Lehir, Études historiques. X
CH. XI
ASSOMPTION
siège d’Éphèse ; et si l’on admet, comme il est probable, que la sainte Vierge est morte avant l’établissement définitif de son fils adoptif à Éphèse. après la mort de saint Pierre et de saint Paul, c’està-dire en 66, elle ne dut pas mourir en cette ville. Elle aurait eu alors plus de quatre-vingts ans.
L’argument tiré du concile d’Èphèse, plus spécieux, n'est pas plus concluant ; la phrase grecque manque d’un verbe indispensable à la régularité de la construction, et le texte est trop obscur et trop isolé pour former un contre-poids à la force des arguments contraires. Si le tombeau de Marie eût été à Ephèse, on en trouverait sûrement d’autres traces dans l’histoire1. Qui oblige d’ailleurs à ne pas croire que la phrase incomplète des Pères du concile aurait été terminée par les mots magno honore sunt2? Le long séjour de saint Jean à Éphèse et celui de Marie, quelque court qu’il ait été lors de la persécution d’Hérode, ont bien pu laisser longtemps le souvenir de l’honneur qu’en avait reçu la ville, siège du célèbre concile qui condamna Nestorius.
Juvénal, dit-on, ne mérite aucune confiance ; je le veux bien, mais comment aurait-il osé dire un pareil mensonge à l’empereur et à l’impératrice, en face des Pères du concile d’Éphèse, qui connaissaient certainement un fait aussi éclatant que l’invention du tombeau de Marie à Jérusalem, et qui avait été reconnu entre 420, époque où vivait saint Jérôme, et le concile de Chalcédoine, en 45 1 3 }
Saint Jérôme et Eusèbe ne l’ont pas vu; du moins lorsque saint Jérôme rappelle les tombeaux des saints patriarches et des prophètes qui existaient encore de son temps, il ne parle pas de celui de Marie ; mais cela prouve-t-il qu’il n’y fût pas r1 D’abord ils ont pu le connaître et n’en pas parler; et puis ce tombeau, enfoui à 10 mètres au-dessous du sol, sous les ruines faites par Titus, n’était probablement pas encore retrouvé comme au moment du récit de Juvénal, qui raconte sans doute un fait récent et d'autant