C1 Pitra, Andecta. p
CH. XI
ASSOMPTION
2° Les anges. — Les anges descendant du ciel avaient jadis, ô Vierge, par des hymnes dignes de toi salué ton enfantement; et maintenant ils célèbrent pieusement ta sacrée et vénérée dormition et te chantent ce glorieux cantique : « Salut, nourriture de la joie des hommes. — Salut, toi qui as fait lever la malédiction de nos premiers parents. — Salut, Épouse immaculée du Père invisible. — Salut, Mère du Fils éternel qui n’as pas eu d’époux. — Salut, Échelle qui s’élève de la terre au ciel. — Salut, Pont qui nous introduis dans un jardin de délices. — Salut, parce que les chœurs supérieurs te chantent leurs hymnes. — Salut, parce que les mortels prosternés devant toi t’adressent leurs prières. — Salut, chaste gloire des Vierges. — Salut, sainte Mère triomphe des saintes. — Salut, toi qui mets en fuite la légion des démons, toi par laquelle se réjouit le genre humain. — Salut, épouse virginale .(y aîpe, vujjt/pvi àvuy.<pevT£.)
3° Pierre. — Pierre , voyant la sainte Mère du souverain Seigneur étendue sur un lit, s’écria : « Comment, toi, qui as conçu la vie dans ton sein, ô jeune fille, comment se peutil maintenant que tu me semblés morte?... — Salut, base des édifices divins. — Salut, divin véhicule de la lumière inaccessible. — Salut, asile du Dieu immense. — Salut, mer sans rivage des conseils divins. — Salut, abîme insondable d’effrayants miracles. — Salut, parce que l’assemblée des apôtres te glorifie, parce que le chœur des anges t’honore. — Salut, vase sacré et tout en or. — Salut, élégante et sainte tour. — Salut, toi vers qui les disciples s’approchèrent soudain, à laquelle j’adresse, moi aussi, ce cantique : Saint, Épouse virginale. »
4°. Paul. — Paul, dont la langue est conduite par le Saint-Esprit, lorsqu'il vit l'innocente Mère de Dieu étendue comme sans vie sur le lit funèbre, s'écriait : « Moi aussi, ô très-sainte, reçois en même temps que Pierre l’accent de ma prière. — Salut, racine de la vie éternelle. — Salut, porte de la vraie suavité. — Salut, Mère
virginale du Christ de vérité. — Salut, lampe inextinguible qui éclaire mes yeux aveugles. — Salut, urne, jardin, table et temple très-sacré.
— Salut, buisson ardent et Paradis de délices.
— Salut, car tu as été transportée au-dessus des souillures, ô toi qui as reçu Dieu, tu as participé à ses biens, ô Mère de Dieu. — Salut, Reine conductrice des chœurs des Vierges. — Salut, éloquence des lèvres sacrées. — Salut, toi vers qui je m’écrie avec Pierre : Salut, épouse virginale. »
5°. Jean. — Jean, orné de l’éclat sacré de la virginité, Jean le Sage et grand apôtre, se tenait dans un profond chagrin et le visage renversé. André l’engage à entonner la plus sainte des hymnes, et aussitôt le chaste disciple s’écria: — « Salut, ô jeune fille, fontaine de virginité.
— Salut, auguste porte de la vérité. — Salut, char de feu de Thesbé. — Salut, voix de ton fils qui retentit tout autour de moi. — Salut, maîtresse immaculée et chaste colombe. — Salut, brebis sans corruption et sans tache. — Salut, parce que toutes les langues des Vierges te chantent, toutes les lèvres des chastes te célèbrent. — Salut, tenaille qui purifie les prophètes. — Salut, rayon, brillant des fidèles. — Salut, lampe sacrée. — Salut, ma maîtresse et ma mère. — Salut, épouse virginale. »
Après saint Jean, le poëte met son cantique tour à tour sur les lèvres d’André, de Jacques, Philippe, Barthélemy, Thomas, Mathieu, Luc, Marc, et enfin il recueille la voix du genre humain qui termine Y oAcathistus.
« O Vierge sainte qui as enfanté le très-saint Verbe dans ta chair sainte, sanctifie nos âmes, fais-nous toujours mener une vie sainte, t’honorant et d’une bouche pure nous écriant : —
» Sauve-nous, ô porte de salut. — Protégenous, mère de charité! — Epargne ceux qui t'honorent fidèlement, ô toute immaculée, arrache-nous à mille péchés, ô toute pure. — Protège, garde, préserve ceux qui espèrent en toi. — Écarte des chutes ceux qui se réfugient en toi. — Brise les traits des invisibles et astu-
POESIES
cieux démons. — Fais taire les passions charnelles et basses des hommes. — Sauve le fidèle qui te dédie ce cantique. — Délivre-le des désirs sensuels. — Donne-lui une bouche chaste et fervente pour te proclamer bienheureuse; reçois-le lorsqu’il s’écrie avec amour et crainte : Salut , épouse virginale. »
Le cardinal Pitra1 vient aussi de publier un monument précieux de l’Assomption, un poëme qu’il a découvert sur un parchemin tout lacéré, dont il est parvenu à rapprocher les lambeaux et à déchiffrer les caractères. Cette œuvre est très-remarquable, le mètre en est vif et ample, la diction claire ; malheureusement, elle ne porte d’autre indication que cette modeste inscription :
tou a(/.apT(i>Xcü to Trotïijxa
Il est possible qu’elle désigne un certain Hamartolus, qui vivait, pense-t-on, deux siècles avant Cosmas. Voici la traduction :
i° Depuis que tu as quitté la terre, tu assistes encore mieux ses habitants, immaculée mère de Dieu. Une région seulement te possédait lorsque tu vivais dans la chair, mais maintenant le monde trouve en toi une plus vaste protection, toi la Vierge entre les mères.
20 De même qu’on te vénérait comme un précieux trésor de vie, lorsque tu étais parmi les vivants, ainsi depuis ta dormition, ô chaste mère de Dieu, nous te célébrons pleins de confiance en toi. Le Verbe, habitant en toi, fa sanctifiée, il t’a faite propice au monde, Vierge entre les mères.
30 O Christ Dieu, elle fut précieuse devant toi la mort de cette Vierge qui t’enfanta, que les anges saluent joyeusement, et à laquelle les apôtres font des funérailles. En effet, tu as fait toi-même, ô Bon, ô Splendide, tu as fait la Vierge glorieuse entre les mères.
4° De nouveau un ange vient vers Marie portant un autre message, non pas comme autrefois dans la ville de Nazareth, mais dans le domaine du fils de Zébédée. Les Ecritures nous