Suétone, In vita Octav. Aug.. cap. xuv
RETOUR D’ÉGYPTE
EVANGILE
Hé rode étant mort, un ange du Seigneur apparut à Joseph pendant son sommeil en Égypte *,
2° Et lui dit : « Lève-toi, prends l’enfant et sa mère et va dans la terre d’Israël, car ils sont morts ceux qui recherchaient la vie de l’enfant *. »
3° Joseph s’étant levé, prit l’enfant et la mère et vint dans la terre d’Israël*.
4° Mais, ayant appris qu’Archélaüs régnait en Judée, à la place d’Hérode, son père, il appréhenda d’y aller, et, averti pendant son sommeil, il se retira dans le pays de Galilée* ;
5° Et vint habiter la ville nommée Nazareth, afin que s’accomplît ce qui a été dit par le prophète : Il sera appelé Nazaréen.
NOTES ARCHÉOLOGIQUES
ET EXÉGÉTIQUES.
§ i. — Hêrode étant mort après avoir enduré des souffrances qu’il serait trop long d’énumérer et qui semblent, dit saint Jean Chrysostome, la punition de tous ses crimes, Archélaüs lui fit des funérailles royales. Il alla ensuite promptement à Rome pour demander à César de confirmer le testament de son père. Antipas et Philippe s’y rendirent également, chacun pour la portion du royaume qui les concernait. La cause ayant été longuement discutée devant Auguste et le Sénat, l’empereur donna à Archélaüs, comme toparque, la moitié du royaume qui comprenait la Judée, la Samarie et l’Idumée, lui promettant le titre de roi s’il s’en montrait digne. Il confirma, pour Philippe et Antipas, frères d Archélaüs, les dispositions du
testament d’Hérode. Les affaires ainsi réglées par l’empereur, Archélaüs revint dans son royaume, après une assez longue absence, troublée par un grand nombre de révoltes. (De Castro, Summa anrea , II, 558. Evang., XIV, 1.)
g 2. — Ils sont morts. Saint Jérôme conclut de ces paroles que la mort avait atteint nonseulement Hérode, mais les prêtres et les scribes. Saint Remi dit que si un tel nombre sont morts, on ne peut admettre que ce fut pendant un espace de temps aussi court. « Ainsi, dit Haymon, le malheureux finit sa triste vie en faisant mourir tous les grands des Juifs et en servant d’exécuteur aux jugements de Dieu. Ceux qui avaient consenti à la mort du Sauveur et des saints innocents devaient terminer leur vie avec le tyran. » Les mots mortui sunt ne sont pas interprétés dans le même sens par tous les écrivains,
CH. VIII
RETOUR D’EGYPTE
quelques-uns pensent que l’évangéliste s’est servi d’un trope en mettant le pluriel pour le singulier. (De Castro, Sum. aurea, II, 563; Évang., XIV.)
§ 3. Si l’on en croit d’anciennes traditions, le retour de la sainte Famille ne s’exécuta pas entièrement par voie de terre; elle dut s’embarquer d’Alexandrie 1 jusqu’à Ascalon ou Janina, deux ports très-fréquentés du temps des Romains, le premier à seize heures, le second à douze heures seulement de Bethléem, car ces villes, ainsi que Latronn, Ramleh et le Carmel, offrent des traces et des monuments de la présence de Jésus et de Marie qui seraient inexplicables autrement, puisqu’ils n’ont pu passer par là qu’en revenant d’Egypte. Longeant ensuite les côtes de la mer par Jaffa et Césarée, ils sei aient sortis des Etats d’Archélaüs et seraient rentrés dans la Galilée gouvernée par Hérode Antipas, son frère, plus modéré que lui. C’est par là qu’ils arrivèrent enfin à Nazareth. ( Rosier de Marie , IX, 154.)
§ 4. — D’après certains auteurs, saint Joseph ne les aurait pas conduits directement à Nazareth ; il aurait d’abord cru qu'avec un pareil enfant il ne pouvait habiter ailleurs qu’à Jérusalem, où se trouvait le temple et où les prophéties devaient s’accomplir. En arrivant, quoique le meurtrier des enfants fût mort, il aurait appris que de nouveaux dangers le menaçaient de la part de son fils. Archélaüs, en effet, avait déjà donné la mesure de sa cruauté en faisant tuer trois mille citoyens au commencement de son règne. Joseph , devant ces périls et cédant au désir de retourner dans sa patrie, aurait alors pris le chemin de Nazareth. (De Castro, Sum. aurea. II, 566. Trombelli, II, 9.)
ICONOGRAPHIE
Cette scène ne paraît pas avoir été souvent représentée dans les premiers siècles chrétiens; nous pourrions citer des images dans les catacombes ou sur les sarcophages, figurant la sainte