Summa aurea, VII
ORIGINES DU CULTE
Saint Ignace, mort en 107, disait : « Bienheureuse Marie, mère de Dieu. — Le fils de Dieu vraiment né d’une vierge. »
Saint Clément : « La sainte Vierge a porté dans son sein le fils de Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ; le corps que Notre-Seigneur a revêtu et qu’il a destiné aux douleurs, il l’a pris d’une vierge sacrée h »
Les Juifs eux-mêmes nous apprennent la vénération qui entourait, dès les premiers siècles, cette glorieuse mémoire en racontant dans leurs Toldos que les fidèles venaient prier autour du tombeau de la mère de Jésus, et qu’ils subirent pour cela une violente persécution de la part des princes de la synagogue 2.
Au 11e siècle (120+202), saint Irénée nous apparaît comme le premier anneau de cette longue chaîne des docteurs de notre Église gallicane, qui remonte par lui jusqu’aux apôtres. Entre lui et saint Jean l’Évangéliste, il n’y a d’intermédiaire que saint Polycarpe, qui l’envoya dans les Gaules, à Lyon ; il succéda en 177 à saint Pothin. Il était, dit Tertullien, omnium doctrinarum curiosissimus explorator ; par la maternité de la sainte Vierge, il frappe les docètes en maintenant la réelle humanité du fils de Dieu, et par sa virginité il frappe les Ébionites en maintenant la divinité du fils de Marie. Il dit que le Saint-Esprit peut être considéré comme un vin céleste et précieux, Marie comme une eau pure; au moment où le Saint-Esprit survint en elle et la couvrit de son ombre, ce vin et cette eau se mélangèrent admirablement sans se confondre et formèrent Notre-Seigneur Jésus-Christ, Dieu et homme, fils de Dieu dans l’éternité, fils de Marie dans le temps 3.
Saint Justin (103 + 167). — Saint Justin paraît ensuite; dans son dialogue, il accule