DU CULTE
Marie est enlevée au ciel ; elle est couronnée comme reine des anges, et cependant, reflétant l’image du divin Sauveur qui revient à chaque instant sur la terre pour nous y consoler par sa présence, elle vit encore parmi nous ; elle y vit par son culte et elle n’a jamais cessé d’y vivre. Ce culte contemporain du christianisme et mêlé à ses origines succède à la vie terrestre et doit nous occuper après que nous avons vu la mort, l’assomption et la distribution des reliques de la sainte Vierge. Nous jetterons un coup d’œil sur son établissement au temps des apôtres et sur les témoignages qui nous restent de son antiquité; nous avons, il est vrai, déjà, à propos des différentes scènes, entendu quelques-uns de ces témoins primitifs, mais il est opportun de grouper ici dans une vue d’ensemble leur admirable accord ; il est nécessaire surtout de montrer toutes les liturgies glorifiant à l’envi, dès leur naissance, la mère de Dieu.
Temps apostoliques. — Ce culte remonte au vivant même de celle quien est l’objet. Les apôtres, avant de se disperser, ont constaté la haute prééminence de Marie en disant, par la bouche de saint André : « Conçu de l’Esprit- Saint et né de la vierge Marie, s Ils reviennent à Jérusalem pour le premier concile qu’ils ouvrent sous ces auspices; ils se dispersent de nouveau après avoir reçu, s’il faut en croire une pieuse légende, des souvenirs de sa propre main, et ils vont répandre son culte avec le symbole qu’ils viennent de rédiger. Toutes les fois qu’ils annonçaient que Dieu s’était revêtu de notre chair, il fallait nécessairement qu’ils parlassent de la Vierge, sa mère.
Les documents les plus respectables nous montrent saint Jacques l’établissant déjà en Espagne et à la suite d’une apparition fondant en l’honneur de Marie une église qu’il fut quinze mois à bâtir h
On lit dans le livre II des Constitutions apostoliques, qui renferment les divers règlements de discipline du 11e et du me siècle : « Les hommes furent encore rappelés à la pénitence et amenés à Dieu par Moïse, les patriarches et les prophètes, plus tard par l’incarnation même de son propre fils, qui prit naissance au sein de la bienheureuse vierge Marie. »
Au livre III, saint Paul dit : a Notre-Seigneur Jésus-Christ n’a jamais destiné aucune femme à la prédication, et cependant les femmes ne manquaient pas au milieu de nous, puisque nous avions la mère de Notre-Seigneur et ses sœurs; en outre Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Marthe et Marie, les sœurs de Lazare et de Salomé, et même encore quelques autres. 2 t Et ailleurs : « Dieu le Verbe, né seul de la vierge Marie. > Dans ce passage, les apôtres appellent le Christ premier-né de toute créature, Dieu Verbe, ce même homme né seul de Marie sans l’intervention d’un homme 3. »
Nous avons vu le témoignage qu’on attribue à saint Denys, qui compare Marie à une déesse, témoignage en tout cas fort ancien, si on n’est pas certain qu’il en soit l’auteur.