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liliale devaient y suppléer. Et si la crédulité, l’imposture ou l’hérésie se sont emparés de ces souvenirs pour les dénaturer, nous sommes les premiers à déplorer cet abus. Il n’en faut pas moins reconnaître que par là l’imposture et l’hérésie ont, à leur insu, rendu à la vérité un éclatant témoignage, car elles auraient laissé dans la poussière une mémoire ignorée. Elles n’ont eu intérêt à s’en prévaloir et n’y ont cherché un instrument de succès que parce que cette mémoire vivait dans tous les cœurs, résonnait dans toutes les bouches1.
§ 6. — L’assomption de la sainte Vierge fut un privilège de la grâce, et l’on doit croire qu’elle a été élevée au-dessus de tous les chœurs des anges. C’est ce qu’exprime saint Augustin dans un magnifique langage; saint Alphonse, saint Jean Damascène, saint Anselme et saint Bernard célèbrent l’arrivée de Marie au trône de gloire 2. Jean Gerson dit qu elle constitua à elle seule une hiérarchie qui est la première sous la Trinité divine.
Les témoignages, qui nous font remonter d’âge en âge aux temps apostoliques, sont toujours la preuve la plus évidente et qui nous frappe le plus. Nous tâcherons donc de réunir ici les voix des différents siècles qui proclament tous ce glorieux privilège de Marie.
TÉMOIGNAGES
Ier SIECLE.
Saint Bernard ne mettait pas en doute que l’assomption ne lût célébrée dès le temps des apôtres.
Il existe à Apt (diocese d’Avignon) une église sous le vocable de Notre-Dame-de-l’Assomption qui fut fondée, dit-on, en 77.