‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 217 sur 458 · De Rossi, Bull, d’arc/i. ch.} 1869, pl. IX · texte numérisé non relu

De Rossi, Bull, d’arc/i. ch.} 1869, pl. IX

CH. VII. — ADORATION DES MAGES

Nous ne connaissons guère de madone postérieure au vie siècle, dépourvue de nimbe. Il est vrai que certains ivoires de Ravenne ne nous offrent pas de nimbes sur les personnages; mais comme aucun n’en porte, on ne peut en tirer de j conclusion contraire à la nôtre.

M. de Rossi, dans son beau travail, nous montre j figurées dix médailles, face et revers ; il lescompare, et il conclut que celles de la première j époque qui se rapprochent le plus des monuments des cimetières, ne présentent pas de nimbe; que, dans la seconde époque, le nimbe n'est attribué qu’au Sauveur.

Les médailles de cette sorte, auxquelles M. de Rossi consacre un long et très-intéressant article de son Bulletin (i 869, p. 33 etsuiv.), étaient portées, comme de nos jours, dans certaines confréries et dans des pèlerinages. Selon les anciens rites du baptême, on donnait une monnaie au néophyte. Au moyen âge on vit se multiplier beaucoup les médailles de plomb de différentes classes parmi lesquelles on remarquait surtout celles des pèlerinages célèbres.

Les saints Pères, il est vrai, ont proscrit l’usage impie des amulettes, mais il n’y a aucun rapport entre ces objets et les médailles de dévotion.

v Ie SIÈCLE,

Saint- Apollinaire. — L’Adoration des mages de Saint-Apollinaire à Ravenne a été trop longuement décrite dans nos notes sur l’Évangile pour que nous répétions ici ce que nous y avons dit (Év., xxii ); nous signalons seulement de nouveau cette madone d’un si haut intérêt archéologique.

Monza. (PI. XXXVI.) — A la fin du vie siècle, saint Grégoire le Grand (590-604) envoie de riches cadeaux à Flavie Théodelinde, reine des Lombards. Parmi ces cadeaux se trouvent 16 petits vases de plomb, avec un diptyque ou charte décrivant les reliques. Ces petits vases ou fioles sont circulaires, convexes sur deux faces, avec un col ou bouche en forme d’entonnoir sur lequel est tracée une croix; la panse est ornée

de figures en bas-reliefs représentant des sujets de l’Évangile. Nul doute qu’elles ne continssent les huiles saintes mentionnées dans la note de saint Grégoire; sur l'une on lit en grec : huile du bois de vie des saints lieux du Christ, ce qui veut dire de l’huile tirée des lampes qui brûlaient jour et nuit devant le corps des saints martyrs reposant à Rome au temps de saint Grégoire. Bois de vie peut se rapporter au bois de la vraie croix, et saints lieux du Christ à la partie de la terre sainte où l’on venait de retrouver le sépulcre et les autres monuments du Christ. L’Adoration des mages ligure sur deux de ces foies1. La sainte Vierge y est couronnée d’un simple nimbe, et Notre- Seigneur d’un nimbe crucifère. La sainte Vierge, au milieu avec son fis sur les genoux, est assise sur un petit trône garni d’un riche coussin; elle est vêtue d’une longue tunique, d’un large manteau qui lui couvre la tête et descend très-bas ;

1 enfant porte dans la main gauche le globe du monde et bénit de la droite, en recevant les présents qui lui sont offerts. Au-dessus delà tête de la sainte Vierge apparaît une étoile rayonnant que dans la première foie montrent deux anges et qu’ils portent dans la seconde. Dans la première, sous les pieds de la Vierge, et dans la seconde au-dessus de la tète on lit en grec ; Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous. La même inscription se retrouve sur des fioles dont il sera question dans la suite. Les mages, à gauche, sont vêtus d’une tunique retroussée aux hanches et d’un manteau tombant, et coiffés du bonnet phrygien; ils font pendant aux bergers. Dans la première fiole ils sont en mouvement comme les bergers; les mages à genoux n’a pas de manteau. Dans la deuxième fiole ils sont debout. Nous avons parlé déjà de ce curieux monument à propos de la Nativité2. G p, \cirj.

Salonique Saint-Georges. (Pl. CLII.) — Parmi

1. La scène des bergers y est supposée simultanée; c’est pourquoi nous en avons déjà parlé à la Nativité.

Frisi : Memorie storiche di Mon^a. Milano, 1694.

-W- .Àfihiva d*s Missions scientifiques, III, 444.

ICONOGRAPHIE

les plus curieux monuments de ce temps nous ne pouvons oublier le fameux ambon de Salonique dont M. P. Durand a bien voulu nous communiquer le dessin et qui nous montre sur la face latérale les trois mages s’avançant vers le groupe central du Sauveur et de sa mère. Leur costume diffère un peu de celui imaginé parles artistes occidentaux, la tunique est plus longue et n’est point relevée; les trois mages sont placés dans des arcades ornées de coquilles et de rideaux. La sainte Vierge, qui occupe la face principale, est assise sur une cathedra; elle porte l’enfant Jésus, qui est nimbé tandis qu’elle-même ne l’est pas.

M. M. Baillet, dans le savant article sur ce monument qu’il vient de publier dans les missions scientifiques,1 le compare à l’arc de Constantin situé près de Saint-Georges et semble déduire de son analogie 1 identité des époques. Toutefois la ressemblance avec les ornements des églises de Ravenne, ville bien plus orientale qu’italienne, l'aspect byzantin des feuillages, nous paraissent rendre difficile l’attribution au ivc siècle.

Bibliothèque nationale , gjgj. (PL XXXVII.) — Nous avons dessiné sur nos planches un ivoire tiré d’une couverture de manuscrit de la Bibliothèque nationale et que nous offrons comme un véritable chef-d’œuvre.

La scène est tout à fait antique et rappelle dans ses plus chastes accents la poésie de l’art de Pompéi. — Elle se passe devant le portique d’un palais dont les rideaux sont ramassés pour recevoir les illustres étrangers; un figuier pousse ses branches dans les entre-colonnements de l’atrium et donne un aspect pittoresque aux lignes architecturales. Les mages pénètrent en ce moment dans une cour intérieure ; le dernier n’a pas encore franchi le seuil. Ils accourent, excepté le plus âgé, qui est en tête et qui s’arrête devant le groupe divin. Ce groupe est d’une beauté parfaite, il a la majesté et la pureté de dessin des anciens, le sentiment et la délicatesse des artistes chrétiens. La madone, dont le manteau, relevé sur la tète, ne cache pas les

ondes abondantes de ses cheveux, est vue de profil ; elle tient l’enfant, qui étend la main pour recevoir les présents; elle est assise, et pose les pieds sur un escabeau, sa figure est exquise, on ne peut comprendre comment le sculpteur a su tout exprimer sur une échelle si restreinte; elle est pure, douce et sévère à la fois, attentive et sérieuse, enfin elle se trouve admirablement encadrée par les draperies qui lui forment audessus une sorte de tabernacle.

Nous avons grossi au double cette belle sculpture, nous y ajoutons un détail de l’encadrement de la couverture également grossi pour faire juger de ce style.

VIIe SIÈCLE.

Porte de Sainte-Sabine. (PL XXXIV.) — Nous croyons pouvoir rattacher à celte époque les belles portes de Sainte-Sabine et nous avons dit, à propos de 1 iconographie de l’Evangile, les raisons qui nous semblaient déterminantes à cet égard. L’adoration des mages est représentée dans un des panneaux’ du haut; les trois adorateurs s’approchent avec leurs présents; ils ont la tunique retroussée et le bonnet phrygien. La sainte Vierge avec l’enfant est assise sur un trône au-dessus de plusieurs marches qui lui donnent une attitude de souveraine; c’est le seul exemple que nous connaissions de cette situation dominante attribuée au groupe divin dans les anciens temps.

Tombeau d’Isaac. — Parmi les ouvrages grecs du vne siècle nous citerons encore le sarcophage d’Isaac à Ravenne (641). Mieux dessinée peutêtre que dans les monuments latins contemporains, l’adoration des mages n’a plus là cependant ce cachet antique que les traditions romaines conservaient encore à l'art occidental. (. Évang I, PL XX.)

Médaille du Vatican. (PL XXXIV.) — Nous croyons pouvoir altribuer au vu* siècle un bronze qui a beaucoup d’analogie avec les

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CH. VII

ADORATION DES MAGES

médailles que nous avons déjà décrites. La grossièreté du travail, le nimbe de la sainte Vierge, la forme du trône la feraient presque descendre jusqu’au vme siècle, époque où., d’après M. de Rossi, cesse l'usage de ces médailles de dévotion1. Lupi raconte qu’elle a été trouvée de son temps parmi des monnaies païennes, et en la comparant à des monuments antérieurs il ne croit pas qu’on puisse la placer plus bas que le vie ou vne siècle. Sur la face on voit Notre-Seigneur debout sur un escabeau tenant une croix à la main, entre deux étoiles et deux anges nimbés; au revers l’adoration des mages présente la sainte Vierge assise sur un fauteuil qui n’a plus rien de l'antique cathedra; sous ses pieds deux cerfs se désaltèrent. Tandis que dans la première médaille de ce genre nous voyons un véritable bas-relief avec le modelé que permet la minime saillie, ici la maladresse de l’artiste n’a su que graver des traits d’une incorrection révoltante.

VIIIe SIÈCLE.

Mosaïque de Saint-Pierre, — Nous pouvons rappeler le vme siècle par la mosaïque de Saint- Pierre dont un fragment, représentant les mages, est conservé dans la sacristie de Sainte-Marie-in- Cosmedin et dont nous nous sommes longuement occupé dans notre iconographie de l’Évangiie.

IXe SIÈCLE.

Ivoire au Vatican provenant de la bibliothèque Lauresheim. (PL XXXIX.) — Gori donne dans ses gravures une couverture en ivoire d'un évangéliaire du Vatican de om,39 sur om,28 que Querini, bibliothécaire du Vatican, a décrit aussi à propos du bonnet phrygien. On y voit au milieu le Christ, à droite et à gauche deux anges portant une couronne; dans le bas, à une petite échelle, les mages devant Hérode et l’adoration du

i. Voir pour l’analogie une pierre gravée du Cabinet des médailles.

Christ que nous avons dessinée d’après nature à la grandeur de l’original. Sur l'autre face, d’après Gori, on avait figuré, sur une plaque d'argent doré, un crucifiement dans lequel le Sauveur avait les deux pieds percés du même clou, mais où la grossièreté du travail indiquait certainement une époque postérieure à l’ivoire. Le manuscrit et cette face de la couverture n’existent plus au Vatican, où nous n’avons plus retrouvé que le précédent ivoire.

Cet ivoire, quoique carlovingien, est d’une finesse admirable qui révèle chez le sculpteur une adresse et une délicatesse de ciseau remarquables ; on regrette que la pureté du dessin ne soit pas au niveau de l’exécution ; les figures sont lourdes et trapues, elles paraissent en rapport avec la foi qui s’appesantit et ne fait plus courir avec tant d’ardeur aux pieds du Sauveur.

L’étoile a l’apparence d'une fleur qui rappelle le paradis ou jardin, le symbole du ciel; une nouvelle fleur jetée dans ces glorieux parterres comme pour fêter l’arrivée du nouveau roi.

Ivoire Micheli. (PI. XXXVIIL) — Nous devons rapprocher de cet ivoire du Vatican un ivoire contemporain, peut-être même plus ancien, qui provient de Sens et qui a figuré dans la collection Micheli. Les mages arrivent ici en sens contraire, c’est-à-dire de droite à gauche. La sainte Vierge est assise sur un trône élégant, avec dossier, montants ornés et croisillons à jour. Saint Joseph se tient derrière dans une noble attitude. Les mages ont le costume phrygien; le fond est garni d’une architecture d’un style antique; l’étoile se perd dans les riches ornements de la bordure.

Britisli Muséum. Ivoire. — On pourrait tirer argument, en faveur de l’unité de la foi chrétienne de 1 identité des images, qu'elle inspire aux peuples les plus divers et les plus éloignés. On est surpris, en quittant les ivoires conservés à Rome, de retrouver dans l'ancien royaume de Northumbrie à la même époque des monuments qui expriment les mêmes scènes sous les mêmes

ICONOGRAPHIE

traits. Quelques détails varient, la correction est plus ou moins grande, mais l'inspiration est immuable.

Nous mentionnons donc avec un double intérêt le coffret d’ivoire que possède le British Muséum et que l’on considère comme le plus vieil échantillon de l’art anglais. Ce coffret faisait autrefois partie d’une collection d’antiquités à Paris et fut acquis par M.-W. Franks, qui le paya un prix très-élevé. Avant d’être livré aux collectionneurs, il se trouvait dans une maison particulière de Brioude et servait de boîte à ouvrage. Il est carré, d’environ oll,,23 de longueur. Ses ornements rappellent les colonnettes de l’église d’Auzon, qui remonte au ix° ou Xe siècle; on y trouve aussi certaines analogies avec le monument de Sainte-Marie-Aventine et les animaux adossés de Sabiaco. Le panneau de derrière représente la prise de Jérusalem par Titus et la fuite des Juifs; celui de devant, la mort de saint Jean-Baptiste et, ce que nous recherchons ici, l’adoration des mages. Dans le haut, on lit l’inscription runique MFXI, qui signifie mages. On y distingue Marie et le Sauveur dans une sorte de tabernacle vers lequel s’avancent les trois mages tenant leurs présents en main. L’auteur a tout à fait rompu ici avec la mode romaine; les trois adorateurs n’ont ni bonnet phrygien ni couronne; ils paraissent en cheveux; ils portent le jupon des Ecossais, des bottes et le manteau court; l'étoile ^ les précède sous la forme d’une énorme rose; devant eux on voit aussi un oiseau dont il n’est pas facile de dire le nom et la signification.

Bibliothèque de V oArsenal . (PI. XL.) — La riche bibliothèque de l’Arsenal nous fournit une miniature du ixe siècle ayant trait à notre sujet; l’artiste a supprimé la difficulté de la coiffure en laissant les cheveux libres 1. Il n’a pas craint

i. Le premier mage a les cheveux verts, le second rouges, le troisième violets. Le manteau du premier est vert et sa chaussure rouge ; celui du troisième violet et sa chaussure violette. La sainte Vierge porte un voile vert, manteau bleu, robe blanche, tunique verte et courte, des souliers violets.

de varier ses couleurs, qui nous étonnent par leur hardiesse. Une grande rosace au-dessus du groupe divin remplace l’étoile directrice.

L’art occidental au ixe siècle se ressent généralement, surtout en Italie, de 1 influence de Charlemagne ; cependant il n’atteignit pas la perfection des Byzantins contemporains dont le n° 510 de la Bibliothèque nationale nous offre un remarquable spécimen. ( Év I, pl. XXIV.)

Miniatures à Munich. — Rappelons aussi la miniature que nous avons dessinée à Munich et que nous avons publiée pour l’Evangile.

Xe SIECLE.

Coffret du Louvre. (Pl. XXXVIII.) — Commençons ici notre inventaire par le curieux coffret du Louvre, qui doit appartenir aux premières années du xe siècle, s’il n’est pas de la fin du ixe. Nous trouvons sur le couvercle une adoration que nous pouvons rapprocher de celle du Vatican ou de l’ivoire Micheli. On y sent l’époque carlovingienne au parfum de style antique qui subsista si longtemps sous les ruines de l’empire romain; on y retrouve un reste des traditions des belles époques, une entente de la composition que la barbarie devait bientôt faire totalement oublier ; ainsi l’artiste, comme l’auteur des Niobées, a compris l’utilité de remplir l’angle de son fronton et a su pour cela agenouiller le dernier de ses mages. Les adorateurs ont encore le costume que les Romains prêtaient aux rois étrangers, le bonnet phrygien, la tunique et le manteau. Tous les personnages représentés dans la maison sont beaucoup plus petits, ce qui s’explique encore par le désir, chez l’artiste, de remplir le cadre et de pondérer sa composition. On remarquera, circonstance assez rare, que saint Joseph, derrière la sainte Vierge, est assis sur un trône.

Graduel de l'abbaye de Priim. Bibliothèque nationale , m 6g. — L’abbaye de Priim possédait un manuscrit que nous avons maintenant à

CH. Y II. — ADORATION DES MAGES

la Bibliothèque nationale et qui nous montre les table charme. La tête du Sauveur est un chefmages avec le bonnet phrygien. d’œuvre1.

Bénédictionnaire de saint Æthelwold. (PI. XIV.) — Le bénédictionnaire de saint Æthelwold consacre deux images à cette scène : dans la première, la sainte Vierge couchée tient l’enfant dans ses bras, tandis qu'au-dessous les trois mages sont assis et délibèrent entre eux. Ils ont tous la barbe, point de couronne, mais sont vêtus uniformément d’une tunique et d’un long manteau qui descend jusqu’aux pieds. La sainte Vierge voilée n’a pas de nimbe; l’enfant Jésus, couronné d’un nimbe crucifère, tient un livre de la main droite.

Dans la seconde image, c’est le même luxe de vêtement; la sainte Vierge, assise sous une arcade, est voilée et sans nimbe; elle tient l’enfant Jésus, qui bénit; les mages, imberbes, couronnés, portent la tunique, le manteau, les jambières et des souliers noirs.

Ménologe du Vatican, n° 1612. (PL XXXIX.) — Comme toujours, le beau ménologe du Vatican nous offre un des types les plus remarquables. La sainte Vierge, dans une grotte, attend les mages avec une douce bienveillance ; un ange qui joue ici le rôle de l’étoile, comme dans le poëme de saint Éphrem, leur désigne le Sauveur sur les genoux de sa mère, et ils s’élancent pour offrir leurs présents. O11 remarquera pour la première fois qu’ils ont une petite couronne sur la tête, de sorte que nous devons peut-être attribuer à l’Orient cette innovation dans nos images. On peut reprocher quelque défaut à la miniature. La tête de la sainte Vierge est belle, mais trop courte, le cou du premier mage trop long et mal attaché, les jambes mal dessinées. En dehors de ces critiques, ce tableau a de grandes beautés; l’attitude de l’ange avec les ailes déployées est pleine de noblesse et d’entrain; le groupe divin nous paraît d’une pose irréprochable. La dignité, la bonté, une sérénité céleste, l’entourent d’un véri-

XIe SIÈCLE.

Ivoire du Kensington Muséum. (Pl. XL.) — Nous avons gravé sur notre planche un ivoire qui a appartenu à la collection Soltycoff, dont le Kensington Muséum a fait l’acquisition et dont M. J. Durand a bien voulu nous communiquer la photographie. La Vierge, d’environ o™,2 3, est d'une très-grande proportion, vêtue d’un riche manteau et d’une robe couverte d’ornements. Un voile serré d’un diadème et entouré d’un nimbe ornementé lui retombe sur les épaules. Elle porte sur ses genoux l’enfant bénissant et semble lui offrir elle-même successivement les présents que lui tendent les mages. Les mages, d'une échelle beaucoup plus petite, sont couronnés; ils tiennent des bâtons de pèlerin de la main gauche et leurs présents de la droite; deux d’entre eux ont de la barbe, celui du milieu en est dépourvu. La perfection et le soin du travailla précision du dessin, pourraient reporter cet ivoire aux belles époques de l’art;

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