CHAPITRE VII
ADORATION DES MAGES
ÉVANGILE
? É s u s donc étant né à Bethléem de Juda, aux jours du roi Hérode, voilà que des mages vinrent d’Orient à Jérusalem *,
2° Disant : Où est le roi des Juifs qui est né? car nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus l’adorer *.
3° Le roi Hérode l’ayant appris fut troublé et tout Jérusalem avec lui.
4° Et, assemblant tous les princes des prêtres et les scribe* du peuple, il leur demanda où devait naître le Christ.
5° Et ils lui dirent : A Bethléem de Juda; car il a été ainsi écrit par le prophète * .
6° Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es pas la moindre entre les principales villes de Juda; car de toi sortira le chef qui doit régir Israël, mon peuple.
7° Alors Hérode, ayant appelé les mages en secret, s’enquit d’eux avec soin du temps où l’étoile leur était apparue *.
8° Et les envoyant à Bethléem, il dit : Informez-vous exactement de l’enfant et, lorsque vers l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j’aille aussi l’adorer.
9° Ceux-ci, après avoir entendu le roi, s’en allèrent, et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue en Orient les précédait jusqu’à ce qu’elle vînt et s’arrêta au-dessus du lieu où était l’enfant *.
io° Or voyant l’étoile, ils furent transportés de joie *.
CH. VII
L’ADORATION DES MAGES
ii° Et, entrant dans la maison, ils trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l’adorèrent; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents, de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
12° Mais ayant été avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, ils revinrent dans leur pays par un autre chemin.
NOTES ARCHÉOLOGIQUES
§ i. — Voilà que des mages vinrent d’Orient. — Les mages étaient des savants ayant de trèshautes positions dans leur pays, peut-être même jouissant d'un certain pouvoir civil. L’expression d Orient employée par saint Luc, n’indiquant pas le lieu précis d'où ils venaient, a fait naître une foule de commentaires. Des études récentes', s’appuyant sur les traditions les plus anciennes et sur les monuments, ont proposé la Perse comme étant très-probablement leur patrie.
§ 2 et 5. — Le mot étoile n’exprime pas ici un astre du firmament, mais un signe lumineux dans la hauteurdel'atmosphère, qui leur apparut le jour le la naissance du Christ2 et s’évanouit après cette apparition. Il est constant que les mages, successeurs de Balaam, ont connu par ce prophète que ce signe était celui de la naissance du Christ. Balaam commença à prophétiser et à dire : « Voici ce que dit Balaam, fils de Beor ; voici ce que dit l’homme qui a l’œil fermé ; voici ce que dit celui qui entend les paroles de Dieu, qui a vu les visions du Tout-Puissant, qui tombe, et qui, en tombant, a les yeux ouverts : Je le verrai, mais non pas maintenant; je le considérerai, mais non pas de près. Une étoile sortira de Jacob-, un rejeton s’élèvera d'Israël et il frappera les chefs de Moab et ruinera tous les enfants de Seth. Il possédera lTdumée : l’héritage de Seïr passera à ses ennemis et Israël agira avec un grand courage. Il sortira de Jacob un dominateur qui perdra les restes de la cité3. »