Ces tableaux ont été gravés dans les Arts somp
tuaires .
CH. VII. — ADORATION DES MAGES
respectueux; ils ont la tunique retroussée, le costume oriental et pour coiffure une sorte de toque conique qui n’est plus le bonnet phrygien1. Les trois âges de la vie sont fidèlement reproduits par leur physionomie.
Sacrement aire de Verdun. Manuscrit iSooj. (PL XLI). — La sainte Vierge et l'enfant sont dessinés sur fond d’or devant un portique à arcades. La mère de Dieu se penche vers les mages avec l’attitude d’une bienveillance empressée; elle est assise sur un pliant orné de têtes d’animaux dans le genre du siège de Dagobert qu'on voit au cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale. Le groupe est d’une silhouette très-élégante et d'un dessin irréprochable. Les mages en avant ont la tunique courte, le manteau et la couronne-.
Collection Lelli. — D'Agincourt ( peint., Pl. CLXVIII) donne un émail très-remarquable ayant fait partie de la collection G. Lelli, antiquaire romain. Nous n'avons pu la retrouver, car sa collection, croyons-nous, a été dispersée. C’est une peinture sur cuivre doré. Les contours de figures sont gravés en creux et remplis de couleurs en émail de différentes nuances. La forme du cadre a obligé l’artiste à rapprocher les figures, qui cependant n’ont aucune confusion. Les mages et la sainte Vierge sont couronnés, le petit enfant Jésus vêtu d’une robe a un nimbe
1. La sainte Vierge : robe violette, manteau brun, nimbe d’argent. L'enfant Jésus : robe lilas, nimbe d’argent crucifère, manteau rouge, un rouleau dans la main gauche. icr mage : bonnet droit rouge, barbe blanche, manteau vert, tunique brune retroussée, pantalon collant et richement orné, sa boîte remplie de monnaies d’or. 2e mage : barbe brune, toque lilas avec quelques ornements gris, barbe brune, y mage : toque grise, ornements rouges, tunique verte.
2. La sainte Vierge: nimbe vert, voile* et robe blancs, manteau violet., Notre-Seigneur : robe blanche, manteau rose. Ier mage : tunique bleue et blanche, pantalon rouge. 2e mage . manteau rouge, tunique blanche, pantalon bleu, y mage : robe violette qui le couvre entièrement et qui est ornée sur le devant d’une grande bande bleue et or.
* La gravure a commis une erreur en teintant le voile.
crucifère. D’Agincourt attribue cette œuvre au xie ou xne siècle.
Divers. — La répétition de ces sujets si conformes entre eux, quant au programme, quoique si variés dans leur expression, serait aussi fastidieuse a la lecture qu'elle est intéressante dans les images, nous nous contenterons donc de rappeler sommairement ceux que nous avons déjà décrits ailleurs, tels que la fresque de Sant’- Urbano à Rome, un beau manuscrit de Munich ( Év., p. XXV), etc., etc.
XIIe SIÈCLE.
Manuscrit gg du Vatican. — Ce manuscrit nous est déjà passé sous les yeux à l’occasion des précédentes scènes; il nous fournit une adoration dont on pourra retrouver la reproduction dans d’Agincourt : les mages sont couronnés, deux riches arcades forment le fond du tableau. (Pl. CIV, n° i4.)
Pistoja. — On voit une adoration des mages au-dessus de la porte principale de Saint- André, à Pistoja. Les trois étrangers sont couronnés. La sainte Vierge est assise sur un tabouret ; on y remarque un petit personnage couché. Saint Joseph est derrière. Cette sculpture, un des premiers monuments des arts italiens à leur réveil, est accompagnée des inscriptions suivantes qui nous donnent la date et le nom de son auteur, Gruamons :
Veniunt ecce magi, sidus regale secuti.
Falleris ; Herodes , quod Christian prendere voles Melchior , Gaspar , Balthasar
Magos Stella monet. puero tria munera pone.
On lit plus bas : Fecit hoc opus Gruamons Magister bonus et QÂdeodatus frater ejus , et plus bas encore : Tune erant operarii Villanus et Bathus Jilius Tignosi. Qdnno Domini 11661.
1. Morrona, II, 42. D’Agincourt, Scalp. } pl. XXVII. — Cicognara.
ICONOGRAPHIE
Citta-di-Castello. — Città-di -Castello, l’antique Tyberinum, possède un magnifique devant d’autel en argent, d'environ 2 mètres de long qui lui fut donné par Célestin II ( 1143 à 1144); ce pape l’aura probablement acheté en Grèce ou des maîtres grecs qui commençaient alors à fonder les écoles d'Italie. Les mages paraissent coiffés d’une tiare1.
Bologne (PI. XL). — Le petit manuscrit de Bologne (n° 3290) dont nous avons déjà parlé nous offre une adoration intéressante. Comme toujours la sainte Vierge estassise et nimbée. Elle estcoiffée d’un voile à fond rouge avec de gros traits noirs et des ornements blancs, et au-dessous d’un bonnet bleu. L’enfant Jésus est nu, son nimbe crucifère; derrière la sainte Vierge, saint Joseph avec nimbe d’or. Le premier des mages agenouillé a déposé la couronne sur le sol, les deux autres sont encore debout, couronnés, l'un d’eux imberbe. La scène se passe dans une cour à murs crénelés en avant de la maison. Une particularité distingue cette peinture de toutes celles que nous avons décrites jusqu’à présent, c’est l’étoile à rayons blancs qui comprend dans son milieu, peinte en bleu, la sainte Vierge avec l’enfant posé devant elle à la manière byzantine.
Aix-la-Chapelle. Couronne de lumières. (PL CXLII.) — Sous une des tourelles de la couronne de lumières d’Aix-la-Chapelle on voit gravées plusieurs scènes de l'Evangile, entre autres une adoration dont M. Steinhel a bien voulu nous communiquer une copie. La sainte Vierge occupe à elle seule presque la moitié du médaillon, elle est assise et tient l’enfant debout sur ses genoux; elle lève la main droite en signe d'accueil et de bienveillance. L’enfant Jésus bénit les mages qui s’inclinent. Ils ont le costume royal, la couronne, la riche tunique et le manteau agrafé sur l'épaule. L’étoile, sous la
1. D’Agincourt, Sculp ., p. XXI. Cette table contient encore la Présentation de Jésus-Christ, la Nativité, la Visitation, la Fuite, le Baiser de Judas et la Croix.
forme d’une espèce de fleur, est suspendue dans l’intervalle entre les mages et la sainte Vierge.
Cologne. — Parmi les pieuses richesses de Cologne nous ne pouvons oublier la fameuse châsse des trois rois mages conservée à la cathédrale et qui n’a pas moins de im,8o sur o'n,c)o. La sainte Vierge y occupe la principale place dans la sculpture. Assise sous une arcade plein cintre, elle tient l’enfant et reçoit les hommages des mages et des saints personnages rangés sur les côtés. On retrouve encore son image sur la façade postérieure dans la scène du crucifiement1.
Munich. — En visitant le riche musée national de Munich nous avons trouvé un monument qui mérite d'être mentionné dans ce recueil iconographique : c’est un portail d’église qui nous montre sculptés dans le haut une Présentation au temple et au-dessous l’adoration des bergers et des mages; un des mages est agenouillé, sans couronne, les deux autres ont encore la leur sur la tête; l’un d’eux n’a pas de barbe. Sur un autre tympan de ce portail nous remarquons la mort de Marie et au-dessus son couronnement.
Au rez-de-chaussée du même musée nous devons noter encore des ivoires qui concernent la très-sainte Vierge et qui rentrent par leur âge dans les limites de cette iconographie.
Carinthie. Oberkarnten. (PL XXXVI.) — Nous aimons à rappeler des images des pays les plus différents afin de montrer ainsi la catholicité des types. Le cloître de Saint-Paul, dans la vallée de Lavan, en Carinthie, est contemporain du couvent des bénédictins de Milstat dans le pays de Oberkarnten, et appartient par conséquent à l’époque romane. On y voit au-dessus de la porte une adoration des mages, la sainte Vierge assise, les trois mages placés au-dessous de l’étoile qui les conduit, saint Joseph assis à droite et portant un sceptre, enfin un ange