.

M. F. Clément, dans son Histoire générale de la musique } rapporte (p. 261) l’hymne suivante qui lui paraît antérieure au xne siècle : « Le vénérable choeur des poètes, autrefois inspiré par le Saint-Esprit, a chanté ce que Dieu accomplit dans sa mère Marie. Vierge, elle a conçu le Dieu du ciel, le Seigneur de la terre, et elle a enfanté dans sa virginité et elle est restée vierge après l’enfantement. Le juste vieillard Siméon le reçut dans ses bras, dans la maison de Dieu, heureux d’avoir vu le Christ de ses propres yeux comme il l’avait désiré. O mère du Roi éternel, nous vous le demandons, soyez favorable à nos prières; environnée de lumière, vous l’avez rejoint dans le royaume du ciel. Gloire et puissance à notre Dieu, salut perpétuel, honneur éternel à Celui qui réside au plus haut des deux, trinité, unité! Ainsi soit-il1. »

XIIe SIÈCLE.

C 4dam de Saint -Victor . — La séquence qu’Adam de Saint-Victor a composée sur ce su-

Page 1