‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 268 sur 458 · TRADITIONS ET ÉPITRES · texte numérisé non relu

TRADITIONS ET ÉPITRES

ependant les apôtres, après l’Ascension, restèrent à Jérusalem pour y affirmer la foi. La sainte Vierge, édifiant l’Église par ses exemples, les aidait de ses conseils et de ses souvenirs.

2° Elle partageait la vie commune et apprit à saint Luc tous les détails de la sainte enfance du Christ. *

3° Lorsque les jours de la Pentecôte furent accomplis, la sainte Vierge était dans le cénacle avec les apôtres et fut témoin des prodiges qui s’y accomplirent.

4° Ils y virent apparaître comme des langues de feu qui, se partageant, s’arrêtèrent sur chacun d’eux. (Act. II, v. 3.)

5° Et ils furent tous remplis de l’Esprit-Saint. (Act. Il, v. 3.)*

6° L’Église jouissait partout d’une grande paix qui permit à Jacques, frère de Jean, d’aller en Espagne y établir le culte de la sainte Vierge et lui élever un temple, d’après l’avertissement qu’elle-même lui avait donné. *

70 L’Église, après une paix de cinq ans, éprouva une persécution pendant laquelle Hérode fît décapiter saint Jacques et arrêter saint Pierre. *

8° La sainte Vierge, qui habitait la maison de Jean-Marc, donnait asile aux persécutés. *

90 Jean, cédant à la rigueur des circonstances, partit avec la sainte Vierge pour Éphèse, où il séjourna quelque temps, attendant la fin de la persécution. *

io° Revenue à Jérusalem, son temps se passait en œuvres de piété et de charité, parcourant les lieux sanctifiés par la présence de son divin Fils.

ii° Tous avaient un extrême désir de la voir, et venaient à Jérusalem pour retrouver en elle le Christ sauveur. *

CH. X. — PENTECOTE.

12° Parmi les pèlerins se trouvait Denys l’Aréopagite qui tomba sous un tel charme en sa présence, qu’il l’aurait adorée comme une déesse, s’il n’avait su qu’il n’y a qu’un seul Dieu. *

130 Sentant sa fin prochaine et avant la dispersion définitive des apôtres, elle leur remit à chacun des reliques du Seigneur. *

NOTES ARCHÉOLOGIQUES

ET EXÉGÉTIQUES.

§ 1. Étant admis que la sainte Vierge demeura d’abord à Jérusalem, où furent jetés les premiers fondements de l'Eglise, nous en tirons la conséquence nécessaire que la première place lui fut toujours attribuée par les apôtres; qu’ils revenaient toujours à elle, pour la consulter , lui apprendre ce qui était arrivé ou s’instruire par sa parole.

Saint Luc (Act. II, 44) dit : « Tous ceux qui croyaient étaient ensemble et ils avaient toutes choses en commun ; ils vendaient leurs possessions et leurs biens et les distribuaient à tous selon que chacun en avait besoin. Tous les jours aussi, revenant au temple et rompant le pain de maison en maison, ils prenaient leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. # Et plus loin (IV, 32): « La multitude des croyants n’avait qu’un cœur et qu’une âme; et nul ne regardait comme étant à lui rien de ce qu’il possédait, mais toutes choses leur étaient communes. » Après de telles paroles, qui pourrait croire que la sainte Vierge fût en dehors de cette vie commune, elle que son fils avait laissée sur la terre pour enseigner les vertus évangéliques ?

On lit encore plus loin dans saint Luc (IV, 23) : « Ainsi renvoyés, Pierre et Jean vinrent voir les leurs et racontèrent tout ce que les princes des prêtres et les anciens leur avaient dit et (V, 41) les apôtres sortirent du conseil, pleins de joie de ce qu’ils avaient été dignes de souffrir des outrages pour le nom de Jésus. » Paul Act. IX, 27) racontait aux apôtres comment il

avait vu le Seigneur, lui avait parlé, et comment à Damas il avait agi avec assurance au nom de Jésus. « Quand nous fûmes arrivés à Jérusalem (Act. XXI, 17), dit saint Luc, les frères nous reçurent avec joie; le jour suivant Paul entrait avec nous chez Jacques et tous les anciens s’assemblèrent; il racontait ensuite en détail tout ce que Dieu avait fait pour les Gentils par son ministère. » Peut-on douter qu’en toutes ces circonstances, à l’arrivée de ces nouvelles, la sainte Vierge ne fût pas au milieu de ceux qui venaient à elle comme à leur mère?

De même lorsqu’il arrivait quelque malheur aux fidèles, ou qu’une persécution s’ouvrait, ou que Pierre et Jean puis les autres apôtres furent jetés en prison, ou enfin quand Paul excita la persécution qui fit mourir saint Étienne et beaucoup d’autres, que Jacques fut tué, Pierre arrêté et que l’Église priait pour lui, peut-on nier que la sainte Vierge ne fût en proie à une grande douleur et que la première elle pria pour eux? Si Marie avait conservé toutes choses en son cœur, n’était-ce pas pour nous les apprendre ensuite : « Ses lèvres, dit le Cantique des Cantiques (IV, 2), étaient comme un-rayon d’où distille le miel; le miel et le lait étaient sur sa langue. » Le temps de parler était venu, le temps de se taire passé. (. Eccl XIII, 4.) C’est alors qu’instruite dans les choses saintes par l’ange Gabriel et par son Fils, et connaissant mieux que personne le temps et l’ordre des faits évangéliques, elle les découvrit en détail aux évangélistes et aux prédicateurs; elle, initiée à tous les mystères, ne pouvait se tromper.

Plusieurs pères lui donnent le titre de Magistra, entre autres saint Anselme, lorsqu’il dit : « Après l’Ascension il était utile et même néces-

NOTES ARCHEOLOGIQUES ET EXEGETIQUES.

saire à notre foi qu’elle conversât avec les apôtres; en effet, bien qu'ils eussent appris toute la vérité par l’inspiration du Saint-Esprit, cependant elle-même en comprenait la profondeur d’une manière plus éminente et plus manifeste; elle put ainsi leur apprendre beaucoup de choses, non-seulement de celles qu’elle avait reçues par l’inspiration, mais de celles qu’en fait elle avait connues par sa propre expérience dans les mystères de Notre -Seigneur Jésus- Christ. (Ancel., de Excella. Virginis, VII.)

« Marie, dit le père Séraphin passioniste, surtout après l’Ascension de son fils, a été de son vivant le principal appui de l’Église, comme elle l’est encore à présent qu’elle est assise dans le ciel à. la droite du Verbe incarné. » — « En remontant vers son Père, dit saint Thomas de Villeneuve, le divin Maître a légué son école et sa chaire à Marie , non pour qu’elle gouvernât 1 Église comme devait le faire saint Pierre, mais afin qu’elle enseignât aux disciples la sagesse éternelle qu’elle avait apprise dès le commencement. »

§2. La tradition nous apprend en outre qu’elle révéla elle-même à saint Luc des détails qu’elle seule pouvait savoir sur l’Incarnation et d’autres faits de l’enfance. L évangéliste, en disant qu’il apprit et qu’il écrivait de ceux qui, dès le commencement, ont vu toutes choses par eux-mêmes, fait nécessairement allusion à la sainte Vierge. S’il est vrai, comme disent saint Épiphane, Métaphraste et Nicéphore, que saint Luc ait été un des pèlerins d’Emmaüs, il ne peut savoir le commencement de son Évangile que par d’autres témoins.

Saint Grégoire de Tours, Sophronius, Métaphraste, saint Bernard et d’autres montrent bien que la sainte Vierge partageait la vie des apôtres, qui mettaient tout en commun jusqu’au moment de leur dispersion.

§. 5. Divers dons du Saint-Esprit furent communiqués aux premiers prédicateurs de l’Évangile avec d’autant plus d’abondance qu’ils jouissaient déjà d’une plus grande grâce auprès de

Dieu, et Marie, par la dignité qu’elle avait reçue du Christ et par la charge de toute l’Église qui lui était imposée, fut plus favorisée que tous les autres. (De Castro, II, 606.)

Théodore de Bèze traite de ridicule la représentation de la sainte Vierge au milieu des apôtres ; mais les catholiques avec saint Jean Damascène, avec saint Chrysostôme, avec saint Germain, avec toute l’Église enfin, la proclament honorée au-dessus de toutes les créatures, audessus des chérubins, des séraphins et de tous les chœurs d’anges ; c’est dans cette pensée que les peintres, soit dans la Pentecôte, soit ailleurs, n’hésitent pas à donner à Marie la place la plus honorable, parce que les apôtres avaient pour elle le plus profond respect.

La maison du cénacle, dans laquelle eut lieu la Pentecôte, était celle d’un homme riche, cœnaculum grande stratum. Elle appartenait, diton, à Jean -Marc; c’est là que Jésus-Christ fit la Cène, institua l’Eucharistie et qu’il apparut à ses disciples le jour de la Résurrection; enfin que le Saint-Esprit descendit sous forme de langues de feu sur environ cent vingt disciples qui y étaient assemblés avec la sainte Vierge. Saint Jacques le Mineur y fut établi premier évêque de Jérusalem, les sept premiers diacres y furent ordonnés. Saint Pierre, qui avait été obligé de sortir de Rome, y présida le premier concile. C’est à la porte de cette maison que, publiant 1 Évangile, il y convertit 3,000 personnes. Elle fut transformée en église et conserve ses deux étages, mais elle est devenue actuellement une mosquée. Le sépulcre de David était près de là. A l’occident, presque en face, à 30 ou 40 pas de la maison du cénacle, se trouvait la maison de saint Jean où la sainte Vierge demeurait après l’Ascension. On n’en voit plus aucune trace et on n’en connaît le lieu que par tradition. (P. Nau, X14.)

g 6. Le voyage de Jacques en Espagne se rattache à toutes les traditions locales et se trouve relaté par un grand nombre d’auteurs. Dexter, fils de Pacianus , évêque de Barcelone, dans des

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