Canisius, Sum. a.urea , IX
cevant du tombeau cette femme qu’ils accompagnent d’hymnes et de cantiques. Tout à coup elle voit venir à leur rencontre un homme environné d’une gloire ineffable, descendant du haut des cieux avec des troupes d’anges innomi brables et portant la sainte croix de sa main droite. A ce signe, elle le reconnaît pour le Fils de Dieu. Sainte Élisabeth demande ce que signifie cette vision, et l'ange lui répond que c’est l’assomption de la sainte Vierge qui a été enlevée en corps et en âme dans le royaume du ciel1. » D’autres visions apprirent à la même sainte que la sainte Vierge était morte le jour de sa fête, et qu’elle avait rejoint son corps soixante jours après.
Cette opinion n’a que de rares adeptes. Sainte Brigitte, dans ses révélations, parle de quinze jours2. Cela n’est pas une preuve, car, ainsi que le dit saint Antonin, ce n’est rien ôter à la sainteté des saints de ne pas croire comme prophéties tout ce qu’ils ont vu dans leur imagination3.
L’opinion la plus généralement adoptée est que Marie n’est restée que trois jours au tombeau avant son assomption corporelle. [Saint Jean Damascène, Métaphraste, Nicéphore , Juvénal, etc.) 4.
§ 5. Trois jours après l’ensevelissement, les apôtres n’avaient pas quitté le virginal tombeau; l’apôtre saint Thomas, revenant de plus loin que les autres, et n’ayant pu assister à la mort et à la translation du corps de Marie, demanda qu’il lui fut donné de contempler et d’honorer une dernière fois ce temple de Dieu. On ouvrit le tombeau, mais le corps n’y était plus ; on n’y trouva que les linges dont il avait été enveloppé, répandant un parfum cé-
1. Muratori, Rer. ital. scriptores ,t. III, 11= partie, 3. 371.