‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 263 sur 458 · ENSEVELISSEMENT · texte numérisé non relu

ENSEVELISSEMENT

ÉVANGILE

r il y avait là, dans l’éloignement, tous ceux qui le connaissaient; et plusieurs femmes qui Pavaient suivi depuis la Galilée, qui le servaient, étaient montées avec lui à Jérusalem, et regardaient ces choses. (Ev.} i^, 7.)

20 Parmi elles étaient Marie-Madeleine et Marie, mère de Jacques le Mineur et de Joseph, et Salomé, mère des

fils de Zébédée.

30 Nicodème, qui était d’abord venu trouver Jésus pendant la nuit, vint aussi apportant une composition de myrrhe et d’aloès d’environ cent livres.

40 Et Joseph, ayant acheté un linceul blanc et détaché Jésus de la croix, l’enveloppa dans le linceul.

5° Ils prirent donc le corps de Jésus et l’enveloppèrent dans des linges avec des parfums, comme les Juifs ont coutume d’ensevelir.

6° Les femmes qui étaient venues de la Galilée avec Jésus, Marie-Madeleine et l’autre Marie, mère de Joseph, ayant suivi Joseph, virent le sépulcre, et s’étant assises auprès regardaient où on le mettait et comment le corps y avait été placé.

70 Et, s’en retournant, elles préparèrent des aromates et des parfums, et pendant le sabbat elles se reposèrent, selon le commandement.

ICONOGRAPHIE

NOTES ARCHÉOLOGIQUES

ET EXÉGETIQUES.

La sainte Vierge, qui ne devait fuir aucune des douleurs qui lui avaient été prédites, assiste à la déposition de croix, peut-être même à la mise au tombeau, mais aucun des Évangélistes ne la place parmi les femmes qui apportaient des parfums pour embaumer Jésus; la peinture ne doit donc pas Y y représenter. La sainte Vierge, pleine de foi dans la résurrection de son fils, les savait inutiles; elle seule dans ce triste samedi conserva la foi ; l’Église fut sauvée en elle, c’est pour cela qu’on lui a consacré tous les samedis de l’année. (Bourassé, II, 96 5.)

Malgré le silence des Évangélistes, il est probable qu’elle aida Joseph et Nicodème dans la déposition ; c’est elle, dit Métaphraste, qui, ne quittant pas le calvaire et voyant près de là un sépulcre neuf, vint trouver le disciple caché qui était propriétaire, et le persuada d’y renfermer le corps de son fils, et d’aller courageusement le demander à Pilate. Elle aida à le descendre de la croix, recueillit sur son sein les clous qui l’avaient attaché, et, remettant le linceul à Joseph elle l’engagea d’ensevelir avec honneur le corps dans la myrrhe.

« Joseph d’Arimathie, ajoute une légende (Ab. Darras, 1, 237), détacha d’abord la main droite, puis soutint le corps, pendant que Nicodème enlevait les clous du bras gauche et des pieds ; cependant Marie avait saisi une des mains qui tombait sans vie et la baisait en versant un torrent de larmes! »

Marie, selon Métaphraste, dut rester là trois jours auprès du tombeau; lorsque après l’ensevelissement tous le quittèrent, elle seule y veilla, et put être témoin des prodiges que les autres femmes allant et venant ne purent voir. Elle seule assista au tremblement de terre du Calvaire, à la descente de l’ange qui souleva la pierre, au réveil des gardes effrayés, enfin à la résurrection du Sauveur.

De Castro, en rapportant ce sentiment, ajoute qu’il n’est pas à l’abri de toute critique.

ICONOGRAPHIE

IXe SIÈCLE.

Bibliothèque nationale, 510. — Il ne paraît pas que la Descente de croix ait été représentée beaucoup avant le xie siècle; lorsqu’on songe que le Crucifiement lui-mème ne fut d’abord figuré que d’une manière symbolique et idéale, on comprend que la scène suivante, qui nous offre un caractère réaliste bien plus accentué, n’ait pas convenu aux premiers imagiers. — L’Orient ouvrit encore ici la voie, et la plus ancienne miniature que nous connaissions de ce sujet nous est offerte par le beau manuscrit des œuvres de saint Grégoire de Nazianze. (Nous l’avons gravée dans Y Évangile, PI. XCI.)

X Ie SIECLE

Ravenne. (PI. L.) — Nous croyons pouvoir assigner à cette époque1 une plaque d’ivoire de om,i6 sur om,i3, qui nous présente à la fois les deux scènes de la Déposition et de l’Ensevelissement. Il appartient à la bibliothèque de Ravenne. Dans le haut;, on voit Joseph d’Arimathie prendre le corps, le soutenir tandis qu’il s’incline sur son épaule, et que Nicodème arrache les clous qui fixent encore les pieds au suppedaneum. La sainte Vierge assiste à cette scène douloureuse; elle a saisi la main du Sauveur qu’elle couvre de baisers ; deux saintes femmes la suivent, à l’opposé saint Jean pleure et le centurion confesse la divinité du Christ. Enfin, au-dessus de la croix, quatre anges à micorps contemplent cette grande affliction.

1. Des analogies singulières avec le manuscrit 1156 du Vatican nous porteraient à reculer sa date jusqu’au XIIe siècle ; mais, d’un autre côté, la forme de la croix et un ivoire qui paraît contemporain et qui montre les Mages avec le bonnet phrygien nous font conserver l’attribution au XIe siècle.

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