‹ La Sainte Vierge (volume 2)Chapitre 304 sur 458 · Bourassé, II · texte numérisé non relu

Bourassé, II

CH. XI. — ASSOMPTION

du Sauveur, on peut dire que le corps de Marie reste sur la terre tandis que son âme, figurée par un enfant, est la représentation exclusive de Famé, dans la miniature de ce manuscrit, il ne peut y avoir de doute; c’est bien la même personne représentée trois fois, mais n’en faisant absolument qu’une. Quelle raison en effet de peindre deux fois son âme? En bas, la sainte Vierge rend le dernier soupir; son divin- fils la prend dans ses bras et la transmet aux anges; or elle ne peut être triple, elle est donc unique, mais représentée trois fois. La sainte Vierge est enveloppée dans un linceul blanc couvert de croix noires et blanches, avec rosaces rouges; les nimbes sont verts. Notre-Seigneur porte une robe verte, les anges des robes de couleur d’ocre, le fond du tableau en bas est bleu.

Darmstadt. (PI. LXIV.) — Nous rapprocherons de cette curieuse miniature, quoique nous la croyons d’une époque un peu postérieure et probablement du xie siècle, un ivoire du musée de Darmstadt qui nous montre les ascensions successives de Marie. Les douze apôtres et les deux femmes environnent le lit funèbre sur lequel repose la très-sainte Vierge les yeux fermés et les bras croisés sur sa poitrine. Notre- Seigneur debout par derrière et les yeux inclinés vers le lit tient l’enfant enveloppée dans des bandelettes, les anges descendent du ciel et l’un d eux a déjà saisi le pieux fardeau qu’il emporte à tire-d’aile. Il semble que l’auteur ait voulu suivre certaines lois de la perspective, car il a supposé la sainte Vierge dans les bras de l’ange qui traverse l’empyrée beaucoup plus petite que celle figurée entre les mains de Notre-Seigneur. Nous croyons lire encore audessus des tètes les inscriptions grecques, mais ces inscriptions ne sont pas une preuve de la facture byzantine de l’ouvrage ; tout le monde sait que les premiers maîtres latins mettaient à honneur de préciser de la sorte leurs œuvres1.

1. Voyez plus loin cette circonstance qui se présente à Trêves justement pour une représentation de ce genre.

En 5)84 l'abbé Ulric de Saint-Gall fit peindre l’Assomption dans une des chapelles du monastère h

XIe SIÈCLE.

Musée du Vatican. — M. d’Agincourt publie un petit tableau du musée chrétien dont nous avons pris quelques détails sur place et qu’il attribue au xie siècle. Cette époque a été contestée, mais on sait qu’en fait d’art byzantin l’époque est très-difficile et j’ajoute peu importante à déterminer. Il est certain que cette peinture ruthénique est le résumé le plus complet

Tableau au Vatican.

Détail de la figure du Sauveur.

du programme des artistes grecs et à cet égard elle mérite de fixer notre attention. Jésus-Christ debout, au centre, se dresse majestueusement et porte sa sainte mère dans ses bras. Sa robe est d’or, ses traits bruns, sa chevelure abondante; une large ombre s’étend sous ses paupières inférieures; son auréole est rouge, les rayons seuls en or. La sainte Vierge qu’il embrasse a les bras croisés sous un linge ou linceul qui l’enveloppe entièrement, linge qui ressemble encore à ceux dont on revêt les enfants au maillot; il est d’un blanc verdâtre. Devant le Sauveur, la sainte Vierge est couchée sur le lit funèbre ; sa tête,

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