Lehir, Études histor 1866, X
CH. XI
ASSOMPTION
vanté de posséder la plus minime relique du corps de Marie1.
Aussitôt que l’âme de la sainte Vierge fut séparée de son corps, des légions d’anges durent venir au-devant d'elle pour la conduire au ciel, faveur accordée même à saint Lazare. ( Saint Cdthanase, Sophronius , Ildephonse.) — Saint Epiphane ne s'écriait-il pas en 350 : « O Marie, à l'exception de Dieu, tues supérieure à tous? »
L’opinion générale est que la sainte Vierge fut enlevée au ciel en corps et en âme 2. Saint Paul a dit en plusieurs endroits que la félicité complète est double : il y a celle de l’âme et celle du corps transformé par la rédemption ; on ne peut douter que Marie ne jouisse d’une félicité complète 3.
Le corps fut enlevé au ciel, mais combien de jours resta-t-il dans le tombeau? Les opinions qui se sont produites sur ce sujet varient beaucoup. On peut, cependant, les réduire à quatre.
Certains prétendent que Marie est morte et ressuscitée le même jour; mais cette opinion, soutenue par Gretzer et quelques auteurs peu connus, ne repose sur d’autre fondement sérieux, pas seulement sur ce fait que l'Église fête la mort et l’assomption le même jour. Colvenerius pense justement que ce n’est pas une raison suffisante. D’autres, parmi lesquels Usuard, Jean Bellette, veulent que l’assomption n’ait eu lieu que quarante jours après la mort; ils s’appuient sur une révélation faite à une femme très-religieuse appelée Élisabeth, et dont on rapporte ainsi une des visions : « L’an du Seigneur 1157, le jour de l’assomption de la bienheureuse vierge Marie, comme elle était en oraison, méditant l’assomption, elle voit dans un endroit très-reculé un très-beau tombeau entouré d’une lumière éclatante, dans le tombeau une ligure de femme vivante, et autour une multitude d’anges re-