Sum. aurea. VIII
plus intéressant pour l’empereur et l’impératrice.
Après le témoignage de Juvénal, nous trouvons en abondance ceux des siècles suivants.
Bède au viie-vme siècle, décrivant les lieux saints, dit qu’il y a dans la vallée de Josaphat une église remarquable par sa conslruction en pierre. Dans la partie supérieure on voit quatre autels et dans le bas un seul, et à sa droite un tombeau vide où l’on assure que la sainte Vierge a reposé. On ne sait ni par qui ni comment elle en fut enlevée.
Le moine Brocard (De terra sancta) s’exprime ainsi : « On montre le tombeau de la Vierge glorieuse dans la vallée de Josaphat, non pas tout au fond, mais au pied du mont des Oliviers et un peu plus haut que le bas de la vallée. Avant la destruction de la ville, ce tombeau était au-dessus du sol ; actuellement il est sous terre, avec l’église qui l'entourait; à peu de distance de là, on montre une autre église où se trouvait le jardin de Gethsémani, où le Seigneur entra pour prier avant sa Passion. »
Ce qui donne encore un grand poids au sentiment de ceux qui placent le lieu de la mort de la sainte Vierge à Jérusalem, c’est qu’il est adopté par les liturgies des Églises d’Orient1.
Les traditions locales sont encore d’une puissante autorité dans la question. « Les écrits, dit l'abbé Lehir2, sont souvent contradictoires; une tradition plus ancienne et conservée par un canal indépendant dans la mémoire des fidèles est le seul critérium possible pour discerner le vrai du faux. » Cette tradition est toute en faveur de Jérusalem.
La réunion des apôtres autour du lit de mort de la sainte Vierge est encore un argument; que cette réunion soit naturelle ou miraculeuse, il est permis de croire qu’ils y rassemblaient quelquefois un concile.
Polyæute, dans sa lettre au pape Victor, en faisant l’énumération des privilèges de l’Église d’Éphèse, ne dit pas que Marie y soit morte, ce
1, Rosier de Marie } IV, 740.