‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 275 sur 458 · Jean-Thomas, Sum. aurea, IV · texte numérisé non relu

Jean-Thomas, Sum. aurea, IV

struisitun temple magnifique pour le conserver.

§ 7. André de Crète, Bède, Métaphraste, Georges Cedren, Nicéphore, affirment que Marie habitait une maison sur le mont Sion. Cedren et Nicéphore ajoutent que saint Jean ayant recueilli la succession de son père avait vendu sa part à Caïphe , que cette circonstance lui avait fait connaître, ainsi qu’il le dit dans son Évangile; il aurait acheté alors, sur le mont Sion, une autre maison où la sainte Vierge finit sa vie.

Toutefois la désignation de cette maison n’est pas aussi claire que la tradition de la mort de la sainte Vierge à Jérusalem ; on doute si ce fut celle de l’évangéliste saint Jean ou celle de Jean-Marc. — Saint Grégoire de Nazianze et d’autres auteurs sont d’accord pour dire qu elle habita dans la maison du cénacle, où tant de mystères, entre autres celui de la Pentecôte, s’étaient accomplis; mais cette maison appartenait-elle à saint Jean l’Évangéliste ? c’est peu probable, car dans ce cas Jésus-Christ n’aurait eu besoin d’aucun signe pour faire reconnaître cette demeure. — Le possesseur faisait certainement partie des disciples, lesenvoyésl’abordantparcesparoles : « Lcmaitre dit. h L’évangéliste, d’ailleurs, était alors aussi pauvre que les autres apôtres.

Saint Luc fait entendre qu’elle appartenait à la mère de Jean-Marc, à propos de l'évasion de saint Pierre, ainsi qu’on l’a vu plus haut. Cette femme, mettant, comme les autres fidèles, ses biens aux pieds des apôtres, leur avait certainement offert à eux et surtout à Marie sa demeure pour les réunir. (De Castro.)

Si l'Écriture ne parle pas explicitement à cet égard, nous pouvons invoquer le témoignage de Pères contemporains des apôtres, de saint Denys l’Aréopagite dans son Traité des noms divins qu'il adresse à Timothée (ch. ni, vi, 160, 1865, traduction de l’abbê Dulac ), et plus tard de saint Augustin, saint Jérôme, saint Ambroise, celui de saint Thomas d’Aquin, de saint Bonaventure, d’Albert le Grand.

Juvénal, évêque de Jérusalem, se trouvant à Constantinople à l’occasion du concile de Chalcédoine, fut interrogé par l’impératrice Pulché-

CH. XI

ASSOMPTION

rie au sujet du temple et du tabernacle élevés à la Vierge en Palestine; il répondit, ainsi que le rapporte Nicéphore, que les Écritures divinement inspirées ne font nullement mention de la mort de la Vierge, mère de Dieu, mais que la tradition la plus ancienne et la plus véridique assure, qu’au moment de sa mort, les apôtres dispersés par toute la terre pour l’évangéliser furent transportés miraculeusement à Jérusalem. Là ils virent arriver le Christ, qui recueillit de ses mains le souffle divin de Marie ; puis son corps fut transféré au milieu des concerts des anges et des apôtres à Gethsémani, où il fut mis dans un tombeau; jusqu’au troisième jour, les anges ne cessèrent de chanter les louanges de la Vierge mère. Le troisième jour, un des apôtres, qui n’avait pas assisté à la mort, pria l’assemblée d'ouvrir le sépulcre pour qu’il pût rendre honneur et gloire à Marie; on ne trouva plus le corps, mais les habits étaient intacts et répandaient un parfum d’une suavité indicible 1 .

Réunion des apôtres. — Saint Grégoire de Tours s’exprime de la même manière et sans parler du transport miraculeux dit simplement que les apôtres s’y trouvaient réunis. (De Castro.) Ce miracle, que Baronius déclare apocryphe, n’était pas nécessaire, comme nous le verrons plus loin, si l’on admet que la sainte Vierge soit morte à soixante ans, avant la dispersion complète et définitive des apôtres, qui alors ne devaient pas être loin de la Palestine, excepté saint Jacques. Mais, si l'on suppose que sa mort ne soit arrivée que quelques années ensuite, la plupart des apôtres avaient gagné des contrées lointaines : saint Jacques, frère du Seigneur, était mort, saint Philippe avait été crucifié à Héliopolis la 34° année de J.-C. Pierre était en Egypte, Paul à Éphèse avec ses disciples, André en Achaïe, Thomas chez les Éthiopiens, les Indiens et les Parthes, Barthélemy dans la grande Arménie, Mathieu était chez les Éthiopiens, Simon le zélé en Mésopotamie, Jude, Thaddée en Mésopotamie, en Arabie

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