‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 271 sur 458 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

ASSOMPTION

a Vierge, mère de Dieu, après avoir vu sa gloire annoncée par les apôtres était arrivée à un âge avancé. *

2° Elle fut avertie de sa mort par un ange, comme elle l’avait été de

3° Elle l’apprit à saint Jean qui lui avait été soumis comme un fils, et qui jusqu’à sa mort veilla à tous ses besoins. *

is-- svper ^ omnia- iCpr voulut qlie les fidèles qui étaient à Jérusalem,

ses parents et ses proches en fussent informés. *

5° Elle vit alors son fils descendant du ciel, entouré d’une foule innombrable d’esprits célestes, et qui l’appelait au partage de la félicité éternelle. *

6° Elle ordonna à Jean de donner à deux femmes qui étaient présentes, et avec lesquelles elle avait vécu dans l’intimité, deux tuniques dont elle s’était vêtue pendant sa vie. *

7° Les apôtres arrivent tous au jour fixé sur la montagne de Sion, dans la maison qu elle habitait. *

8° Quand les apôtres et les fidèles furent réunis, obéissant à la loi de la nature, elle mourut, ou plutôt elle s’endormit, à soixante ans, dans le Seigneur, sans éprouver aucune douleur. *

NOTES ARCHEOLOGIQUES ET EXEGETIQUES.

NOTES ARCHÉOLOGIQUES

ET EXÉGÉTIQUES.

§ 1. La gloire de Marie avait précédé sa mort; saint Jacques, comme il a été dit au chapitre précédent, établit son culte en Espagne. — Dans le Symbole des apôtres, où chacun prononce un verset, André dit : « Qui a été conçu du Saint- Esprit, qui est né de la Vierge Marie. » — Saint Jacques, dans la Liturgie, s’exprime ainsi :

« Nous fêtons la commémoration de la trèssainte, immaculée, très-glorieuse et bénie Notre Dame Marie, mère de Dieu et toujours vierge, et de tous les saints et justes, pour obtenir tous miséricorde par l’intercession de leurs prières. «

Abdias (lib. VIII, Historiœ QApostolicœ) rapporte ces paroles de saint Barthélemy au roi Polinius : « Je veux t’apprendre que le Fils de Dieu a daigné, en s’alliant à l’homme, naître dans le sein d’une vierge qui renferma celui qui a fait le ciel et la terre et tout ce qu’ils contiennent. » Et plus loin : « Adam, le premier homme, a été fait d’une terre vierge, sur laquelle aucun sang n’avait été répandu et qui n’avait été ouverte pour la sépulture d’aucun corps; de même le démon, qui avait vaincu le fils d’une vierge, fut vaincu par le fils d’une vierge.» On ne doit donc pas douter que tous les apôtres vénéraient la sainte Vierge encore vivante, et qu’ils prêchaient la mère en même temps que le fils. Toutes les fois qu’ils annonçaient que Dieu s’était revêtu de chair, il fallait bien qu’ils parlassent de la Vierge sa mère.

§ 2. Métaphraste pense qu’elle fut avertie de sa mort par un ange, comme elle l’avait été de l’incarnation. Georges Cedren dit qu'elle connut le dernier moment quinze jours auparavant, et que trois jours avant un ange lui en apporta un gage.

§ 3. Il est clair, dit saint Épiphane, que si elle eût eu un mari ou des fils, c'est chez eux qu’elle eût habité et non chez un étranger. Tous

les apôtres entouraient la sainte Vierge de leur vénération, mais saint Jean, jusqu’à la fin de sa vie, rendit plus spécialement des soins à celle que son maître lui avait recommandée du haut de la croix. (Sophronius.)

§4. Lieu delà mort. — Des doutes assez graves se sont présentés sur la continuité de l’habitation de la sainte Vierge avec saint Jean. La persécution qui dispersa les apôtres, les voyages de saint Jean, se concilient difficilement avec le séjour constant à Jérusalem ; aussi quelques Pères, comme nous le verrons plus loin, en ont conclu que la sainte Vierge était morte auparavant. (De Castro.)

Marie devait être à Jérusalem au moment de sa mort et elle habitait sur le mont Sion ; toutefois on a mis en doute si elle est morte dans la ville sainte; plusieurs la font mourir à Ephèse dans un âge avancé, et ajoutent que saint Jean y fut enterré.

Plusieurs critiques soutiennent encore aujourd hui que la sainte Vierge est morte à Éphèse, et le savant Benoît XIV, frappé de la force de leurs raisons, n’a pas osé choisir entre les deux sentiments contraires1.

Parmi les auteurs qui se prononcent pour Éphèse, on compte Baillet, Tillemont et Serry. Leurs principaux arguments sont tirés du séjour de la sainte Vierge à Éphèse avec saint Jean, qui de là dirigeait les Églises d’Asie; ils se fondent sur le témoignage des Pères du concile d’Ephèse écrivant au peuple de Constantinople que Nestorius a été condamné dans la ville d’Éphèse, in quâ Joannes Theologus et Deiparœ Virgo Sancta Maria } sous-entendu est ou sunt, comme font souvent les Grecs et les Latins. Si Juvénal, ajoutent-ils, dit, en 451, que le tombeau existait à Jérusalem, il mérite peu de confiance, car il est coupable d’avoir falsifié des pièces pour obtenir le principat de la Palestine; enfin saint Jérôme n’a pas vu son tombeau.

Examinons ces objections : saint Jean ne dirigea que fort tard les Églises asiatiques de son

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