In Festo assumptionis beatœ Maries virginis
Ave, mundi spes, Maria;
Ave, mitis ; ave, pia ;
Ave, plena gratia;
Ave, virgo singularis Quæ per rubum designaris Non passum incendia ;
Ave, rosa speciosa ;
Ave, Jesse virgula,
Cujus fructus nostri luctus Relaxa vit vincula;
Ave, cujus viscera,
Contra carnis fœdera Ediderunt Filium;
Ave, carens simili Mundo diu flebili Reparasti gaudium ;
Ave, virginum lucerna,
Per quam fulsit lux superna His quos umbra tenuit ;
Ave, virgo de qua nasci,
Et de cujus lacté pasci Rex cœlorum voluit;
fruit a brisé les chaînes de notre misère; salut, Vierge dont les entrailles, contre toutes les lois de la nature, ont enfanté un fils ; salut, Vierge sans pareille, qui avez rendu la joie au monde plongé dans la tristesse; salut, flambeau des vierges, qui avez fait briller la souveraine lumière sur ceux qui étaient ensevelis dans les ténèbres; salut, ô Vierge! c’est de vos entrailles que le roi du ciel a voulu naître, c’est de votre lait qu’il a voulu être nourri. Salut, pierre précieuse, flambeau du ciel ; salut, sanctuaire du Saint-Esprit. Qu’elle est admirable, qu elle est merveilleuse cette virginité que le Saint-Esprit a dotée d’une glorieuse fécondité ! Qu’elle doit être sainte à nos yeux, qu’elle doit être pure, qu’elle doit être bonne, qu’elle doit être aimable cette Vierge qui a mis un terme à notre servitude, qui nous a ouvert les portes du ciel et nous a rendus à la liberté ! O lis de chasteté, implorez pour nous votre fils, qui est le salut des humbles, priez-le de ne pas nous plonger dans les supplices à cause de nos crimes, au
Ave, gemma cœli luminarium ;
Ave, sancti spiritus sacrarium.
O quam mirabilis Et quam laudabilis Hæc est virginitas,
In qua per Spiritum Facta Paraclitum Fulsit fecunditas !
O quam sancta, quam serena,
Quam benigna, quam amœna Esse virgo creditur,
Per quam servitus finitur Porta cœli aperitur,
Et libertas redditur.
O castitatis lilium,
Tuum precare filium,
Qui salus est humilium,
Ne nos pro nostro vitio,
In flebili judicio Subjiciat supplicio ;
Sed nos tua sancta prece,
Mundans a peccati fece,
Collocet in lucis domo :
Amen, dicat omnis homo.
(F. Clément, Carmina} p. 516;
Trad., jj6.)
CH. XI
ASSOMPTION
jour du terrible jugement. Après nous avoir par votre sainte prière purifiée des souillures du péché, que Jésus nous fasse entrer dans le séjour de lumière, que tout homme répète Amen. »
Voici quelques autres vers d’Adam de Saint- Victor, encore composés pour la fête de l’Assomption.
« Jevous salue1, Mère du Sauveur, vase d’élection, vase d'honneur, vase rempli de la grâce céleste, vase prédestiné de toute éternité, vase insigne, vase ciselé par la main de la justice. Salut, mère du Verbe, fleur sortie des épines, fleur sans épines, gloire du buisson. Nous sommes ensanglantés par les épines du péché, mais vous, vous n’avez connu aucune épine. Porte close, fontaine des jardins, cassette dépositaire des parfums et des aromates, votre suave odeur surpasse celle du bois de cinna-
mome, de la myrrhe, de l’encens et du baume. Je vous salue, honneur des Vierges, médiatrice des humains, qui avez enfanté leur salut, vous êtes le myrte de la continence, la rose de la douceur, le nard odoriférant. Vous êtes l’humble vallée, une terre que le soc de la charrue n’a pas sillonnée et qui a produit un fruit divin. Fleur de la prairie, lis incomparable des vallées, c’est de vous qu’est sorti le Christ. Vous êtes un verger céleste, l’arbre de l’encens dont l’écorce n’a pas été incisée, et qui exhale néanmoins sa suave odeur, vous êtes toute blanche et toute belle, vous êtes toute pleine de douceur et de parfums. Vous êtes le trône de Salomon, qu’aucun trône n’égale soit pour l’art, soit pour la matière; l’ivoire, dont la blancheur est le symbole de la chasteté; l’or, dont l’éclat est l’emblème des mystères de la charité. Vous portez