CH. X
PENTECOTE.
était présent dans la Vierge, si par ton intelligence les desseins divins ne m’avaient été révélés, je l’aurais prise pour le vrai Dieu; car la gloire des bienheureux ne peut être supérieure à la félicité que je goûtai alors, moi maintenant malheureux mortel, mais alors le plus fortuné des hommes. Grâces en soient rendues, ô mon Dieu, très-grand et très-bon, à la divine Vierge, au très-éminent apôtre Jean, et à toi, sommet de l’Église et prince triomphant, qui m'as, avec tant de distinction et de bienveillance, fourni un tel privilège. Adieu. »
g 13. Ainsi qu’on le verra dans le chapitre suivant, la mort de la sainte Vierge approchant et les apôtres devant bientôt se disperser définitivement, elle donna, dit-on, à chacun une petite boîte de métal, contenant trois épines de la sainte couronne, quelques morceaux de langes dont elle avait enveloppé le Seigneur encore enfant, et du linge qui avait reçu son précieux sang. Elle y joignit pour chacun une tunique tissée comme celle de Notre-Seigneur, et douze croix de la hauteur humaine, que les apôtres conservèrent jusqu’à leur mort. [Rosier de Marie, XIII,
ICONOGRAPHIE
VIe SIECLE.
Fiole de Mon\a (Pl. LUI). — La plus ancienne représentation que nous ayons trouvée de la Pentecôte se voit sur une des fioles de Monza ; elle est confondue avec celle de l’Ascension, ce qui nous a fait la décrire dans le précédent chapitre ; la descente du Saint-Esprit est signalée ici par la colombe au-dessus de la tête de la sainte Vierge.
La Bible syriaque nous offre aussi une des premières images de la Pentecôte ; Marie au centre, sous la colombe, est entourée de douze apôtres. Elle a un pallium violet. Tous les personnages sont debout, nimbés et dominés par la flamme divine. (P. Garrucci, pl. CXL.)
IXe SIÈCLE.
Bible de saint Paul. (Pl. LV.) — Au IXe siècle, la bible de saint Paul, dont nous avons déjà parlé à l’occasion de l’Ascension, nous offre sur une de ses grandes miniatures, et dans la même page, l’Ascension et la Pentecôte, ce qui semble indiquer encore la pensée de réunir ces deux scènes comme dans les fioles de Monza. — Nous en donnons une gravure calquée sur une photographie de M. Parker, réduite à moitié de l’original.
Les douze apôtres sont réunis dans une ville (Jérusalem). La sainte Vierge est assise au milieu et élève la main en signe d'allocution. — Saint Pierre, sous un dôme, est représenté au fond; il est distingué non-seulement par cette place d’honneur, mais aussi par les cheveux blancs que seul il porte et par un objet qu’il tient à la main gauche et qui pourrait bien être une clef. — Parmi les autres apôtres, l’un tient un livre ouvert, deux un livre fermé et deux un volume roulé. — Tous, à l’exception de la sainte Vierge, portent la flamme divine sur le sommet de la tête. — Deux personnages ouvrent la porte de la ville, comme pour faire entrer une foule d’hommes qui sont en dehors et qui semblent avoir aperçu quelques signes dans le ciel 1.
Paliotto. — Nous trouvons une image de la Pentecôte sur le parement du grand autel de
1. La sainte Vierge a un manteau violet et une robe brune; tous les nimbes sont d’or. Voici la couleur des apôtres en partant de saint Pierre :
Saint Pierre : manteau bleu, tunique jaune verdâtre.
à sa droite,
violet,
— verte.
bleu,
— jaune.
bleu,
— jaune.
blaire,
— violet.
bleu,
— sépia.
ier
à gauche de S1 Pierre,
bleu,
— jaune.
violet,
— bleu.
jaune,
— bleu.
rouge,
— bleu.
violet,
— bleu.
sépia,
— bleu.
ICONOGRAPHIE
Saint- Ambroise, à Milan ; malheureusement ce panneau avait disparu et fut remplacé au xviiic siècle; nous ne le signalons ici que parce qu’il rappelle sans doute l’ancien bas-relief. L’exemple de Léon III, qui donna à la basilique Saint-Pierre un parement d’autel où l’on voyait figurées la Résurrection, l’Ascension et la Pentecôte, prouve que ces sujets n’avaient rien d’insolite. (Anast., 312). Pascal l’imita un peu plus tard au ixe siècle. (Anast., 329.)
Xe SIÈCLE.
Graduel de Prüm, n° 9,448. (PI. LVI.) — Le Graduel de Prüm, auquel nous avons déjà fait quelques emprunts, nous fournit une Pentecôte dans laquelle sont figurés la sainte Vierge et les onze apôtres. Le sujet est divisé en deux bandes superposées. En haut, la sainte Vierge voilée et nimbée parle aux apôtres placés, cinq en haut et six en bas; tous tiennent des livres; leurs individualités seraient difficiles à reconnaître, excepté celle de saint Pierre, qui
est à la droite de la sainte Vierge et qui porte deux clefs.
XIIe SIÈCLE.
Bible de Bologne. (Pl. LVI.) Nous citerons ici le charmant petit manuscrit qu'on peut voir à la bibliothèque de l’université de Bologne (n° 3,290; voy. oAnnonciation). La sainte Vierge, assise au-dessus d’une espèce d’arcade ogivale, est nimbée et entourée des apôtres. — La colombe plane au-dessus d’elle; dans l’arcade au-dessous apparaît un personnage mitré, vêtu du pallium, qu’on voit souvent dans la Pentecôte et qui symbolise le monde.
British Muséum Lansdowne, n° 383. (Pl. LVII.) — Une des plus belles représentations de la Pentecôte nous est offerte par le British Muséum : la sainte Vierge y paraît les mains déployées, couronnée, au-dessous d’un dais et dans une position souveraine. On en trouvera dans le second volume une description plus détaillée. V . T. //,/?. •